International Monetary Fund Annual Report 1997
Chapter

Chapitre 5. Consultations au titre de l’article IV

Author(s):
International Monetary Fund
Published Date:
October 1997
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Le FMI tient des consultations bilatérales, le plus souvent annuelles, avec tous les États membres, aux termes de l’article IV de ses Statuts. À ce titre, une mission des services du FMI se rend sur place pour discuter avec les responsables nationaux de l’évolution économique ainsi que des politiques monétaire, budgétaire et structurelle que suivent les autorités. La mission recueille aussi les données économiques et financières pertinentes sur la situation du pays. De retour au siège, les membres de la mission rédigent un rapport qui analyse la situation économique et évalue l’orientation des politiques appliquées, et qui sert de base à la discussion du Conseil. À l’issue de cette discussion, le Président du Conseil d’administration résume les avis exprimés par les administrateurs au cours de la réunion. Ce résumé est transmis aux autorités du pays concerné. En avril 1997, le Conseil a décidé que des notes d’information pourraient être diffusées à la presse, à l’initiative des États membres qui le souhaitent, une fois conclues les consultations au titre de l’article IV (voir au chapitre 4 la section intitulée «Réexamen biennal de la surveillance» et l’appendice V). En 1996/97, le FMI a conclu 150 consultations de ce type (tableau 3).

Tableau 3Consultations au titre de l’article IV conclues au cours de l’exercice 1997
Afrique du Sud29 mai 1996
Albanie28 févr. 1997
Algérie26 juin 1996
Allemagne6 sept. 1996
Antigua-et Barbuda19 juil. 1996
Antilles néerlandaises3 mars 1997
Arabie Saoudite24 févr. 1997
Argentine30 oct. 1996
Arménie23 sept. 1996
Australie19 févr. 1997
Autriche24 mai 1996
Azerbaïdjan20 déc. 1996
Bahamas11 oct. 1996
Bangladesh28 août 1996
Barbade15 nov. 1996
Bélarus31 juil. 1996
Belgique7 févr. 1997
Bénin28 août 1996
Bhoutan6 déc. 1996
Bosnie-Herzégovine26 août 1996
Botswana5 mars 1997
Brésil3 mars 1997
Brunei Darussalam1er mai 1996
Burkina Faso14 févr. 1997
Cambodge3 févr. 1997
Cameroun9 oct. 1996
Canada29 janv. 1997
Cap-Vert26 août 1996
Chili30 août 1996
Comores30 août 1996
Congo, Rép. du28 juin 1996
Corée15 nov. 1996
Costa Rica14 juin 1996
Côte d’Ivoire15 nov. 1996
Croatie12 mars 1997
Danemark24 févr. 1997
Dominique1er juil. 1996
Égypte11 oct. 1996
Émirats arabes unis9 oct. 1996
Érythrée12 juin 1996
Espagne3 mai 1996
Espagne19 mars 1997
Estonie29 juil. 1996
États-Unis22 juil. 1996
Éthiopie1er mai 1996
Fidji21 août 1996
Finlande29 juil. 1996
France16 oct. 1996
Géorgie23 sept. 1996
Géorgie21 mars 1997
Ghana21 juin 1996
Grèce2 août 1996
Grenade29 mai 1996
Guatemala16 oct. 1996
Guinée13 janv. 1997
Guinée-Bissau21 mars 1997
Guinée équatoriale27 nov. 1996
Guyana9 oct. 1996
Haïti18 oct. 1996
Honduras2 déc. 1996
Hong Kong, Chine21 févr. 1997
Hongrie28 août 1996
Îles Marshall21 août 1996
Îles Salomon26 juin 1996
Inde4 nov. 1996
Indonésie26 juil. 1996
Iran, Rép. islam. d’23 août 1996
Irlande1er juil. 1996
Islande10 févr. 1997
Israël18 déc. 1996
Italie4 avr. 1997
Jamaïque26 juil. 1996
Japon24 juil. 1996
Jordanie10 févr. 1997
Kenya21 mars 1997
Koweït19 août 1996
Lesotho23 sept. 1996
Lettonie25 nov. 1996
Liban3 juil. 1996
Libye28 août 1996
Lituanie26 juin 1996
Macédoine, ex-Rép. yougoslave de11 avril 1997
Madagascar17 mai 1996
Malaisie30 août 1996
Malawi19 juin 1996
Maldives10 juil. 1996
Mali25 nov. 1996
Maroc6 déc. 1996
Maurice10 mars 1997
Mexique2 août 1996
Micronésie21 août 1996
Moldova23 sept. 1996
Mozambique18 nov. 1996
Myanmar5 mars 1997
Namibie3 juil. 1996
Népal29 mai 1996
Nicaragua9 oct. 1996
Niger12 juin 1996
Nigéria3 févr. 1997
Norvège24 févr. 1997
Nouvelle-Zélande25 nov. 1996
Oman21 mars 1997
Ouganda1er mai 1996
Ouganda23 avr. 1997
Ouzbékistan26 juin 1996
Panama19 juil. 1996
Papouasie-Nouvelle-Guinée20 déc. 1996
Paraguay19 juil. 1996
Pays-Bas3 juin 1996
Philippines20 déc. 1996
Pologne7 mars 1997
Portugal18 oct. 1996
Qatar7 juin 1996
Rép. Centrafricaine21 févr. 1997
Rép. dém. pop. lao8 mai 1996
Rép. Dominicaine15 mai 1996
Rép. kirghize31 juil. 1996
Rép. slovaque19 mars 1997
Rép. tchèque27 nov. 1996
Roumanie23 avril 1997
Royaume-Uni23 oct. 1996
Rwanda18 nov. 1996
Saint-Marin24 juil. 1996
Saint-Vincent-et-les Grenadines8 nov. 1996
Sainte-Lucie15 nov. 1996
Samoa Occidental12 mars 1997
Sāo Tomé-et-Principe21 juin 1996
Sénégal28 juin 1996
Singapour7 févr. 1997
Slovénie16 déc. 1996
Sri Lanka31 juil. 1996
Soudan12 févr. 1997
Swaziland7 mars 1997
Suède9 sept. 1996
Suisse12 févr. 1997
Syrie24 mars 1997
Tadjikistan8 mai 1996
Tanzanie8 nov. 1996
Thaïlande17 juil. 1996
Tchad22 mai 1996
Togo3 févr. 1997
Tonga27 janv. 1997
Trinité-et-Tobago24 mars 1997
Turquie26 août 1996
Uruguay26 juil. 1996
Vanuatu26 juin 1996
Venezuela12 juil. 1996
Vietnam27 nov. 1996
Yémen, Rép. du15 juil. 1996
Zambie8 juil. 1996

La présente section décrit les principaux aspects des discussions du Conseil sur un certain nombre de consultations au titre de l’article IV avec les États membres. Les pays ont été choisis en fonction de leur importance économique sur le plan mondial ou régional, ou, dans le cas des plus petits États, sont présentés par roulement. Chaque description comprend un bref résumé des grandes évolutions macroéconomiques et structurelles jusqu’au moment des consultations ainsi qu’un tableau des principaux indicateurs économiques dont le Conseil disposait alors. Un résumé des conclusions de la discussion du Conseil est présenté ensuite. Lorsque les consultations ont été tenues en début d’exercice et qu’une importante évolution s’est produite ultérieurement, une nouvelle colonne a été ajoutée au tableau des indicateurs économiques afin de mettre à jour les estimations des services du FMI. Par ailleurs, dans certains cas où la politique économique s’est trouvée infléchie de façon marquée après la conclusion des consultations, le texte a été enrichi d’un nouveau paragraphe.

Economies avancées

Principaux pays industrialisés

États-Unis

Le Conseil a conclu les consultations au titre de l’article IV avec les États-Unis en juillet 1996. Ces entretiens sont intervenus après une année de redressement de l’activité économique (tableau 4), la croissance s’étant accélérée au troisième trimestre de 1995 mais ralentie au quatrième trimestre, avant de remonter à 2,3 % (en taux annuel) au premier trimestre de 1996. Au cours de ce dernier trimestre, elle a été en grande partie tirée par la vigueur de la consommation et de l’investissement fixe privé, qui a plus que compensé les effets défavorables de la diminution des stocks et de la hausse des exportations nettes. Le taux de chômage a fluctué autour de son point le plus bas (5,6 %) en 1995 et au début de 1996, du fait que l’emploi a vivement progressé et que le taux d’activité a augmenté.

Tableau 4États-Unis: indicateurs économiques

(Données disponibles lors de la réunion du Conseil en juillet 1996)1

1996
199319941995Projections lors de la réunion du ConseilRésultats2
En pourcentage
Économie intérieure
Variation du PIB réel2,33,52,02,22,4
Taux de chômage6,96,15,65,65,4
Variation des prix à la consommation (fin de période)2,82,72,52,93,3
Milliards de dollars1
Secteur extérieur
Exportations, f.à.b.456,8502,5575,9615,2611,7
Importations, f.à.b.‒589,4‒668,6‒749,4‒788,9‒799,3
Solde des transactions courantes‒99,9‒148,4‒148,2‒150,9‒165,1
Investissements directs‒35,1‒4,7‒35,3‒4,4
Investissements de portefeuille‒41,831,095,6180,9
Solde du compte de capital56,4134,7116,6218,2
Réserves officielles brutes70,845,6100,0129,4
Solde des transactions courantes (en pourcentage du PIB)‒1,5‒2,1‒2,0‒2,0‒2,2
Variation du taux de change effectif réel (en pourcentage)2,6‒1,1‒5,55,9
En pourcentage du PIB1
Variables financières
Solde des opérations des administrations publiques‒3,6‒2,3‒2,0‒1,5‒1,4
Épargne nationale brute14,315,215,916,016,8
Investissement national brut316,517,717,717,8
Variation de la masse monétaire au sens large (M2; variation d’une année sur l’autre; en pourcentage)1,11,42,14,9
Taux d’intérêt des bons du Trésor à trois mois (moyenne annuelle; en pourcentage)3,04,25,55,25,1

Sauf indication contraire.

Estimations actualisées des services du FMI.

Y compris les dons en capital nets reçus par les États-Unis.

Sauf indication contraire.

Estimations actualisées des services du FMI.

Y compris les dons en capital nets reçus par les États-Unis.

La hausse des prix à la consommation en 1995 a été de 2,8 %, en phase avec la moyenne enregistrée au cours des quatre dernières années, tandis que l’inflation mesurée tant par l’indice des prix à la production que par le déflateur du PIB enregistrait de faibles augmentations. L’inflation, à la consommation comme à la production, s’est accélérée pendant les cinq premiers mois de 1996 sous l’effet de la hausse des prix de l’alimentation et de l’énergie due aux conditions météorologiques.

Des progrès réguliers ont été accomplis dans la réduction du déficit budgétaire, ramené de 3 % du PIB au cours de l’exercice 1994 (clos en septembre) à 2,3 % pendant l’exercice 1995, grâce aux compressions de dépenses, au relèvement des impôts et aux effets de la reprise économique. Du fait de recettes plus importantes que prévu durant les sept premiers mois de l’exercice 1996 et du resserrement des dépenses, le déficit du budget fédéral pour l’exercice avait été ramené, selon les estimations, à 1,6 % environ du PIB au moment des consultations.

Face à un ralentissement de la croissance et à des signes indiquant un recul de la menace inflationniste, le Conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale a commencé à assouplir la politique monétaire en juillet 1995. En janvier 1996, le taux retenu comme objectif pour les fonds fédéraux avait été ramené à 5½ % et a été maintenu à ce niveau au premier semestre de 1996. Les taux longs ont diminué de quelque 2 points en 1995, mais ont augmenté de plus de 100 points de base au premier semestre de 1996, attestant surtout une reprise de la croissance plus forte que prévu au cours de ce semestre.

Le dollar, qui s’était redressé à la fin de 1995, après être tombé à des creux historiques par rapport au yen et au deutsche mark, s’est encore légèrement apprécié au début de 1996, en réaction à la montée des taux d’intérêt américains. Le déficit des transactions courantes s’est quelque peu rétréci, s’établissant à 2,0 % du PIB en 1995. Le déficit du commerce des marchandises est resté inchangé, à 2,4 % du PIB. Les entrées nettes de capitaux privés ont sensiblement chuté en 1995, car l’activité bancaire et les investissements directs, marquant un revirement, se sont soldés par des sorties nettes, qui n’ont été qu’en partie compensées par une forte augmentation des achats extérieurs nets de titres américains.

Au cours de leur discussion, les administrateurs ont fait l’éloge de la forte performance économique des États-Unis, notant en particulier la croissance soutenue accompagnée d’une remarquable création d’emplois et de faibles taux de chômage, tandis que l’inflation était maîtrisée. Ils ont aussi salué la conduite experte de la politique monétaire et la réduction du déficit budgétaire.

Les administrateurs sont convenus que le défi, dans l’immédiat, consistait à consolider les progrès réalisés dans la réduction de l’inflation. Le rythme de l’activité économique s’était accéléré depuis le début de 1996, sous l’effet d’une rapide augmentation de la demande intérieure. En conséquence, le niveau d’utilisation des ressources était élevé et le taux de chômage était tombé à un faible niveau. En outre, la vigueur considérable de l’économie semblait devoir se poursuivre jusqu’au second semestre de l’année. Au vu de cette situation, la plupart des administrateurs sont convenus de la nécessité de durcir sans tarder les conditions monétaires pour éviter l’apparition de tensions inflationnistes et la montée d’anticipations défavorables et d’incertitudes sur les marchés boursiers.

Étant donné le faible niveau de l’épargne nationale aux États-Unis et le déséquilibre entre l’épargne et l’investissement, la plupart des administrateurs ont estimé que le déficit du budget fédéral restait le principal obstacle économique à surmonter à moyen terme. Il importait donc de concrétiser par des mesures législatives le consensus sur un équilibre du budget à atteindre d’ici à l’exercice 2002. Pour ce faire, plusieurs administrateurs étaient d’avis que les efforts à consentir risquaient d’être plus substantiels que prévu. Des questions ont été soulevées sur la possibilité d’amputer davantage les dépenses discrétionnaires et sur l’ampleur, par rapport aux hypothèses, des économies qui seraient effectivement dégagées des réformes de la protection sociale proposées. En outre, puisqu’une grande part de la réduction du déficit envisagée ne serait obtenue qu’à la fin du calendrier budgétaire, les administrateurs ont souligné qu’il serait opportun de retarder les réductions d’impôt jusqu’à ce que des progrès sensibles aient été réalisés sur la voie de l’équilibrage du budget. Il conviendrait aussi de contenir au plus tôt les pressions budgétaires qu’exercerait bientôt le vieillissement de la population américaine.

S’agissant de la politique monétaire à moyen terme, les administrateurs sont convenus que la stabilité des prix doit constituer le principal objectif à long terme. Ils ont souscrit à la conduite de la politique monétaire par la Réserve fédérale, notamment à l’attention particulière qu’elle a accordée aux signes de tensions naissantes. Ils ont salué son empressement à adopter des mesures préventives, compte tenu de son évaluation de l’évolution de l’économie; cette attitude a contribué aux résultats enviables obtenus dans la lutte contre l’inflation.

Les administrateurs se sont dits en général convaincus que le renforcement du dollar avait aidé à modérer la demande intérieure globale tout en favorisant la reprise économique dans d’autres grands pays industrialisés. Ils ont toutefois noté que le déficit des transactions courantes restait important et que les engagements extérieurs nets des États-Unis avaient continué d’augmenter. À leur avis, le meilleur moyen d’accroître l’épargne nationale et de diminuer le recours des États-Unis à l’épargne mondiale serait de durcir encore la politique budgétaire à moyen terme.

Les administrateurs se sont félicités du soutien apporté par les États-Unis à la libéralisation du commerce dans les instances multilatérales et régionales. Ils ont exhorté les autorités à tirer tout le parti possible du renforcement des mécanismes de règlement des différends à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et ont souligné que des mesures unilatérales de politique commerciale de la part des États-Unis risquent de compromettre l’efficacité du système multilatéral de commerce. Les administrateurs ont déploré le recul de l’aide publique au développement par rapport au PIB ainsi que les arriérés des États-Unis envers les institutions multilatérales.

Après les consultations, l’activité économique a ralenti au troisième trimestre de 1996, mais a vivement repris au quatrième trimestre pour conserver un rythme très rapide au début de 1997. L’économie a atteint un niveau fort élevé d’utilisation des ressources; la croissance de la production a dépassé les estimations du taux de croissance potentielle de l’économie, et le chômage est tombé de 5,8 % au début de 1996 à un taux se situant entre 5,2 et 5,4 % pendant le second semestre de 1996 et au début de 1997. Malgré la persistance d’une forte utilisation des capacités, peu de signes directs de tensions inflationnistes sont apparus, la hausse structurelle des prix à la consommation (l’indice des prix à la consommation, hors alimentation et énergie) ayant légèrement diminué en 1996 ainsi qu’au début de 1997. Invoquant toutefois la nécessité d’une politique monétaire prospective ainsi que ses préoccupations devant la vigueur persistante de la demande globale, avec pour corollaire des risques d’inflation, le Comité fédéral de l’open market a entrepris de resserrer la politique monétaire en relevant de ¼ % l’objectif de taux des fonds fédéraux, pour le porter à 5½ % en mars 1997. Le déficit budgétaire a été ramené à 1,4 % du PIB en 1996, contre 3,6 % en 1993, et un accord a été conclu sur un cadre budgétaire propre à équilibrer les finances publiques d’ici 2002.

Japon

Le Conseil a conclu les consultations au titre de l’article IV avec le Japon en juillet 1996. Le rythme de la reprise après l’éclatement de la bulle des actifs en 1990–91 s’était accéléré à partir du milieu de 1995 (tableau 5), la croissance du PIB réel atteignant 3,0 % au premier trimestre de 1996 et se situant en moyenne à 6½ % par an au cours des trois trimestres qui ont suivi le milieu de 1995. Cette accélération marquée tient au renforcement de toutes les principales composantes de la demande intérieure. Le taux de chômage a atteint un sommet historique, frôlant 3½ % à la fin de 1995, mais d’autres indicateurs semblaient montrer le début d’un infléchissement des conditions du marché du travail.

Tableau 5Japon: indicateurs économiques

(Données disponibles lors de la réunion du Conseil en juillet 1996)1

1996
199319941995Projections lors de la réunion du ConseilRésultats2
En pourcentage
Économie intérieure
Variation du PIB réel0,10,50,93,43,6
Taux de chômage2,52,93,13,33,4
Variation des prix à la consommation (moyenne sur la période)1,30,7‒0,10,20,1
Milliards de dollars1
Secteur extérieur
Exportations, f.à.b.352,9386,0429,4420,6400,2
Importations, f.à.b.213,3241,5297,2327,8316,7
Solde des transactions courantes132,0130,6111,469,566,0
Investissements directs‒13,7‒17,2‒22,7‒23,323,5
Investissements de portefeuille‒70,7‒26,7‒36,2‒43,6‒43,6
Solde du compte de capital‒1,5‒1,9‒2,3‒0,2‒0,2
Réserves officielles brutes398,5125,9183,2216,6216,6
Solde des transactions courantes (en pourcentage du PIB)3,12,82,21,51,4
Variation du taux de change effectif réel (en pourcentage)22,17,65,7‒13,3‒14,8
En pourcentage du PIB1
Variables financières
Solde des opérations des administrations publiques‒1,6‒2,1‒3,1‒4,0‒4,6
Solde des opérations des administrations publiques (non compris les administrations de la sécurité sociale)‒4,8‒5,0‒5,9‒6,8‒7,3
Épargne nationale brute32,831,530,831,131,2
Investissement national brut29,728,728,729,929,8
Variation de la masse monétaire au sens large (M3; en pourcentage)3,94,03,6
Taux des certificats de dépôts à trois mois (moyenne; en pourcentage)2,82,12,1

Sauf indication contraire.

Estimations actualisées des services du FMI.

À l’exclusion de l’or.

Sauf indication contraire.

Estimations actualisées des services du FMI.

À l’exclusion de l’or.

Après avoir subi de faibles pressions déflationnistes en 1995, les prix à la consommation ont amorcé une légère hausse au premier semestre de 1996, qui tenait davantage aux répercussions de la dépréciation du yen qu’à un durcissement des conditions du marché. La plupart des indicateurs témoignaient d’une persistance de l’importante sous-utilisation des capacités de production et des ressources du marché du travail. Les dépenses de consommation n’ont augmenté que modérément pendant toute l’année 1995, mais ont fait un bond de 2½ % au premier trimestre de 1996. Des données plus récentes sur la consommation, tout comme celles sur l’investissement public et la construction de logements, la production industrielle et l’emploi, semblaient indiquer que la poussée de l’activité au premier trimestre était un phénomène passager.

À partir du milieu de 1995, parallèlement au recul des taux d’intérêt et du yen, les conditions monétaires ont été assouplies de façon appréciable. La progression de la masse monétaire au sens large (M3) est restée stable aux alentours de 4 %, mais la baisse des taux d’intérêt a provoqué une réorientation en faveur de dépôts plus liquides et du numéraire, ce qui a porté à quelque 3 % la progression de M2 augmentée des certificats de dépôt, alors que la progression de M1 s’est brusquement élevée à plus de 15 %. Après avoir stagné en 1994, la croissance du crédit intérieur et des prêts bancaires a repris en 1995. Les dépôts ont continué à se déplacer des banques vers le système d’épargne postale, le ratio épargne postale/M2 plus certificats de dépôt atteignant presque 40 %.

Le solde des opérations des administrations publiques (sécurité sociale exclue) s’est détérioré, passant d’un équilibre approximatif au cours de l’exercice 1990 à un déficit de 6½ % du PIB pendant l’exercice 1995, qui tient surtout aux répercussions de la faible conjoncture sur les recettes et à l’inversion de la montée temporaire des recettes due à la bulle des actifs. La dégradation des conditions économiques au début de 1995 a conduit les autorités à adopter un train de mesures de relance économique en septembre 1995, prévoyant 8.000 milliards de yen d’investissements publics, et la prolongation de la réduction de l’impôt sur le revenu pour une autre année. Par conséquent, d’importantes mesures d’appui budgétaire se trouvaient en place pour l’exercice 1996.

Le solde extérieur, nominal et réel, a vivement chuté lorsque la valeur effective réelle du yen après le milieu de 1995 est tombée jusqu’à un niveau proche des tendances historiques. Les baisses du solde extérieur s’expliquent en partie par la forte augmentation de la demande intérieure et par des modifications structurelles des courants d’échanges. Les exportations nettes réelles ont vivement reculé et les importations de produits manufacturés ont augmenté beaucoup plus vite qu’on pouvait le prévoir. Les exportations comme les importations ont été touchées par la poursuite de la délocalisation de la production intérieure.

Dans leur discussion, les administrateurs ont accueilli avec satisfaction les signes indiquant que le Japon entrait enfin dans une phase de reprise, en partie sous l’effet des mesures de relance décisives adoptées l’année précédente et du renversement de la surévaluation du yen, la plupart des administrateurs estimant que cette inversion avait ramené le taux de change à un niveau à peu près conforme aux variables économiques fondamentales. Les administrateurs ont considéré que la récente poussée de la croissance du PIB avait probablement donné une idée exagérée de la solidité de l’assise de l’activité. Dans le même temps, étant donné l’ampleur de l’écart de production persistant, le chômage plus élevé qu’à l’ordinaire et l’absence de pressions sur les salaires et les prix, le danger immédiat d’une surchauffe de l’économie paraissait faible et les administrateurs en ont conclu que l’orientation actuelle de l’action des pouvoirs publics devrait être maintenue, puis réévaluée dans l’année. À long terme, il faudrait appliquer une série de réformes structurelles pour accroître l’efficacité et assurer une croissance durable.

