Journal Issue
Share
Article

Surveillance régionale

Author(s):
International Monetary Fund. External Relations Dept.
Published Date:
May 2006
Share
  • ShareShare
Show Summary Details

Perspectives économiques régionales: En Afrique subsaharienne, la vigueur de la croissance tient en partie à la prudence des politiques

L’Afrique subsaharienne devrait afficher une croissance de 5,3 % en 2006, comme en 2005, selon le rapport du FMI intitulé Perspectives économiques régionales: Afrique subsaharienne, publié le 21 avril à Washington. (Le rapport définit l’Afrique subsaharienne comme l’ensemble des pays couverts par le Département Afrique du FMI, sauf Djibouti, la Mauritanie et le Soudan; les projections ici diffèrent donc de celles des Perspectives de l’économie mondiale.)

D’après le rapport, le maintien escompté d’une croissance assez robuste (par rapport aux décennies récentes) malgré le renchérissement du pétrole tient à l’application de politiques macroéconomiques prudentes par de nombreux pays et au vif essor de la demande mondiale. L’expansion accélérée des pays exportateurs de pétrole devrait compenser celle plus modérée des pays importateurs.

En présentant le rapport à la presse, Abdoulaye Bio-Tchané, Directeur du Département Afrique du FMI, a déclaré qu’«il est vraiment inacceptable que l’abondance des recettes pétrolières ne fasse pas reculer la pauvreté. Telle est l’équation que nous devons résoudre, et je pense que les autorités, le FMI, la Banque mondiale et les autres donateurs … doivent trouver le juste équilibre.» Pour réduire de moitié la pauvreté dans la région d’ici 2015—finalité des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD)—, il faudrait réaliser 7 % de croissance du PIB réel. Seuls le Cap-Vert, la République démocratique du Congo, le Malawi, le Mozambique et la Sierra Leone pourraient obtenir un tel taux ou plus en 2006. Afin de stimuler la croissance, l’Afrique devra utiliser à bon escient l’important surcroît d’aide et d’allégement de la dette promis en 2005 et se concentrer sur la décentralisation budgétaire et le développement du secteur financier.

L’inflation en Afrique subsaharienne a atteint 10,7 % en 2005 à cause notamment de la flambée des cours du pétrole et devrait se stabiliser largement à 11 % en 2006. Elle devrait baisser dans certains pays et augmenter dans d’autres, y compris au Zimbabwe, le seul pays affichant une inflation à trois chiffres. Les efforts de stabilisation dans les pays pétroliers que sont l’Angola, le Nigéria et le Tchad devraient ramener l’inflation à moins de 8 %; mais, à cause principalement des cours de l’or noir, l’inflation moyenne dans les pays importateurs (hormis le Zimbabwe) devrait grimper à 12 %.

Les pays africains invitent le FMI à épauler leurs efforts de développement

Le 22 avril à Washington, Abdoulaye Diop (Ministre de l’économie, des finances et du plan, Sénégal), Jean-Claude Masangu Mulongo (Gouverneur de la Banque centrale, République démocratique du Congo), Baledzi Gaolathe (Ministre des finances et de la planification du développement, Botswana), et Antoinette Sayeh (Ministre des finances, Libéria) ont présenté à la presse les questions importantes pour les pays africains: situation économique du Zimbabwe; perspectives d’une zone de libre-échange dans la Communauté du développement de l’Afrique australe (SADC); impact d’une redistribution des quotes-parts pour les pays africains; état d’avancement d’une monnaie commune pour les pays d’Afrique de l’Ouest.

D’entrée de jeu, M. Diop a déclaré qu’il est temps pour les pays africains, francophones en particulier, de revoir leurs positions au FMI et à la Banque mondiale et de réagir aux diverses stratégies de réforme. Selon M. Gaolathe, l’Afrique attend de ces institutions qu’elles complètent ou suppléent ses efforts de développement.

Répondant à une question sur la situation du Zimbabwe et sur une éventuelle stratégie de redressement de ce pays, M. Gaolathe a indiqué que les membres de la SADC devront coopérer pour trouver une solution et solliciteront leurs partenaires internationaux pour aider le Zimbabwe à résoudre ses problèmes. À son avis, le FMI peut contribuer largement à résorber la pénurie de devises et les difficultés de balance des paiements de ce pays.

S’agissant de la zone de libre-échange de la SADC, M. Gao-lathe a déclaré que les pays de la région évoluent dans ce sens et devraient y parvenir d’ici 2008. Un tarif commun devrait être en place à l’horizon 2011; ensuite devrait intervenir la libre circulation des travailleurs dans la région.

