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Cycle conjoncturel mondial: Entretenir la stabilité et la croissance

Author(s):
International Monetary Fund. External Relations Dept.
Published Date:
December 2004
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En 2004–06 l’économie mondiale a connu la croissance la plus rapide depuis la fin des années 60 et le début des années 70. La production mondiale a gagné en moyenne 5,2 % par an (voir graphique) —3,25 % en faisant la part de la croissance de la population en âge de travailler, soit juste un peu moins que durant les années 60.

Cette croissance a été forte, mais aussi stable, même si les pays émergents ou en développement, susceptibles d’être plus volatils, représentent une part grandissante de l’économie mondiale.

L’un des chapitres de l’édition d’octobre 2007 des Perspectives de l’économie mondiale intitulé «L’évolution de la dynamique du cycle conjoncturel mondial» fait le point sur l’évolution de la volatilité de la production et la durabilité des expansions. S’appuyant sur un large éventail de pays et de régions, il examine en quoi la politique économique a contribué à atténuer durablement la volatilité.

Un nouvel âge d’or?

À maints égards, l’économie mondiale affiche depuis peu une stabilité sans égale depuis les années 60, dernière période faste de croissance forte et stable. La volatilité de la production a baissé dans la plupart des pays, la diminution type étant d’un tiers. En outre, la croissance est beaucoup plus généralisée au plan international, et pratiquement tous les pays connaissent de bons résultats.

Constat. Depuis 2004, la croissance mondiale est la plus rapide depuis le début des années 70. Cette croissance est plus généralisée au plan international et plus stable.

Analyse. La moindre volatilité de la production et la durée plus longue des expansions s’expliquent par une amélioration des politiques monétaire et budgétaire et une amélioration globale des institutions, phénomènes qui devraient maintenir la volatilité à un faible niveau à l’avenir.

Conséquences. Une volatilité plus faible n’exclut pas d’éventuelles récessions ponctuelles. Le coup de frein brutal à la croissance forte et stable des années 60 et du début des années 70, et la crise asiatique des années 90 nous rappellent ce qu’il peut advenir si les politiques économiques ne s’attaquent pas aux risques et aux défis.

Les pays avancés en particulier ont amélioré leur stabilité et connu des phases d’expansion longues après les années 70 et la désinflation du début des années 80.

Dans les pays en développement, la stabilisation de la production a été plus graduelle et plus modeste. Jusqu’au début de la présente décennie, ils avaient traversé des crises profondes et parfois récurrentes: crises de la dette (en particulier en Amérique latine et en Afrique) et crises bancaires et monétaires (en Asie, en Europe centrale et orientale et en Amérique latine). Certains pays ont aussi accusé une forte volatilité durant leur transition d’une économie à planification centrale vers une économie de marché. En moyenne, la volatilité des pays en développement reste le double de celle des pays avancés.

Un nouvel âge d’or?

La croissance mondiale a été forte…

(pourcentage de variation)

…stable et partagée par la plupart des pays.

(pourcentage)

Source: FMI, Perspectives de l’économie mondiale.

1L’indice de volatilité de la production est l’écart-type décennal glissant de la croissance du PIB réel corrigé de sa tendance dans un pays type (médian). La dispersion de la croissance est mesurée comme l’écart-type de la croissance du PIB réel corrigée de sa tendance dans l’échantillon de 133 pays.

De meilleures institutions

Il semblerait que la durabilité des expansions et la faible volatilité de la production soient dues à des changements qui pourraient devenir permanents. L’amélioration de la politique monétaire pourrait expliquer pour un tiers les moindres fluctuations de la production. La stabilisation de la politique budgétaire (dans les pays avancés), la libéralisation des échanges et les améliorations institutionnelles globales (dans les pays en développement) ont également influé.

La diminution de la volatilité de la production mondiale depuis les années 60 est surtout attribuable à la moindre volatilité de la consommation plutôt que de l’investissement. Pour expliquer la récente stabilité il faut donc tenir compte des facteurs qui agissent sur le comportement des consommateurs, comme par exemple la plus grande disponibilité de financements, qui permet de lisser la consommation dans le temps.

Les risques n’ont pas disparu

Malgré ces améliorations, les perspectives de stabilité future ne sont pas pour autant acquises. Si la volatilité moyenne diminue, on ne saurait écarter les risques de récessions ponctuelles. Du reste, la mondialisation des flux commerciaux et financiers fait apparaître de nouveaux risques et vulnérabilités. Les récentes pertes imputables au marché américain des prêts hypothécaires à risque font craindre un éventuel durcissement du crédit à l’échelle mondiale.

Il faut ajouter à cela les risques considérables qui pourraient découler des déséquilibres courants et du lien entre les politiques monétaire et prudentielle et la montée soutenue des prix des actifs.

Martin Sommer et Nikola Spatafora

FMI, Département des études

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