S’agissant de la politique des finances publiques, les administrateurs sont convenus que les dispositifs de relance passés continuent de fournir un appui souhaitable à l’activité économique. Néanmoins, la situation budgétaire s’est fortement détériorée depuis l’effondrement de l’économie soutenue par la bulle et la dette publique s’est considérablement alourdie. La plupart des administrateurs ont souligné que, si la reprise se poursuit comme prévu, la relance budgétaire exceptionnelle au moyen des mesures récentes devrait être peu à peu abandonnée en 1997. Certains administrateurs ont toutefois noté que, compte tenu du taux de chômage historiquement élevé et des risques d’assombrissement des perspectives économiques, il conviendra peut-être de poursuivre les mesures de soutien budgétaire, surtout si l’activité venait à faiblir en fin d’année. Les administrateurs se sont déclarés préoccupés par la détérioration de la situation budgétaire à long terme du Japon, prenant acte des graves problèmes posés par le vieillissement de la population du pays. Ils ont jugé souhaitable de prendre des mesures hardies et prospectives pour assurer la viabilité de la situation budgétaire et ont salué l’intention des autorités d’inscrire le redressement des finances publiques dans un cadre à moyen terme.

Les administrateurs ont constaté que les conditions monétaires n’avaient jamais été plus détendues depuis le début de la récession. Puisque les marges de capacités inexploitées sont importantes et les tensions inflationnistes négligeables, les administrateurs ont dans l’ensemble conclu que la politique monétaire accommodante menée à l’heure actuelle était adéquate et qu’elle devrait être poursuivie jusqu’à ce que des signes clairs indiquent que l’économie se trouve sur un sentier de reprise autonome. Certains administrateurs ont recommandé de renforcer l’indépendance des autorités monétaires, notant que des mesures dans ce sens faciliteraient l’établissement d’objectifs à long terme.

Les administrateurs ont salué le changement de stratégie des autorités à l’égard des difficultés apparues dans le secteur financier, où le rétablissement d’une situation solide et de la confiance sera long; ils estiment que l’adoption d’une législation pour régler le problème des jusen (l’insolvabilité de plusieurs sociétés de prêts au logement) est un pas important vers la réduction des incertitudes. Néanmoins, de nombreux administrateurs se sont déclarés préoccupés par le manque de transparence de la démarche adoptée pour résoudre cette question et ont insisté sur la nécessité d’un plan global et clairement défini afin d’apporter une solution aux problèmes qui subsistaient sans recourir davantage à des palliatifs.

Les administrateurs ont souligné le rôle clé joué par l’ajustement structurel dans les perspectives de croissance à moyen et à long terme. De l’avis d’un certain nombre d’administrateurs, c’est là le principal enjeu de la politique économique des autorités japonaises, qui ont été instamment engagées à accélérer la déréglementation de l’économie, notamment la réforme du marché du travail et l’application de réformes portant sur l’utilisation des terres et le secteur des télécommunications. La promotion vigoureuse de ces politiques améliorerait le niveau de vie au Japon et bénéficierait à l’ensemble de la communauté internationale. Les administrateurs ont félicité le Japon, qui est le principal fournisseur du monde d’aide financière aux pays en développement, et ont salué son généreux soutien à la FASR et aux activités d’assistance technique du FMI.

Depuis les consultations, les autorités japonaises ont mis en place des procédures et autres mesures à prendre en cas de faillite d’institutions financières. De plus, la législation régissant la Banque du Japon a été révisée en vue de renforcer son indépendance en tant que banque centrale.

Allemagne

Le Conseil a conclu les consultations au titre de l’article IV avec l’Allemagne en septembre 1996. Après avoir augmenté de près de 3 % en 1994 et au premier semestre de 1995, le PIB réel a quasiment stagné au second semestre de l’année, et il n’a augmenté que de 1,9 % sur l’année (tableau 6). Il s’est légèrement contracté au premier trimestre de 1996. La consommation privée a conservé son taux de croissance modeste (0,5 % par trimestre). Le chômage a atteint son niveau le plus élevé de l’après-guerre en mars 1996, soit 10,4 %, avant de marquer un léger recul, à 10,3 %, en juin.

Tableau 6Allemagne: indicateurs économiques

(Données disponibles lors de la réunion du Conseil en septembre 1996)1

1996
199319941995Projections lors de la réunion du ConseilRésultats2
En pourcentage
Économie intérieure
Variation du PIB réel‒1,22,91,91,01,4
Taux de chômage8,99,69,410,310,3
Variation des prix à la consommation (moyenne sur la période)4,52,71,81,61,5
Milliards de dollars1
Secteur extérieur
Exportations, f.à.b.445,0493,3588,1594,5604,2
Importations, f.à.b.436,6481,9563,5558,1574,4
Solde des transations courantes‒16,0‒21,8‒17,3‒10,9‒17,1
Investissements directs‒15,3‒16,7‒34,9‒30,5
Investissements de portefeuille119,4‒33,226,750,9
Solde du compte de capital0,50,2‒0,711,9
Réserves officielles brutes14,22,0‒7,2‒1,3
Solde des transactions courantes (en pourcentage du PIB)‒0,9‒1,0‒0,7‒0,5‒0,7
Variation du taux de change effectif réel (en pourcentage)8,02,27,9‒0,6
En pourcentage du PIB1
Variables financières
Solde des opérations des administrations publiques‒3,5‒2,6‒3,5‒4,0‒3,8
Solde du budget structurel primaire30,81,70,91,41,2
Épargne nationale brute20,621,721,720,820,7
Investissement national brut21,422,722,421,321,5
Variation de la masse monétaire au sens large (M3; moyenne annuelle; en pourcentage)8,28,50,16,547,5
Taux interbancaire à trois mois (en pourcentage)7,25,34,53,353,3

Sauf indication contraire.

Estimations actualisées des services du FMI.

Pour 1995 et 1996, les soldes des opérations des administrations publiques ont été affectés par l’incorporation de dépenses qui étaient auparavant hors budget (principalement les intérêts), de sorte que les variations du solde du budget structurel primaire — autrement dit le solde budgétaire, non compris les opérations au titre des intérêts, qui serait observé si la production effective coïncidait avec la production potentielle — sont une meilleure mesure de l’impulsion budgétaire.

Moyenne de janvier à mai 1996, par rapport à la moyenne de janvier à mai 1995.

Moycnne de janvier à juin 1996.

Sauf indication contraire.

Estimations actualisées des services du FMI.

Pour 1995 et 1996, les soldes des opérations des administrations publiques ont été affectés par l’incorporation de dépenses qui étaient auparavant hors budget (principalement les intérêts), de sorte que les variations du solde du budget structurel primaire — autrement dit le solde budgétaire, non compris les opérations au titre des intérêts, qui serait observé si la production effective coïncidait avec la production potentielle — sont une meilleure mesure de l’impulsion budgétaire.

Moyenne de janvier à mai 1996, par rapport à la moyenne de janvier à mai 1995.

Moycnne de janvier à juin 1996.

Du fait de la solidité du deutsche mark, de pressions concurrentielles sur les biens échangés, et de la faiblesse de la demande intérieure, les prix à la consommation n’ont augmenté que de 1¾ % en 1995. Au premier semestre de 1996, leur hausse n’a été que de 1½ % par rapport à la période correspondante de 1995, tandis que les prix de gros, à la production et à l’importation, ont chuté.

Les déficits des administrations publiques pour 1995 et 1996 ont été sensiblement supérieurs aux prévisions et ont dépassé les valeurs de référence de Maastricht. La correction des déséquilibres budgétaires occasionnés par l’unification allemande a enregistré un recul imprévu en 1995, puisque le déficit des administrations publiques a atteint 3½ % du PIB, soit une hausse de près d’un point. Malgré la modération des dépenses, une nouvelle augmentation du déficit fédéral, de près de ½ point du PIB, est prévue pour 1996, en raison d’un manque à gagner inattendu imputable aux effets à retardement particulièrement marqués de la récession de 1992–93 sur les recettes fiscales, ainsi qu’aux nombreux dégrèvements d’impôts spéciaux accordés au titre des investissements en Allemagne orientale et dans le logement.

La masse monétaire au sens large (M3) n’a augmenté que de 2,7 % en 1995, par rapport à la moyenne du quatrième trimestre de 1994, s’inscrivant en deçà de la fourchette de 4 à 6 % retenue comme objectif, mais le taux annualisé de la progression de M3 sur six mois a atteint 6 % en décembre; en juin 1996, M3 progressait à un rythme annuel de 9,3 % par rapport au quatrième trimestre de 1995. En 1995, les autorités ont abaissé le taux d’escompte et le taux Lombard de 150 points de base au total, les ramenant respectivement à 3 % et 5 % à la fin de l’année, et les taux d’intérêt pratiqués sur le marché à court terme ont baissé parallèlement aux taux officiels. En dépit de la croissance rapide de M3, la Bundesbank a de nouveau abaissé le taux d’escompte et le taux Lombard en avril, leur faisant toucher des creux historiques. Ces mesures reflètent la démarche des autorités, qui ont tenu compte d’une vaste série d’indicateurs réels, financiers et internationaux pour évaluer l’adéquation des conditions monétaires. En abaissant les taux directeurs, la Bundesbank indiquait que les taux pouvaient descendre sur le marché; le taux des opérations de pension a toutefois été maintenu à 3,3 % jusqu’en août 1996. Les taux longs ont été instables.

À partir de la fin de 1995, le deutsche mark s’est affaibli par rapport au dollar et à de nombreuses monnaies européennes n’appartenant pas au mécanisme de change (MCE) du Système monétaire européen (SME), notamment la lire et la livre sterling; sa dépréciation a atteint 3½ % en termes effectifs nominaux en juin 1996. Par suite toutefois des turbulences sur le marché des valeurs mobilières aux États-Unis, le dollar a reculé de 2 % vis-à-vis du deutsche mark en juillet.

Au cours de leur discussion, les administrateurs se sont félicités du redressement escompté de l’activité économique, après le fléchissement sensible de 1995, mais ils ont observé qu’il restait du chemin à parcourir avant que la reprise s’affermisse. Ils se sont dits encouragés par la hausse contractuelle des salaires plus modérée pour l’année en cours, car elle contribuerait à renforcer la compétitivité-coûts fragilisée de l’Allemagne. Des mesures globales sur le plan macroéconomique et structurel s’imposaient toutefois pour améliorer les variables fondamentales, diminuer le recours à la réglementation et aux subventions, raffermir la confiance et réduire le chômage.

Les administrateurs ont noté que la politique monétaire prudente menée ces dernières années avait ramené l’inflation à un taux modeste; dans les circonstances actuelles, ils ont accueilli avec satisfaction la détente des conditions monétaires instaurée depuis peu. Ils ont applaudi l’abaissement récent du taux des opérations de pension, ce qui diminuera les risques de recul de la croissance, surtout au vu des mesures appréciables d’austérité budgétaire appliquées simultanément en Allemagne et chez les principaux partenaires commerciaux européens de ce pays. Certains administrateurs ont insisté sur la nécessité de continuer à suivre avec vigilance la politique monétaire, compte tenu du rôle de point d’ancrage joué par le deutsche mark dans le MCE.

Les administrateurs ont approuvé le train de mesures budgétaires et de réformes structurelles et ont exhorté les autorités à l’appliquer intégralement. Ils estimaient qu’il représentait une réaction appropriée aux défis lancés tant par la situation économique intérieure que par le passage à l’Union économique et monétaire (UEM) en Europe. Si toutefois la croissance se situait en deçà des projections, les administrateurs ont jugé que la politique des finances publiques devrait continuer à être arrimée par des objectifs structurels à moyen terme. Les administrateurs ont souscrit aux objectifs budgétaires à moyen terme des autorités, notamment la poursuite des efforts d’assainissement, le retour des dépenses (exprimées en pourcentage du PIB) à leur niveau d’avant l’unification, et l’allégement du fardeau de la fiscalité et des cotisations sociales.

Les administrateurs ont fait observer que le taux de chômage élevé continuait d’être le problème économique le plus pressant; ils ont souligné la nécessité de réformes structurelles d’envergure assurant la flexibilité du marché du travail indispensable pour abaisser durablement le chômage. Il faudra procéder à une grande réforme structurelle visant les marchés des produits et des services, les systèmes de santé et de pension, ainsi que le marché du travail. Les autorités se trouvaient aux premiers stades de leurs efforts pour résoudre ces questions et les administrateurs les ont invitées à persévérer afin de rendre l’économie plus souple et plus concurrentielle.

Les administrateurs ont pris acte des importants progrès réalisés au cours des cinq dernières années sur la voie de l’intégration des nouveaux Länder dans l’économie de marché allemande, mais ont souligné que de sérieux défis subsistaient, notamment le déséquilibre entre l’épargne et l’investissement dans l’Est, le lourd handicap du coût de la main-d’oeuvre dans les nouveaux Länder, ainsi que les transferts et subventions en provenance de l’Ouest du pays qui risquent de promouvoir une culture de l’assistanat et de fausser l’allocation des ressources.

Plusieurs administrateurs ont félicité les autorités de l’aide appréciable apportée aux économies en transition, mais l’espoir que la tendance au recul de l’aide publique au développement observée ces dernières années s’inverserait a été formulé.

France

Le Conseil a conclu les consultations au titre de l’article IV avec la France en octobre 1996. Les résultats économiques de 1995 sont restés largement en deçà des prévisions, la croissance globale du PIB réel n’ayant été que de 2½ % (tableau 7). Après les grèves massives de novembre et décembre 1995, la production s’est redressée au début de 1996, puis a marqué le pas au deuxième trimestre de l’année. Le chômage a reculé à 11½ % en 1995, mais a retrouvé son niveau record de 12½ % au milieu de 1996. En 1995, l’inflation tendancielle a été inférieure à la hausse de 2 % enregistrée pour les prix à la consommation et est restée faible jusqu’à la fin de juin 1996.

Tableau 7France: indicateurs économiques

(Données disponibles lors de la réunion du Conseil en octobre 1996)1

1996
199319941995Projections lors de la réunion du ConseilRésultats2
En pourcentage
Économie intérieure
Variation du PIB réel‒1,32,82,21,31,5
Taux de chômage11,612,311,612,412,4
Variation des prix à la consommation (fin de période)2,11,62,11,81,7
Milliards de dollars1
Secteur extérieur
Exportations, f.à.b.196,3221,6267,5271,5270,5
Importations, f.à.b.189,4216,2258,0257,5257,3
Solde des transactions courantes9,27,016,622,321,2
Investissements directs0,3‒6,35,0‒4,4
Investissements de portefeuille3,0‒55,8‒13,5‒60,9
Solde du compte de capital‒11.8‒11.1‒21.3‒20,1
Réserves officielles brutes22,626,326,926,8
Solde des transactions courantes (en pourcentage du PIB)0,70,61,21,41,4
Variation du taux de change effectif réel (en pourcentage)2,10,00,4‒1,13‒1,9
En pourcentage du PIB1
Variables financières
Solde des opérations des administrations publiques‒5,8‒5,8‒5,0‒4,0‒4,2
Épargne nationale brute18,219,019,819,118,8
Investissement national brut417,218,418,317,517,1
Variation de la masse monétaire au sens large (M3; en pourcentage)‒3,21,74,70,63‒1,5
Taux interbancaire à trois mois (moyenne sur la période; en pourcentage)8,45,86,64,053,9

Sauf indication contraire.

Estimations actualisées des services du FMI.

Deuxième trimestre par rapport au deuxième trimestre de 1995.

Y compris les reconstitutions de stocks.

Moyenne jusqu’au 18 septembre 1996.

Sauf indication contraire.

Estimations actualisées des services du FMI.

Deuxième trimestre par rapport au deuxième trimestre de 1995.

Y compris les reconstitutions de stocks.

Moyenne jusqu’au 18 septembre 1996.

En 1995, le gouvernement a entrepris de contrôler le dérapage budgétaire naissant et a engagé une vaste réforme de la sécurité sociale. Ces mesures constituaient autant de progrès importants vers la résolution du problème structurel des finances publiques et l’amélioration des perspectives de respect des critères de l’UEM dans les délais prévus. Les réformes budgétaires ont heureusement permis de maintenir le déficit au niveau de 5 % du PIB retenu comme objectif, contrairement à ce qui s’était passé au cours des quatre années précédentes. Pour 1996, le gouvernement a annoncé un plafonnement du déficit budgétaire à 4 % du PIB, ce qui a orienté la politique des finances publiques vers la réalisation de l’objectif de 3 % pour 1997 fixé par le traité de Maastricht.

S’agissant de la politique monétaire, la Banque de France est parvenue, à partir de l’automne 1995, à ramener le franc dans l’ancienne bande étroite du Système monétaire européen (SME) et à rétrécir l’écart de taux d’intérêt avec l’Allemagne. Dans l’ensemble, le rétablissement de la confiance du marché a contribué à assouplir sensiblement les conditions monétaires.

Les exportations ont fortement fléchi au second semestre de 1995, mais comme la demande intérieure est restée assez faible, l’excédent extérieur courant a atteint quelque 1¼ du PIB en 1995. Les réserves officielles totales (or exclu) ont légèrement augmenté, s’inscrivant à 27 milliards de dollars. Les mesures de réforme des finances publiques ont joué un rôle capital dans le renforcement du franc.

Au cours de leur discussion, les administrateurs ont félicité les autorités pour les progrès réalisés dans l’assainissement des finances publiques, le maintien d’une politique monétaire prudente, ainsi que leur ferme détermination à poursuivre le redressement budgétaire et à compter parmi les premiers pays à participer à l’UEM — mesures qui ont été récompensées par une amélioration remarquable des conditions du marché des capitaux. L’activité économique est cependant restée plus faible que prévu et une certaine incertitude planait sur les perspectives de 1997.

S’agissant de la politique des finances publiques, les administrateurs ont estimé qu’il restait possible de maintenir le déficit de 1996 au niveau de 4 % du PIB retenu comme objectif, si la reprise économique restait bien engagée. Ils se sont cependant déclarés préoccupés par les dérapages intervenus dans la réduction du déficit de la sécurité sociale et ont signalé les risques de nouveaux dépassements des dépenses de santé. Les administrateurs ont accueilli avec satisfaction l’annonce, pour 1997, d’un budget conforme au critère de 3 % du PIB prévu par le Traité de Maastricht, mais ils ont noté la marge de manoeuvre réduite que prévoyait le budget pour faire face aux aléas. Ils ont aussi fait remarquer que le recul du déficit pour 1997 était en grande partie attribuable à un transfert exceptionnel provenant d’une entreprise publique. Les administrateurs ont exhorté les autorités à appliquer, dès le début de 1997, de nouvelles mesures propres à assurer un ajustement structurel adéquat et, si l’activité était plus faible que prévu, à éviter un alourdissement du déficit risquant d’ébranler la confiance du marché dans la réalisation de l’UEM. La France était confrontée à de graves pressions sur les finances publiques dues à l’évolution démographique à long terme et il conviendrait donc de réduire le déficit budgétaire pour parvenir à l’équilibre au cours des prochaines années. Le niveau des dépenses publiques était nettement trop élevé.

Les administrateurs se sont félicités de la conduite adroite de la politique monétaire et de la politique de change. L’inflation est restée faible et l’abaissement des taux d’intérêt reflète la crédibilité de la politique monétaire comme de la politique budgétaire. Les administrateurs ont appuyé la stratégie prudente de la Banque de France à l’égard d’une nouvelle détente des conditions monétaires ainsi que la priorité accordée au maintien d’un environnement monétaire stable et favorable.

Les administrateurs ont relevé avec préoccupation le niveau record du chômage, imputable en grande partie aux problèmes structurels sur le marché du travail. De vastes réformes étaient indispensables pour combattre le chômage, véritable fléau social et menace potentielle pour la crédibilité de l’ajustement des finances publiques.

Les administrateurs ont exhorté les autorités à redoubler d’efforts pour lutter contre les problèmes des établissements bancaires publics. Les autorités devraient procéder rapidement aux privatisations, éliminer les distorsions et instaurer des règles du jeu plus équitables, renforcer la surveillance et améliorer la gestion des sociétés ainsi que les contrôles internes. Les administrateurs ont aussi vivement recommandé d’accélérer les progrès dans les privatisations et les réformes d’autres secteurs où l’État exerce des activités commerciales.

Les administrateurs ont rendu hommage à la traditionnelle générosité de la France dans le domaine de l’aide publique au développement et ont demandé instamment aux autorités de maintenir à un niveau aussi élevé que possible les flux d’aide, éprouvés par l’austérité budgétaire.

Royaume-Uni

Le Conseil a conclu les consultations au titre de l’article IV avec le Royaume-Uni en octobre 1996. La croissance du PIB réel a fléchi, se situant à quelque 2 % par an pendant tout le second semestre de 1996, car le ralentissement de l’activité économique chez les partenaires commerciaux du Royaume-Uni s’est répercuté sur les exportations nettes (tableau 8). Le manque de dynamisme de la demande, responsable de stocks excédentaires, a entraîné des réductions de la production qui ont encore ralenti la croissance, tandis que la crise du boeuf portait préjudice à la production agricole. La faiblesse imprévue de la production, et sa durée incertaine ont provoqué une apathie de l’investissement fixe privé. Néanmoins, le chômage est tombé à son niveau le plus bas en cinq ans, soit 7½ % en juillet 1996 (2 % de moins que la moyenne de l’Union européenne), en partie grâce à des mesures actives destinées à lutter contre le chômage de longue durée.

Tableau 8Royaume-Uni: indicateurs économiques

(Données disponibles lors de la réunion du Conseil en octobre 1996)1

1996
199319941995Projections lors de la réunion du ConseilRésultats2
En pourcentage
Économie intérieure
Variation du PIB réel2,13,82,52,22,1
Taux de chômage10,39,38,27,67,5
Variation des prix à la consommation (moyenne sur la période)33,02,42,82,82,9
Milliards de dollars1
Secteur extérieur
Exportations, c.a.f.182,3206,3240,5251,0259,4
Importations, f.à.b.202,6222,8258,8273,2278,5
Solde des transactions courantes‒16,2‒3,7‒6,2‒1,80,0
Investissements directs‒10,1‒17,7‒8,0‒10,9
Investissements de portefeuille‒59,177,5‒37,0‒48,0
Solde du compte de capital19,6‒4,10,7‒4,6
Réserves officielles brutes43,643,050,142,742,7
Solde des transactions courantes (en pourcentage du PIB)‒1,7‒0,4‒0,6‒0,20,0
Variation du taux de change effectif réel (en pourcentage)‒8,2‒0,8‒4,33,83,3
En pourcentage du PIB1
Variables financières
Solde des opérations des administrations publiques‒7,8‒6,8‒5,5‒4,4
Épargne nationale brute13,715,715,816,1
Investissement national brut15,015,415,615,3
Variation de la masse monétaire au sens large (M4; en pourcentage)4,94,09,99,49,5
Taux interbancaire à trois mois (moyenne sur la période; en pourcentage)5,95,56,76,06,0

Sauf indication contraire.

Estimations actualisées des services du FMI.

Non compris les paiements au titre des intérêts hypothécaires.

Sauf indication contraire.

Estimations actualisées des services du FMI.

Non compris les paiements au titre des intérêts hypothécaires.

L’inflation a été contenue malgré de vives hausses du coût des biens intermédiaires en 1995, provoquées par la dépréciation de la livre sterling et la flambée des prix des produits de base. La faiblesse de l’inflation s’explique, entre autres, par l’expansion économique modérée conjuguée à la persistance d’un écart de production, par la concurrence accrue associée à une transformation structurelle du commerce de détail, et par les politiques de tarification des services d’utilité publique privatisés.

Après des réussites initiales, l’assainissement des finances publiques a connu des dérapages. Le besoin d’emprunt du secteur public pour 1995/96 a été de 4,9 % du PIB, contre 3,4 % selon les projections du budget de novembre 1994. Les recettes ont été responsables de quelque quatre cinquièmes du dérapage; les dépenses nominales ont été maintenues avec succès dans les limites fixées, bien que les dépenses réelles aient été légèrement supérieures en raison d’une inflation plus faible que prévu. Les mesures inscrites dans le budget de novembre 1995 ont été dans l’ensemble neutres; les réductions de l’impôt sur le revenu, représentant environ ½ % du PIB, ont été à peu près neutralisées par les compressions des dépenses courantes et des dépenses d’équipement.