La monnaie commune ouest-africaine est un projet en cours, a affirmé M. Diop. Huit pays francophones membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) partagent la même monnaie (le franc CFA), et sept autres pays ayant leurs propres monnaies font partie de l’Institut monétaire de l’Afrique de l’Ouest (IMAO). Selon M. Diop, deux scénarios sont envisageables pour l’avenir: soit les pays non encore membres de l’UEMOA y adhèrent, soit les sept pays de l’IMAO s’efforcent de converger et de créer une monnaie commune.

Mme Sayeh, représentante d’un pays sortant de plusieurs années de conflit et cherchant à rétablir ses relations avec la communauté internationale, a signalé que le Libéria vient de publier un plan d’action de 150 jours énonçant les mesures qu’envisagent les autorités pour remettre le pays sur le chemin de la reprise économique.

Afrique: l’embellie continue

L’expansion des pays exportateurs de pétrole améliore les perspectives en Afrique, de même que la capacité des pays importateurs à s’adapter à l’envolée des cours. L’inflation devrait fléchir dans plusieurs pays, malgré une légère hausse des prix intérieurs dans les pays qui répercutent les prix du pétrole.

Croissance du PIB réelCroissance du PIB réel

par habitant
Prix à la consommationSolde budgétaire

global, dons inclus
Solde extérieur courant,

dons inclus
(pourcentage)(pourcentage)(variation annuelle moyenne en %)(en % du PIB)(en % du PIB)
2005200620052006200520062005200620052006
Pays exportateurs de pétrole
Angola15,726,012,522,423,013,04,35,48,211,3
Cameroun2,64,2-0,21,42,02,63,51,2-1,5-1,6
Congo, Rép. du9,25,26,12,22,02,519,019,013,913,6
Côte d’Ivoire0,52,4-2,4-0,53,92,8-1,9-0,80,71,9
Gabon2,92,90,40,40,11,08,011,815,719,6
Guinée équatoriale6,0-1,13,0-3,86,85,523,427,7-13,3-5,8
Nigéria6,96,24,33,617,99,49,917,514,718,4
Tchad5,63,03,00,57,93,0-1,5-1,62,28,2
Pays importateurs de pétrole
Afrique du Sud4,94,34,03,43,44,5-0,8-1,4-4,2-3,9
Bénin3,54,00,71,15,53,0-2,2-2,4-6,4-8,8
Botswana3,83,54,24,28,68,90,1-1,38,94,8
Burkina Faso7,54,25,01,96,32,1-3,9-4,2-9,2-9,2
Burundi0,96,3-1,14,213,63,1-7,00,2-4,4-8,1
Cap-Vert6,37,04,85,00,42,1-2,9-3,9-4,3-10,7
Comores2,03,0-0,70,34,94,4-0,1-1,9-4,3-3,8
Congo, Rép. dém. du6,57,03,43,921,49,3-3,1-2,4-4,8-2,6
Éthiopie8,75,35,82,46,810,8-4,9-5,8-9,1-7,5
Gambie5,04,52,31,94,34,0-6,1-4,6-13,1-11,5
Ghana5,86,03,23,315,18,8-1,3-2,0-6,6-7,8
Guinée3,05,0-0,21,931,424,1-0,80,5-3,4-3,4
Guinée-Bissau2,02,6-1,0-0,43,43,1-9,0-17,1-1,5-19,6
Kenya4,73,32,81,410,311,5-1,8-3,4-7,6-4,4
Lesotho-0,72,3-2,50,53,75,02,0-0,8-14,7-15,9
Madagascar4,65,71,62,718,49,5-5,4-4,2-12,8-10,4
Malawi1,98,3-0,26,212,39,0-5,3-1,8-7,7-4,6
Mali5,45,43,13,15,0-1,5-4,1-3,4-9,2-7,5
Maurice3,52,72,62,05,67,1-5,0-4,9-3,5-2,5
Mozambique7,77,95,25,47,27,5-5,7-3,8-11,6-10,4
Namibie3,54,50,51,42,45,1-3,8-3,55,76,6
Niger7,03,63,80,47,80,3-4,1-4,9-6,1-7,2
Ouganda5,66,22,12,78,06,5-0,3-2,0-1,2-3,9
République Centrafricaine2,23,20,21,23,02,3-2,5-1,3-4,1-3,9
Rwanda5,04,02,31,99,25,51,2-2,2-3,9-9,9
São Tomé-et-Príncipe3,84,51,82,516,214,856,959,6-33,1-28,4
Sénégal6,25,03,72,51,82,6-3,4-4,1-7,9-8,2
Seychelles-2,3-1,4-2,8-1,81,0-0,70,7-0,4-14,6-1,8
Sierra Leone7,27,44,54,712,511,7-1,9-0,5-8,5-6,4
Swaziland2,21,22,01,14,85,1-4,2-5,6-1,4-1,3
Tanzanie6,95,84,63,94,65,2-3,3-6,3-2,6-7,6
Togo0,84,2-2,31,06,82,9-0,8-2,9-11,6-10,3
Zambie5,16,02,63,518,313,3-2,3-2,5-10,2-9,3
Zimbabwe-6,5-4,7-6,5-4,7237,8850,4-6,1-3,3-11,11,7
Afrique subsaharienne5,35,33,43,410,811,01,22,1-0,50,7
Pays exportateurs de pétrole6,88,04,05,213,37,77,611,59,312,3
Pays importateurs de pétrole4,94,53,22,910,012,0-1,6-2,2-4,8-4,5
Note: Les chiffres pour 2006 sont des projections du FMI.Sources: FMI, base de données du Département Afrique et base de données des Perspectives de l’économie mondiale, au 24 février 2006.
Note: Les chiffres pour 2006 sont des projections du FMI.Sources: FMI, base de données du Département Afrique et base de données des Perspectives de l’économie mondiale, au 24 février 2006.

