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Renforcement des capacités: Le FMI va ouvrir quatre nouveaux centres d’assistance technique

Author(s):
International Monetary Fund. External Relations Dept.
Published Date:
March 2009
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Pour accroître l’aide apportée aux pays membres à l’échelle régionale, le FMI envisage d’ouvrir quatre nouveaux centres d’assistance technique: un en Amérique centrale, un en Asie centrale et deux centres supplémentaires en Afrique. Ce projet répond à une demande de la part des pays et se justifie par les résultats positifs déjà obtenus en matière d’assistance régionale. Les nouveaux centres africains complèteront les centres déjà ouverts en Tanzanie, au Mali et au Gabon.

L’objectif des centres est de combiner les conseils stratégiques dispensés par le siège du FMI à Washington et l’assistance technique au renforcement des capacités qui est fournie sur le terrain. Les nouveaux centres desserviront les pays suivants :

  • Amérique centrale: Costa Rica, El Salvador, Guatemala, Honduras, Nicaragua, Panama et République Dominicaine.
  • Asie centrale: Azerbaïdjan, Kazakhstan, Mongolie, Ouzbékistan, République kirghize, Tadjikistan, Turkménistan et, peutêtre, Pakistan.
  • Afrique: la liste des pays desservis par les nouveaux centres n’a pas encore été arrêtée, mais le deuxième centre d’Afrique de l’Ouest pourrait couvrir le Cap-Vert, la Gambie, le Ghana, le Libéria, le Nigéria et la Sierra Leone, tandis que le centre pour l’Afrique australe couvrirait l’Afrique du Sud, l’Angola, le Botswana, les Comores, le Lesotho, Madagascar, Maurice, le Mozambique, la Namibie, les Seychelles, le Swaziland, la Zambie et le Zimbabwe.

Comme les centres régionaux existants, les nouveaux centres travailleront avec le siège du FMI pour définir et mettre en œuvre un programme d’assistance technique et de formation aux pays sur une base régionale. Ils veilleront également à soutenir les efforts d’intégration économique régionale déployés par les pays desservis. L’assistance fournie par le FMI appuiera ces efforts, notamment en promouvant l’harmonisation et la coordination des politiques économiques nationales.

Dix ans de recul

Au fil des dix dernières années, les centres régionaux sont devenus des acteurs majeurs du travail d’assistance technique réalisé par le FMI. L’expérience a montré que ces centres, financés pour l’essentiel par les donateurs, peuvent notablement aider les pays à conduire leurs réformes économiques en coordination avec le siège du FMI.

Chaque centre dessert un petit groupe de pays et constitue une base régionale pour les conseillers résidents qui interviennent dans ces zones clés. Grâce à leur proximité géographique avec les pays desservis, les centres régionaux sont mieux placés que les services centraux pour régler au quotidien les problèmes de mise en œuvre des réformes. Du fait de leur complémentarité avec le siège du FMI, ils se sont révélés de précieuses plateformes pour accroître l’efficacité de l’assistance à plusieurs niveaux :

  • Présents sur le terrain, les conseillers résidents des centres régionaux peuvent mieux cerner les besoins et le contexte propre à chaque pays et assurer un suivi plus étroit et constant de l’assistance fournie.
  • Les centres régionaux sont guidés par des comités d’orientation qui réunissent des représentants des donateurs, des pays bénéficiaires et d’autres organismes internationaux. Ceci favorise la coordination de l’aide et l’appropriation des réformes, conformément aux objectifs de la Déclaration de Paris sur l’aide au développement.
  • Les centres régionaux offrent de bonnes perspectives d’économies d’échelle. Les pays géographiquement proches les uns des autres ont généralement des structures économiques et des besoins d’assistance identiques. Une approche régionale permet donc de leur apporter une aide plus importante à un moindre coût. Les centres, en outre, peuvent favoriser les partages d’expériences entre pays. Les responsables des réformes nationales peuvent ainsi adopter des pratiques optimales éprouvées et réduire au minimum les risques liés aux réformes.