Conformément au cadre de politique monétaire à moyen terme, les taux d’intérêt officiels ont été relevés en plusieurs étapes à la fin de 1994 et au début de 1995, mais une fois que la croissance a ralenti et que les perspectives se sont améliorées sur le front de l’inflation, ils ont été abaissés en quatre étapes, de 1 point au total, entre décembre 1995 et juin 1996. Sous l’effet de la dépréciation de la livre sterling au début de 1995, les conditions monétaires se sont considérablement assouplies. Les agrégats monétaires ont connu un essor assez vif, la croissance de M4 en livres sterling atteignant presque 10 %. L’expansion du crédit a elle aussi été vigoureuse. Le renforcement de la crédibilité de la politique économique n’a que peu progressé, comme en témoignent le rendement des titres publics indexés et les écarts de taux d’intérêt à long terme avec l’Allemagne.

Le compte des transactions extérieures courantes est resté proche de l’équilibre, la progression des excédents au titre des services et du commerce pétrolier compensant le recul des échanges de produits non pétroliers. La compétitivité extérieure a été bonne par rapport aux résultats précédents.

Lors de leur examen, les administrateurs ont salué la performance économique récente du Royaume-Uni, particulièrement remarquable, étant donné le faible dynamisme de l’activité économique dans le reste de l’Europe. Ils ont observé que les perspectives pour 1997 étaient positives, car il était probable que la croissance se renforcerait, que le chômage reculerait encore et que les tensions inflationnistes resteraient modérées. Pour atteindre ces résultats, les administrateurs ont souligné l’importance d’une politique économique saine, qui privilégie la stabilité à moyen terme, l’assainissement des finances publiques et la flexibilité des marchés.

Les administrateurs ont toutefois noté qu’il convenait de rendre plus crédible la détermination des autorités en politique économique, surtout dans le domaine des finances publiques, et ont donc jugé les déséquilibres trop importants; d’où la nécessité de poursuivre l’assainissement budgétaire. Ils ont observé que le ratio des dépenses courantes au PIB avait augmenté au cours des dernières années, malgré le recul prononcé du chômage. Ils ont recommandé que les dépenses courantes subissent les nouvelles compressions budgétaires de plein fouet, sans perdre de vue cependant leur effet potentiel sur la répartition des revenus. Nombre d’entre eux ont estimé que le prochain budget ne ménageait aucune possibilité de réduction d’impôt. Des mesures devraient être prises pour renforcer la capacité de prélèvement de la fiscalité, notamment par la réduction des exonérations et des préférences.

Un certain nombre d’administrateurs ont estimé que le renforcement de l’indépendance de la banque centrale pouvait affermir la crédibilité. Les administrateurs ont pris note des résultats spectaculaires obtenus grâce au cadre de politique monétaire fixant un objectif d’inflation. Ils ont en général déconseillé un nouvel abaissement des taux d’intérêt à court terme.

Les membres du Conseil se sont félicités de la participation active et soutenue du Royaume-Uni aux discussions portant sur les préparatifs de l’UEM, ainsi que de l’opinion des autorités selon laquelle les critères prévus par le Traité de Maastricht constituent des objectifs éminemment souhaitables pour la politique économique du pays, que le Royaume-Uni décide ou non d’adhérer à l’union monétaire.

De l’avis du Conseil, les politiques structurelles du Royaume-Uni, notamment les privatisations, les réformes du marché du travail et la déréglementation, ont contribué de façon sensible à améliorer les résultats et les perspectives économiques. Conjuguées à une politique macroéconomique axée sur la stabilité à moyen terme, ces réformes structurelles devraient former une assise permettant de renforcer la croissance à moyen terme.

Les administrateurs ont noté la probabilité que l’aide publique au développement, qui se situait à 0,3 % du PNB, diminue encore et ont invité les autorités à la relever.

Italie

Les administrateurs se sont réunis en avril 1997 pour conclure les consultations de 1996 au titre de l’article IV avec l’Italie, dans le contexte d’un recul marqué de l’inflation mais de faible reprise économique (tableau 9). Les estimations situaient la croissance du PIB à 0,7 % et le chômage à environ 12 % en 1996. L’inflation (en glissement annuel) a été plus que réduite de moitié, puisqu’elle a été ramenée de 6 % en novembre 1995 à un peu plus de 2 % au début de 1997, l’objectif officiel fixé pour 1997 (2½ %) étant en bonne voie d’être réalisé.

Tableau 9Italie: indicateurs économiques(Données disponibles lors de la réunion du Conseil en avril 1997)
19931994199519961
En pourcentage
Économie intérieure
Variation du PIB réel‒1,22,13,00,7
Taux de chômage210,211,312,012,1
Variation des prix à la consommation (fin de période)4,34,05,62,6
Milliards de dollars3
Secteur extérieur
Exportations, f.à.b.226,8250,3298,9329,9
Importations, f.à.b.192,7212,9253,5266,3
Solde des transactions courantes11,415,127,242,3
Investissements directs‒3,5‒2,9‒0,9‒3,4
Investissements de portefeuille72,6‒5,130,341,6
Solde du compte de capital9,5‒13,8‒4,0‒5,1
Réserves officielles brutes53,756,755,869,4
Solde des transactions courantes (en pourcentage du PIB)1,11,52,53,5
Variation du taux de change effectif réel (en pourcentage)‒16,2‒6,3‒8,010,4
En pourcentage du PIB3
Variables financières
Solde des opérations des administrations publiques‒10,0‒9,6‒7,0‒6,7
Épargne nationale brute18,118,920,621,1
Investissement national brut16,917,118,117,8
Variation de M2 (en pourcentage)47,81,72,12,7
Taux des bons du Trésor à trois mois (moyenne sur la période; en pourcentage)10,58,810,78,6

Estimations des services du FMI.

Non compris les travailleurs inscrits à la Caisse de compléments de salaires.

Sauf indication contraire.

Fin de période, moyenne mobile des trois derniers mois; taux utilisé pour le suivi de la progression.

Estimations des services du FMI.

Non compris les travailleurs inscrits à la Caisse de compléments de salaires.

Sauf indication contraire.

Fin de période, moyenne mobile des trois derniers mois; taux utilisé pour le suivi de la progression.

Le solde des transactions extérieures courantes s’est sensiblement redressé en 1996. En effet, bien que l’expansion des exportations ait fortement ralenti à partir de la fin de 1995, la décélération de la demande intérieure a aussi entraîné un recul marqué des importations. Favorisé aussi par l’amélioration des termes de l’échange, l’excédent commercial s’est élargi, atteignant presque 5 % du PIB.

Les progrès remarquables réalisés dans la réduction du déséquilibre des finances publiques pendant la période 1992–95 ont marqué le pas en 1996, car, d’après les estimations, le déficit des administrations publiques s’est chiffré à 6,7 % du PIB, soit un niveau supérieur à celui que s’étaient fixé les autorités. Ce dépassement tient pour l’essentiel à une croissance beaucoup plus faible que prévu, ainsi qu’à la dynamique propre aux dépenses courantes du budget primaire.

Pour 1997, le gouvernement s’est fixé pour objectif d’adhérer d’entrée de jeu à l’UEM et a présenté un budget destiné à limiter le déficit des administrations publiques à 3 % du PIB. Au début de 1997, les autorités ont estimé que, sauf à prendre des mesures supplémentaires, cet objectif ne serait pas respecté. Dans ce contexte, le 27 mars dernier, le gouvernement a présenté un train de mesures correctives (à hauteur de 0,8 % du PIB) en vue de satisfaire au critère de déficit de Maastricht, et a annoncé l’amorce de négociations avec les partenaires sociaux sur la réforme du système de protection sociale.

Les autorités ont continué à mener une politique monétaire restrictive, visant à réduire l’inflation. Compte tenu des progrès réalisés dans ce domaine, les taux officiels ont été progressivement abaissés, ramenant le taux d’escompte à 6¾ % après la dernière réduction intervenue en janvier 1997. Les taux longs, en vif recul aux cours des douze derniers mois, sont descendus à un niveau compatible avec le critère de taux d’intérêt prévu par le Traité de Maastricht. En janvier 1997, les écarts de taux d’intérêt à long terme avec l’Allemagne sont tombés à moins de 150 points de base, bien qu’ils se soient quelque peu élargis ensuite sous l’effet des incertitudes au sujet du processus de l’UEM. L’amélioration des résultats sur le front de l’inflation et les taux relativement élevés pratiqués sur le marché monétaire ont favorisé l’appréciation de la monnaie. À l’automne 1996, les autorités ont jugé que la lire s’était suffisamment redressée pour justifier sa réintégration au sein du MCE, et que ce redressement était durable. La lire a rejoint le MCE en novembre.

Lors de leur discussion, les administrateurs ont félicité l’Italie des progrès considérables qu’elle a réalisés depuis 1992 sur la voie de la stabilité des prix, du rééquilibrage des finances publiques et du redressement des comptes extérieurs. Grâce à ces progrès, récompensés par la confiance des marchés, le pays peut prétendre à participer d’emblée à l’UEM. Les administrateurs ont accueilli avec une satisfaction particulière la décrue remarquable de l’inflation, favorisée par la modération des salaires et par la ferme conduite de la politique monétaire par les autorités.

Dans le même temps, les administrateurs ont souligné que l’Italie doit relever plusieurs défis importants, notamment la lenteur de la reprise économique, la rigidité relative des marchés du travail, l’ampleur du chômage concentré dans le Sud, et la nécessité de parvenir à un redressement structurel durable des finances publiques. S’agissant du marché du travail, les administrateurs ont salué les aspects positifs du récent Pacte pour l’emploi, mais ont souligné la nécessité d’initiatives plus hardies en faveur de la flexibilité du marché du travail, notamment grâce à une plus grande différenciation régionale et sectorielle des salaires et à un recours élargi aux contrats de travail non traditionnels.

De par le niveau élevé de sa dette publique et des primes appliquées à ses taux d’intérêt, l’Italie a beaucoup à gagner de la participation à l’UEM. Confrontée à des perspectives économiques peu souriantes, elle doit néanmoins se livrer à une tâche difficile consistant à réaliser l’assainissement budgétaire le plus vaste parmi les premiers candidats à l’entrée dans l’UEM. Les administrateurs ont félicité les autorités d’avoir pris la décision d’accélérer le rythme de l’ajustement des finances publiques en 1997. Cependant, même si les mesures de redressement budgétaire de mars 1997 ramènent le déficit de l’année courante à un niveau proche de la valeur de référence fixée par le Traité de Maastricht pour 1997, les administrateurs ont noté que le recours à des mesures d’accroissement des recettes et à caractère exceptionnel pose la question de la viabilité de l’ajustement des finances publiques après 1997. Des économies permanentes sur des dépenses clés telles que les pensions, la santé et l’emploi dans le secteur public sont incontournables. Les administrateurs ont salué l’intention des autorités d’inscrire des mesures structurelles dans le budget de 1998, de même que l’annonce de l’engagement imminent d’un débat sur la réforme des dépenses sociales.

Les administrateurs ont noté que l’union monétaire, porteuse d’une intensification des pressions concurrentielles, exacerberait les difficultés du système bancaire italien. Ils ont reconnu que les problèmes actuels comportent d’importants éléments conjoncturels et régionaux, mais ont insisté sur le fait qu’il est essentiel de continuer de chercher à résoudre la question des prêts improductifs, des sureffectifs, et des coûts de fonctionnement élevés. La privatisation accélérée des principales banques a été jugée indispensable pour régler les difficultés structurelles du secteur bancaire.

Canada

Le Conseil a conclu les consultations au titre de l’article IV avec le Canada en janvier 1997. Ce pays a remporté des succès considérables dans l’application de sa stratégie économique. Au cours de l’exercice 1996/97 (clos en mars 1997), il était prévu que le déficit budgétaire fédéral se situerait en deçà de l’objectif de 3 % du PIB. Ce résultat était en passe d’être obtenu grâce à des mesures adoptées dans les budgets de 1994, 1995 et 1996, qui ont réduit les subventions aux entreprises et aux agriculteurs, soumis les programmes de dépenses publiques aux conditions du marché, imposé des redevances d’utilisation, et diminué la consommation publique en réduisant la plupart des programmes de dépenses, notamment en matière de défense, et en supprimant quelque 55.000 postes dans la fonction publique.

Tirée par l’augmentation de la construction de logements et des investissements en matériel et outillage, la croissance du PIB réel a accéléré en 1996, passant de 0,7 % en 1995 (du quatrième trimestre au quatrième trimestre) à un taux annuel de 1,3 % au premier semestre de 1996 et à 3,3 % au troisième trimestre. La consommation des ménages est montée en flèche au premier trimestre de 1996, mais modérément pendant les deuxième et troisième trimestres. Le taux de chômage est resté aux alentours de 9½ au premier semestre de 1996, mais a ensuite enregistré une légère hausse, s’inscrivant à 9,7 % en décembre (tableau 10).

Tableau 10Canada: indicateurs économiques(Données disponibles lors de la réunion du Conseil en janvier 1997)
19931994199519961
En pourcentage
Économie intérieure
Variation du PIB réel2,24,12,31,4
Taux de chômage11,210,49,59,7
Variation des prix à la consommation (fin de période)1,70,11,81,6
Milliards de dollars2
Secteur extérieur
Exportations, f.à.b.161,9183,1212,3226,5
Importations, f.à.b.164,4179,9198,3206,4
Solde des transactions courantes‒22,3‒16,2‒8,20,3
Investissements directs‒0,8‒0,25,0
Investissements de portefeuille21,09,014,7
Solde du compte de capital29,414,34,4
Réserves officielles brutes12,113,115,3
Solde des transactions courantes (en pourcentage du PIB)‒4,0‒3,0‒1,40,0
Variation du taux de change effectif réel (en pourcentage)‒3,3‒6,7‒3,9
En pourcentage du PIB2
Variables financières
Solde des opérations des administrations publiques‒7,3‒5,3‒4,1‒2,1
Épargne nationale brute13,615,317,017,5
Investissement national brut18,219,018,217,5
Variation de la masse monétaire au sens large (en pourcentage)3,12,74,02,3
Taux des bons du Trésor à trois mois (en pourcentage)4,85,57,04,2

Estimations des services du FMI.

Sauf indication contraire.

Estimations des services du FMI.

Sauf indication contraire.

La hausse tendancielle des prix à la consommation a été ramenée de 4, 6 % en 1989 à moins de 2 % au début de 1996. Elle est tombée à 1,7 % au cours des onze premiers mois de 1996, reflétant l’existence de marges de capacités inemployées dans l’économie.

Les conditions monétaires se sont sensiblement assouplies en 1995 et 1996. La Banque du Canada a progressivement ramené la bande opérationnelle de variation du taux d’intérêt au jour le jour de 5½ % au début de janvier à 2½3¼ % en novembre. Depuis mars 1996, les taux courts au Canada sont inférieurs aux taux correspondants aux États-Unis, phénomène sans précédent au cours des dernières décennies, tandis que les écarts de taux longs entre les deux pays sont descendus bien au-dessous de la moyenne historique. Cette situation reflète la persistance d’une inflation peu élevée et les progrès continus réalisés dans la réduction du déficit budgétaire fédéral.

Le déficit des transactions extérieures courantes a été ramené à 1,4 % du PIB en 1995; il a continué à s’amenuiser en 1996, a fait place à de faibles excédents aux deuxième et troisième trimestres. Cette amélioration tient en bonne part à la vigueur de l’économie américaine et aux effets à retardement de la dépréciation effective réelle du dollar canadien au début des années 90.

Le Canada a enregistré d’importantes entrées nettes de capitaux sous forme d’investissements directs et d’investissements de portefeuille en 1995 et aux trois premiers trimestres de 1996, tandis qu’intervenaient parallèlement des sorties considérables de capitaux à court terme par les banques canadiennes et des ventes d’instruments du marché monétaire.

Lors de leur discussion, les administrateurs ont félicité les autorités des progrès remarquables réalisés dans l’application de leur stratégie économique au cours de l’année écoulée. Ils ont observé que l’inflation a été contenue à un niveau peu élevé, que les objectifs fixés pour le déficit budgétaire fédéral ont été plus que respectés, et que les administrations provinciales ont pris des mesures énergiques pour équilibrer leur budget. Les politiques macroéconomiques saines ont affermi la confiance des marchés des capitaux, comme en témoigne l’écart négatif entre les taux courts canadiens et américains. Ces progrès considérables des variables fondamentales ont amélioré les perspectives de croissance durable du Canada.

Les administrateurs sont convenus du bien-fondé de la détente des conditions monétaires en 1996, étant donné le niveau durablement peu élevé de l’inflation, l’ajustement vigoureux des finances publiques à tous les niveaux d’administration, et le volant considérable de ressources inutilisées. Il conviendra cependant de faire preuve de prudence avant d’assouplir davantage les conditions monétaires, étant donné la vive impulsion donnée par les politiques antérieures ainsi que les décalages entre les mesures de politique monétaire et leurs effets sur l’économie. Les administrateurs ont noté que la forte croissance de la production au troisième trimestre de 1996 et les indicateurs économiques pour le quatrième trimestre semblaient signaler le redressement tant attendu de l’activité économique au Canada.

Les administrateurs se sont dits encouragés par les plans de résorption des déséquilibres budgétaires au niveau fédéral et au niveau des Provinces dans les prochaines années. Ils ont pris note de la qualité du rééquilibrage des finances publiques, qui repose avant tout sur les compressions de dépenses, et non sur l’augmentation des recettes. Il importe que les pouvoirs publics tiennent le cap qu’ils se sont fixé dans les budgets fédéraux de 1995 et 1996 afin d’atteindre les objectifs de réduction du déficits. Ces mesures pourraient équilibrer le budget d’ici à l’exercice 1999/2000.

Les administrateurs sont restés préoccupés par la persistance de taux de chômage élevés. Ils ont aussi observé que le régime public de retraite-vieillesse était confronté à de grandes difficultés, compte tenu de la population vieillissante du Canada et de la forte sous-capitalisation du régime. Les administrateurs ont salué les initiatives prises par les autorités pour venir à bout de ces problèmes et ont exhorté les gouvernements fédéral et provinciaux à conclure rapidement un accord sur un dosage adéquat de relèvement des taux de cotisation et de réductions des prestations, pour redresser les finances du Régime de pensions du Canada. Depuis les discussions du Conseil, un accord a été conclu entre les gouvernements fédéral et provinciaux afin de répondre aux besoins à long terme du Régime.

Les administrateurs se sont félicités du soutien que le Canada n’a cessé d’apporter à la liberté des échanges, notamment en ce qui concerne la libéralisation du commerce multilatéral et l’ouverture de ses marchés, tant sur le plan régional que bilatéral, tout en maintenant des conditions favorables au système de commerce multilatéral. Les administrateurs ont appuyé la nouvelle réduction des droits de douane s’appliquant à divers produits et la simplification du système tarifaire canadien.

Les administrateurs ont été encouragés par l’engagement qu’a pris le Canada de relever, si les circonstances le permettaient, son aide publique au développement pour la rapprocher de l’objectif de 0,7 % du PNB.

Autres économies avancées

Corée

Le Conseil a conclu les consultations au titre de l’article IV avec la Corée en novembre 1996. Après deux années d’expansion rapide attribuable au dynamisme des investissements et des exportations, la croissance s’est modérée à la fin de 1995 et au début de 1996, en réaction au durcissement antérieur des conditions monétaires et à des perspectives d’exportation à court terme moins favorables. La demande intérieure a vivement décéléré, tandis que la progression des dépenses d’équipement a ralenti par suite d’une accumulation appréciable de capacités excédentaires au cours des dernières années et de l’assombrissement des perspectives d’exportation. À la fin de 1995 et au premier semestre de 1996, le marché du travail était tendu, avec un taux de chômage d’environ 2 %. Sous l’effet d’une évolution défavorable des prix agricoles, la hausse des prix à la consommation est passée de 4,5 % en 1995 à 5,0 % au premier semestre de 1996 (tableau 11).

Tableau 11Corée: indicateurs économiques

(Données disponibles lors de la réunion du Conseil en novembre 1996)1

1996
199319941995Projections lors de la réunion du ConseilRésultats2
En pourcentage
Économie intérieure
Variation du PIB réel5,88,69,07,17,1
Taux de chômage2,82,42,02,02,0
Variation des prix à la consommation (fin de période)5,85,64,74,94,5
Milliards de dollars1
Secteur extérieur
Exportations, f.à.b.80,993,7123,2129,4128,3
Importations, f.à.b.79,196,8128,0139,8143,5
Solde des transactions courantes0,4‒4,5‒8,9‒17,7‒23,7
Investissements directs‒0,5‒1,3‒1,9‒1,7
Investissement de portefeuille10,76,88,511,3
Solde du compte de capital2,69,116,024,6
Réserves officielles brutes20,225,632,733,2
Solde des transactions courantes (en pourcentage du PIB)0,1‒1,2‒2,0‒3,6‒4,8
Dette extérieure (en pourcentage du PIB)13,314,717,222,9
Service de la dette (en pourcentage des exportations de biens et services)9,16,25,4
Variation du taux de change effectif réel (en pourcentage)‒1,80,71,13,6
En pourcentage du PIB1
Variables financières
Solde des opérations des administrations publiques0,30,50,4
Épargne nationale brute35,234,935,134,5
Investissement national brut35,136,137,138,0
Variation de la masse monétaire au sens large (fin de période; en pourcentage)17,317,613,717,8
Taux des certificats de dépôt à trois mois (en pourcentage)12,314,811,713,5

Sauf indication contraire.

Estimations actualisées des services du FMI.

Sauf indication contraire.

Estimations actualisées des services du FMI.

Issue d’une longue tradition de conservatisme budgétaire, la situation des finances publiques est demeurée saine en Corée. Au fil des ans, les dépenses budgétaires, assez faibles au regard des normes internationales, ont en général été compatibles avec les recettes, ce qui a donné lieu à une dette publique modérée et à une forte épargne des administrations publiques. L’évolution monétaire en 1995–96 a été dans l’ensemble conforme au double objectif du gouvernement — réduire l’inflation tendancielle et réaliser un atterrissage en douceur. En 1995, quoique rapide au début de l’année, la croissance de l’agrégat large de la masse monétaire est tombée à 13,7 % à la fin de décembre, s’inscrivant tout à fait dans la fourchette de 12 % à 16 % retenue comme cible. Les autres agrégats monétaires ont affiché un comportement analogue.

À partir de 1994, le déficit des transactions extérieures courantes a fortement augmenté, initialement en parallèle avec la croissance rapide de l’économie, mais par la suite surtout à cause de l’évolution défavorable des termes de l’échange. Néanmoins, les entrées de capitaux, qui ont augmenté grâce à l’assouplissement continu des contrôles sur les investissements étrangers en actions et sur l’accès au financement du commerce extérieur, ont financé ce déficit de façon confortable. En 1995, l’excédent au titre du compte de capital a été porté à 16 milliards de dollars et des entrées nettes de 14 milliards de dollars ont été enregistrées au premier semestre de 1996. Depuis 1994, les autorités ont progressivement démantelé les obstacles à l’importation et réduit les droits de douane, conformément à l’accord de l’Uruguay Round. L’octroi de licences d’importation est désormais automatique, sauf pour un petit nombre de produits risquant de menacer la santé ou la sécurité publique. Le taux de change effectif nominal est resté dans l’ensemble stable depuis la fin de 1994, en dépit d’importantes fluctuations du taux de change des principales monnaies pendant cette période.

Au cours des dix dernières années, les autorités ont partiellement appliqué deux programmes de privatisation des entreprises publiques; le programme mis en place en décembre 1993 prévoyait, pendant la période 1994–98, la privatisation de 58 des 133 entreprises publiques. Au milieu de 1996, 16 entreprises avaient été privatisées.

Lors de leur discussion, les administrateurs ont salué la poursuite de la performance macroéconomique impressionnante de la Corée: la croissance a ralenti par rapport à son rythme insoutenable des deux années précédentes, l’inflation est restée modérée, malgré une légère reprise au cours des mois précédant les consultations, et l’élargissement du déficit des transactions extérieures courantes découle en bonne part d’un affaiblissement temporaire des termes de l’échange. Les administrateurs ont accueilli avec satisfaction l’adhésion prévisible de la Corée à l’OCDE et à la BRI, et ont noté la difficulté de la tâche consistant à faire en sorte que le rythme des réformes structurelles concernant le secteur financier et les opérations en capital soit à la hauteur des besoins de transformer la Corée en une économie industrielle.

