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Assemblée annuelle 2007: Renforcer le FMI: La crise du crédit suscite des appels en faveur du renforcement du FMI

Author(s):
International Monetary Fund. External Relations Dept.
Published Date:
December 2004
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Les remous des marchés financiers ayant mis en évidence certaines lacunes du système financier international, des voix se sont élevées à l’Assemblée annuelle 2007 du FMI pour demander à l’institution de renforcer ses activités de surveillance mondiale et d’améliorer sa propre gouvernance.

Les ministres des finances et les gouverneurs de banques centrales du monde entier se sont réunis à Washington du 20 au 22 octobre, à l’occasion de l’Assemblée annuelle du FMI et de la Banque mondiale, tandis que l’effondrement du marché hypothécaire à risque des États-Unis suscitait un regain d’inquiétude. Rodrigo de Rato, Directeur général sortant du FMI, a déclaré devant les délégués des 185 pays membres que les turbulences financières qui en ont résulté s’apparentaient à un «tremblement de terre sur le marché du crédit».

L’Assemblée annuelle coïncidait aussi avec une étape majeure dans la mutation de l’économie mondiale. En effet, trois grands pays émergents —Chine, Inde et Russie —sont maintenant à l’origine de plus de la moitié de la croissance mondiale, selon les Perspectives de l’économie mondiale qui viennent d’être publiées.

Laura Wallace

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Cette information jette un éclairage particulièrement vif sur le projet de réforme visant à accorder davantage de poids aux pays émergents au sein du FMI, où la représentation des pays membres reflète encore (comme dans beaucoup d’autres institutions internationales) l’équilibre du pouvoir qui prévalait après la Seconde Guerre mondiale.

De l’avis de M. de Rato, la question est maintenant de savoir si l’économie mondiale a atteint un tournant décisif après cinq années de croissance soutenue. Selon les prévisions du FMI, la croissance mondiale se ralentira pour passer de 5,2 % en 2007 à 4,8 % en 2008, alors qu’elle était de 5,4 % en 2006. Jusqu’à présent, le resserrement du crédit survenu aux États-Unis et en Europe n’a eu que des effets limités sur les pays émergents. En fait, comme le faisait remarquer M. de Rato, «les pays émergents sont devenus une source de stabilité pour l’économie mondiale —situation inimaginable il y a quelques années».

Le Groupe des Vingt-Quatre (chargé de coordonner la position des pays en développement) a noté pour sa part que «les pays en développement sont devenus un moteur et un facteur de stabilisation de l’économie mondiale». Le groupe, en outre, a invité le FMI à renforcer la surveillance qu’il exerce sur le système financier des pays avancés.

Quand les génies s’échappent de leur bouteille

Tommaso Padoa-Schioppa, Président du Comité monétaire et financier international (CMFI) —organisme chargé de définir les grandes orientations du FMI —a déclaré que, si les turbulences récentes des marchés financiers avaient été bien contrées par l’intervention énergique de plusieurs banques centrales, elles avaient aussi «révélé un certain nombre de problèmes qui sont peut-être plus profonds que l’épisode particulier à l’origine des tensions».

«Il se passe des choses sur les marchés financiers, un peu comme si des génies s’étaient échappés de leur bouteille et que l’on peinait à les suivre», a dit M. Padoa-Schioppa. «Manifestement, il faut des organes de surveillance. Il faut aussi que les établissements financiers qui créent ces nouveaux instruments parviennent eux-mêmes à mieux comprendre comment leurs créatures se comportent une fois qu’elles sont sur le marché. C’est là un vrai sujet de préoccupation», a-t-il ajouté. Selon lui, toutefois, la bonne nouvelle est que les remous financiers se sont produits à un moment où les liquidités sont abondantes dans le monde et où les économies se portent bien.

Les discussions qui se sont déroulées durant les trois journées de l’Assemblée —aussi bien lors de réunions officielles que pendant les séminaires organisés par le FMI, la Banque mondiale et divers centres d’études et de recherche —ont porté en grande partie sur les leçons des récents remous financiers, les perspectives économiques et financières mondiales, et les prochaines étapes des programmes du FMI et de la Banque mondiale.

Le CMFI a fait remarquer que l’innovation financière et la titrisation, bien qu’elles aient contribué à une plus grande diversification des risques et à une meilleure efficience des marchés, ont aussi engendré de nouveaux défis «qui appellent des solutions appropriées». Le comité discerne cinq domaines appelant une action: les pratiques de gestion des risques posés par les produits structurés complexes; l’évaluation et la comptabilisation des instruments hors bilan, surtout en période de tension; la clarification du traitement des produits complexes par les agences de notation; les principes de base du contrôle prudentiel des entités financières réglementées; et la gestion de la liquidité.

Le CMFI a appelé le FMI à poursuivre ses travaux sur ces questions —en collaboration avec le Forum de stabilité financière, la Banque des règlements internationaux et d’autres organisations —et à en rendre compte à la prochaine réunion du CMFI, qui se tiendra à Washington le 12 avril 2008. Il a encouragé le FMI à «élargir et approfondir ses compétences financières en vue d’anticiper les problèmes». Il lui a demandé de mieux intégrer les résultats de ses activités de surveillance multilatérale dans sa surveillance régionale et bilatérale. Enfin, le comité a salué les travaux engagés par le FMI sur la question des fonds souverains.

