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Author(s):
International Monetary Fund. External Relations Dept.
Published Date:
June 2006
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Construire un avenir meilleur en République kirghize

Comment la République kirghize peut-elle réduire sa lourde dette et accélérer la lutte contre la pauvreté. Tel fut le thème central de la réflexion menée par des délégués du Jogorko Kenesh (Parlement kirghize) et des représentants des services du FMI et d’autres organisations financières internationales durant le séminaire de haut niveau tenu à Bishkek le 19 et 20 mai. Ce colloque était organisé par le Département des relations extérieures du FMI, en coopération avec la Banque nationale de la République kirghize.

Ces dix dernières années, la République kirghize a fait de grands progrès économiques, et son PIB par habitant a presque doublé entre le milieu des années 90 et 2005, atteignant 473 dollars. Grâce à une politique macroéconomique prudente, l’inflation est tombée sous la barre des 10 %, la croissance a été en moyenne de 4 % l’an depuis 2000 et le taux de pauvreté est descendu de 63 % en 2000 à 46 % en 2004. En outre, malgré un climat politique difficile depuis la «Révolution des tulipes» de mars 2005, le gouvernement a pu consolider la stabilisation économique et poursuivre les réformes. Mais l’endettement public est encore élevé; la pauvreté reste endémique, particulièrement dans les campagnes, où vivent les trois quarts des pauvres et les inégalités de revenu se sont aggravées.

Feuille de route économique

Les participants sont convenus qu’il importe d’accélérer les réformes structurelles pour améliorer rapidement et durablement le niveau de vie. Il convient de consolider les finances publiques, de moderniser le système financier et de créer un cadre légal et réglementaire propice à une croissance tirée par le secteur privé. Moyennant des efforts redoublés pour améliorer l’administration fiscale et des allégements de dette dans le cadre de l’initiative FMI/Banque mondiale en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) et de l’initiative d’allégement de la dette multilatérale, la charge de la dette extérieure devrait être plus gérables, ce qui donnerait la marge de manœuvre budgétaire nécessaire pour accroître les dépenses de lutte contre la pauvreté.

Les représentants du FMI ont souligné que les parlementaires peuvent jouer un rôle crucial en parachevant la réforme fiscale et le nouveau code des impôts, en approuvant le train de réformes du secteur financier—y compris le projet de loi accroissant l’autonomie de la banque centrale —, en privatisant la société kirghize de crédit agricole et en prenant des mesures pour réprimer le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

S’agissant de la dette, les délégués se sont demandé si la République kirghize devrait solliciter un allégement au titre de l’initiative PPTE. Certains craignaient que la réputation du pays n’en souffre, ce qui découragerait les investisseurs en puissance—sentiment partagé par une grande partie de la société civile. David Owen, Conseiller principal au Département Moyen-Orient et Asie centrale, a réfuté un certain nombre d’idées fausses concernant l’initiative PPTE et en a expliqué les avantages, dont la possibilité qu’elle offre de rehausser les dépenses de lutte contre la pauvreté.

Pour une participation plus large

Encore que le processus d’élaboration de la stratégie nationale de lutte contre la pauvreté ait été notablement ouvert et participatif, les délégués ont souhaité participer plus activement aux décisions économiques, notamment en ce qui concerne le programme économique actuel soutenu par la facilité du FMI pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance. Le Président de l’Assemblée, M. Marat Sultanov, a souhaité que le Parlement puisse se livrer à un examen plus exhaustif des politiques convenues dans le cadre du programme soutenu par le FMI.

Les participants ont aussi souligné qu’il importe que la société civile et le parlement prennent une plus grande part aux mises à jour de la stratégie nationale de réduction de la pauvreté d’ici 2010. Dans l’intervalle, un parlementaire, M. Bolotbek Maripov, a noté qu’il «n’est pas aisé de mettre au point une feuille de route gagnante, mais nous devons nous efforcer d’assurer une meilleure cohérence des objectifs de la stratégie nationale de lutte contre la pauvreté avec le budget et la politique de dépense du gouvernement».

Michaela Schrader

FMI, Département des relations extérieures

Pour plus d’information sur ce séminaire, voir le communiqué de presse n° 06/108 sur le site du FMI (www.imf.org).

Le pragmatisme, nouvelle tendance en Amérique latine?