Les membres du Conseil ont souligné la nécessité d’axer fermement la politique monétaire sur l’objectif ultime de stabilité des prix, et ils sont convenus que cette politique doit être étayée par une plus grande flexibilité du taux de change, notamment en cas d’un afflux de capitaux qui serait dû à la poursuite de la libéralisation des mouvements de capitaux. La souplesse accrue du taux de change serait facilitée par l’expansion du marché à terme du won, et réciproquement.

Les administrateurs ont félicité les autorités des résultats enviables de leur politique de finances publiques et ont indiqué que la meilleure façon pour cette dernière de renforcer la performance macroéconomique à moyen terme consistera à maintenir une situation budgétaire solide cependant que des crédits tout à fait indispensables sont dégagés pour les équipements collectifs fixes. Les administrateurs se sont aussi félicités de la libéralisation récente des mouvements de capitaux; bien que quelques administrateurs aient souscrit à la démarche progressive des autorités dans ce domaine, un certain nombre d’autres administrateurs estiment qu’une libéralisation rapide et intégrale offre de nombreux avantages au stade de développement économique où se trouve la Corée. Les administrateurs sont tombés d’accord avec les autorités pour ne pas associer de façon rigide la libéralisation des mouvements de capitaux au rétrécissement des écarts de taux d’intérêt avec les pays partenaires de la Corée, et ont noté que la libéralisation en soi jouerait un rôle important dans la réduction des taux d’intérêt coréens actuellement élevés.

Les administrateurs ont indiqué que l’accélération récente de la libéralisation des mouvements de capitaux accroît la nécessité d’approfondir les réformes du secteur financier intérieur. Malgré les progrès considérables réalisés sur ce plan, les taux d’intérêt bancaires semblent encore rigides, et, pour de nombreux actifs financiers, les marchés secondaires sont étroits, voire absents. En outre, la politique monétaire n’a pas encore achevé la transition vers les instruments indirects. Les administrateurs ont observé que des progrès plus rapides dans ces domaines renforceraient l’efficience du secteur financier et accroîtraient l’efficacité de la politique monétaire.

Le Conseil s’est félicité de l’élargissement des réformes structurelles, notamment des réformes du marché du travail et des privatisations; ces réformes devraient favoriser les gains de productivité et assurer durablement la compétitivité de l’économie coréenne.

Espagne

Le Conseil a conclu les consultations au titre de l’article IV avec l’Espagne en mars 1997. L’évolution économique récente du pays a été en général favorable. La croissance de la consommation privée s’est redressée, atteignant environ 2,5 % (d’un trimestre à l’autre, en taux annualisé) au milieu de 1996, car le vif essor des marchés boursiers a enrichi les ménages. Sur toute l’année 1996, le PIB a progressé de 2,2 % d’après les estimations (tableau 12). La hausse des prix à la consommation est tombée à 3,2 % (d’une année sur l’autre) en décembre 1996, son plus faible niveau en trente ans. Comme la production est demeurée inférieure à son potentiel, le chômage est resté un grave fléau économique et social. Après avoir atteint un sommet de plus de 24 % au début de 1994, sous l’effet de la reprise ultérieure, le taux de chômage a été ramené à 22 % de la population active au troisième trimestre de 1996, chiffre toujours bien supérieur à celui des autres pays industrialisés.

Tableau 12Espagne: indicateurs économiques(Données disponibles lors de la réunion du Conseil en mars 1997)
1993199419951996
En pourcentage
Économie intérieure
Variation du PIB réel‒1,22,12,82,2
Taux de chômage (moyenne sur la période)22,724,222,922,2
Variation des prix à la consommation14,94,34,33,2
Milliards de dollars2
Secteur extérieur
Exportations, f.à.b.62,174,092,7103,1
Importations, c.a.f.77,088,8110,4116,9
Solde des transactions courantes‒5,8‒6,81,22,9
Investissements nets354,2‒15,823,41,0
Autres investissements de portefeuille nets4‒54,521,2‒31,018,7
Solde du compte de capital2,92,66,05,9
Réserves officielles brutes (fin de période)45,344,538,261,8
Solde des transactions courantes (en pourcentage du PIB)‒1,1‒1,40,20,6
Variation du taux de change effectif réel (en pourcentage)‒10,5‒4,81,42,3
En pourcentage du PIB2
Variables financières
Solde des opérations des administrations publiques (définition de Maastricht)‒7,4‒6,2‒6,6‒4,4
Épargne nationale brute18,718,621,321,0
Investissement national brut19,920,021,120,6
Variation de la masse monétaire au sens large (fin de période; en pourcentage)10,17,09,26,3
Taux interbancaire à trois mois (moyenne sur la période; en pourcentage)11,78,09,47,5

Fin de période, pourcentage de variation en glissement (décembre par rapport au mois de décembre précédent).

Sauf indication contraire.

Y compris les investissements directs étrangers et les titres négociables.

Y compris les prêts, les dépôts et les opérations de pensions.

Fin de période, pourcentage de variation en glissement (décembre par rapport au mois de décembre précédent).

Sauf indication contraire.

Y compris les investissements directs étrangers et les titres négociables.

Y compris les prêts, les dépôts et les opérations de pensions.

Depuis la fin de 1994, la politique monétaire a été résolument axée sur la lutte contre l’inflation. Celle-ci a diminué de même que la progression de la masse monétaire en 1996, ce qui a permis à la Banque d’Espagne de ramener à 6 % le taux de référence des pensions à dix jours en janvier 1997, contre 9,25 % en décembre 1995. La politique des finances publiques s’est fixé pour objectif de qualifier l’Espagne pour l’entrée dans l’UEM en 1999. Le plan de convergence soumis au Conseil européen en juillet 1994 prévoyait de ramener le déficit des administrations publiques de 7,4 % du PIB en 1993 à 3,0 % en 1997, surtout par des compressions de dépenses. En 1994-96, des plafonds pluriannuels ont été imposés aux hausses de salaires dans le secteur public, des accords ont été conclus avec les administrations locales et régionales pour limiter leurs déficits, l’augmentation des dépenses de santé a été contrôlée et les allocations-chômage réduites. Si les progrès ont été décevants sur le plan du rééquilibrage des finances publiques en 1995, la situation s’est améliorée en 1996. Les données préliminaires semblent indiquer que l’objectif de 4,4 % du PIB (sur la base des comptes nationaux) retenu pour le déficit des administrations publiques a été atteint.

La position extérieure de l’Espagne reste solide. Le compte des transactions courantes a vu son excédent augmenter, de 0,2 % du PIB en 1995 à 0,6 % en 1996, grâce à une amélioration de la balance commerciale et du tourisme. Les réserves officielles de change sont passées de 36 milliards de dollars en mars 1995 à 65,3 milliards de dollars à la fin de janvier 1997, dans le contexte d’importants afflux nets de capitaux. Pendant la même période, la peseta a été maintenue à un niveau proche du milieu de la bande du mécanisme de change européen.

Au cours de leur discussion, les administrateurs ont félicité les autorités de leur saine politique macroéconomique, et en particulier des progrès réalisés dans l’assainissement des finances publiques et les réformes structurelles. Ils ont observé qu’en 1997, l’Espagne semble être sur le point d’obtenir un affermissement de la reprise économique et une croissance durable à moyen terme. Les administrateurs ont aussi accueilli avec satisfaction la ferme volonté de l’Espagne de satisfaire aux critères de convergence de Maastricht en 1997, estimant que ces résultats sont à la portée des pouvoirs publics. Ils sont convenus que les autorités devraient être prêtes à introduire des mesures budgétaires supplémentaires en tant que de besoin, afin de respecter les critères de Maastricht.

Les administrateurs ont exhorté les autorités à prendre sans tarder des mesures pour mettre le processus de rééquilibrage budgétaire sur une voie durable. Ils ont noté qu’il faudra aller au-delà des compressions temporaires de dépenses et entreprendre une restructuration complète des dépenses publiques. Sur le plan des recettes, quelques administrateurs ont encouragé les autorités à améliorer le code des impôts en réduisant les taux d’imposition marginaux.

Les administrateurs ont complimenté la Banque d’Espagne pour les succès qu’elle a remportés dans la lutte contre l’inflation, notant que l’indépendance accrue de la Banque et son cadre de ciblage de l’inflation ont donné de bons résultats. Ils sont tombés d’accord avec les autorités pour penser que les données récentes faisant état d’une faible inflation pouvaient autoriser à abaisser — avec prudence — les taux d’intérêt, bien que toute réduction ultérieure doive être conjuguée à de nets progrès sur le front budgétaire.

Devant la solide performance du secteur extérieur au cours des dernières années, les administrateurs sont en général convenus que la compétitivité n’appelle pas une attention immédiate. Ils ont en revanche souligné la nécessité de procéder à des réformes structurelles et de poursuivre la modération des salaires pour assurer le maintien de la compétitivité extérieure à moyen terme. S’agissant de la concurrence intérieure, ils ont invité les autorités à se lancer dans une amélioration des marchés de l’immobilier, des services professionnels et du commerce de détail, et à instituer un cadre réglementaire autonome plus axé sur les mécanismes du marché pour ce qui a trait aux monopoles.

Les administrateurs ont observé que le taux de chômage élevé et les graves rigidités du marché du travail restent le défi le plus pressant à relever pour la politique économique. L’entrée prévisible de l’Espagne dans l’Union monétaire commande impérativement aux autorités d’engager sans tarder des réformes du marché du travail.

Grèce

Le Conseil a conclu les consultations au titre de l’article IV avec la Grèce en août 1996. Les résultats économiques de la Grèce se sont améliorés en 1995, car la croissance s’est accélérée pour atteindre 2 %, bien que le chômage, en légère hausse, se soit inscrit à 10 % pendant l’année (tableau 13). Pour la première fois en vingt ans, l’inflation est tombée au-dessous de la barre de 10 % en 1995.

Tableau 13Grèce: indicateurs économiques(Données disponibles lors de la réunion du Conseil en août 1996)
19931994199519961
En pourcentage
Économie intérieure
Variation du PIB réel‒1,01,52,02,5
Taux de chômage9,79,610,09,8
Variation des prix à la consommation (fin de période)12,110,88,15,0
Milliards de dollars2
Secteur extérieur
Exportations, f.à.b.5,05,25,8
Importations, c.a.f.17,618,722,9
Solde des transactions courantes‒0,7‒0,1‒2,9
Solde du compte de capital4,46,93,1
Réserves officielles brutes8,615,315,7
Solde des transactions courantes (en pourcentage du PIB)‒0,40,2‒1,5‒1,8
Variation du taux de change effectif réel (en pourcentage)‒3,61,33,7
En pourcentage du PIB2
Variables financières
Solde des opérations de administrations publiques‒14,2‒12,1‒9,2‒7,0
Épargne nationale brute21,121,020,321,0
Investissement national brut21,520,821,822,8
Variation de la masse monétaire au sens large (en pourcentage)15,313,98,39-12
Taux des bons du Trésor à trois mois (en pourcentage)18,218,214,5

Estimations des services du FMI.

Sauf indication contraire.

Estimations des services du FMI.

Sauf indication contraire.

Le redressement des finances publiques a continué de progresser, puisque le déficit de l’administration centrale a été ramené de 12,7 % du PIB en 1994 à 11,2 % en 1995, par rapport à un objectif budgétaire de 10 %. Ce dépassement a été surtout imputable à une moins-value des recettes, notamment des impôts indirects, et aux retards intervenus dans les transferts provenant de l’Union européenne. Néanmoins, les autorités ont respecté l’objectif du plan de convergence fixé pour le déficit des administrations publiques. La politique monétaire a continué d’être orientée par l’objectif de taux de change annoncé. L’objectif d’une marge d’ajustement de 3 % de la drachme vis-à-vis de l’unité monétaire européenne (l’écu) en 1995 a été atteint. Cette politique, ainsi que la gestion efficace d’une attaque spéculative contre la drachme en mai 1994, ont provoqué un afflux de capitaux. La Banque de Grèce a adopté une attitude prudente face à ces entrées: elle n’a en effet abaissé que lentement ses taux d’intervention; elle a par ailleurs stérilisé la plupart des entrées de capitaux, relevé les coefficients de réserves obligatoires de 9 à 11 % et étendu l’application de ces coefficients aux engagements à court terme du secteur bancaire libellés en monnaies étrangères.

Après deux ans de quasi-équilibre, le déficit des transactions extérieures courantes s’est creusé en 1995, atteignant 1,5 % du PIB, sous l’effet d’une forte augmentation des importations de biens d’équipement. Le compte de capital est resté excédentaire, bien que dans une moindre mesure qu’en 1994. Les réserves en devises ont légèrement augmenté.

En regard de perspectives favorables à court terme, le cadre macroéconomique a donné des signes de tensions en 1996. L’inflation a repris au début de l’année, avant de reprendre une tendance à la baisse. Le rythme de l’assainissement des finances publiques s’est ralenti; la Banque de Grèce a eu de plus en plus de mal à recourir aux taux d’intérêt pour contenir le crédit et réduire les tensions inflationnistes, et les pressions sur les dépenses se sont intensifiées.

Au cours de leur discussion, les administrateurs ont félicité les autorités de leurs efforts soutenus en matière de rééquilibrage budgétaire et de réduction de l’inflation. Néanmoins, ils ont estimé qu’il était urgent de renforcer les mesures d’ajustement.

Les administrateurs ont observé que le déficit budgétaire retenu comme objectif pour 1996 risquait d’être dépassé de quelque 1 point de pourcentage du PIB et ont appelé à la vigilance, car cette éventualité représenterait un recul fâcheux. Ils ont accueilli avec satisfaction l’ensemble des mesures annoncées en juillet 1996, qui visaient des compressions d’emplois dans le secteur public, un examen des comptes extrabudgétaires et un renforcement du contrôle financier des entités publiques. Ils ont exhorté les autorités à adopter rapidement d’autres mesures correctives, surtout du côté des dépenses. Ils ont loué les efforts des autorités en vue d’élargir l’assiette de l’impôt, mais ont souligné que la réalisation d’un redressement durable des finances publiques passe par une réduction des dépenses. Ils se sont déclarés préoccupés du ralentissement de l’assainissement budgétaire, en dépit de la croissance plus rapide que prévu.

Les administrateurs ont constaté que la politique de la «drachme forte» avait contribué à réduire l’inflation au cours des dernières années et ont jugé adéquate la politique de taux d’intérêt prudente menée par les autorités. Ils ont toutefois fait remarquer que les entrées de capitaux montraient qu’une politique monétaire rigoureuse ne permet pas, à elle seule, de poursuivre la désinflation dans le cadre actuel de l’action des pouvoirs publics. Ils ont exhorté le gouvernement à conduire une politique rigoureuse des salaires et de l’emploi dans le secteur public, ce qui servira de signal au secteur privé.

Les administrateurs ont fait ressortir la nécessité d’accélérer les réformes structurelles pour améliorer à long terme la performance de croissance du pays et assurer une réelle convergence avec l’Europe. Ils ont accueilli favorablement le plan de réformes structurelles des autorités, qui comprend la rationalisation des dépenses publiques, la gestion renforcée des entités publiques, la responsabilisation accrue du secteur public, ainsi que la réforme du système d’allocations-chômage. Les administrateurs ont invité instamment les autorités à élargir la portée des privatisations et à en accélérer le rythme. Ils ont mis en relief la nécessité de réduire la présence de l’État dans le secteur bancaire.

Hong Kong, Chine

Les administrateurs se sont réunis en février 1997 pour procéder à l’examen du rapport des services du FMI sur les consultations au titre de l’article IV avec Hong Kong, Chine4, dans le contexte d’une croissance annuelle moyenne du PIB réel proche de 7 % au cours des quinze dernières années. Ces résultats se sont accompagnés d’une mutation spectaculaire des structures économiques, au cours de laquelle l’importance du secteur manufacturier et des exportations de marchandises nationales a fortement reculé et Hong Kong est apparue comme une économie de services avancée.

Bien que la croissance ait ralenti depuis 1994, des signes de reprise modérée se sont manifestés au second semestre de 1996. Les ventes au détail et les prix de l’immobilier ont amorcé une hausse et la construction privée a repris. Néanmoins, l’expansion des exportations de marchandises, qui va généralement de pair avec la reprise, est restée faible, puisque les exportations en volume n’ont progressé que de 5 % au cours des neuf premiers mois de 1996. Sur l’ensemble de l’année, d’après les projections au moment de la discussion du Conseil, le PIB réel devait augmenter de 4½ % (tableau 14). Par la suite, ces estimations ont été révisées à la hausse pour se situer à près de 4¾ %, soit un taux identique à celui de la croissance en 1995. L’inflation a été ramenée de 8¾ % en 1995 à quelque 6 % en 1996, surtout sous l’effet d’un ralentissement de la demande intérieure, conjugué à une baisse des prix à l’importation, imputable à l’appréciation de la monnaie et à l’existence d’un certain volant de ressources inutilisées sur le marché du travail. Le chômage, qui avait vivement augmenté en 1995 du fait de l’expansion de l’offre de main-d’oeuvre, s’est progressivement replié à un taux de quelque 2½ % en 1996.

Tableau 14Hong Kong, Chine: indicateurs économiques(Données disponibles lors de la réunion du Conseil en février 1997)
19931994199519961
En pourcentage
Économie intérieure
Variation du PIB réel6,15,44,74,5
Taux de chômage2,02,03,32,6
Variation des prix à la consommation (moyenne sur la période)8,58,18,76,0
Milliards de dollars2
Secteur extérieur
Exportations, f.à.b.163,1182,5209,2222,5
Importations, c.a.f.155,0181,0214,8221,0
Solde des transactions courantes38,21,5‒4,91,6
Réserves officielles brutes43,049,355,463,8
Solde des transactions courantes (en pourcentage du PIB)37,01,6‒2,31,0
Variation du taux de change effectif réel (en pourcentage)10,51,5‒1,24,1
En pourcentage du PIB2
Variables financières
Solde des opérations des administrations publiques42,52,31,3‒0,3
Épargne nationale brute535,833,831,033,0
Investissement intérieur brut27,631,934,532,0
Variation de la masse monétaire au sens large (en pourcentage)15,613,613,613,1
Taux prêteur le plus favorable (en pourcentage)6,58,58,88,5

Estimations des services du FMI.

Sauf indication contraire.

Solde des biens et services, non facteurs.

Les données portent sur l’exercice budgétaire qui s’achève en mars.

Les composantes extérieures de l’épargne ne sont incluses que pour 1993 et 1994.

Estimations des services du FMI.

Sauf indication contraire.

Solde des biens et services, non facteurs.

Les données portent sur l’exercice budgétaire qui s’achève en mars.

Les composantes extérieures de l’épargne ne sont incluses que pour 1993 et 1994.

Le Conseil a félicité les autorités de la gestion réussie de l’économie. Les administrateurs ont observé que le principal défi à court terme consistait à maintenir la confiance et à assurer le passage sans heurt sous la souveraineté chinoise. Il convient, à leur avis, de continuer d’adhérer au cadre de politique économique largement fondé sur des règles, notamment le rattachement du taux de change au dollar, une orientation prudente de la politique de finances publiques et une stricte réglementation financière.

Les administrateurs ont pleinement souscrit au maintien du système de rattachement du taux de change, qui constitue un important point d’ancrage pour la stabilité et la confiance. Ils ont salué la réaffirmation de la ferme volonté des autorités chinoises de conserver l’indépendance monétaire de Hong Kong après le transfert de souveraineté. Compte tenu des différences de développement financier à Hong Kong et en Chine continentale, les administrateurs se sont déclarés favorables au maintien de deux systèmes monétaires et deux monnaies distincts, ainsi que de deux autorités monétaires indépendantes. Le Conseil a aussi souligné la nécessité de poursuivre une démarche en général neutre et non interventionniste en matière de politique de finances publiques. De modestes excédents du solde des administrations publiques ont été jugés adéquats, compte tenu des conséquences budgétaires du vieillissement de la population. Les administrateurs ont aussi félicité les autorités d’avoir accordé la priorité au maintien d’un robuste système de contrôle bancaire. Etant donné la dépendance des banques à l’égard des prêts immobiliers et les liens accrus avec l’économie chinoise, il importe de continuer à surveiller étroitement la qualité des actifs et de conserver des normes prudentielles élevées. Les administrateurs ont également accueilli avec satisfaction la participation de l’Autorité monétaire de Hong Kong aux Nouveaux accords d’emprunt (NAE).

Le Conseil a jugé que Hong Kong possède un fort potentiel de poursuite d’une croissance vigoureuse à moyen terme. Il a estimé que l’avenir de Hong Kong réside dans le développement d’industries de services à vocation exportatrice et le maintien de son statut de place financière internationale. Dans ce contexte, il a engagé les autorités à mettre en oeuvre les plans de déréglementation des marchés des biens non échangés et des services. Les administrateurs ont aussi relevé l’importance, pour les perspectives à moyen terme, de préserver les institutions et les valeurs de Hong Kong, en particulier l’état de droit, l’impartialité du système judiciaire, la neutralité de la fonction publique et la liberté d’information. Les administrateurs attendent avec intérêt le succès du cadre qui englobe deux systèmes en un pays ainsi que la poursuite de la prospérité économique de Hong Kong.

Israël

Le Conseil a conclu les consultations au titre de l’article IV avec Israël en décembre 1996. L’expansion rapide, et cependant assez équilibrée, de l’économie israélienne depuis 1989, comportant une progression annuelle du PIB de plus de 6 %, s’est transformée en une surchauffe généralisée en 1995 et 1996 (tableau 15). En tendance, l’inflation s’est accélérée, passant de 9 % en 1994–95 à 12 % au milieu de 1996, tandis que les salaires réels ont augmenté de 2,5 % au premier semestre de l’année. D’après les estimations préliminaires, la demande intérieure s’est accrue de 5,5 % et le chômage, en légère hausse, a atteint quelque 6½ % en 1996.

Tableau 15Israël: indicateurs économiques

(Données disponibles lors de la réunion du Conseil en décembre 1996)1

1996
199319941995Projections lors de la réunion du ConseilRésultats2
En pourcentage
Économie intérieure
Variation du PIB réel3,56,87,14,34,4
Taux de chômage10,07,86,36,36,7
Variation des prix à la consommation (fin de période)11,214,58,112,010,6
Milliards de dollars1
Secteur extérieur
Exportations, f.à.b.14,816,719,019,920,2
Importations, c.a.f.20,422,626,728,928,3
Solde des transactions courantes‒1,1‒2,3‒3,9‒5,2‒4,9
Investissements directs‒0,21,21,6
Solde du compte de capital2,41,63,96,1
Réserves officielles brutes6,46,88,211,4
Solde des transactions courantes (en pourcentage du PIB)‒1,7‒3,2‒4,5‒5,6‒5,2
Variation du taux de change effectif réel (en pourcentage)‒0,62,43,53,3
En pourcentage du PIB1
Variables financières
Solde des opérations des administrations publiques‒3,5‒2,2‒3,4‒4,2
Épargne nationale brute (en pourcentage du revenu national)20,218,718,1
Investissement national brut (en pourcentage du revenu national)21,822,022,6
Variation de la monnaie au sens large (en pourcentage)22,024,621,72,4
Taux d’intérêt au guichet de l’escompte (en pourcentage)11,313,415,516,1

Sauf indication contraire.

Estimations actualisées des services du FMI.

Sauf indication contraire.

Estimations actualisées des services du FMI.

L’adoption d’une politique de finances publiques expansionniste a favorisé le passage de la croissance à la surchauffe. À la fin de 1994, à la suite de ce qui s’est révélé une hausse de courte durée des recettes, les autorités ont fortement relevé les salaires du secteur public et ont, dans le même temps, réduit les impôts, moyennant un coût budgétaire de 2,5 % du PIB. Depuis lors, les recettes fiscales ont été constamment inférieures aux prévisions et les objectifs fixés pour le déficit intérieur sont loin d’être atteints. Pour 1996, le déficit des administrations publics était estimé à 4,2 % du PIB.

Par suite de l’assouplissement de la politique budgétaire et de la surchauffe de l’économie, la politique monétaire est devenue restrictive après 1994, ce qui a produit des effets secondaires controversés. La monnaie s’est renforcée à l’intérieur de la marge d’ajustement du taux de change, puisqu’elle s’est appréciée de quelque 5 % pour l’indice des prix à la consommation et les coûts unitaires de main-d’oeuvre depuis 1993. Les entrées de capitaux ont fortement augmenté, atteignant en moyenne quelque 2,5 % du PIB par an en 1995 et 1996. Par ailleurs, les marchés financiers intérieurs ont été perturbés par la politique monétaire restrictive.