Une voix plus forte

La réunion du CMFI a beaucoup porté aussi sur l’état d’avancement du programme du FMI visant à réformer en deux ans le système des quotes-parts de manière à ce qu’il reflète mieux l’évolution de la place des pays membres dans l’économie mondiale. Ce programme, lancé à Singapour l’an passé, a commencé par un relèvement ponctuel des quotes-parts des quatre pays les plus sous-représentés, à savoir la Chine, la Corée, le Mexique et la Turquie. De nombreux pays émergents et pays en développement ont fait part de leurs préoccupations au sujet de la portée de la réforme et de leurs chances d’obtenir une représentation adéquate dans la gestion de l’institution.

M. Padoa-Schioppa a déclaré à la presse que des progrès suffisants avaient été accomplis au cours de l’année écoulée pour donner l’espoir que les éléments essentiels du programme de réformes seraient mis au point d’ici les réunions de printemps. Il existe maintenant un consensus sur les trois points suivants: un transfert de voix au profit des pays émergents et des pays en développement; une augmentation générale des quotes-parts de l’ordre de 10 %; et au moins un doublement des voix de base pour protéger la part du groupe des pays à faible revenu dans le total des voix attribuées. L’objectif est de parvenir à un accord définitif sur la réforme à l’Assemblée annuelle d’octobre 2008.

Le CMFI a souligné que la deuxième série de réformes «devrait avoir pour résultat une nouvelle augmentation du pouvoir de vote du groupe des pays émergents et en développement». Cet ajustement reposera sur une formule de calcul plus simple et plus transparente, principale question en suspens. Le CMFI a déclaré être favorable à ce que cette formule comprenne:

  • une variable PIB comme principale composante;
  • un rôle pour le PIB mesuré à parité de pouvoir d’achat (au lieu du seul PIB aux taux de change du marché);
  • un rôle pour un facteur de compression destiné à atténuer l’influence de la taille des économies.

Parmi les autres éléments clés de la réforme figure une augmentation générale des quotes-parts —qui, selon le CMFI, «doit être de l’ordre de 10 %». Le CMFI a souligné aussi qu’il importait d’accroître la participation et la représentation des pays à faible revenu et a demandé au moins un doublement des voix de base pour protéger la part du groupe des pays à faible revenu dans le total des voix attribuées.

Autres aspects de la réforme

Le CMFI a abordé d’autres domaines dans lesquels le FMI a intensifié les réformes dans un monde où les marchés sont étroitement interconnectés et les flux de capitaux en expansion continue.

Mode de financement. Le CMFI s’est félicité des progrès qui ont été réalisés dans la mise au point de directives opérationnelles pour donner suite aux recommandations du Comité de personnalités éminentes présidé par Andrew Crockett. Il a noté qu’il faudrait agir à la fois sur les recettes et sur les dépenses pour assurer la viabilité des finances du FMI. Côté dépenses, le CMFI a pris note des efforts que le FMI déploie actuellement pour réduire ses dépenses de fonctionnement, mais il a déclaré qu’il était nécessaire de réaliser encore des gains d’efficacité et des économies en fixant des priorités pour l’ensemble de l’institution. Le CMFI a demandé que des propositions spécifiques sur le nouveau mode de financement lui soient soumises d’ici aux réunions du printemps 2008 et qu’un accord soit trouvé sur une enveloppe budgétaire à moyen terme pour le budget de l’exercice 2009 qui soit compatible avec le cadre de recettes et de dépenses en cours d’élaboration. Le FMI a déjà entrepris de réduire ses dépenses de 6 % en termes réels durant la période 2006–2008.

Surveillance. Le Comité s’est félicité des progrès qui ont été réalisés dans le sens du renforcement de la surveillance exercée par le FMI, notamment la décision de juin 2007 sur la surveillance bilatérale —qui concerne les avis que le FMI offre à ses 185 pays membres (y compris en matière de taux de change).

Pays émergents. Le CMFI a indiqué qu’il approuve la priorité que le FMI accorde, dans les conseils qu’il donne aux économies de marché émergentes, «à l’identification en temps voulu des facteurs de vulnérabilité, à l’amélioration des pratiques de gestion de la dette et au développement des marchés financiers locaux, et à l’élaboration de politiques appropriées pour faire face à l’afflux massif de capitaux». Il a pris note des travaux entrepris pour mettre au point un nouvel instrument de liquidité et a demandé au Conseil d’administration de poursuivre ses travaux sur la conception de cet instrument.

Pays à faible revenu. Le CMFI s’est félicité des progrès réalisés dans la clarification du rôle du FMI dans les pays à faible revenu. Ce rôle recouvre une assistance bien conçue sous la forme d’aide financière et d’un soutien aux politiques économiques dans le cadre de la surveillance, des accords avec le FMI et l’assistance technique.

Transition et maîtrise des dépenses

Il incombera à Dominique Strauss-Kahn —l’ancien Ministre français de l’économie et des finances qui succédera à M. de Rato le 1er novembre —d’animer la réforme des quotes-parts, en plus de répondre aux autres demandes du CMFI, telles que la réorganisation des finances du FMI sur une base durable.

M. Strauss-Kahn travaillera étroitement avec deux autres nouveaux venus: le Président de la Banque mondiale, Robert Zoel-lick, qui a pris la tête de l’institution il y a quatre mois, et le Ministre italien de l’économie et des finances, M. Padoa-Schioppa, désigné le mois dernier pour succéder au Britannique Gordon Brown à la présidence du CMFI.

Laura Wallace

FMI, Département des relations extérieures

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