Selon les projections, le déficit budgétaire (dons inclus) devrait se creuser dans plus de la moitié des pays importateurs de pétrole, surtout au Cap-Vert, en Éthiopie, en Guinée-Bissau et au Kenya. Dans l’ensemble, la position des réserves de ces importateurs sera inchangée, mais elle fléchira au Burkina Faso, aux Comores, en Éthiopie, en Guinée-Bissau, au Rwanda et en Tanzanie. La persistance des cours élevés du pétrole devrait accroître les excédents budgétaires et courants des pays exportateurs.

Toutefois, ces perspectives sont assorties de risques. Dans les pays importateurs de pétrole, les soldes budgétaires et courants pourraient subir des pressions si les cours pétroliers dépassent les niveaux escomptés ou si les prix des autres produits de base sont inférieurs aux prévisions. Dans diverses parties de la région, les incertitudes politiques et l’état de sécurité précaire risquent d’hypothéquer la croissance, de même qu’une éventuelle pandémie de grippe aviaire. En outre, des millions de personnes en Afrique orientale et australe sont confrontées à des pénuries alimentaires et ont besoin de secours humanitaires d’urgence.

Le texte des Perspectives économiques régionales sur l’Afrique, l’Asie et l’Hémisphère occidental est disponible sur le site du FMI (www.imf.org). Les Perspectives économiques régionales sur le Moyen-Orient paraîtront à une date ultérieure.

Perspectives économiques régionales 2006: La croissance restera vigoureuse en Asie

L’Asie devrait connaître une autre année faste en 2006, selon le rapport du FMI sur les perspectives économiques en Asie–Pacifique (Asia-Pacific Regional Economic Outlook). Ce rapport, qui sera lancé à Hong Kong le 2 mai, prévoit que la croissance régionale sera encore robuste cette année, atteignant 7 % comme l’an dernier. Au Japon, la reprise se poursuivra, et la demande intérieure s’affermira grâce à l’essor de l’investissement privé et du marché du travail, qui stimule les revenus et la consommation des ménages.

Parallèlement, les économies émergentes d’Asie continueront à bénéficier d’une flambée de la demande extérieure des produits de la région, surtout en électronique. Alors que la demande intérieure a été longtemps tiède (sauf en Chine et en Inde), elle reprend du tonus depuis le début de 2005.

Toutefois, ces perspectives ne sont pas dénuées de risques majeurs, essentiellement attribuables à la hausse des cours du pétrole. Ces cours n’ont eu jusqu’ici qu’un impact modéré sur la croissance en Asie, car ils ont été surtout associés à une poussée de la demande mondiale, qui a également entraîné un surcroît compensatoire de la demande d’exportations asiatiques. Mais la situation peut évoluer, les préoccupations relatives aux approvisionnements futurs constituant désormais le premier déterminant des prix.

Croissance soutenue, faible inflation

L’Asie devrait afficher une croissance de 7 %, grâce à l’essor économique bien établi au Japon et en Australie et à une croissance vigoureuse dans la plupart de l’Asie émergente. Prévue à 3 %, l’inflation restera modérée.