La surchauffe de l’économie a été particulièrement manifeste dans les comptes extérieurs. Le déficit des transactions courantes a augmenté, dépassant 5 % du PIB en 1996, soit un niveau qui n’avait pas été enregistré depuis le début des années 80.

Lors de leur discussion, les administrateurs ont félicité les autorités de leur gestion efficace au cours des six dernières années, marquée par la diminution de près de moitié des taux d’inflation et de chômage, et l’absorption réussie des immigrants. Ils ont cependant exprimé leur préoccupation devant la persistance de l’inflation et l’ampleur du déficit des transactions courantes. Il convenait donc avant tout que les autorités renforcent l’épargne intérieure par un effort plus ambitieux d’assainissement des finances publiques. De l’avis des administrateurs, la stratégie à moyen terme de rééquilibrage budgétaire, de désinflation et de réformes structurelles définissait l’axe approprié de l’ajustement requis.

Notant que la politique des finances publiques a été source de surchauffe en 1995/96, les administrateurs ont souligné la nécessité d’accroître l’épargne du secteur public et ont recommandé que l’objectif de déficit fixé pour 1997 soit strictement respecté. Ils considéraient du plus haut intérêt l’annonce récente des plans de compression de dépenses supplémentaires et de création d’une réserve pour imprévus. Ils ont estimé opportun l’accent mis par les autorités sur la modération des dépenses et ont conseillé l’adoption d’estimations de recettes plus réalistes. Les administrateurs ont en général jugé les objectifs budgétaires à moyen terme insuffisants pour dégager l’épargne intérieure propre à maintenir durablement un taux d’investissement élevé et à obtenir une inflation modérée à un seul chiffre dans un délai de cinq ans. Les administrateurs ont donc recommandé instamment l’adoption d’objectifs à moyen terme plus ambitieux. Ils ont aussi recommandé aux autorités d’accroître la transparence et de responsabiliser la gestion des finances publiques, notamment en n’omettant pas de diffuser des estimations du déficit comprenant les obligations encourues du fait de l’indexation (qui sont exclues des chiffres actuels) et en expliquant leurs méthodes comptables au public.

Les administrateurs ont observé que, pour l’essentiel, la lutte contre l’inflation a été confiée au cours des deux dernières années à la politique monétaire, mais, avant que celle-ci ne soit assouplie, il conviendrait, à leur avis, d’attendre la réalisation d’un redressement budgétaire crédible. Ils ont en général considéré que la place accrue donnée au ciblage de l’inflation à l’intérieur de la marge d’ajustement du taux de change avait permis de clarifier les objectifs visés, ce qui pourrait aider la poursuite de la désinflation. Ils ont vivement recommandé l’adoption d’une stratégie d’inflation prospective, qui intègre utilement les éléments structurels (mesures prévoyant la cession de terrains publics, privatisations et réglementation des services publics, dispositifs de renforcement de la concurrence).

Les administrateurs ont jugé contrasté le bilan d’Israël au chapitre des politiques structurelles. Bien que des progrès aient été accomplis dans la libéralisation du commerce, dans le renforcement de la politique antitrust et de la concurrence, ainsi que dans la réduction des avoirs détenus par les banques dans les sociétés non financières, il convenait d’accélérer les privatisations et de réduire les autres formes d’intervention de l’État dans l’économie. Les administrateurs ont réservé un accueil favorable aux projets de rationalisation de la fiscalité et de la réglementation des instruments financiers, mais ont estimé qu’il faudrait aller bien au-delà pour qu’Israël établisse un marché des capitaux solide et efficace.

Nouvelle-Zélande

Le Conseil a conclu les consultations au titre de l’article IV avec la Nouvelle-Zélande en novembre 1996. L’évolution économique de la Nouvelle-Zélande continuait alors d’être satisfaisante. La croissance du PIB réel, en décélération, est descendue à un niveau soutenable de 3 %, compatible avec un atterrissage en douceur, alors qu’une récession avait caractérisé les cycles économiques précédents. La croissance de l’emploi est restée rapide et le taux tendanciel d’inflation a été maintenu à près de 2 %, bien que la limite supérieure de la fourchette-cible ait été quelque peu dépassée, en partie à cause d’une vive hausse du prix des logements. L’orientation restrictive de la politique financière s’est poursuivie: l’excédent budgétaire a atteint presque 4 % du PIB en 1995/96, les taux d’intérêt réels ont été maintenus à des niveaux assez élevés, et le taux de change effectif s’est apprécié de 5 % en termes nominaux comme en termes réels (tableau 16). Bien que le déficit extérieur courant ait atteint 4 % du PIB en 1995/96, la confiance des marchés est restée solide.

Tableau 16Nouvelle-Zélande: indicateurs économiques1

(Données disponibles lors de la réunion du Conseil en novembre 1996)2

1996/97
1993/941994/951995/96Projections lors de la réunion du ConseilRésultats3
En pourcentage
Économie intérieure
Variation du PIB réel6,25,22,82,52,0
Taux de chômage9,56,96,56,56,4
Variation des prix à la consommation (moyenne sur la période)1,42,43,32,42,2
Milliards de dollars2
Secteur extérieur
Exportations, f.à.b.10,812,613,414,515,2
Importations, c.a.f.9,111,312,814,414,7
Solde des transactions courantes‒0,6‒2,0‒2,4‒2,8‒2,8
Investissements directs0,51,24,54,24,4
Investissements de portefeuille1,30,41,21,41,2
Solde du compte de capital1,01,82,92,82,9
Réserves officielles brutes3,83,94,54,74,4
Solde des transactions courantes (en pourcentage du PIB)‒1,3‒3,9‒4,1‒4,5‒4,3
Variation du taux de change effectif réel (en pourcentage)6,45,35,7
En pourcentage du PIB2
Variables financières
Solde des opérations des administrations publiques0,93,13,83,12,0
Épargne nationale brute18,917,918,417,918,2
Investissment national brut20,221,822,622,422,5
Variation de la masse monétaire au sens large (en pourcentage)6,66,712,015,010,0
Taux d’intérêt sur les effets bancaires à 90 jours (en pourcentage)5,49,48,99,9

Les données portent sur l’exercice budgétaire qui s’achève en mars.

Sauf indication contraire.

Estimations actualisées des services du FMI.

Les données portent sur l’exercice budgétaire qui s’achève en mars.

Sauf indication contraire.

Estimations actualisées des services du FMI.

L’expansion économique devrait se poursuivre en 1997, sous l’impulsion des réductions d’impôt inscrites au budget de 1996/97. Ce dernier prévoit un allégement de la charge fiscale de plus de 1 % du PIB en 1996/97 et en 1997/98, une diminution de l’impôt sur le revenu des personnes physiques et un relèvement des allégements fiscaux. Néanmoins, les projections font ressortir un excédent budgétaire de 3 % du PIB pour 1996/97, ce qui permettrait de réduire encore la dette publique nette pour la ramener à 28 % du PIB.

Les administrateurs ont félicité les autorités d’avoir appliqué avec ténacité une politique financière rigoureuse ainsi que de vastes réformes structurelles, dans un cadre de transparence et de responsabilité de la gestion, au cours des dix dernières années. Ils ont accueilli favorablement l’engagement qu’ont pris les autorités de maintenir l’orientation de leur action à moyen terme. Ils ont jugé l’austérité monétaire et le contrôle des dépenses publiques appropriés, car cette orientation a permis de contenir l’inflation, a assuré la viabilité de la position extérieure et a jeté les bases de la reprise d’une croissance plus rapide à moyen terme.

Les administrateurs ont estimé que le cadre monétaire, y compris le système de ciblage de l’inflation, a contribué à brider les anticipations d’inflation et à asseoir la crédibilité de la stratégie économique globale sur les marchés. Bien qu’un petit nombre d’administrateurs soient d’avis qu’un élargissement de la fourchette-cible de 0–2 % fixée pour l’inflation donnerait davantage de souplesse à la politique monétaire, la plupart des administrateurs ont déconseillé une telle mesure, du moins jusqu’à ce que l’inflation soit ramenée à l’intérieur de la fourchette, pour éviter d’entamer la crédibilité de la politique anti-inflationniste.

Les administrateurs se sont déclarés fermement en faveur de la stratégie budgétaire à moyen terme, qui prévoit que les excédents se poursuivront et qui suppose une diminution régulière du ratio de la dette publique au PIB. Ils ont vivement recommandé que les réformes de la fonction publique et de la protection sociale progressent afin que des ressources permettant d’augmenter les dépenses de santé et d’éducation puissent être dégagées et que la privatisation des intérêts commerciaux restants du secteur public soit accélérée. Un certain nombre d’administrateurs ont jugé souhaitable de retarder la deuxième série de réductions fiscales jusqu’à ce que des compressions de dépenses puissent être clairement identifiées.

Un certain nombre d’administrateurs ont estimé que l’ampleur du déficit extérieur courant présentait des risques, étant donné la vulnérabilité de la Nouvelle-Zélande aux chocs extérieurs et aux changements d’opinion des marchés. Les administrateurs ont jugé souhaitable que les autorités durcissent au besoin la politique des finances publiques pour éviter que le déficit extérieur courant ne s’élargisse. La stabilité financière et la poursuite des réformes structurelles aideront à préserver la compétitivité du secteur des biens échangés et à maintenir les entrées de capitaux privés.

Les administrateurs ont souligné qu’il importe de continuer les réformes structurelles afin de rehausser la croissance potentielle. Ils ont insisté notamment sur l’opportunité de persévérer dans les efforts pour relever l’investissement et l’épargne privés en pourcentage du PIB, et pour améliorer l’enseignement ainsi que la formation afin d’accroître la productivité de la main-d’oeuvre. Ils ont salué l’engagement qu’ont pris les autorités de promouvoir d’autres initiatives, multilatérales ou régionales, de libéralisation du commerce.

En décembre 1996, après les consultations, un nouveau gouvernement de coalition est entré en fonction. Même si l’orientation de la politique économique n’a pas été fondamentalement modifiée, deux changements sont à retenir. Premièrement, la fourchette fixée pour l’inflation a été portée de 0–2 % à 0–3 % et la banque centrale a signalé son intention de maintenir l’inflation au milieu de la nouvelle fourchette. Pendant ce temps, les tensions inflationnistes ont continué de s’atténuer; l’inflation tendancielle pour le premier trimestre de 1997 a été de 0,2 %, et, en moyenne, de 2 % pour la période de douze mois se terminant en mars 1997. Deuxièmement, les dépenses inscrites au budget pour la santé, l’éducation et le maintien de l’ordre ont été relevées de 1½ % du PIB par an pour les prochaines années, et la réduction d’impôt annoncée pour juillet 1997 a été retardée d’un an; les autorités continuent cependant de chercher à dégager des excédents budgétaires appréciables.

Suède

Le Conseil a conclu les consultations au titre de l’article IV avec la Suède en septembre 1996. Pendant la période 1990-93, la Suède a connu sa pire crise économique de l’après-guerre, mais, tirée par la solide performance des exportations, l’économie a enregistré une reprise vigoureuse à partir du deuxième trimestre de 1993. La croissance du PIB réel a atteint 3,6 % en 1995, soit le taux le plus élevé depuis 1987 (tableau 17). La hausse des prix à la consommation est tombée audessous de 2 % depuis janvier 1996, en partie sous l’effet de l’appréciation de la couronne et de la baisse des taux d’intérêt hypothécaires. Les augmentations salariales sont toutefois restées dangereusement élevées; bien que le chômage total se soit quelque peu replié, il était encore supérieur à 12 % au premier trimestre de 1996.

Tableau 17Suède: indicateurs économiques

(Données disponibles lors de la réunion du Conseil en septembre 1996)1

1996
199319941995Projections lors de la réunion du ConseilRésultats2
En pourcentage
Économie intérieure
Variation du PIB réel‒2,23,33,61,11,1
Taux de chômage8,28,07,78,08,0
Variation des prix à la consommation (moyenne sur la période)4,62,22,50,50,5
Milliards de dollars1
Secteur extérieur
Exportations, f.à.b.49,460,079,784,5
Importations, c.a.f.42,551,364,966,6
Solde des transactions courantes‒4,00,84,96,26,1
Investissements directs2,4‒0,43,10,6
Investissements de portefeuille4,14,8‒5,2‒3,5
Solde du compte de capital3,8‒0,8‒5,0‒6,0
Réserves officielles brutes2,53,13,42,92,9
Solde des transactions courantes (en pourcentage du PIB)‒2,20,42,12,52,4
Variation du taux de change effectif réel (en pourcentage)‒23,7‒2,2‒1,211,69,9
En pourcentage du PIB1
Variables financières
Solde des opérations des administrations publiques‒12,3‒10,8‒8,0‒4,0‒2,5
Épargne nationale brute11,314,517,517,717,2
Investissement national brut13,314,115,515,114,7
Variation de la masse monétaire au sens large (M3; en pourcentage)4,00,32,711,711,7
Taux interbancaire à trois mois (moyenne sur la période; en pourcentage)8,57,68,86,06,0

Sauf indication contraire.

Estimations actualisées des services du FMI.

Sauf indication contraire.

Estimations actualisées des services du FMI.

Après que le déficit des administrations publiques eut atteint 12,3 % du PIB en 1993, la Suède a fermement placé ses finances publiques sur la voie du redressement. Le Programme de convergence avec l’UEM adopté par le gouvernement en juin 1995 précisait les mesures qui permettraient, d’après les prévisions, de réduire le déficit budgétaire de 7,5 % du PIB d’ici à 1998, l’ajustement étant également réparti entre compressions des dépenses et relèvements d’impôts. Grâce à la croissance rapide de la production, le déficit budgétaire devait pouvoir être ramené à 2,5 % du PIB en 1997 (et satisfaire au critère de Maastricht), mais le ralentissement de l’activité économique survenu à la fin de 1995 a assombri ces perspectives. En avril 1996, une loi de finances rectificative a donc proposé d’augmenter de 12 milliards de couronnes suédoises les mesures de compression des dépenses, afin de ramener le déficit audessous de 3 % du PIB en 1997. L’accueil positif réservé à cette initiative par les marchés a aussi allégé les pressions qui s’exerçaient sur la couronne et sur les taux d’intérêt. À la mi-juillet 1996, la couronne s’était appréciée de 18 % par rapport à son creux de 1995, et l’écart de taux longs avec l’Allemagne s’était rétréci, tombant à 160–170 points de base, soit environ le tiers de l’écart le plus élevé atteint au début de 1995.

Dans leur discussion, les administrateurs ont noté qu’après la crise de 1990-93, la reprise de l’économie suédoise était bien engagée. Le taux d’inflation en Suède comptait parmi les plus faibles d’Europe. Les administrateurs ont félicité les autorités de leur application résolue d’un vigoureux programme d’assainissement des finances publiques et de l’heureuse résolution de la crise bancaire. Ces réussites ont renforcé la crédibilité du gouvernement sur les marchés des capitaux. Les administrateurs ont toutefois souligné la nécessité d’appliquer des réformes structurelles du marché du travail pour modérer la hausse des salaires et réduire le taux de chômage élevé, et d’exécuter intégralement le programme de redressement des finances publiques. Notant les liens étroits qui existent entre assainissement budgétaire et croissance, les administrateurs se sont félicités de l’adoption, dans le projet de loi de finances rectificative d’avril 1996, de mesures budgétaires supplémentaires de nature à maintenir le programme d’assainissement des finances publiques sur la bonne voie, ainsi que de l’importance accrue qu’il donnait à la réduction des dépenses.

Devant les signes de la crédibilité croissante de l’action des pouvoirs publics et le niveau de chômage élevé, les administrateurs ont reconnu l’opportunité de l’assouplissement de la politique monétaire qui avait été décidé. La plupart d’entre eux ont jugé que le cadre de la politique monétaire de la Riskbank, y compris le ciblage de l’inflation, avait contribué à réduire l’inflation. Certains administrateurs ont estimé qu’une ferme volonté d’adhérer à l’UEM aiderait à préserver la faveur des marchés qui a été acquise.

Les administrateurs ont accueilli favorablement l’appréciation de la couronne au cours de l’année précédente et ont dans l’ensemble souscrit au point de vue des autorités, qui estimaient que la monnaie suédoise semblait avoir atteint l’équilibre ou s’en rapprocher. Ils se sont toutefois préoccupés des taux élevés des augmentations de salaires, qui pourraient accroître l’inflation, réduire la compétitivité et le dynamisme de la croissance, et ralentir la décrue du chômage.

Les administrateurs ont accueilli avec satisfaction les initiatives du projet de loi sur l’emploi, bien qu’un certain nombre d’entre eux les aient jugées insuffisantes pour atteindre les objectifs des autorités dans ce domaine. Ils ont préconisé des réformes pour accroître la flexibilité du marché du travail et appuyé l’établissement d’un nouveau mécanisme de détermination des salaires. Plusieurs administrateurs ont souligné l’importance d’une plus grande différenciation salariale et de mesures destinées à faciliter l’embauche de primodemandeurs d’emploi.

Pays en développement

Afrique du Sud

Le Conseil a conclu les consultations au titre de l’article IV avec l’Afrique du Sud en mai 1996. En 1995, pour la troisième année consécutive, l’Afrique du Sud a accompli des progrès réguliers, résistant vaillamment aux secousses économiques qui ont accompagné la transition politique. Parmi les réussites de ce pays, on notera la réduction de la hausse des prix à la consommation sur douze mois (ramenée à 5,5 % en avril 1996, contre 11 % en avril 1995), une progression de 1½ point de PIB de l’investissement net réel, et une augmentation de 3,3 % du PIB réel (tableau 18). Pendant toute cette période de trois ans, les autorités ont poursuivi des politiques d’austérité monétaire et budgétaire.

Tableau 18Afrique du Sud: indicateurs économiques

(Données disponibles lors de la réunion du Conseil en mai 1996)1

1996
199319941995Projections lors de la réunion du ConseilRésultats2
En pourcentage
Économie intérieure
Variation du PIB réel1,32,73,34,03,1
Taux de chômage32,0
Variation des prix à la consommation (moyenne sur la période)9,79,08,67,57,4
Milliards de dollars1
Secteur extérieur
Exportations24,124,727,931,129,1
Importations, f.à.b.‒18,3‒21,5‒27,1‒29,5‒27,1
Solde des transactions courantes1,7‒0,6‒3,5‒3,4‒2,0
Investissements directs‒0,30,50,40,50,6
Investissements de portefeuille1,00,32,01,50,5
Solde du compte de capital‒4,51,56,03,03,4
Réserves officielles brutes2,73,14,32,22,2
Solde des transactions courantes (en pourcentage du PIB)1,5‒0,5‒2,6‒2,5‒2,0
Dette extérieure (en pourcentage du PIB)14,815,315,517,019,0
Service de la dette (en pourcentage des exportations de biens et services)10,310,813,817,416,6
Variation du taux de change effectif réel (en pourcentage)‒4,4‒3,1‒8,1
En pourcentage du PIB1
Variables financières
Solde des opérations des administrations publiques3‒6,0‒5,7‒5,5‒5,1‒5,1
Épargne nationale brute17,217,216,717,316,5
Investissement national brut15,717,719,319,818,0
Variation de la masse monétaire au sens large (en pourcentage)7,015,715,112,013,6
Taux d’intérêt (en pourcentage)412,013,015,017,0

Sauf indication contraire.

Données actualisées des services du FMI.

Administration centrale; sur la base de l’exercice budgétaire (avril-mars).

Taux d’escompte; fin de période.

Sauf indication contraire.

Données actualisées des services du FMI.

Administration centrale; sur la base de l’exercice budgétaire (avril-mars).

Taux d’escompte; fin de période.

Malgré l’abolition du contrôle des changes pour les non-résidents en mars 1995 et le creusement du déficit des transactions courantes en 1995, qui a atteint 2,6 % du PIB (contre 0,5 % du PIB en 1994), le rand est demeuré solide pendant toute l’année 1995, ce qui traduit un raffermissement sensible de la confiance des investisseurs étrangers à l’égard de l’Afrique du Sud. Cette confiance retrouvée a été à l’origine du renforcement des entrées de capitaux à long terme au deuxième semestre de 1995 et jusqu’en 1996: elles sont montées en flèche, atteignant 6 milliards de dollars en 1995, contre 1,5 milliard de dollars en 1994. Néanmoins, à la mi-février 1996 et à nouveau à la fin mars, le rand s’est affaibli au milieu des incertitudes politiques et de rumeurs d’une abolition en bloc du contrôle des changes s’appliquant aux résidents. Pour y mettre fin, les autorités ont réaffirmé leur intention de libéraliser le contrôle des changes pour les résidents de manière progressive et de poursuivre les politiques favorables au marché appliquées depuis les élections de 1994.

À la fin de 1994, le chômage déclaré représentait 32 % de la population active totale et plus de 40 % de la population active noire. Depuis lors, l’emploi dans le secteur privé (hors agriculture) a progressé de moins de 1 %, tandis que la population active a augmenté de plus de 2½ %. La situation du chômage tenait en partie au moins à la persistance de problèmes de compétitivité.

Les administrateurs ont félicité les autorités des politiques prudentes qui les ont amenées à réduire le déficit des finances publiques en 1995/96, à resserrer la politique monétaire face à l’apparition de pressions inflationnistes à la fin de 1994, à libéraliser le commerce extérieur et les mouvements de capitaux, et à promulguer une nouvelle législation sur les relations du travail. Les administrateurs ont noté que ces actions avaient été cruciales pour améliorer la confiance des marchés, mais ont souligné qu’un nouveau durcissement de la politique monétaire était essentiel pour rétablir la stabilité financière et contenir l’inflation. Dans le même temps, les administrateurs ont reconnu que les autorités étaient sollicitées par ailleurs, du fait de la nécessité de répondre aux besoins sociaux urgents de la population. À cet égard, ils ont noté avec satisfaction la priorité accordée à la stimulation de la croissance et de l’emploi.

Les administrateurs ont estimé que la récente dépréciation du rand était appropriée, mais que de nouvelles mesures étaient indispensables pour contenir l’élan inflationniste déjà suscité par la dépréciation et rétablir la confiance sur les marchés des changes. Ils ont signalé que des progrès dans ce domaine étaient nécessaires pour éviter qu’une aggravation de l’inflation n’érode les gains de compétitivité découlant de la dépréciation. Tout en saluant l’abolition du contrôle des changes pour les non-résidents en mars 1995, les administrateurs ont noté que cette mesure a exposé l’économie plus directement aux changements d’opinion des investisseurs et que les politiques financières doivent donc être adaptées en conséquence. À la lumière de ces faits, les administrateurs ont approuvé le relèvement du taux bancaire à la fin d’avril 1996 et l’engagement des autorités à procéder à une libéralisation progressive du contrôle des changes pour les résidents.

Les administrateurs ont souligné que la confiance des investisseurs serait renforcée par l’annonce d’un train de mesures de réformes à moyen terme qui s’attaqueraient au chômage élevé et à la faiblesse de la croissance. Un tel programme devrait viser à accroître la demande de main-d’oeuvre non qualifiée et à améliorer la compétitivité globale de l’industrie sud-africaine. L’importance de la libéralisation plus poussée du commerce en vue d’améliorer l’efficience et la croissance économiques a été soulignée dans ce contexte. La politique monétaire devrait viser avant tout à conserver la maîtrise de l’inflation, tandis que la politique de change aurait pour tâche d’appuyer la libéralisation du commerce, et que la politique des finances publiques devait être de nature à renforcer l’épargne intérieure.

Après la discussion du Conseil, en juin 1996, le Ministre des finances a présenté la stratégie élaborée par les autorités en matière de croissance, d’emploi et de redistribution, dans le but de relever la croissance économique et l’emploi à moyen terme. Le programme comprenait des engagements en faveur de l’accélération du rééquilibrage des finances publiques et de réformes des changes, qui ont été pleinement reflétés dans le budget pour 1997/98, ainsi que dans les nouvelles mesures de réforme structurelle. Au début de 1997, le rand s’est apprécié, ce qui traduisait un regain de confiance dans la politique économique et un raffermissement du solde des transactions courantes.