Intégration stratégique et synergies

L’essor des centres régionaux s’appuie principalement sur l’existence de similitudes entre pays voisins. En ce qui concerne, par exemple, le centre pour l’Amérique centrale, les pays bénéficiaires ont singulièrement accéléré leur intégration ces dernières années, notamment en créant et renforçant des organismes régionaux clés pour guider le processus. Il s’agit, entre autres, du Conseil monétaire d’Amérique centrale, du Conseil des ministres des finances et du Conseil des autorités de surveillance du secteur financier.

L’entrée en vigueur de l’Accord de libreéchange entre l’Amérique centrale, les États-Unis et la République Dominicaine, ainsi que le projet de finaliser une union douanière d’Amérique centrale, constituent d’autres étapes importantes sur la voie de l’intégration. Très favorable à ces initiatives, le FMI renforce depuis quelques années l’assistance fournie aux pays centraméricains. La création d’un centre régional donnerait une impulsion décisive à cette démarche.

Des besoins d’assistance comparables

Le projet d’ouvrir des centres en Asie centrale et en Afrique australe se justifie également par l’existence de similitudes régionales.

Les pays couverts en Asie centrale seraient largement les mêmes que ceux du Programme de coopération économique régionale en Asie centrale, tandis que le centre pour l’Afrique australe desservirait essentiellement les pays de la Communauté du développement de l’Afrique australe. Les pays qui devraient être concernés par le deuxième centre en Afrique de l’Ouest ont des besoins d’assistance très comparables.

De surcroît, la création de deux nouveaux centres africains serait l’aboutissement de la vision décrite en 2001 dans l’Initiative pour le renforcement des capacités en Afrique, dont l’objectif était d’ouvrir cinq centres régionaux pour desservir toute l’Afrique subsaharienne.

Orientation stratégique et gouvernance

Le principe d’une organisation tripartite ne s’applique pas seulement aux questions financières, mais aussi à la structure de gouvernance. Chaque centre est supervisé par un comité d’orientation composé de représentants des pays bénéficiaires, des donateurs et du FMI. Ces comités donnent une orientation stratégique aux programmes de travail des centres, dans le cadre d’un processus consultatif permettant aux acteurs concernés de prendre l’assistance conjointement en charge.

Complémentaire du travail réalisé au siège du FMI à Washington, l’assistance régionale sera coordonnée avec l’aide que le siège continuera de fournir par ailleurs. Ces deux canaux sont évoqués dans les Notes de stratégie régionale. Les plans stratégiques contenus dans ces notes décrivent et hiérarchisent les besoins des pays en matière de renforcement des capacités. Ils s’inscrivent dans une perspective à moyen terme et dans le cadre des activités de surveillance et de prêt du FMI, dans un souci d’équilibre entre les exigences de politique économique à court terme et les besoins en renforcement des capacités à moyen terme.

La participation et le soutien d’organes et d’organismes régionaux clés ont toujours été deux aspects importants pour les centres régionaux.

Ces derniers connaissent parfaitement le terrain et les réformes conduites au niveau local. Il est clair que, pour les centres existants, le soutien solide apporté par les banques de développement et les institutions financières régionales a été décisif pour obtenir des financements auprès d’autres donateurs. Chaque centre travaillera donc en étroite collaboration avec les organismes régionaux compétents pour aider les pays qu’il dessert à réaliser leur programme de réformes.

Le fait que les donateurs soient représentés dans les comités d’orientation permet également de mieux coordonner l’assistance fournie par le FMI et celle des autres organisations. Diverses évaluations indépendantes ont montré que ce mode de fonctionnement avait bien réussi aux premiers centres.

Il faut noter que les engagements financiers substantiels pris par les pays bénéficiaires confirment de plus en plus qu’ils prennent en charge leurs centres régionaux respectifs et les soutiennent.

L’avenir

En attendant la constitution de comités d’orientation pour chaque nouveau centre, des groupes de travail ont déjà été formés pour piloter le processus. Des discussions ont été engagées d’une part avec les pays bénéficiaires — pour faire une première évaluation de ce que pourraient être leurs besoins et leurs priorités en matière d’assistance — et, d’autre part, avec les donateurs, sur leur participation éventuelle au financement des nouveaux centres. La prochaine ouverture devrait être celle du centre pour l’Amérique centrale, prévue d’ici avril 2009.

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