Chapter

Que nous réserve l’avenir?

Author(s):
International Monetary Fund
Published Date:
October 2002
Share
  • ShareShare
Show Summary Details

De nombreux obstacles économiques, sociaux et environnementaux se dressent toujours sur la voie du développement durable, et il n’y a pas de solution unique pour les surmonter. Le développement accéléré exigera plutôt des avancées dans de multiples domaines stratégiques, avec l’application d’une combinaison appropriée de politiques dont les priorités varieront d’un pays à l’autre. Les pays auront peut-être également à faire des choix difficiles entre des objectifs stratégiques contradictoires, La réalisation d’un développement plus durable exigera donc un effort concerté des pays en développement, de la communauté internationale et des institutions financières internationales.

Pays en développement

Les pays en développement ne parviendront à réaliser une croissance viable et à réduire la pauvreté qu’en mettant en œuvre des politiques macroéconomiques saines et prudentes, notamment sur le plan budgétaire.

Les mesures prises en matière de fiscalité et de dépenses devraient également être conçues de façon à réduire au minimum leurs effets préjudiciables à la croissance. Les politiques fiscales devraient chercher à relever les recettes publiques en perturbant le moins possible l’offre de main-d’œuvre, la consommation, l’épargne et les autres décisions. Les polidques de dépenses ne devraient pas décourager la participation active des pauvres au marché du travail, ni entraver le processus de développement économique.

Il ne suffit pas. pour améliorer les conditions sociales, d’accroître les dépenses consacrées à la réduction de la pauvreté. Il faut en effet appliquer en même temps des mesures propres à renforcer l’efficacité et à améliorer le ciblage de ces dépenses. Il existe plusieurs façons d’accroître l’efficacité des dépenses en réaffectant les crédits vers les emplois les plus nécessaires, comme l’achat de manuels scolaires et de médicaments, pour ainsi promouvoir le développement. Il est également possible d’augmenter la part des dépenses qui profitent le plus directement aux pauvres telles que celles consacrées à l’éducation primaire et aux soins de santé préventifs. Pour faire en sorte que les réformes économiques ne nuisent pas aux pauvres, les pays devront intégrer l’AIPS dans leurs processus d’élaboration de politiques afin d’adapter leurs politiques économiques et de mettre en œuvre des dispositifs de protection sociale bien ciblés.

La politique budgétaire doit également encourager l’utilisation efficace et durable des ressources naturelles. Les subventions malavisées et les politiques fiscales inadéquates qui conduisent à une exploitation excessive des ressources naturelles devraient être graduellement supprimées. Les prix des produits énergétiques devraient refléter leurs coûts sociaux, et les subventions qui favorisent l’utilisation des pesticides et des engrais—contribuant ainsi à la surexploitation des terres—devraient être supprimées et remplacées par des programmes de dépenses publiques axés sur les petits agriculteurs. Les pays industrialisés devraient en même temps mettre en œuvre des politiques semblables pour éviter la surexploitation des ressources environnementales mondiales.

Il convient également de renforcer la gestion des affaires et des dépenses publiques. Les pays doivent s’attaquer résolument à leurs plus sérieux problèmes de gestion des dépenses publiques; les PPTE doivent en particulier collaborer avec la communauté internationale à la mise en œuvre de plans d’action qui leur permettront d’assurer un meilleur suivi des dépenses engagées pour réduire la pauvreté. Dans bien des cas, l’adoption du code de bonnes pratiques en matière de transparence des finances publiques élaboré par le FMI constituerait un pas dans fa bonne direction.

Les pays devraient également surveiller de près l’exécution effective des programmes de lutte contre la pauvreté et leurs incidences sur le développement des ressources humaines et la préservation des ressources naturelles. Dans le contexte du processus d’élaboration du DSRP ou d’autres stratégies nationales de lutte contre la pauvreté, ils devront suivre l’impact des dépenses antipauvreté sur les indicateurs sociaux qui mesurent le développement humain. Des données améliorées et plus détaillées sur les indicateurs sociaux, combinées à une meilleure ventilation par programme des crédits alloués à la réduction de la pauvreté, permettront d’affiner l’analyse des rapports entre les dépenses publiques et les résultats sociaux. À cet égard, les améliorations apportées aux systèmes de gestion des dépenses publiques et le resserrement simultané du suivi des dépenses antipauvreté aprofondiront également notre connaissance des liens complexes qui existent entre les dépenses publiques et le développement durable. On observe avec satisfaction que les DSRP reconnaissent de plus en plus qu’une meilleure gestion des ressources naturelles peut aider à réduire la pauvreté.

Communauté internationale

L’ouverture accrue des marchés des pays industrialisés et l’apport d’une aide plus importante et plus prévisible par ces pays (prévus dans l’objectif n° 8 des ODM) sont essentiels au développement durable. Les pays du monde développé ont besoin d’appuyer une croissance économique mondiale plus robuste en ouvrant leurs marchés aux exportations des pays en développement. Comme le déclarait le Directeur général du FMI, M. Horst Köhler, «c’est sur les échanges commerciaux que doit porter avant tout notre effort… Les pays industriels doivent donc aller plus loin dans l’ouverture de leurs marchés et la suppression des subventions qui faussent les échanges, en commençant par l’agriculture, te textile et les industries manufacturières à forte intensité de main-d’œuvre54.» L’accélération des flux d’aide facilitera aussi la croissance puisque beaucoup de pays pauvres, notamment en Afrique, ne pourront sans doute pas mobiliser suffisamment de leurs propres ressources pour répondre à tous leurs besoin de développement humain. Il conviendrait par ailleurs de rendre les flux d’aide plus constants et p!us prévisibles, afin de faciliter la planification budgétaire des pays en développement. Le Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) a repris à son compte cette nécessité de promouvoir le commerce et l’aide en exhortant la communauté internationale à «renverser la tendance à la diminution des apports d’APD [aide publique au développement] à l’Afrique et … à assurer aux produits des pays africains l’accès aux marchés des pays développés…»55.

Institutions financières internationales

Les institutions financières internationales (IFI) doivent maintenir leur aide financière aux pays qui poursuivent des stratégies de croissance durable et de réduction de la pauvreté. Elles doivent en l’occurrence faire en sorte que leur aide serve à la promotion de stratégies élaborées avec l’aide de l’AIPS et dont les pays revendiqueront la paternité. Dans les pays qui n’ont pas les moyens institutionnels voulus pour élaborer et mettre en œuvre de telles stratégies, il est essentiel que les IFI leur fournissent une assistance technique pour les aider à maîtriser les dépenses publiques et à mieux comprendre les liens qui existent entre l’action des pouvoirs publics, la pauvreté et la gestion durable de l’environnement. En plus de promouvoir le renforcement des capacités, les IFI et leurs partenaires pour le développement devraient poursuivre leur travail d’analyse des liens qui existent entre les politiques économiques et le développement durable puisque nombre des facettes du développement restent encore mal comprises. Enfin, les IFI devraient promouvoir un meilleur dialogue avec les administrations publiques des pays membres et la société civile afin d’améliorer la communication et de mieux expliquer les raisons de leurs politiaues.

    Other Resources Citing This Publication