Algérie

Le Conseil d’administration a achevé les consultations au titre de l’article IV avec l’Algérie en juin 1996 et a procédé à la deuxième revue dans le cadre de l’accord élargi en faveur de l’Algérie. En 1995, la croissance du PIB réel a été estimée à 4,3 % — après deux années de fléchissement — grâce à une forte expansion tirée par les exportations dans le secteur des hydrocarbures, à un rebond de la production agricole et à une reprise dans les secteurs de la construction et des services (tableau 19). L’inflation, en glissement annuel, est descendue de 39 % fin 1994 à 22 % fin 1995. Le chômage est demeuré élevé.

Tableau 19Algérie: indicateurs économiques

(Données disponibles lors de la réunion du Conseil en juin 1996)1

199219931994199519962
En pourcentage
Économie intérieure
Variation du PIB réel1,6‒2,2‒1,14,34,0
Taux de chômage21,323,224,424,828,0
Variation des prix à la consommation (fin de période)28,016,138,621,915,1
Milliards de dollars1
Secteur extérieur
Exportations, f.à.b.11,510,48,910,312,6
Importations, f.à.b.8,38,09,210,29,6
Solde des transactions courantes1,30,8‒1,8‒2,30,2
Investissements directs0,00,00,00,00,2
Solde du compte de capital‒1,2‒0,8‒2,5‒3,9‒2,8
Réserves officielles brutes (fin de période)1,51,52,62,13,7
Solde des transactions courantes (en pourcentage du PIB)2,81,6‒4,3‒5,60,3
Dette extérieure (en pourcentage du PIB)52,053,070,378,472,4
Service de la dette (en pourcentage des exportations de biens et services)78,382,248,743,832,7
Variation du taux de change effectif réel (en pourcentage)27,014,2‒28,7‒6,05,0
En pourcentage du PIB1
Variables financières
Solde des opérations des administrations publiques‒1,2‒8,7‒4,4‒1,42,6
Épargne nationale brute31,230,827,426,528,3
Investissement national brut28,429,231,832,028,0
Variation de la masse monétaire au sens large (en pourcentage)23,921,515,410,515,0
Taux des pensions (en pourcentage)17,017,021,023,020,0

Sauf indication contraire.

Estimations des services du FMI.

Sauf indication contraire.

Estimations des services du FMI.

Le déficit budgétaire a été ramené de 4,4 % du PIB en 1994 à 1,4 % en 1995. Le ratio des recettes au PIB a augmenté, principalement en raison d’une hausse des recettes tirées des hydrocarbures. Au volet des dépenses, les paiements d’intérêts ont dépassé les objectifs fixés, mais le programme budgétaire est demeuré sur la bonne voie, car les autorités ont comprimé les dépenses courantes et ont limité les augmentations salariales. En conséquence, les salaires dans la fonction publique ont diminué sensiblement en termes réels.

L’ajustement budgétaire a renforcé l’action d’une politique monétaire restrictive, la demande de monnaie au sens large ayant continué de s’accroître à un rythme inférieur à celui du PIB nominal. Le crédit à l’économie a progressé de 85 % en 1995; une augmentation du crédit aux organismes chargés de l’importation des produits alimentaires et à la compagnie de chemins de fer a été compensée en partie par une nette contraction du crédit à l’État ainsi que par une augmentation des provisions et de la recapitalisation des banques. Les taux d’intérêt réels sont devenus positifs à la fin de 1995.

Malgré la contraction de la demande et une dépréciation marquée, en termes réels, du dinar algérien en 1994, le déficit extérieur courant a augmenté de 1,3 point, pour atteindre 5,6 % du PIB en 1995. Les importations ont progressé à la suite de la libéralisation des échanges et de la hausse du prix des céréales. Cependant, la balance des paiements s’est renforcée sensiblement au premier semestre de 1996, car la balance commerciale a réagi vigoureusement à la dépréciation du dinar et a plus que compensé le tarissement des entrées de capitaux à court terme sous la forme de crédits-fournisseurs dans l’attente de l’accord de rééchelonnement de la dette qui était prévu, et les réserves de change ont augmenté.

En ce qui concerne la réforme du secteur financier, l’introduction d’adjudications de prises en pensions régulières sur le marché monétaire en mai 1995 a été suivie par l’instauration d’un système formel d’adjudication par lequel des bons du Trésor négociables sont mis en vente sur le marché monétaire, de manière à permettre à la banque centrale de procéder à des opérations d’open market. Dans le secteur des entreprises publiques, les entreprises ont été soumises à des contraintes budgétaires rigoureuses et relevées de leurs fonctions quasi budgétaires dans la perspective de leur privatisation. En outre, 84 entreprises publiques locales ont été liquidées et un certain nombre d’entreprises publiques du secteur du bâtiment ont fusionné ou ont été dissoutes. Les autorités ont aussi entrepris de s’attaquer aux difficultés financières du programme de logement public et de maintenir le rythme de la construction de logements.

Les administrateurs ont félicité les autorités d’avoir mis en oeuvre avec courage et abnégation le rigoureux programme d’ajustement et de réforme malgré les circonstances politiques et extérieures difficiles. La stabilisation de l’économie a beaucoup progressé, avec pour conséquence un recul notable de l’inflation et un redressement de la croissance et du revenu par habitant; l’établissement de mécanismes de marché, la restruc turation du secteur public et la libéralisation substantielle du régime de commerce ont aussi bien avancé.

Les administrateurs ont donc estimé que l’Algérie était maintenant davantage en mesure de réaliser les objectifs fondamentaux du programme: stabilisation macroéconomique, ouverture de l’économie sur l’extérieur et croissance tirée par le secteur privé. Étant donné le chômage élevé et le grave problème de logement, les administrateurs ont appelé les autorités à redoubler d’efforts pour obtenir l’appui de la population au programme et ils ont déclaré leur soutien à la poursuite des réformes politiques en cours. La sécurité et la stabilité politique sont essentielles afin d’obtenir l’investissement étranger et les transferts de technologie nécessaires pour le développement du secteur privé, qui est lui-même crucial en vue de maintenir une croissance suffisamment élevée pour absorber l’accroissement de la population active et réduire le chômage.

Les administrateurs ont souligné qu’il importe de consolider la stabilisation macroéconomique en ramenant l’inflation sous la barre des 10 % en 1997. Il est essentiel à cet effet de continuer de mettre en oeuvre une politique de revenus rigoureuse. La plupart des administrateurs estimaient qu’un léger excédent budgétaire était nécessaire en 1996 et ont recommandé d’utiliser les recettes pétrolières pour réduire la dette publique et pour satisfaire les besoins d’infrastructure et de protection sociale. Les administrateurs ont félicité les autorités d’avoir éliminé les déficits quasi budgétaires et décidé d’inscrire au budget la totalité des dépenses publiques consacrées au logement à compter de 1996. Ils ont souligné aussi qu’il importe de renforcer le suivi et la maîtrise des dépenses, de modérer les salaires, de réduire les subventions et d’améliorer l’administration fiscale. De nombreux administrateurs ont mis en garde contre un assouplissement prématuré de la politique monétaire et de la politique de taux d’intérêt, et ils ont souligné qu’il convient de maintenir des taux d’intérêt positifs en termes réels. Les administrateurs ont noté avec satisfaction que le taux de change était déterminé sur un marché interbancaire actif et ils ont recommandé qu’il continue d’être fixé de manière souple.

Les administrateurs ont estimé que le projet de réforme du secteur du logement permettra de renforcer ce secteur vital. Ils ont préconisé le développement accéléré d’un marché du logement privé, notant que l’augmentation des constructions de logements aiderait à absorber l’excès de main-d’oeuvre. Les administrateurs ont aussi recommandé vivement aux autorités de progresser résolument sur la voie de la privatisation afin de démontrer le prix qu’elles attachent à l’établissement d’une économie de marché. À cet égard, certains administrateurs ont noté avec inquiétude que l’Etat avait décidé de prendre en charge temporairement les paiements de salaires de plusieurs entreprises insolvables. En outre, les administrateurs ont préconisé l’établissement d’un cadre juridique plus efficace.

Bien que les perspectives à moyen terme de la balance des paiements de l’Algérie soient encourageantes, les administrateurs ont observé qu’étant donné la vulnérabilité de la position extérieure face aux chocs extérieurs, il était nécessaire d’aller rapidement de l’avant en matière de réforme structurelle et de diversification de la production. En outre, la charge élevée du service de la dette à moyen terme exige une gestion prudente de la dette extérieure. De l’avis général, les efforts exemplaires d’ajustement et de réforme accomplis par l’Algérie méritent de bénéficier de l’appui durable de la communauté financière internationale.

Bangladesh

Le Conseil d’administration a achevé les consultations au titre de l’article IV avec le Bangladesh en août 1996 après l’entrée en fonction d’un nouveau gouvernement, qui avait été élu en juin 1996. L’érosion de la stabilité macroéconomique pendant la période d’incertitude politique qui avait précédé a servi à démontrer les insuffisances des institutions responsables de la gestion économique au Bangladesh.

D’après les estimations, le PIB réel a progressé de 5½ % environ en 1995/96, principalement sous l’effet du redressement de la production agricole. Les résultats des secteurs des mines et des carrières ont été satisfaisants, de même que ceux des secteurs des transports, du commerce et du logement. Par contre, la croissance dans le secteur industriel et dans les secteurs de l’électricité et du bâtiment a été inférieure au niveau observé en 1994/95. L’inflation a ralenti quelque peu en 1995/96, mais est demeurée supérieure à 6 %, sur la base d’un nouvel indice national fondé sur des coefficients de pondération actualisés (1985-86). Les importations de céréales vivrières ont beaucoup augmenté et le déficit extérieur courant est passé de 3,3 % du PIB en 1994/95 à 4,8 % du PIB en 1995/96 (tableau 20).

Tableau 20Bangladesh: indicateurs économiques1

(Données disponibles lors de la réunion du Conseil en août 1996)2

1996
199319941995Projections lor de la réunion du ConseilRésultats3
En pourcentage
Économie intérieure
Variation du PIB réel45,04,54,94,95,6
Variation des prix à la consommation (moyennes sur la période)52,53,78,96,7
Milliards de dollars2
Secteur extérieur
Exportations, f.à.b.2,42,53,53,93,9
Importations, c.a.f.4,14,25,86,86,9
Solde des transactions courantes‒0,6‒0,4‒1,0‒1,6‒1,6
Solde du compte de capital1,31,31,20,60,6
Réserves officielles brutes2,12,83,12,02,0
Solde des transactions courantes (en pourcentage du PIB)‒2,6‒1,5‒3,3‒4,8‒4,7
Dette extérieure (en pourcentage du PIB)47,955,351,549,744,0
Service de la dette (en pourcentage des exportations de biens et services)12,011,49,710,79,4
Variation du taux de change effectif réel (en pourcentage)‒3,3‒2,0‒4,61,91,9
En pourcentage du PIB2
Variables financières
Solde des opérations de l’administration centrale‒5,4‒5,5‒6,4‒5,7‒5,3
Épargne nationale brute10,612,912,310,311,0
Investissement fixe brut13,214,315,615,115,7
Variation de la masse monétaire au sens large (en pourcentage)11,414,516,08,28,2
Taux de la banque du Bangladesh (en pourcentage; fin de période)6,55,55,56,56,5

Les données se rapportent à l’exercice budgétaire qui se termine en juin.

Sauf indication contraire.

Estimations actualisées des services du FMI.

Estimations des services du FMI effectuées à partir d’une nouvelle année de référence (1989/90), pour l’établissement des comptes nationaux; les données oficielles, qui son fondées sur les coefficients de pondération de 1984/85, donnent des estimations légèrement moins élevées du PIB.

Fondées sur le nouvel indice national mis à jour en 1985/86.

Les données se rapportent à l’exercice budgétaire qui se termine en juin.

Sauf indication contraire.

Estimations actualisées des services du FMI.

Estimations des services du FMI effectuées à partir d’une nouvelle année de référence (1989/90), pour l’établissement des comptes nationaux; les données oficielles, qui son fondées sur les coefficients de pondération de 1984/85, donnent des estimations légèrement moins élevées du PIB.

Fondées sur le nouvel indice national mis à jour en 1985/86.

Les pressions sur le budget se sont accrues en 1995/96 et la politique budgétaire s’est affaiblie sur des points importants. Bien que la diminution des dépenses de développement ait aidé à réduire le déficit budgétaire en deçà des projections initiales, la charge du financement intérieur pesant sur le système bancaire a été deux fois plus élevée que l’objectif initial du budget. Les projets financés sur ressources locales ont constitué une part beaucoup plus importante des dépenses de développement et la composition des dépenses courantes a varié aussi, en raison des dépenses électorales, des secours après les inondations et d’une augmentation des paiements d’intérêts qui n’avait pas été budgétisée. Afin d’éviter un relèvement des taux d’intérêt directeurs, la banque centrale a satisfait les besoins accrus de financement intérieur en absorbant les bons du Trésor invendus.

La politique monétaire est demeurée souple, avec une sensible augmentation du crédit intérieur net qui a augmenté de 22,8 %, contre 16,5 % l’année précédente. Cependant, comme les avoirs extérieurs nets ont sensiblement diminué, la croissance de la masse monétaire au sens large a ralenti à 8,2 %, contre 16 % l’année précédente. Le taux de change effectif réel s’est apprécié légèrement pendant 1995/96. Afin de freiner cette appréciation, les autorités ont dévalué le taka vis-à-vis du dollar plusieurs fois au cours de 1995/96.

Les administrateurs ont noté avec intérêt que le nouveau gouvernement avait maintenant l’occasion d’adopter des mesures plus énergiques. Ils ont encouragé vivement les autorités à revoir fondamentalement le rôle de l’État et à réformer le secteur financier.

Les administrateurs ont estimé que le renforcement de la politique budgétaire constituait l’élément central de l’effort d’ajustement. Ils ont souligné que le gouvernement devait résister aux pressions à la hausse des salaires dans le secteur public, comprimer en temps voulu les dépenses non prioritaires financées sur des ressources intérieures et être prêt à mettre en oeuvre des mesures supplémentaires. Étant donné le faible ratio recettes publiques/PIB, les administrateurs ont recommandé que les autorités réforment vigoureusement l’administration fiscale, élargissent l’assiette de l’impôt et éliminent les exonérations fiscales.

Les administrateurs ont souligné qu’il importe de freiner la croissance du crédit intérieur en limitant l’expansion des emprunts de l’État auprès des banques, ainsi qu’en réduisant les prêts de la banque centrale aux banques et aux institutions spécialisées. Ils ont signalé qu’il convient d’accroître l’indépendance et l’efficacité de la banque centrale. Ils ont aussi fait état de la nécessité d’assouplir davantage les taux d’intérêt, notant que les autorités doivent être prêtes à resserrer leurs objectifs monétaires pour 1996/97 afin de réduire l’inflation comme souhaité et de renforcer la position des réserves de change.

De manière générale, les administrateurs ont encouragé les autorités non seulement à donner un tour plus rigoureux à la politique financière, mais aussi à adopter un régime de change davantage fondé sur les mécanismes du marché, ce qui aiderait à éviter une nouvelle baisse des réserves et à conduire la politique monétaire sans avoir recours aux contrôles administratifs des importations.

Les administrateurs ont observé que les retards persistants dans la mise en oeuvre des réformes structurelles constituaient une raison importante des médiocres résultats de l’économie au cours des dernières années. Ils estiment qu’il faut accorder la priorité absolue à la réforme du secteur financier et des entreprises publiques, dont les problèmes sont étroitement liés. Ils ont salué les améliorations en cours du contrôle bancaire, mais ils ont engagé vivement les autorités à accélérer la mise en oeuvre des projets de restructuration du système bancaire. Prenant note des pertes élevées des entreprises publiques, les administrateurs ont recommandé vivement aux autorités d’élaborer rapidement un vaste programme de réforme et de privatisation. La démonstration, résultats à l’appui, de sa capacité à mettre en oeuvre des réformes fondamentales et soutenues aiderait le Bangladesh à mobiliser l’assistance extérieure dont il a besoin.

Bénin

Le Conseil d’administration a achevé les consultations au titre de l’article IV avec le Bénin en août 1996 et a approuvé une demande de nouvel accord au titre de la FASR (chapitre 6). Les entretiens se sont déroulés sur le fond des résultats économiques satisfaisants, que le Bénin continue d’enregistrer et qui s’expliquent par l’ajustement opéré dans les années 80, la dévaluation du franc CFA en janvier 1994 et l’amélioration des termes de l’échange.

La croissance du PIB réel était estimée à près de 5 % en 1995, tandis que le taux d’inflation a baissé et que la situation des finances publiques a continué de s’améliorer (tableau 21). Le Bénin a respecté tous les critères de réalisation au titre de la FASR pour la fin de septembre 1995, mais les repères relatifs au crédit net à l’État et aux avoirs intérieurs nets de la banque centrale retenus pour la fin de décembre n’ont pas été observés.

Tableau 21Bénin: indicateurs économiques(Données disponibles lors de la réunion du Conseil en août 1996)
1993199411995119961
En pourcentage
Économie intérieure
Variation du PIB réel3,24,34,85,5
Variation des prix à la consommation (fin de période)4,154,33,16,7
Millions de dollars2
Secteur extérieur
Exportations111,7174,5234,9289,3
Importations369,2277,1435,8458,8
Solde des transactions courantes3‒158,6‒76,5‒177,7‒163,6
Solde du compte de capital‒33,7‒20,710,348,1
Réserves officielles brutes174,6173,7128,5164,8
Solde des transactions courantes (en pourcentage du PIB)3‒7,5‒5,0‒8,6‒7,3
Dette extérieure (en pourcentage du PIB)72,486,482,079,6
Service de la dette (en pourcentage des exportations de biens et services non facteurs)418,619,717,515,1
Variation du taux de change effectif réel (en pourcentage)‒0,2‒35,87,5
En pourcentage du PIB2
Variables financières
Solde des opérations des administrations publiques‒4,7‒6,9‒7,0‒6,6
Épargne nationale brute49,612,811,712,6
Investissement national brut14,915,819,017,8
Variation de la masse monétaire au sens large (en pourcentage)5,941,216,114,0
Taux d’intérêt (en pourcentage)57,55,56,05,5

Estimations des services du FMI.

Sauf indication contraire.

Dons officiels non compris.

Y compris les dons officiels courants, mais non compris les dons au titre des projets.

Taux mensuel moyen du marché monétaire, fin de période.

Estimations des services du FMI.

Sauf indication contraire.

Dons officiels non compris.

Y compris les dons officiels courants, mais non compris les dons au titre des projets.

Taux mensuel moyen du marché monétaire, fin de période.

L’investissement a progressé, pour atteindre 19 % du PIB en 1995, contre 15,8 % en 1994, en partie grâce à la vigueur de l’activité dans le bâtiment et à l’augmentation de l’investissement privé dans le secteur du coton, et en partie grâce aux projets publics d’infrastructure entrepris à l’occasion du sommet des pays francophones. L’amélioration des termes de l’échange du Bénin a accru les revenus et dopé la consommation privée de 10 % environ. La forte expansion de l’investissement n’a pas été accompagnée d’une augmentation équivalente de l’épargne et le déficit extérieur courant est passé à 8,6 % en 1995. Les importations ont progressé de 38 % en raison de la croissance robuste de la demande intérieure, tandis que les exportations de biens sont demeurées pratiquement inchangées en raison d’une récolte de coton décevante.

L’évolution budgétaire a été généralement favorable en 1995, le Bénin ayant atteint avec une certaine marge ses principaux objectifs, dont l’excédent primaire au sens étroit et le ratio recettes publiques/PIB. Le déficit budgétaire global a été limité à 7 % environ du PIB, soit un peu moins que prévu. Par contre, les dépenses primaires ont dépassé le niveau programmé, en partie à cause de dépenses imprévues dans les infrastructures, qui ont été compensées en partie par des dépenses de santé et d’éducation moins élevées que prévu. Le crédit net à l’État a aussi dépassé le niveau programmé, mais on s’attendait à ce que la situation s’inverse au deuxième semestre de 1996. Tandis que les avoirs intérieurs nets du système bancaire ont augmenté, ses avoirs extérieurs nets ont progressé moins que prévu.

Les autorités ont continué de renforcer le secteur privé à l’aide des privatisations, des restructurations et de la libéralisation des prix.

Les contrôles des prix ont été abolis pour sept produits début 1995, de sorte que les prix de cinq produits seulement restent soumis à l’approbation des pouvoirs publics.

Les administrateurs ont noté que les résultats macroéconomiques du Bénin s’étaient considérablement améliorés au cours des dernières années, avec une croissance robuste et une baisse de l’inflation, et ce à la suite de la mise en oeuvre de programmes d’ajustement successifs. Cependant, ils ont observé que l’économie n’était pas suffisamment diversifiée et que l’action des pouvoirs publics devait être renforcée afin d’accroître l’épargne nationale, d’attirer l’investissement direct étranger et d’encourager l’initiative privée.

En matière de finances publiques, les administrateurs ont recommandé aux autorités de redoubler d’efforts afin de réduire le recours aux ressources extérieures et de favoriser l’augmentation de l’épargne intérieure. Ils ont aussi souligné la nécessité d’augmenter les crédits budgétaires pour l’éducation, la santé et les autres secteurs sociaux. Ils ont salué la décision d’alléger la pression fiscale sur le secteur du coton grâce au relèvement des prix à la production, mais ils ont préconisé l’adoption de mesures compensatoires de mobilisation de recettes. Les administrateurs ont noté avec intérêt plusieurs courants au Bénin qui favoriseront une affectation plus efficiente des ressources financières dans la région: l’élargissement de la gamme des instruments financiers, la création d’un marché financier régional et le développement du marché interbancaire régional.

Les administrateurs ont souligné la nécessité de développer le rôle du secteur privé et ont encouragé les autorités à persévérer dans les privatisations afin de stimuler une croissance tirée par le secteur privé. Ils prennent note de la récente augmentation substantielle de la production de coton, mais ils ont recommandé de réduire le rôle de l’État dans ce secteur.

Les administrateurs ont jugé que les efforts d’ajustement du Bénin méritaient de continuer à être appuyés par la communauté financière internationale. L’endettement extérieur est élevé, mais les opérations de réduction du stock de la dette sollicitées par les autorités devraient améliorer les indicateurs de la dette dans les prochaines années. Néanmoins, l’économie demeurera vulnérable aux chocs extérieurs. Afin de réaliser une croissance largement diversifiée et la viabilité de la dette extérieure à terme, le Bénin doit donc mettre en oeuvre une politique macroéconomique bien conçue et des réformes structurelles, avec l’appui d’une gestion prudente de la dette et de concours appropriés assortis de conditions concessionnelles.

Cambodge

Le Conseil d’administration a achevé les consultations au titre de l’article IV avec le Cambodge en février 1997. La croissance du PIB réel a rebondi à 7½ % en 1995 (tableau 22), dopée par une récolte de riz record et par la vigueur de l’activité dans le bâtiment, le tourisme et l’habillement, et devait, selon les projections, se situer à 6 % environ en 1996, le modeste ralentissement s’expliquant par l’effet négatif des récentes inondations sur la production de riz. L’inflation est tombée sous la barre des 10 % en 1995 et pendant les neuf premiers mois de 1996 (contre plus de 100 % en 1993).

Tableau 22Cambodge: indicateurs économiques(Données disponibles lors de la réunion du Conseil en février 1997)
199319941995119962
En pourcentage
Économie intérieure
Variation du PIB réel4,14,07,66,0
Variation des prix à la consommation (fin de période)31,026,10,110,0
Millions de dollars3
Secteur extérieur
Exportations, f.à.b.4102234269305
Importations, f.à.b.‒305‒509‒650‒700
Solde des transactions courantes5‒189‒329‒469‒430
Investissements directs080151171
Solde du compte de capital75136206195
Réserves officielles brutes71100182217
Solde des transactions courantes (en pourcentage du PIB)‒9,4‒13,7‒16,0‒13,9
Dette extérieure (en pourcentage du PIB)620201921
Service de la dette (en pourcentage des exportations de biens et services)0,43,21,33,7
Variation du taux de change effectif réel (variation annuelle en pourcentage; fin de période)‒10,18,7‒0,2‒10,67
En pourcentage du PIB3
Variables financières
Solde des opérations des administrations publiques (base caisse)‒5,6‒6,8‒7,7‒7,0
Épargne nationale brute4,74,85,65,8
Investissement national brut14,118,521,619,7
Variation de la masse monétaire au sens large (fin de période; en pourcentage)840,029,444,333,0

Estimations des services du FMI.

