Article

L’Amérique latine en quête de réformes durables

Author(s):
International Monetary Fund. External Relations Dept.
Published Date:
May 2006
Share
  • ShareShare
Show Summary Details

De nombreux pays d’Amérique latine s’efforcent encore de formuler des programmes de réforme durables pouvant faire reculer la pauvreté. Dans certains pays, la déception engendrée par les résultats d’efforts récents a entraîné des volte-face et a relancé le débat sur les mesures à prendre pour réaliser une croissance soutenue et améliorer sensiblement le niveau de vie des pauvres. Lors d’un séminaire organisé le 27 avril à Washington, 17 professeurs d’économie de 10 pays latino-américains (Bolivie, Brésil, Chili, Équateur, Honduras, Mexique, Paraguay, Pérou, Uruguay et Venezuela) se sont joints à des fonctionnaires du FMI pour examiner les problèmes économiques de la région.

De manière générale, les mesures structurelles sont essentielles pour que les pauvres tirent parti de la croissance. Il y a encore beaucoup de réformes à réaliser en Amérique latine, a déclaré Rodrigo de Rato, Directeur général du FMI, aux universitaires. M. de Rato a souligné que les mesures axées sur le secteur financier constituent un moyen par lequel les pays peuvent développer leur secteur privé.

La plupart des participants ont convenu que les réformes sont rarement simples. En Amérique latine, un manque de consensus politique et de continuité politique limite l’efficacité de ces mesures. Parfois, le temps est également une contrainte. Les décideurs ont de moins en moins de temps; on n’obtiendra pas de résultats en six mois, a averti M. de Rato. Anne Krueger, Première Directrice générale adjointe du FMI, a noté que les réformes sont essentielles pour réaliser le potentiel de croissance et rehausser la croissance à long terme. Elle a cité Roger Douglas, architecte de changements majeurs en Nouvelle-Zélande dans les années 80, selon lequel l’objectif doit être de faire autant que possible, aussi vite que possible.

Rechercher la stabilité

Les professeurs partagent globalement ces idées, mais ils doutent que les seules mesures structurelles puissent accélérer la croissance dans la région. Pour certains, les réformes semblent ne jamais prendre fin (il y a toujours une autre réforme qui suit) et qu’elles sont parfois si mal conçues qu’elles doivent être annulées peu après leur application. Selon de récents travaux sur les effets de la volatilité de l’action des pouvoirs publics en Amérique latine, présentés par Ratna Sahay, du Département Hémisphère occidental du FMI, des volte-face répétées, ainsi que la volatilité de la politique macroéconomique, ont un effet négatif sur la croissance et la réduction de la pauvreté.

Qu’est-ce qui serait aujourd’hui le plus profitable à l’Amérique latine? Anoop Singh, Directeur du Département Hémisphère occidental du FMI, a souligné que les mesures budgétaires recommandées ont pour objectif de rendre les systèmes d’imposition et de dépense plus progressifs et plus favorables aux pauvres.

Au-delà des programmes qui renforcent les dispositifs de protection sociale et réduisent la pauvreté, il est nécessaire aussi, a noté M. Singh, de mettre l’accent sur la stabilité macroéconomique à long terme. L’Amérique latine a un long passé de crises macroéconomiques, qui doivent être évitées pour que les réformes puissent prendre racine. Si une région est en crise tous les cinq ou dix ans, a noté M. Singh, on peut opérer toutes sortes de réformes et aucune ne donnera de résultats. L’Amérique latine doit pouvoir annoncer qu’il n’y aura plus de crise.

Améliorer la communication

M. Singh a noté un consensus croissant parmi les décideurs latino-américains quant aux avantages de la stabilité macroéconomique et d’une inflation faible, et la communauté universitaire a contribué à ce consensus positif, a-t-il ajouté. Ce qu’il faut maintenant, c’est un accord sur la manière de traduire ce consensus en croissance, et les professeurs ont un rôle important à jouer à cet égard, a déclaré M. Singh.

Quant au FMI, il pourrait contribuer au consensus nécessaire, ont noté quelques professeurs, en améliorant son dialogue avec la communauté universitaire et la société en général. Il pourrait mieux expliquer ses vues, en particulier sur les dépenses sociales. Comme l’a noté un participant, le problème, ce n’est pas que le message du FMI n’a pas été compris; c’est plutôt qu’il n’a pas été entendu.

Allant dans le même sens, les représentants du FMI ont indiqué que l’institution continue de s’efforcer d’améliorer sa communication. Une relation plus fluide mais indépendante avec les universitaires des pays membres, c’est ce que recherche le FMI, a déclaré M. de Rato: pour aider à dégager un consensus, nous devons expliquer pourquoi nous disons ce que nous disons.

Division des relations publiques

FMI, Département des relations extérieures

Other Resources Citing This Publication