Environ quatre-vingts personnes ont assisté le 23 mai à un Forum du livre organisé au siège du FMI à Washington sur la «bataille pour l’âme de l’Amérique latine» (pour reprendre la couverture d’un numéro récent de The Economist). Javier Santiso (OCDE), auteur de «Latin America’s Political Economy of the Possible», a présenté l’idée controversée que l’Amérique latine est en train d’adopter la politique du pragmatisme.

À ce propos, dans son allocution d’ouverture, Agustín Carstens, Directeur général adjoint du FMI, a parlé d’une expression heureuse, qui saisit particulièrement bien ce qui se passe dans le domaine monétaire. La faible inflation d’aujourd’hui en Amérique latine par rapport aux années 90 est une expression d’un consensus politique selon lequel une inflation élevée n’est pas bonne pour la société, encore moins pour les pauvres. L’octroi de l’indépendance à plusieurs banques centrales dans la région reflète ce consensus.

Le pragmatisme s’étend …

M. Carstens espère que les Latino-Américains diront de la même manière qu’ils en ont assez des crises bancaires et qu’ils accorderont une plus grande indépendance aux organes de contrôle et de réglementation, ce qui permettrait d’établir de meilleures politiques du secteur financier. Des crises bancaires périodiques ont freiné la croissance dans la région. Selon M. Carstens, ce passage au pragmatisme est une révolution inachevée, qui doit encore gagner du terrain en dehors de la sphère monétaire.

M. Santiso a décrit l’émergence et la progression du pragmatisme au Brésil, au Chili et au Mexique. En maintenant une certaine continuité pendant les transitions politiques, ces pays ont offert un modèle aux autres pays de la région. Selon M. Santiso, l’élection de cette année au Brésil continuera de dissocier les politiques économiques des transitions politiques.

La Bolivie se situe à l’autre bout de la gamme des options à la disposition de l’Amérique latine, a noté M. Santiso. Pablo Bachelet, du Miami Herald, a expliqué que la nationalisation du secteur énergétique bolivien a créé un schisme au sein de la gauche en Amérique latine et qu’il est maintenant difficile de classer les acteurs dans des catégories bien définies comme gauche/droite ou pro-américain/anti-américain. Aujourd’hui, on distinguerait plutôt ceux qui ont des ressources énergétiques et ceux qui n’en ont pas.

Charles Collyns, Directeur adjoint du Département Hémisphère occidental du FMI, a noté que l’idée de M. Santiso quant à la progression du pragmatisme correspond à son expérience personnelle après avoir voyagé dans la région et rencontré ses dirigeants ces cinq dernières années. Il a cité comme exemples de pragmatisme le maintien par le Président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva du cadre budgétaire hérité de son prédécesseur et le fait que les autorités aient résisté jusqu’à présent aux tendances du passé—le financement des dépenses par l’emprunt—en dépit de l’expansion actuelle.

Revenant sur le thème de M. Carstens, M. Collyns a noté que le pragmatisme devait s’étendre aux questions budgétaires et structurelles. Il a cité l’exemple du Guatemala, où il faut renforcer la confiance dans la capacité de l’État d’utiliser les impôts dans l’intérêt général, afin de relever le faible ratio recettes fiscales/PIB et ainsi de financer des dépenses publiques bien nécessaires.

… oui ou non?

Les deux autres intervenants étaient plus sceptiques à propos de la progression du pragmatisme. Alvaro Vargas Llosa, du Independent Institute, craint que, lorsque la situation mondiale favorable se dégradera, on ne découvre que le pragmatisme n’a pas abouti à grand-chose, parce que la région n’a pas vraiment opéré de réformes institutionnelles fondamentales pendant le mouvement vers le néolibéralisme dans les années 90. Moisés Naim, de Foreign Policy, est du même avis. Il regrette la profonde faillite intellectuelle de la région et note que le programme de réformes institutionnelles a été transformé en platitudes plutôt qu’en plateformes électorales victorieuses. Provocateur comme toujours, il a demandé pourquoi, si le «chilenisme» a donné de si bons résultats, autant de Latino-Américains continuent d’être attirés par le «chavezisme».

Prakash Loungani

FMI, Département des relations extérieures

Laura Wallace

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Rédactrices

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Traduction

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