Projections des services du FMI.

Sauf indication contraire.

Non compris les réexportations.

Non compris les transferts officiels.

Non compris la dette envers les pays de l’ancien Conseil d’assistance économique mutuelle, dont le montant s’élève, d’après les estimations, à 40 millions de roubles, mais pour laquelle on ne dispose pas d’évaluation en dollars.

Octobre.

Y compris les dépôts en devises.

Estimations des services du FMI.

Projections des services du FMI.

Sauf indication contraire.

Non compris les réexportations.

Non compris les transferts officiels.

Non compris la dette envers les pays de l’ancien Conseil d’assistance économique mutuelle, dont le montant s’élève, d’après les estimations, à 40 millions de roubles, mais pour laquelle on ne dispose pas d’évaluation en dollars.

Octobre.

Y compris les dépôts en devises.

La politique budgétaire est demeurée la pierre angulaire de la stabilité macroéconomique. La discipline budgétaire a été maintenue en 1996 malgré un manque à percevoir (dû aux exonérations fiscales et aux difficultés persistantes posées par la réintégration des recettes extrabudgétaires dans le budget) et des dépenses de fonctionnement plus élevées que prévu au titre de la sécurité nationale et de la défense. Cependant, les dépenses civiles non salariales, en particulier celles consacrées à la santé et à l’éducation, ont été comprimées au-dessous des niveaux inscrits au budget. Selon les projections, le déficit global devait s’élever à 7 % environ du PIB en 1996 et être intégralement financé par l’aide officielle.

L’évolution monétaire a été caractérisée par le fait que la circulation fiduciaire des devises a été délaissée au profit des dépôts en monnaie nationale et en devises. Cette composition des portefeuilles a entraîné une accélération de la croissance de la masse monétaire au sens large mesurée (comprenant les dépôts en devises), qui est passée à 44 % en 1995. Avec le ralentissement de la croissance de la masse de riels en circulation, l’expansion monétaire a ralenti au deuxième semestre de 1996, les projections donnant un taux de progression de 30 % à la fin de l’année.

En 1996, la balance des paiements a bénéficié d’apports élevés de fonds publics et d’un accroissement de l’investissement direct étranger, et l’on s’attendait à un déficit extérieur courant ramené à 14 % du PIB, la balance globale affichant un léger excédent. Les réserves de change ont augmenté, pour atteindre un peu plus de deux mois d’importations, et le taux de change est demeuré pratiquement stable, contrairement aux dernières années.

Des progrès ont été accomplis dans des domaines clés sur le plan structurel, bien que le rythme d’exécution des réformes ait été plus lent que prévu. Parmi les mesures prises figurent l’adoption d’un nouveau cadre institutionnel pour les quelques entreprises qui demeureront dans le secteur public et pour la privatisation des autres entreprises publiques, la promulgation d’une nouvelle loi sur la banque centrale et quelques mesures concernant la réforme de l’armée. Mais les progrès ont été limités en ce qui concerne la mise au point d’un système de suivi pour l’investissement direct étranger et les exonérations fiscales correspondantes, et la réforme de la fonction publique a été retardée en raison des recrutements massifs visant à faciliter l’intégration politique.

Les administrateurs ont salué les progrès considérables accomplis par le Cambodge en matière de redressement économique au cours des trois dernières années, prenant note des bons résultats macroéconomiques: croissance robuste, inflation modérée et amélioration sensible de la position extérieure. Cependant, pour réaliser des progrès soutenus dans la transition vers une économie de marché, il convient de s’attaquer aux faiblesses fondamentales de l’économie. Les administrateurs ont aussi préconisé l’accélération des réformes structurelles, en particulier dans les domaines budgétaire et financier, et l’application d’une politique transparente de gestion des ressources, en particulier dans le secteur forestier.

Les administrateurs ont souligné qu’il est absolument essentiel de maintenir la discipline budgétaire si les autorités souhaitent consolider la stabilité macroéconomique. Les recettes représentent actuellement un très faible pourcentage du PIB et il convient de les accroître sensiblement en renforçant l’administration fiscale, en éliminant les exonérations fiscales spéciales, en donnant corps aux mesures de réforme fiscale prévues afin d’élargir l’assiette de l’impôt intérieur et en appliquant rigoureusement les dispositions législatives qui visent à accroître la transparence budgétaire et à renforcer le contrôle financier de l’utilisation et du transfert des actifs publics. Les administrateurs ont aussi engagé vivement les autorités à mettre en oeuvre la réforme de la fonction publique et à freiner les dépenses militaires afin de se donner les moyens d’accroître les dépenses sociales et les investissements dans la mise en valeur des ressources humaines.

Les administrateurs ont encouragé les autorités à continuer d’éviter de financer le déficit budgétaire par les concours bancaires; cette démarche a été essentielle pour maintenir l’inflation à un faible niveau, dans le système financier cambodgien fortement dollarisé et surtout fondé sur les règlements en numéraire. La persistance de la stabilité financière est capitale pour mettre fin à la substitution des devises à la monnaie nationale et établir un système viable d’intermédiation financière en riel. Les administrateurs ont souligné l’urgente nécessité que la Banque nationale renforce sa capacité de surveillance au moyen d’inspections sur place des banques commerciales. S’agissant de la politique de change, le système de détermination des taux par le marché a bien servi le Cambodge.

Les administrateurs ont considéré que la réforme des institutions publiques et la gestion plus transparente et responsable des ressources publiques sont au nombre des mesures structurelles les plus urgentes. Ils ont exhorté les autorités à appliquer des procédures transparentes et efficaces dans la gestion des ressources forestières. Il s’agit d’un domaine où les autorités doivent démontrer qu’elles peuvent respecter leurs engagements et rétablir la crédibilité de leur programme de réforme économique. Ces mesures sont cruciales pour préserver la confiance du secteur privé et le soutien de la communauté internationale.

Les administrateurs ont noté que les perspectives de balance des paiements du Cambodge continueront de dépendre d’un financement extérieur considérable, de sources officielles et privées, indispensable pour répondre aux énormes besoins d’infrastructure du pays et reconstruire son appareil de production.

Cameroun

Le Conseil d’administration a conclu les consultations au titre de l’article IV avec le Cameroun en octobre 1996. Le pays se remettait alors d’un déclin économique prolongé, qui avait commencé à s’inverser en 1994, à la suite de la dévaluation du franc CFA au mois de janvier. En 1995/96, le PIB réel a progressé de 5 %, surtout sous l’effet d’une vive expansion de l’agriculture et de l’industrie manufacturière. La production de café, de cacao et de coton a augmenté, malgré la baisse des cours mondiaux. Selon les estimations, le PIB réel non pétrolier a progressé de quelque 6 %, grâce au dynamisme de l’activité exportatrice et à la reprise de la demande intérieure. Les finances publiques se sont aussi redressées considérablement. Entre 1993/94 et 1995/96, le ratio recettes totales/PIB a augmenté de 4 points, les dépenses totales ont été réduites de 2 points et le solde budgétaire primaire est passé d’un déficit de 1½ % du PIB à un excédent de plus de 5 % du PIB. La hausse des prix à la consommation s’est ralentie, tombant à 4½ % du PIB au cours de l’année close en juin 1996, contre à 13½ % l’année précédente (tableau 23).

Tableau 23Cameroun: indicateurs économiques1(Donnés disponibles lors de la réunion du Conseil en octobre 1996)
1992/931993/9421994/9521995/963
En pourcentage
Économie intérieure
Variation du PIB réel‒3,2‒2,53,35,0
Variation des prix à la consommation (fin de période)‒4,133,813,44,4
Millions de dollars1
Secteur extérieur
Exportations1.651,71.433,31.662,21.755,2
Importations1.020,71.016,71.074,61.192,0
Solde des transactions courantes‒620,1‒337,0‒170,0‒226,7
Investissements directs134,0102,288,691,9
Solde du compte de capital‒286,1‒266,4‒661,7‒167,2
Réserves officielles brutes45,113,512,713,7
Solde des transactions courantes (en pourcentage du PIB)‒5,2‒4,3‒2,1‒2,5
Dette extérieure (en pourcentage du PIB)70,8122,7116,2104,3
Service de la dette (en pourcentage des exportations de biens et services)42,555,060,954,5
Variation du taux de change effectif réel (en pourcentage)4‒2,6‒24,7‒13,66,6
En pourcentage du PIB1
Variables financières
Solde des opérations des administrations publiques‒6,8‒9,2‒4,9‒2,8
Épargne nationale brute11,311,012,413,5
Investissement national brut16,615,314,516,0
Variation de la masse monétaire au sens large (en pourcentage)‒10,317,76,1‒5,1
Taux d’intérêt (en pourcentage)11,512,58,88,0

Les données se rapportent à l’exercice budgétaire (1er juillet—30 juin).

Estimations.

Estimations actualisées des services du FMI.

Sauf indication contraire.

Les données se rapportent à l’exercice budgétaire (1er juillet—30 juin).

Estimations.

Estimations actualisées des services du FMI.

Sauf indication contraire.

Après la dévaluation du franc CFA, la compétitivité extérieure s’est améliorée au début de 1994, ce qui a entraîné une forte reprise dans le secteur des biens échangeables. Grâce à ce redressement, les importations de produits intermédiaires et de biens d’équipement ont vivement redémarré en 1995/96, ce qui provoqué une légère dégradation de l’excédent commercial. Le déficit des transactions courantes s’est élargi, atteignant 2½ % du PIB contre 2 % en 1994/95, tandis que le déficit du compte de capital s’est amenuisé du fait de la baisse des paiements au titre de l’amortissement de la dette officielle et de la reprise des entrées de capitaux privés. Le déficit de la balance des paiements globale a diminué de 7 % du PIB en 1995/96.

Malgré des conditions économiques relativement favorables et un bon départ, le programme d’ajustement économique du gouvernement pour 1995/96, soutenu par un accord de confirmation du FMI approuvé en 1995, est sorti de la voie tracée vers la fin de cette année. La situation des finances publiques s’est améliorée en 1995/96, avec un recul du déficit global et un accroissement de l’excédent primaire, mais pas dans les proportions envisagées dans le programme. En outre, le recouvrement des recettes a été inférieur et les dépenses supérieures aux prévisions. Un certain nombre de réformes structurelles prévues en 1995/96 ont été différées ou appliquées de façon partielle, notamment les réformes de la fonction publique et de l’administration, le désengagement des entreprises publiques, la restructuration du secteur bancaire et la titrisation des arriérés intérieurs. Bien que les autorités aient réduit de 309 milliards de francs CFA les arriérés extérieurs envers les créanciers officiels, ces arriérés n’ont pas été complètement apurés parce que le solde primaire a été inférieur aux prévisions, tandis qu’il y a eu une accumulation imprévue de dépôts des administrations publiques auprès du système bancaire et que l’aide-programme extérieure a été moins abondante que prévu.

Sur le plan monétaire, l’exercice 1995/96 a été marqué par un affaiblissement apparent de la demande de monnaie, une légère dégradation de la position extérieure nette du système bancaire et une reprise du crédit au secteur privé. La masse monétaire au sens large comptabilisée s’est contractée de 5 %, ce qui implique une augmentation de la vitesse-revenu de la monnaie, attribuable aux problèmes du système bancaire intérieur.

Les administrateurs ont pris note de l’affermissement de la reprise économique au Cameroun en 1995/96, qui s’est accompagné d’une baisse sensible de l’inflation et d’un redressement de la balance des paiements. Ils ont toutefois regretté que les dérapages intervenus dans l’application de la politique de finances publiques et les retards pris dans les réformes structurelles essentielles aient conduit à l’accumulation de nouveaux arriérés extérieurs, qui a nui à la crédibilité du programme économique. Les administrateurs ont exhorté les autorités à renforcer promptement l’application des politiques budgétaire et structurelle pour faciliter les discussions sur un programme susceptible d’être soutenu par un accord au titre de la FASR. Des mesures rapides contribueraient aussi à consolider les gains de la dévaluation du franc CFA et à permettre au Cameroun de réaliser son plein potentiel de croissance.

Tout en reconnaissant que le Cameroun a accompli des progrès dans le redressement des finances publiques, les administrateurs ont exprimé des préoccupations au sujet des moins-perçus et des dépassements de dépenses, et ont exhorté les autorités à renforcer les résultats budgétaires et à appliquer promptement les mesures prévues dans le budget du gouvernement pour 1996/97. Ils ont en particulier vivement engagé les autorités à améliorer l’administration des impôts, réduire la fraude fiscale, éliminer les lacunes fiscales et mieux maîtriser les dépenses, qui doivent faire l’objet d’un suivi rigoureux et être sériées par ordre de priorité. Les administrateurs ont aussi noté que le Cameroun a progressé dans la libéralisation du régime de commerce et des marchés du travail. Ils se sont néanmoins déclarés préoccupés par les retards persistants dans la mise en oeuvre des autres réformes structurelles, concernant notamment le système financier et les entreprises publiques.

S’agissant de la charge de la dette camerounaise, les administrateurs ont constaté avec déception la nouvelle hausse récente des arriérés extérieurs et ont vivement engagé les autorités à les résorber, conformément aux conditions du dernier accord négocié avec les créanciers du Club de Paris. Ils ont fait valoir que la normalisation des relations avec les créanciers extérieurs est primordiale pour mobiliser de nouvelles ressources extérieures à l’appui de l’effort d’ajustement du pays. En conclusion, les administrateurs ont souligné qu’il importait d’atteindre tous les objectifs budgétaires et structurels du programme fixés pour le deuxième semestre de 1996, ce qui permettrait au Cameroun de regagner la confiance des donateurs et d’établir des antécédents crédibles en vue d’un éventuel accord au titre de la FASR.

Chili

Le Conseil a conclu les consultations au titre de l’article IV avec le Chili en août 1996. L’économie chilienne a maintenu sa solide performance en 1995. La production a augmenté à un rythme de 8,5 % et l’inflation a été ramenée à 8,2 %, contre 8,9 % en 1994. Le taux de chômage est descendu à 4,7 % à la fin de 1995, contre 5,9 % à la fin de 1994 (tableau 24). Les pressions de la demande intérieure se sont intensifiées pendant l’année et la dépense intérieure globale a augmenté de 13 %. La croissance du crédit au secteur privé a atteint 23 % en 1995, contre 20 % en 1994. Comme les cours du cuivre ont été exceptionnellement élevés et les dépenses budgétaires plus faibles que prévu, l’excédent du secteur public est passé à 2,8 % du PIB en 1995, contre 1,2 % en 1994.

Tableau 24Chili: indicateurs économiques

(Données disponibles lors de la réunion du Conseil en août 1996)1

1996
1993199419952Projections lors de la réunion du ConseilRésultats3
En pourcentage
Économie intérieure
Variation du PIB réel6,34,28,57,47,2
Taux de chômage4,76,05,4
Variation des prix à la consommation (fin de période)12,28,98,27,06,6
Milliards de dollars1
Secteur extérieur
Exportations, f.à.b.9,211,616,015,115,4
Importations, c.a.f.‒10,2‒10,9‒14,7‒16,416,5
Solde des transactions courantes‒2,1‒0,60,2‒2,7‒2,9
Investissements directs0,91,91,92,14,2
Investissements de portefeuille0,81,30,01,31,2
Solde du compte de capital2,74,61,23,75,0
Réserves officielles brutes9,713,214,214,814,9
Solde des transactions courantes (en pourcentage du PIB)‒4,5‒1,20,2‒3,8‒4,1
Dette extérieure (en pourcentage du PIB)42,041,232,434,536,3
Service de la dette (en pourcentage des exportations de biens et services)24,619,226,025,431,8
Variation du taux de change effectif réel (en pourcentage)4‒1,94,92,23,9
En pourcentage du PIB1
Variables financières
Solde des opérations des administrations publiques1,92,73,72,93,0
Épargne nationale brute24,225,627,623,923,6
Investissement intérieur brut28,826,827,427,727,7
Variation de la masse monétaire au sens large (en pourcentage)27,019,327,419,323,5
Taux d’intérêt (en pourcentage)56,56,46,17,3

Sauf indication contraire.

Données provisoires.

Estimations actualisées des services du FMI.

Sur la période de douze mois se terminant en décembre. Un signe négatif indique une dépréciation du peso chilien.

Taux annuel moyen des billets à ordre indexés de la Banque centrale à 90 jours.

Sauf indication contraire.

Données provisoires.

Estimations actualisées des services du FMI.

Sur la période de douze mois se terminant en décembre. Un signe négatif indique une dépréciation du peso chilien.

Taux annuel moyen des billets à ordre indexés de la Banque centrale à 90 jours.

Le compte des transactions courantes s’est rapproché de l’équilibre en 1995, alors qu’il accusait un déficit de 1,2 % du PIB en 1994, sous l’effet de la vive augmentation des prix des principaux produits d’exportation chiliens. En partie à cause du remboursement anticipé de la dette publique extérieure et de la réorientation des flux d’investissements de portefeuille qui s’est soldée par des sorties nettes, le montant total des entrées de capitaux est tombé au-dessous de 1 milliard de dollars en 1995, contre 3,8 milliards de dollars en 1994. Les réserves officielles se chiffraient à la fin de 1995 à 14,2 milliards de dollars, soit une hausse de 1,4 milliard de dollars. En termes effectifs réels, le peso chilien s’est apprécié de 2,2 %.

Les résultats du premier trimestre de 1996 ont été solides. La demande intérieure globale a progressé de 13 % et la production de 9 %, par rapport à la même période en 1995. L’excédent commercial s’est amenuisé à cause d’une baisse des prix à l’exportation, et les entrées de capitaux ont enregistré une vive reprise au premier semestre de 1996.

Les administrateurs ont félicité les autorités de leur gestion adroite de l’économie et vivement loué les remarquables résultats économiques obtenus ces dernières années: baisse du chômage, recul de l’inflation, épargne et investissement élevés, position extérieure solide et améliorations encourageantes des conditions sociales.

Bien que les perspectives à moyen terme restent favorables, les administrateurs ont estimé que l’enjeu le plus important pour le Chili consiste à ramener l’inflation au niveau de celle des pays industrialisés. Dans ce contexte, les administrateurs ont souligné que des mesures plus résolues pour réduire la portée de l’indexation aideraient à atteindre l’objectif d’inflation. La rigueur monétaire actuelle a été en général jugée adaptée par les administrateurs, étant donné la nécessité de ramener la demande privée à un niveau soutenable. Ils ont recommandé de conserver ce cap jusqu’à ce que des signes indiquent clairement une décrue de l’inflation conforme à l’objectif retenu par les autorités pour 1996.

Les administrateurs ont approuvé l’orientation de la politique de finances publiques pour 1996, qui a pris un tour plus vigoureux que ne le prévoyait le budget. Une telle orientation devrait contribuer à réduire la charge de la politique monétaire et les pressions à la hausse s’exerçant sur la monnaie. Les administrateurs ont noté que pour atteindre les résultats budgétisés, il faudrait contenir les salaires et maintenir une étroite surveillance des dépenses non prioritaires.

Les progrès considérables réalisés dans la libéralisation des sorties de capitaux ont été favorablement accueillis par le Conseil. S’agissant de la réglementation visant à décourager les entrées de capitaux, plusieurs administrateurs ont souscrit à l’opinion des autorités, qui estiment que ces mesures de dissuasion ont aidé à accroître la proportion des apports de capitaux à long terme non générateurs d’endettement, et ont donc épargné à l’économie une instabilité regrettable. Ces administrateurs étaient d’avis que l’assouplissement de la réglementation serait risquée pour le moment. Plusieurs autres administrateurs ont fait observer que même si cette réglementation est en vigueur depuis plusieurs années et a progressivement été renforcée, les entrées de capitaux sont restées importantes. Ils ont noté que la réglementation tend à perdre de son efficacité au fil du temps, alors que son coût pour l’économie s’accroît, et ils ont conseillé aux autorités de la libéraliser à terme. Ces administrateurs ont prôné un système de change plus souple, qui serait mieux adapté, tant pour faire face aux apports de capitaux que pour réduire l’indexation.

Les administrateurs ont salué l’importance accordée par les autorités aux politiques sociales ciblées ainsi que leurs efforts pour remédier aux inégalités de revenus sans compromettre la stabilité des finances publiques. A cet égard, l’ambitieuse réforme de l’éducation prévue a été accueillie avec satisfaction. Les administrateurs ont souligné que bien que les autorités n’ignorent pas les problèmes écologiques, la protection de l’environnement doit occuper une place plus importante.

Les données disponibles après la discussion du Conseil montrent que la croissance de la production s’est ralentie à 7,2 %, tandis que l’inflation est tombée à 6,6 % en 1996. Du fait de la baisse des prix à l’exportation, le solde budgétaire (y compris les pertes de la banque centrale) a fléchi, mais a quand même affiché un excédent de quelque 1,2 % du PIB, tandis que le solde des transactions courantes extérieures est devenu déficitaire, d’environ 4 % du PIB. Les entrées de capitaux privés (surtout sous forme d’investissements directs), en plein essor, ont atteint un niveau record de 4,1 milliards de dollars (5,7 % du PIB). Les réserves de change ont augmenté de 0,7 milliard de dollars, s’inscrivant à 15 milliards de dollars en fin d’année (l’équivalent de quelque onze mois d’importations de biens et de services, non compris les revenus des facteurs). En termes effectifs réels, le peso chilien s’est apprécié de 3,8 % en 1996.

Chine

Le Conseil a conclu les consultations au titre de l’article IV avec la Chine en juin 1997, donc après la fin de l’exercice 1997, qui est la période couverte par le présent Rapport annuel. Le compte-rendu de ces consultations est cependant inclus ici, à titre exceptionnel, eu égard au fait que l’Assemblée annuelle du FMI se tiendra en 1997 à Hong Kong, Chine.

La toile de fond de la discussion concluant les consultations était un contexte de croissance robuste soutenue et de baisse continue de l’inflation en Chine. Le PIB réel a progressé de 9¾ % en 1996 (tableau 25) et de 9½ % au premier trimestre de 1997, la vive reprise des exportations nettes compensant un certain fléchissement de la demande intérieure. Grâce à la modération des pressions de la demande et aux conditions favorables de l’offre de produits agricoles, la hausse des prix de détail s’est ralentie, s’inscrivant à 4½ % à la fin de 1996 et à 2,6 % en moyenne au premier trimestre de 1997.

Tableau 25Chine: indicateurs économiques(Données disponibles lors de la réunion du Conseil en juin 1997)
19931994199519961
En pourcentage
Économie intérieure
Variation du PIB réel13,512,610,59,7
Variation des prix de détail (moyenne sur la période)13,021,714,86,1
Milliards de dollars2
Secteur extérieur
Exportations, f.à.b.75,9102,6128,1128,5
Importations, c.a.f.‒86,3‒95,3‒110,1‒114,6
Solde des transactions courantes3‒11,97,71,63,9
Investissements directs23,131,833,838,8
Investissements de portefeuille3,03,50,82,4
Réserves officielles brutes de l’administration centrale423,053,576,0107,7
Solde des transactions courantes (en pourcentage du PIB)‒2,71,40,20,5
Dette extérieure84,495,0106,6116,2
Service de la dette (en pourcentage des exportations de biens et services non facteurs)12,611,610,610,9
Variation du taux de change effectif réel (en pourcentage)5‒1,909,015,344,95
En pourcentage du PIB2
Variables financières
Solde du budget général6‒2,0‒1,6‒1,7‒1,5
Épargne nationale brute40,642,641,142,9
Investissement intérieur brut43,341,240,842,4
Variation de la masse monétaire au sens large (en pourcentage)724,034,529,525,3
Taux d’intérêt (en pourcentage; dépôts à un an, fin de période)10,9810,9810,987,478

Estimations des services du FMI.

Sauf indication contraire.

La série est interrompue entre 1995 et 1996 en raison de modifications apportées à la couverture des postes des services.