Croissance du PIB réel

(variation en % d’1 année sur l’autre)
Inflation des prix à la consommation

(variation en % d’1 année sur l’autre)
Proj.Proj.Proj.Proj.
200520062007200520062007
Asie industrialisée2,72,82,20,20,70,9
Japon2,72,82,1-0,30,20,6
Australie2,52,93,22,72,92,7
Nelle-Zélande2,00,92,13,02,72,4
Asie émergente8,38,07,73,23,53,2
Chine9,99,59,01,82,02,2
Inde18,07,37,04,75,15,5
NEI24,55,24,52,32,12,3
ANASE-435,25,15,77,58,94,6
Asie7,16,96,62,62,92,8

Les chiffres d’inflation sont basés sur les prix de gros.

Les NEI (nouvelles économies industrielles) sont la Corée, Hong Kong (RAS), Singapour et la province chinoise de Taiwan.

Indonésie, Malaisie, Philippines et Thaïlande.

Sources: FMI, base de données principale du Département Asie et Pacifique; estimations des services du FMI.

Les chiffres d’inflation sont basés sur les prix de gros.

Les NEI (nouvelles économies industrielles) sont la Corée, Hong Kong (RAS), Singapour et la province chinoise de Taiwan.

Indonésie, Malaisie, Philippines et Thaïlande.

Sources: FMI, base de données principale du Département Asie et Pacifique; estimations des services du FMI.
Des excédents en baisse

Selon les projections, les soldes des transactions courantes devraient se détériorer au Japon et en Inde, mais se stabiliser en Chine et dans l’ANASE-4 et s’améliorer légèrement dans les NEI.

Solde des transactions

courantes
Solde des transactions courantes

non pétrolières
Proj.Proj.Est.Proj.Proj.
20042005200620072004200520062007
(En pourcentage du PIB)
Asie industrialisée2,42,11,71,53,84,04,14,0
Japon3,83,63,22,95,35,85,85,7
Australie-6,3-5,9-5,6-5,5-5,9-5,5-5,0-4,8
Nelle-Zélande-6,7-8,9-8,9-7,6-4,3-6,1-6,0-4,8
Asie émergente4,25,04,54,47,79,810,210,5
Chine3,67,16,96,77,312,914,014,7
Inde0,2-1,8-3,1-3,13,41,41,00,8
NEI17,06,05,75,610,810,710,710,7
ANASE-424,43,12,82,57,07,27,06,4
Asie3,23,53,23,15,66,87,37,5
Asie émergente sauf la Chine4,73,42,72,58,07,47,27,0

Les NEI (nouvelles économies industrielles) sont la Corée, Hong Kong (RAS), Singapour et la province chinoise de Taiwan.

Indonésie, Malaisie, Philippines et Thaïlande.

Sources: FMI, Perspectives de l’économie mondiale, avril 2006; base de données principale du Département Asie et Pacifique; estimations des services du FMI.

Les NEI (nouvelles économies industrielles) sont la Corée, Hong Kong (RAS), Singapour et la province chinoise de Taiwan.

Indonésie, Malaisie, Philippines et Thaïlande.

Sources: FMI, Perspectives de l’économie mondiale, avril 2006; base de données principale du Département Asie et Pacifique; estimations des services du FMI.

En même temps, des tensions émergentes sur les marchés financiers mondiaux risquent de réduire les flux de capitaux et les prix des actifs, exerçant des pressions sur les emprunteurs, et surtout les consommateurs, dont l’endettement s’est accru rapidement. Les autres risques importants sont notamment le dénouement désordonné des déséquilibres mondiaux et la grippe aviaire.

L’inflation, qui devrait atteindre 3 % en moyenne en 2006, reste modérée. Mais la situation varie dans la région, la pression des prix étant plus forte dans les pays de l’ANASE-4 (Indonésie, Malaisie, Philippines et Thaïlande). Il n’empêche que l’inflation devrait ralentir durant l’année à mesure que l’impact de l’ajustement des prix intérieurs du pétrole diminuera et que le resserrement récent de la politique monétaire portera ses fruits.

Les excédents des transactions courantes sont en baisse dans la plupart des pays en raison de la facture croissante des importations pétrolières et, dans certains pays, de la demande intérieure accrue. Dans les pays émergents en d’Asie, hormis la Chine, l’excédent devrait chuter à 2¾ % du PIB cette année, soit près de la moitié du niveau atteint en 2004. En revanche, l’excédent courant de la Chine a plus que doublé en 2005 grâce à l’essor des exportations, atteignant 7 % du PIB, niveau qui sera probablement maintenu cette année.

