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Politiques: Les répercussions des programmes appuyés par le FMI

Author(s):
International Monetary Fund. External Relations Dept.
Published Date:
June 2006
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Afin de tirer les leçons de l’expérience et de relever de nouveaux défis, les services du FMI se sont attachés ces dernières années à évaluer l’impact des programmes d’ajustement que le FMI appuie dans ses pays membres. Dans une riche collection d’études qui vient d’être publiée (IMF-Supported Programs: Recent Staff Research), les auteurs mettent en lumière les succès et les échecs.

Ces nouvelles études se distinguent des précédentes par le fait qu’elles reconnaissent et examinent la complexité du FMI et de chaque pays. Les méthodes employées par l’institution pour concevoir les programmes, la capacité de définir le rythme et la qualité de la mise en œuvre, le degré d’ajustement économique nécessaire pour un pays, et la nature de l’économie politique intérieure sont autant de facteurs déterminant les chances de réussite d’un programme. Cette complexité suscite plusieurs questions simples:

  • Comment et dans quelle mesure le succès d’un programme dépend-il de sa conception?

  • Pourquoi la qualité de la mise en œuvre varie-t-elle? Dépend-elle de l’engagement des autorités nationales à exécuter les réformes économiques?

  • La diversité des situations économiques (et notamment le niveau de l’endettement extérieur et des réserves) influe-t-elle sur la volonté et la capacité des pays, des marchés privés et du FMI de conjuguer leurs efforts pour assurer le succès des programmes?

De plus, à quoi pourrait-on attribuer la réussite des programmes appuyés par le FMI? L’engagement du pays est-il primordial? La valeur de l’assistance du FMI tient-elle à ses conseils économiques, à ses prêts, à son suivi des politiques nationales ou à son satisfecit?

En matière de conception des programmes, les auteurs soulignent l’importance de la qualité du rééquilibrage budgétaire et de l’exactitude des projections. Cette exactitude dépend de la qualité de l’information, notamment sur la situation initiale. En outre, pour mieux gérer les crises financières et promouvoir la croissance à long terme, des cadres d’analyse théorique plus pointus sont également nécessaires.

Pourquoi les pays ont-ils des expériences nettement différentes dans la mise en œuvre des programmes? Parce que les institutions et les contraintes politiques nationales sont aussi différentes, affirment les auteurs. Ce constat corrobore l’objectif d’internalisation accrue, au niveau national, des programmes appuyés par le FMI. La structure de gouvernance du FMI — et, en particulier, le contrôle opérationnel de l’institution par les autorités nationales, l’organisation interne du FMI et son interaction avec les pays membres et les marchés, ainsi que les modalités de traitement uniforme des pays membres — peuvent aussi avoir une incidence majeure sur la conception et la mise en œuvre des programmes et, en définitive, sur leur efficacité.

En ce qui concerne l’efficacité des programmes, les auteurs examinent en particulier l’assistance du FMI aux pays membres pour résoudre les crises financières et stimuler les flux de capitaux. Ils estiment que, afin de protéger les contribuables nationaux (qui ont le plus souffert de ces crises), les prêts du FMI visant à résorber une crise doivent être accordés surtout si des politiques saines ont été appliquées avant la crise, car ils permettront sans doute d’éviter des mesures irresponsables. En aidant les pays à conserver un accès à moyen terme au marché international des capitaux, le FMI aura peut-être une efficacité optimale si un pays membre est très vulnérable, mais pas encore confronté à une crise. De plus, les auteurs suggèrent que les pays recourent au FMI pour signaler leur engagement à réformer leurs économies.

Du pain sur la planche

Un cadre de politique économique plus riche ouvrirait de nouvelles pistes pour comprendre le fonctionnement des programmes du FMI. D’aucuns estiment que les conseils et le financement de l’institution dépendent de considérations d’économie politique; de même, l’économie politique intérieure détermine les attitudes envers le FMI et, partant, la capacité des autorités à adopter des programmes constructifs appuyés par le FMI. Le débat en cours sur la structure de gouvernance de l’institution est motivé par diverses considérations importantes: quelle qu’en soit l’issue, il y aura des répercussions sur le fonctionnement et l’efficacité du FMI.

Ashoka Mody,

FMI, Département Europe et

Alessandro Rebucci,

FMI, Département des études

Des exemplaires de l’étude IMF-Supported Programs: Recent Staff Research, rédigée par Ashoka Mody et Alessandro Rebucci, sont disponibles au prix de 37,50 dollars auprès du Service des Publications du FMI. Pour commander, voir instructions page 160. Le texte intégral peut aussi être consulté sur le site du FMI (www.imf.org).

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