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Author(s):
International Monetary Fund. External Relations Dept.
Published Date:
August 2006
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Les firmes américaines recommencent à investir

Les entreprises américaines ayant accumulé d’importantes réserves de liquidités depuis 2001, beaucoup s’interrogent sur le bien-fondé et la pérennité de ce phénomène. Certaines ont commencé récemment à puiser dans leurs réserves pour payer rapidement les actionnaires, financer des fusions et acquisitions et accroître leurs investissements. Comment comprendre le lien entre liquidités et investissements? Le 18 juillet, à l’American Enterprise Institute (AEI), Kevin M. Warsh, Gouverneur de la Réserve fédérale américaine, a prononcé un discours sur l’évolution récente de la trésorerie et des bilans des entreprises aux États-Unis.

L’accumulation s’estompe

Après une longue période d’épargne, les entreprises américaines semblent renouer avec l’emprunt et dépenser leurs avoirs en espèces, tendance qui se poursuivra probablement, a déclaré M. Warsh. Le regain d’intérêt pour les dépenses en capital et pour l’expansion des activités explique en grande partie l’évolution récente, attribuable à des pressions extérieures grandissantes visant à accroître la valeur actionnariale. Si cette tendance persiste, a poursuivi M. Warsh, la liquidité et la qualité du crédit de certaines sociétés pourraient diminuer, mais il est peu probable, du moins à court terme, que cela mette en danger la solidité de leurs bilans ou la forte expansion de leurs dépenses.

Du reste, «si certaines tendances émergentes telles que la baisse requise des ratios de couverture des intérêts prennent de l’ampleur, elles pourraient induire une détérioration plus prononcée de la qualité du crédit comme on le prévoit actuellement», a estimé M. Warsh. Les entreprises devraient donc maintenir les liquidités à des niveaux historiquement élevés par mesure de précaution, eu égard aux incertitudes géopolitiques et économiques et à l’environnement juridique et réglementaire plus rigoureux. Selon M. Warsh, les entreprises américaines ont fait preuve d’une aptitude remarquable à s’adapter et à prospérer ces dernières années malgré ces changements, et elles devraient continuer dans cette voie.

Montée en puissance des actifs incorporels

L’énigme de l’accumulation de liquidités, s’est interrogé Kevin A. Hassett (AEI), s’explique-t-elle en partie par les investissements des entreprises en actifs incorporels (non physiques) tels que la propriété intellectuelle? Si, à travers des activités rentables, les entreprises détiennent plus de liquidités, existe-t-il quand même un déficit d’investissement? Pour M. Hassett, «la composition de l’investissement dans l’économie a peut-être évolué de façon spectaculaire au fil du temps, devenant beaucoup plus centrée sur les actifs incorporels». À cet égard, il a cité des données récentes montrant que les investissements incorporels dépassent désormais les investissements fixes des entreprises. Si l’investissement est défini de façon plus générale pour inclure les actifs incorporels, alors «l’expansion actuelle ressemblera davantage aux expansions antérieures» et présentera une image plus normale du point de vue conjoncturel.

M. Warsh a reconnu le bien-fondé de cet argument. Même si la plupart des investissements en capital réalisés à la fin des années 90 étaient des investissements fixes des entreprises, une grande partie des investissements actuels — en l’occurrence, de nouveaux investissements en capital — se rapporte à des investissements antérieurs et vise à moderniser des technologies, des structures et des systèmes acquis par le passé. Selon M. Warsh, cela pourrait expliquer en partie les gains de productivité que nous avons observés, «qui auraient même pu s’accélérer ces dernières années grâce aux investissements incorporels effectués dans le but d’améliorer des procédés et qui ont dopé la productivité et les marges bénéficiaires».

Ina Kota

FMI, Département des relations extérieures

Pour en savoir plus, voir aussi le chapitre IV «Trésorerie à gogo: pourquoi les entreprises épargnent-elles autant?» des Perspectives de l’économie mondiale d’avril 2006, sur le site du FMI (www.imf.org). La version publiée de l’ensemble du document est en vente au prix de 49 dollars (46 dollars pour les universitaires et étudiants) au Service des publications du FMI. Pour commander, voir instructions à droite.

Laura Wallace

Rédactrice en chef

Sheila Meehan

Rédactrice principale

Christine Ebrahim-zadeh

Directrice de production

Elisa Diehl

Ina Kota

Rédactrices

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Lijun Li

Assistantes de rédaction

Kelley McCollum

Assistante de production

Julio Prego

Graphiste

Graham Hacche

Conseiller principal

Édition française

Division française Services linguistiques

Alfred Detchou

Traduction

V. Andrianifahanana

Correction & PAO

Le Bulletin du FMI (ISSN 0250-7412) est aussi publié en anglais (IMF Survey) et en espagnol (Boletín del FMI). Aux 22 numéros qui paraissent chaque année s’ajoute un supplément annuel (L’ABC du FMI). Les opinions et les informations contenues dans le Bulletin ne représentent pas nécessairement la position officielle du FMI, pas plus que les cartes publiées, qui sont extraites de l’Atlas mondial du National Geographic(6e édition). Les articles du Bulletin, hor mis les photos et illustrations, peuvent être reproduits à condition que la source soit citée. Le courrier à la rédaction doit être adressé à Current Publications Division, Room 7-106, IMF, Washington, DC 20431 (U.S.A.). Téléphone: (202) 623-8585; e-mail: Imfsurvey@imf.org.

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