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Perspectives économiques régionales: Asie: la croissance devrait rester soutenue

Author(s):
International Monetary Fund. External Relations Dept.
Published Date:
December 2004
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La croissance de l’économie asiatique s’est encore accélérée cette année et devrait rester forte en 2008. Pour l’ensemble de la région, la prévision est de 8 % en 2007 avant un léger tassement à 7,2 % l’an prochain, d’après la dernière édition des Perspectives économiques régionales (PER) pour l’Asie et le Pacifique.

L’économie asiatique reste tirée par la Chine et l’Inde (voir tableau), tandis que les nouvelles économies industrielles et les pays de l’ASEAN-5 (Indonésie, Malaisie, Philippines, Thaïlande et Vietnam) obtiennent eux aussi de bons résultats à la faveur du raffermissement de la demande intérieure. Après une légère hésitation plus tôt dans l’année, les exportations ont rebondi, y compris dans le vaste secteur de l’électronique, sous l’impulsion de la demande européenne.

Selon la dernière édition des PER, les tensions inflationnistes restent largement maîtrisées. Les prix alimentaires ont fait monter l’IPC dans certains pays, mais l’inflation tendancielle évolue favorablement. C’est ce qui s’est produit en Chine, notamment, où la hausse des prix d’un petit nombre de produits agricoles a porté l’indice général d’inflation à 6,5 %, son point le plus haut depuis une décennie. Toutefois, il n’y a guère lieu de penser que le pays pourrait connaître une seconde vague de hausse des prix.

Une croissance rapide

Le FMI revoit à la hausse ses prévisions de croissance pour l’Asie

(croissance du PIB réel, variation en pourcentage d’une année sur l’autre)

PER

avril 2007
Dernières

proj.
200520062007200820072008
Asie: pays industr.2,02,22,42,12,32,0
Japon1,92,22,31,92,01,7
Australie3,02,52,63,34,43,8
Nelle-Zélande2,71,72,52,62,82,3
Asie: pays émergents8,69,38,58,19,48,5
NEI14,75,34,64,64,94,4
Hong Kong (RAS)7,56,95,55,05,74,7
Corée4,25,04,44,44,84,6
Singapour6,67,95,55,77,55,8
Taiwan, prov. de4,14,74,24,34,13,8
Chine10,411,110,09,511,510,0
Inde9,09,78,47,88,98,4
ASEAN-55,55,75,86,05,95,8
Indonésie5,75,56,06,36,26,1
Malaisie5,05,95,55,85,85,6
Philippines4,95,45,85,86,35,8
Thaïlande4,55,04,54,84,04,5
Vietnam8,48,28,07,88,38,2
Asie7,27,97,26,98,07,2
Source: FMI, base de données des Perspectives de l’économie mondiale.

NEI = Nouvelles économies industrielles.

Source: FMI, base de données des Perspectives de l’économie mondiale.

NEI = Nouvelles économies industrielles.

De larges excédents courants

La région continue de dégager de larges excédents courants parallèlement à un afflux ininterrompu de capitaux. Toutefois, les monnaies ne se sont que modérément appréciées dans la plupart des pays grâce à l’intervention des banques centrales, dont les réserves de change dépassent maintenant la barre des 4 billions de dollars, la Chine étant à l’origine de la majeure partie de ce gonflement.

L’Asie n’était pas à l’épicentre de la tempête financière du mois de juillet et ses marchés comme ses établissements financiers y ont bien résisté. Dans cette région, l’exposition directe au marché américain du subprime et, de façon plus générale, aux produits financiers structurés et autres montages complexes était apparemment limitée, y compris parmi les fonds spéculatifs. La plupart des marchés ont donc déjà effacé les pertes enregistrées après le début des turbulences, et parfois même battu de nouveaux records.

Les perspectives économiques de l’Asie reposent sur l’hypothèse d’un ralentissement de la demande extérieure émanant des États-Unis et de l’Europe ainsi que d’un resserrement efficace de la politique économique chinoise. Ainsi, la croissance des exportations et de l’investissement serait plus modérée dans la plupart des pays de la région, sans trop s’écarter toutefois du cycle conjoncturel mondial. Au niveau régional, l’excédent des comptes courants passerait à 5 % du PIB, en grande partie du fait de l’excédent commercial de la Chine, de nouveau en hausse.

Des risques équilibrés

Les risques attachés à ces prévisions sont dans l’ensemble équilibrés, mais la situation varie selon les pays. En ce qui concerne la Chine et l’Inde, les risques sont ceux d’une sous-estimation du rythme de progression de l’investissement —dans la mesure où la croissance de l’investissement est actuellement trop rapide, un dépassement des prévisions en la matière ne serait pas forcément une bonne chose. Pour la plupart des autres pays de la région, les prévisions pourraient au contraire s’avérer supérieures aux résultats effectifs, surtout en ce qui concerne la croissance de la demande extérieure sur les principaux marchés d’exportation.

S’agissant des politiques économiques, si la croissance devait ralentir plus que prévu, le FMI estime que les conditions monétaires pourraient être assouplies dans une grande partie de la région, excepté dans les pays, peu nombreux, où les tensions inflationnistes restent relativement fortes. D’autre part, la plupart des pays disposent aussi d’une marge de manœuvre suffisante, au plan budgétaire, pour contrecarrer un ralentissement éventuel de la croissance en laissant jouer les stabilisateurs automatiques.

Il n’est pas trop tôt pour commencer à tirer les leçons des turbulences qui ont agité récemment les marchés, étant donné l’intérêt qu’elles revêtent pour les institutions financières asiatiques à un moment où celles-ci gagnent en complexité. On retiendra, entre autres choses, la nécessité de renforcer la transparence de la communication financière, d’améliorer les pratiques de valorisation et de provisionnement pour réduire les risques de liquidité et d’insolvabilité, et de renforcer les obligations d’information des investisseurs quant aux risques qu’ils encourent.

Paul Gruenwald

FMI, Département Asie et Pacifique

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