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Le Gabon doit réduire sa dépendance envers le pétrole

Author(s):
International Monetary Fund. External Relations Dept.
Published Date:
July 2006
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En 2005, la croissance s’est accélérée, atteignant près de 3%, et l’inflation est restée proche de zéro. Le secteur non pétrolier a enregistré une croissance de 4½ % grâce à l’essor de la transformation du bois, de la production de manganèse et des services. De plus, la bonne tenue des cours mondiaux du pétrole a continué à engendrer de gros excédents de la balance des paiements et du budget, ce qui a permis de réduire la dette extérieure (39 % du PIB à fin 2005), a estimé le FMI dans sa dernière revue de l’économie gabonaise.

Cependant, les réserves pétrolières devraient s’épuiser dans une trentaine d’années, et le Gabon devra réduire sa dépendance à l’égard du pétrole à moyen terme.

Le Conseil d’administration du FMI a noté que le grand défi posé au Gabon est de trouver un équilibre entre la nécessité de se préparer à l’épuisement des réserves pétrolières en accroissant l’épargne publique, et celle de répondre à des pressions constantes en faveur des dépenses. La plupart des administrateurs ont appelé à un ajustement budgétaire immédiat permettant de progresser sensiblement vers la viabilité à moyen terme.

Prov.Proj.
Gabon2003200420052006
(variation annuelle en %, sauf indication contraire)
PIB réel2,41,42,93,0
PIB réel non pétrolier0,82,34,43,6
Prix à la consommation (moyenne annuelle)2,10,40,01,0
Solde primaire non pétrolier (en % du PIB non pétrolier)–8,2–7,7–12,1–8,9
Dette publique extérieure (en % du PIB)55,949,639,231,8
Sources: autorités gabonaises; estimations et projections des services du FMI.
Sources: autorités gabonaises; estimations et projections des services du FMI.

Les administrateurs ont en outre souligné qu’il importe d’améliorer la gestion des finances publiques et, à cette fin, de mieux hiérarchiser les projets d’investissement public, de renforcer l’exécution et le suivi du budget, de rehausser la transparence de ce dernier — en particulier des recettes pétrolières — et de rendre plus efficace le régime fiscal en élargissant la base des recettes non pétrolières. De plus, les administrateurs ont évoqué l’augmentation rapide des subventions implicites et coûteuses des produits pétroliers qui bénéficient surtout aux ménages à revenu élevé, et ont encouragé les autorités à inscrire au budget le total de ces subventions et à ajuster peu à peu le prix de détail pour le porter au niveau des prix paritaires à l’importation tout en fournissant une assistance bien ciblée aux pauvres.

Les administrateurs ont félicité les autorités pour leur document de stratégie de croissance et de réduction de la pauvreté, mais ont souligné la nécessité d’élaborer des programmes concrets de réduction de la pauvreté et d’accélérer le programme de réformes structurelles pour stimuler la croissance. À cet égard, il importe d’améliorer le climat des investissements pour favoriser le développement du secteur privé. Les administrateurs ont aussi noté qu’une plus grande libéralisation des échanges accroîtrait la compétitivité du Gabon et ont exhorté les autorités à jouer un rôle de premier plan dans les entretiens régionaux avec la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale sur cette question.

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