Perspectives économiques régionales: Hémisphère occidental: tirer parti de la conjoncture favorable

Les perspectives pour les États-Unis, le Canada, l’Amérique latine et les Caraïbes (ALC) sont favorables, d’après les Perspectives économiques régionales (avril 2006) du FMI, publiées à Washington le 21 avril par Anoop Singh, Directeur du Département Hémisphère occidental. Selon M. Singh, «la région se trouve à un tournant important de son histoire. La bonne performance récente de l’économie régionale et mondiale et la persistance des perspectives favorables offrent aux autorités une occasion idéale.»

Le rapport prévoit que la croissance aux États-Unis et au Canada continuera à stimuler de façon décisive l’expansion régionale. Aux États-Unis, la croissance avoisinera les 3½ % en 2006, l’inflation de base restant faible et la productivité prenant un vif essor. Au Canada, elle s’établira légèrement au-dessus de 3 %. La demande des ménages fléchira un peu dans les deux pays, mais la bonne tenue des bénéfices des entreprises et des investissements privés devrait donner une impulsion compensatoire à la demande.

En Amérique latine et dans les Caraïbes, la croissance devrait continuer au rythme soutenu de 4¼ % en 2006, étayée par la vigueur des prix à l’exportation des produits de base, qui ont permis à la région d’afficher des excédents courants pour la troisième année consécutive, ainsi que par la facilité d’accès au crédit dans le monde entier et la baisse record des écarts de rendement sur les obligations souveraines. Malgré la flambée des cours du pétrole et l’expansion rapide du crédit, l’inflation devrait encore baisser, de 6¼ % en 2005 à 5¾ % en 2006. La maîtrise des poussées inflationnistes atteste du regain de détermination à assurer la stabilité des prix—appuyée dans certains cas par des cibles d’inflation explicites—et à assouplir davantage le taux de change.

Nette amélioration de la politique budgétaire

Grâce à la stabilité macroéconomique récente, attribuable en partie à l’amélioration de la politique budgétaire et à la réduction de la dette publique, l’Amérique latine et les Caraïbes ont jugulé l’inflation.

(variation en pourcentage)

Citation: 35, 8; 10.5089/9781451976397.023.A005

Sources: autorités nationales et estimations des services du FMI.

Meilleure gestion de la dette publique

Plusieurs pays (Brésil, Colombie, Mexique, Panama, Pérou et Venezuela) ont nettement amélioré les structures de la dette, réduisant ainsi, en même temps que les ratios d’endettement, la vulnérabilité aux chocs exogènes.

(Pourcentage du PIB)

Citation: 35, 8; 10.5089/9781451976397.023.A005

Sources: autorités nationales et estimations des services du FMI.

Les positions budgétaires n’ont cessé de s’améliorer, les excédents primaires atteignant 3¾ % du PIB en moyenne en 2005, contre 2¾ % en 2003–04. Ce résultat reflète la bonne tenue des recettes, mais la récente accélération des dépenses primaires dans certains pays requiert un suivi étroit. Les ratios de la dette au PIB ont également fléchi, et nombre de pays tirent parti de la conjoncture favorable sur les marchés financiers internationaux pour approfondir les marchés monétaires locaux et pour racheter et refinancer leur dette en devises. En outre, le Brésil et l’Argentine ont apuré l’encours total de leurs obligations envers le FMI fin 2005, et l’Uruguay a fait un important paiement anticipé en mars 2006.

Les perspectives à court terme de la région sont bonnes, mais des risques persistent; par exemple, la flambée et la volatilité des cours du pétrole pourraient freiner la demande dans les pays importateurs de pétrole de la région et leurs partenaires commerciaux, et l’on pourrait assister à un resserrement brusque du crédit sur les marchés financiers mondiaux. Par conséquent, le rapport souligne l’importance de profiter du climat régional et mondial actuellement favorable pour concrétiser la détermination à assurer la discipline budgétaire et monétaire, notamment par une maîtrise plus rigoureuse des dépenses publiques, à garantir la flexibilité du taux de change, et à éliminer les obstacles à la réduction de la pauvreté et à la croissance. Afin de rehausser la productivité et la croissance, il faudra mener à bien la réforme du secteur financier, améliorer le climat des affaires et la gestion des ressources naturelles, et libéraliser davantage les échanges internationaux.

Other Resources Citing This Publication