Y compris l’or, les avoirs en DTS et la position de réserve au FMI.

Moyennes de décembre.

Administration centrale et provinces ou régions.

Fin de période; situation bancaire. En raison d’une rupture dans les séries en 1993, les chiffres de la progression pour 1993 ne sont pas disponibles; ils ont été remplacés par ceux de la situation monétaire (qui sont dans l’ensemble similaires).

Fin de mars 1997.

Estimations des services du FMI.

Sauf indication contraire.

La série est interrompue entre 1995 et 1996 en raison de modifications apportées à la couverture des postes des services.

Y compris l’or, les avoirs en DTS et la position de réserve au FMI.

Moyennes de décembre.

Administration centrale et provinces ou régions.

Fin de période; situation bancaire. En raison d’une rupture dans les séries en 1993, les chiffres de la progression pour 1993 ne sont pas disponibles; ils ont été remplacés par ceux de la situation monétaire (qui sont dans l’ensemble similaires).

Fin de mars 1997.

La politique budgétaire et monétaire est restée assez restrictive en 1996 et au début de 1997. Le déficit des administrations publiques s’est rétréci, sous l’effet de la poursuite des compressions de dépenses et de la stabilisation apparente du ratio recettes publiques/PIB.

Les autorités visaient à ramener la croissance de M2 à 25 % à la fin de 1996. Cet objectif a été réalisé, et a été suivi d’un nouveau ralentissement au début de 1997. La croissance de la base monétaire a repris à la fin de 1996, car la Banque de Chine a autorisé une augmentation des réserves obligatoires découlant de l’application plus stricte des coefficients de réserves, mais le taux de croissance tendancielle est resté dans l’ensemble inchangé, un strict contrôle sur le crédit de la banque centrale au système bancaire compensant de nouvelles hausses importantes des avoirs extérieurs nets. Les taux d’intérêt administrés ont été réduits deux fois, compte tenu du recul sensible de l’inflation en 1996.

La croissance des exportations et des importations s’est temporairement ralentie en 1996, d’où un léger recul de l’excédent commercial. Au premier trimestre de 1997, la balance commerciale a affiché un excédent de presque 7 milliards de dollars. Les entrées d’investissements directs étrangers ont été vigoureuses en 1996, et les réserves de change ont atteint 108 milliards de dollars (la valeur de 9 mois d’importations) à la fin de l’année. Le renminbi est resté stable par rapport au dollar, mais s’est apprécié en termes effectifs réels, en raison d’une inflation plus forte en Chine que chez ses partenaires commerciaux.

La situation macroéconomique solide masque des disparités considérables entre les secteurs et les régions, qui tiennent principalement à la différence de qualité des performances des entreprises d’État et de celles du secteur non public, les premières restant largement devancées par les secondes. Les réformes structurelles ont été concentrées sur le secteur extérieur et le secteur financier. Un train de mesures commerciales, comprenant notamment des réductions de droits d’importation, l’élimination progressive des exonérations de droits de douane et certaines dispositions destinées à assouplir les restrictions non tarifaires, a été adopté en avril 1996. À compter du 1er décembre 1996, la Chine a accepté les obligations découlant de l’article VIII des Statuts du FMI. Dans le secteur financier, des mesures ont été prises pour renforcer l’infrastructure et les instruments de régulation monétaire indirects.

Les administrateurs ont félicité les autorités pour l’application habile et soutenue de politiques macroéconomiques prudentes et de réformes structurelles qui ont permis d’assurer un atterrissage en douceur, tout en poursuivant l’ouverture et l’intégration croissance de la Chine à l’économie mondiale. Ils sont convenus que le principal enjeu consiste à tirer parti de cette situation favorable pour engager des réformes structurelles énergiques et exhaustives, notamment pour remédier aux carences profondément ancrées des entreprises d’État et du système financier, afin d’accélérer la transition de la Chine vers une économie de marché plus complète.

Les administrateurs ont souligné l’importance de conserver des politiques macroéconomiques prudentes pour maintenir une faible inflation. Prenant acte de la croissance rapide de la masse monétaire au sens large, ils ont en général appelé à la vigilance, estimant qu’il serait sage de limiter la croissance de la masse monétaire à un rythme plus modéré que celui envisagé dans le cadre de la politique monétaire des autorités pour 1997.

Les administrateurs ont aussi souligné que l’élaboration d’une stratégie de politique budgétaire à moyen terme aiderait à définir l’ordre de priorité des dépenses publiques, à identifier les sources de financement connexes et à évaluer l’orientation globale de la politique de finances publiques. Ils ont aussi insisté sur la nécessité d’accroître la transparence du budget. En outre, une amélioration marquée des recettes budgétaires serait indispensable pour affermir la position globale des finances publiques. À cet égard, ils ont suggéré qu’il serait bon d’élargir les impôts sur le revenu et la taxe à la valeur ajoutée, de renforcer l’administration fiscale et d’éliminer progressivement les avantages fiscaux concédés aux entreprises à capitaux étrangers. Plus généralement, ils ont insisté sur l’importance, pour une économie de marché, d’un système fiscal simple, doté d’une large assiette et non générateur de distorsions.

Compte tenu des faiblesses persistantes du secteur des entreprises d’État, les administrateurs étaient d’avis que l’accélération de la réforme des entreprises devrait constituer une priorité pour assurer un cadre macroéconomique stable, et améliorer la compétitivité et l’efficience de l’économie chinoise. Ils ont favorablement accueilli la décision des pouvoirs publics d’autoriser plus de pouvoirs de gestion aux dirigeants des entreprises, ainsi que diverses formes de propriété.

Les administrateurs ont souligné la nécessité d’améliorer l’orientation commerciale et la solidité du système financier.

Ils ont félicité les autorités d’avoir accepté les obligations découlant de l’article VIII. Notant la rapide accumulation de réserves internationales au cours des dernières années et les perspectives de nouvelles améliorations ultérieures, les administrateurs ont suggéré que la libéralisation accélérée du commerce faciliterait le processus d’ajustement, rehausserait l’efficience économique et allégerait les pressions qui s’exercent sur la politique monétaire du fait de la position extérieure très solide.

Les administrateurs ont souligné qu’il reste fort à faire pour améliorer les statistiques économiques, notamment celles des comptes nationaux, budgétaires et extérieurs.

Les administrateurs ont salué l’événement historique que représente la réunification de Hong Kong à la Chine, y voyant la promesse de possibilités nouvelles de nature à favoriser encore la prospérité de la Chine, de Hong Kong et de l’économie mondiale.

Égypte

Le Conseil a conclu les consultations au titre de l’article IV avec l’Égypte en octobre 1996 et a approuvé la demande d’accord de confirmation de précaution d’une durée de deux ans formulée par l’Égypte. Depuis 1991, l’Égypte a mis en oeuvre des mesures de stabilisation et des réformes structurelles de vaste portée, avec l’appui de deux accords de confirmation successifs. Selon les estimations au moment des consultations, la croissance du PIB réel, stagnante en 1991/92, a dépassé 4 % en 1995/96, tandis que le taux annuel d’inflation a été ramené de plus de 21 % à un peu plus de 7% (tableau 26).

Tableau 26Égypte: indicateurs économiques1(Données disponibles lors de la réunion du Conseil en octobre 1996)
1992/931993/941994/951995/96
En pourcentage
Économie intérieure
Variation du PIB réel0,52,93,24,2
Variation des prix à la consommation (moyenne sur la période)11,19,09,47,1
Milliards de dollars2
Secteur extérieur
Exportations, f.à.b.3,43,35,04,6
Importations, c.a.f.10,710,611,913,7
Solde des transactions courantes2,20,21,60,2
Investissements directs0,51,30,70,5
Investissements de portefeuille0,00,00,1
Solde du compte de capital0,82,1‒0,40,8
Réserves officielles brutes15,517,018,418,9
Solde des transactions courantes (en pourcentage du PIB)35,60,42,70,2
Dette extérieure (en pourcentage du PIB)65,858,055,747,1
Service de la dette (en pourcentage des recettes extérieures courantes, y compris tous les transferts)13,612,110,310,7
Variation du taux de change effectif réel (en pourcentage)47,910,4‒0,42,4
En pourcentage du PIB2
Variables financières
Solde des opérations des administrations publiques‒3,5‒2,1‒1,3‒1,3
Épargne nationale brute17,017,219,417,2
Investissement national brut16,216,816,717,0
Variation de la masse monétaire au sens large (en pourcentage)16,412,411,110,5
Taux d’intérêt moyen sur les bons du Trésor à trois mois (en pourcentage)16,313,911,010,5

Les données se rapportent à l’exercice budgétaire qui se termine en juin.

Sauf indication contraire.

Y compris tous les transferts officiels.

Pour 1995/96, la variation se rapporte à la période de douze mois qui s’est terminée en mai 1996.

Les données se rapportent à l’exercice budgétaire qui se termine en juin.

Sauf indication contraire.

Y compris tous les transferts officiels.

Pour 1995/96, la variation se rapporte à la période de douze mois qui s’est terminée en mai 1996.

Des progrès appréciables ont été réalisés sur la voie du rééquilibrage des finances publiques. Le déficit budgétaire global, supérieur à 15 % du PIB à la fin des années 80, se chiffrait à quelque 1,3 % du PIB en 1995/96, conformément à l’objectif fixé dans le budget, soit un niveau à peu près égal à celui de l’année précédente. S’il est vrai que le ratio recettes totales/PIB a diminué, les dépenses courantes ont baissé dans les mêmes proportions, mais les crédits des secteurs prioritaires tels que la santé et l’éducation ont été préservés.

Les taux d’intérêt ont été encore détendus et les réserves excédentaires des banques commerciales ont diminué. Le taux des bons du Trésor à trois mois est tombé à 10½ %, contre environ 14 % deux ans auparavant. Le taux de change nominal de la livre vis-à-vis du dollar est resté presque constant; en termes effectifs réels, la livre s’est appréciée de 9 %, ce qui reflète l’affermissement du dollar. Dans l’ensemble, le taux d’appréciation de la livre en termes effectifs réels s’est considérablement ralenti par rapport à 1993, à mesure que l’écart d’inflation entre l’Égypte et ses partenaires commerciaux s’est resserré et que les entrées de capitaux ont fléchi.

La balance globale des paiements est restée excédentaire, ce qui a conduit à une forte augmentation des réserves internationales nettes, qui équivalaient à quelque 15 mois d’importations en octobre 1996. Grâce à la modération des emprunts limités et à un nouvel allégement de la dette consenti par le Club de Paris, le ratio de la dette extérieure/PIB est tombé à environ 47 % au milieu de 1996, et le ratio du service de la dette est descendu à quelque 11 % des recettes courantes (y compris tous les transferts).

Le compte des transactions courantes est resté excédentaire en 1995/96, bien qu’à un niveau inférieur à celui de 1994/95 (respectivement 0,2 % et 2,7 % du PIB), malgré le net accroissement du déficit commercial, la baisse des envois de fonds privés et le peu de variation des transferts officiels. Le creusement du déficit commercial, qui a atteint 14 % du PIB en 1995/96, s’explique par le recul des exportations par rapport à leur niveau exceptionnel de 1994/95, par l’incidence sur les importations d’une croissance économique plus robuste (les biens intermédiaires et les biens d’équipement représentaient une plus forte part de la croissance des importations), et par la hausse des cours mondiaux du blé et du maïs que l’Égypte importe. L’augmentation des recettes du tourisme a atténué la détérioration de la balance commerciale. Pour ce qui est du compte de capital, des entrées nettes appréciables (liées en grande partie aux tirages massifs des banques commerciales sur les dépôts à l’étranger) ont contribué à maintenir l’excédent extérieur global à quelque 800 millions de dollars.

Depuis 1991, les rentrées fiscales ont été améliorées par l’établissement d’une taxe générale sur le chiffre d’affaires et d’un impôt général sur le revenu; des progrès ont en outre été accomplis sur le plan de la libéralisation du système de commerce et de change, de la déréglementation des taux d’intérêt ainsi que du début de réforme du secteur des entreprises publiques, qui comprend des privatisations. Le rythme des réformes structurelles, en particulier des privatisations, s’est accéléré après la formation du nouveau gouvernement en janvier 1996.

Les administrateurs ont félicité les autorités pour l’amélioration de la performance de l’Égypte au cours des dernières années et ont salué leur intention de consolider les acquis récents en s’engageant dans un programme renforcé de réformes économiques.

Les administrateurs ont jugé la discipline budgétaire capitale pour le programme de l’Égypte et ont souligné la nécessité de maintenir l’orientation prudente de la politique de gestion de la demande pour réduire encore l’inflation et assurer le maintien de la viabilité extérieure. Ils ont noté que le système de change de l’Égypte est à présent quasiment exempte de restrictions et ont vivement engagé les autorités à accepter les obligations découlant de l’article VIII des Statuts du FMI.

Dans le domaine des réformes structurelles, les administrateurs ont accueilli avec satisfaction les vastes mesures incluses dans le programme. Ils ont considéré que celles liées à la restructuration des finances publiques, en particulier la réforme fiscale et la réorganisation de la fonction publique, pourraient avoir une vaste portée et ils ont noté que l’exécution des plans concernant le marché monétaire et le marché des changes, parallèlement à la restructuration du secteur financier, améliorerait la capacité de gestion macroéconomique des autorités, tout en élargissant et en approfondissant ce secteur. Les administrateurs ont souligné la nécessité de continuer à renforcer les normes prudentielles et la réglementation bancaire.

De l’avis du Conseil, le programme de privatisation a clairement indiqué l’intention du gouvernement de se désengager du secteur de la production. S’agissant de la libéralisation des échanges, les administrateurs ont accueilli avec satisfaction la récente série de réductions tarifaires. Ils ont approuvé les mesures destinées à libéraliser les loyers et les procédures d’investissement, et ont souligné l’importance de l’adoption rapide d’une loi unifiée sur les investissements. Ils ont encouragé les autorités à promouvoir une plus grande flexibilité du marché du travail pour atténuer le chômage. Les administrateurs ont aussi accordé une importance particulière aux efforts des autorités pour améliorer la collecte et l’établissement de données.

Ghana

Le Conseil a conclu les consultations au titre de l’article IV avec le Ghana en juin 1996 et a étudié les progrès réalisés par le pays dans le cadre du premier accord annuel au titre de la FASR. Cet accord avait été approuvé le 30 juin 1995 dans un contexte d’intensification des pressions inflationnistes résultant des dérapages de la politique de finances publiques et d’une vaste expansion du crédit causée par les difficultés de la société pétrolière nationale (Ghana National Petroleum Corporation — GNPC). Dans le cadre du programme, les autorités ont pris des dispositions pour réduire l’important découvert de la GNPC à la banque centrale, lui ont fermé l’accès à de nouveaux crédits et ont placé ses opérations de commerce pétrolier sous la tutelle du Ministère des finances. Ces mesures ont contribué à ramener l’inflation, en taux annuel corrigé des variations saisonnières, de 120 % en juillet 1995 à 70 % en septembre 1995.

La croissance monétaire en 1994 a aussi été stimulée par le fait que la banque centrale n’a pas pu absorber l’effet sur la liquidité des entrées de devises plus importantes que prévu au titre des recettes d’exportation d’or et de bois d’oeuvre. Ces pressions ont refait surface au quatrième trimestre de 1995, du fait des entrées de capitaux imputables au secteur du cacao. L’effet conjugué de ces entrées et de la bonne tenue du compte des transactions courantes a été d’accroître les réserves de change du Ghana. La position des avoirs extérieurs nets de la banque centrale a dépassé l’objectif fixé pour la fin de 1995 de l’équivalent de 30 % de la base monétaire. De ce fait, la masse monétaire au sens large a augmenté de 37 % en 1995 (tableau 27). Néanmoins, l’inflation a encore chuté, s’établissant en fin d’année à 54 %, en taux annuel corrigé des variations saisonnières.

Tableau 27Ghana: indicateurs économiques

(Données disponibles lors de la réunion du Conseil en juin 1996)1

1996
199319941995Projections lors de la réunion du ConseilRésultats2
En pourcentage
Économie intérieure
Variation du PIB réel5,03,84,55,05,2
Variation des prix à la consommation (fin de période)27,734,270,825,032,7
Millions de dollars1
Secteur extérieur
Exportations, f.à.b.1.063,61.226,81.431,21.597,41.510,1
Importations, f.à.b.‒1.728,0‒1.579,9‒1.687,2‒1.947,2‒1.835,1
Solde des transactions courantes3‒559,1‒264,9‒141,8‒210,6‒273,0
Investissements directs25,030,035,020,020,0
Balance globale41,2163,8284,0115,3‒18,9
Réserves officielles brutes420,4592,9779,7832,5598,9
Solde des transactions courantes (en pourcentage du PIB)4‒9,2‒4,9‒2,2‒3,4‒4,3
Dette extérieure (en pourcentage du PIB)82,594,580,884,878,8
Service de la dette (en pourcentage des exportations de biens et services)35,727,435,824,027,9
Variation du taux de change effectif réel (moyenne annuelle; en pourcentage)‒13,2‒17,614,112,2
En pourcentage du PIB1
Variables financières
Solde des opérations des administrations publiques5‒7,7‒3,5‒4,5‒2,0‒8,8
Épargne nationale brute5,610,816,414,614,4
Investissement national brut14,815,918,617,918,7
Variation de la masse monétaire au sens large (en pourcentage)27,446,237,45,034,2
Taux d’escompte des bons du Trésor à 91 jours (en pourcentage; fin de période)32,029,540,542,8

Sauf indication contraire.

Estimations actualisées des services du FMI.

À l’exclusion des recettes provenant du désengagement de l’État.

Y compris les dons officiels.

Y compris le produit du désengagement de l’État.

Sauf indication contraire.

Estimations actualisées des services du FMI.

À l’exclusion des recettes provenant du désengagement de l’État.

Y compris les dons officiels.

Y compris le produit du désengagement de l’État.

Le PIB réel a augmenté de 3,8 % en 1994 et de 4,5 % en 1995. La production du secteur minier a vivement progressé en 1995 et celle de l’agriculture a augmenté de 4,5 %, mais la production manufacturière a été atone. Le bilan des recettes a aussi été contrasté: les dividendes et redevances versés à l’État par le secteur bancaire et par le secteur minier sont bien rentrés, alors que le recouvrement des taxes pétrolières et des taxes à l’importation a été inférieur aux prévisions. En 1995, le Ghana a contenu les dépenses ordinaires en maintenant la masse salariale des administrations publiques à 5,7 % du PIB et en effectuant des paiements d’intérêts intérieurs plus faibles que prévu. Le budget a enregistré un déficit global (base engagements) de 4,5 % du PIB en 1995, soit 1,3 % point de plus que le niveau programmé, en partie à cause de dépassements de dépenses pour le réseau routier.

Les administrateurs ont noté que par ses efforts soutenus d’ajustement et de réformes, le Ghana a réalisé des progrès sensibles, bien que les résultats obtenus dans le cadre du programme appuyé par la FASR aient été décevants parce qu’inégaux. En 1995, l’inflation a atteint un niveau inacceptable, l’épargne et l’investissement privés sont restés faibles, la croissance économique s’est située en deçà du niveau visé et la déréglementation des secteurs du pétrole et du cacao a été différée.

Les administrateurs ont fait observer que l’inflation élevée et les dérapages de l’action des pouvoirs publics jusqu’au milieu de 1995 ont ébranlé la confiance, ce qui a empêché une réaction de l’épargne et de l’investissement privés, essentielle pour une croissance soutenue. Bien que la performance du secteur extérieur en 1995 ait été plus solide que prévu, le manque de continuité de la politique économique a empêché le Ghana de récolter pleinement les fruits de ses efforts précédents.

Les administrateurs ont salué les mesures prises par le Ghana depuis la fin de 1995 pour corriger les dérapages et ont pris note des résultats satisfaisants enregistrés au premier trimestre de 1996. Ils ont vu dans le programme économique pour 1996 un effort sérieux pour se conformer aux objectifs du programme initial et fournir un cadre rigoureux à la politique économique pendant la période conduisant aux élections à la fin de 1996. Les administrateurs ont exhorté le gouvernement à résister aux forces poussant à la dépense et ont souligné qu’il importait d’appliquer strictement tous les éléments du programme. Ils ont aussi fait valoir qu’une réduction sensible et durable de l’inflation constituait la priorité du programme et devait être l’objectif primordial de la politique monétaire. Ils ont favorablement accueilli les signes indiquant que la croissance de la base monétaire a été ramenée à l’intérieur des limites fixées par le programme et que l’inflation a aussi diminué. Les administrateurs ont insisté sur le fait que la crédibilité, la vigueur et la continuité des politiques financières représentent des conditions sine qua non pour parvenir à abaisser l’inflation.

S’agissant de la politique de finances publiques, les administrateurs ont été encouragés par les mesures mises en oeuvre pour régulariser l’encours des arriérés envers les entrepreneurs locaux et maîtriser les dépenses pour le réseau routier. Ils ont en outre noté que l’issue favorable des négociations sur la rémunération des fonctionnaires aiderait à maintenir la rigueur budgétaire et ont souligné l’importance de se doter de moyens efficaces pour assurer le suivi et la maîtrise des dépenses publiques. À moyen terme, de l’avis des administrateurs, il conviendrait que le Ghana soit moins dépendant du produit des taxes sur le commerce international et élargisse la base d’imposition.

Les administrateurs considéraient les réformes structurelles comme essentielles pour accélérer la croissance et remédier à la pauvreté. Elles doivent notamment viser à promouvoir l’activité du secteur privé et à alléger la charge financière qu’imposent les entreprises publiques à l’État. Tout en saluant les progrès accomplis dans la déréglementation de la commercialisation et du système de fixation des prix du pétrole, et la suppression de l’accès de la GNPC au crédit de la banque centrale, les administrateurs se sont déclarés préoccupés par l’octroi de garanties publiques à cette société pétrolière et ont vivement engagé les autorités à poursuivre la restructuration du secteur pétrolier. Ils les ont aussi encouragées à procéder à la libéralisation des exportations de cacao en réduisant, voire en abolissant, les taxes à l’exportation, dans un cadre qui concilie la concurrence et la réglementation, afin d’établir un marché libre, tout en assurant un contrôle de la qualité. Les administrateurs ont salué l’intention des autorités de désengager l’État du secteur bancaire.

Ils sont convenus que moyennant la poursuite de politiques vigoureuses, la charge de la dette extérieure du Ghana paraît supportable à moyen terme et que la balance des paiements semble suffisamment robuste pour résister à de faibles chocs. Les administrateurs ont toutefois conseillé de surveiller étroitement la situation d’endettement du Ghana.

Guatemala

Le Conseil a conclu les consultations au titre de l’article IV avec le Guatemala en octobre 1996. En 1995, les autorités guatémaltèques sont parvenues à réduire le déficit global du secteur public en relevant les recettes publiques et en limitant les dépenses. Pendant cette année, le PIB réel, à la faveur des cours élevés du café, a augmenté de 5 %, et l’inflation est tombée à 8½ % (tableau 28). La position des réserves de change s’est détériorée, à cause du laxisme de la politique de crédit et du fait que le financement officiel a été inférieur aux prévisions.

Tableau 28Guatemala: indicateurs économiques

(Donnés disponibles lors de la réunion du Conseil en octobre 1996)1

1996
1993199419952Projections lors de la réunion du ConseilRésultats3
En pourcentage
Économie intérieure
Variation du PIB réel3,94,04,93,83,1
Taux de chômage5,55,24,2
Variation des prix à la consommation (fin de période)11,611,68,610,010,9
Millions de dollars1
Secteur extérieur
Exportations, f.à.b.1.4621.6872.1562.2462.213
Importations, c.a.f.‒2.599‒2.781‒3.292‒3.424‒3.146
Solde des transactions courantes‒746‒697‒589‒616‒418
Investissements directs, net228657010381
Investissements de portefeuille, net155359‒1020,088
Solde du compte de capital4955533369607560
Réserves officielles brutes53,53,22,32,22,9
Solde des transactions courantes (en pourcentage du PIB)‒6,6‒5,4‒4,0‒3,9‒2,7
Dette extérieure (en pourcentage du PIB)19,818,615,914,715,0
Service de la dette (en pourcentage des exportations de biens et services)14,313,09,29,39,9
Variation du taux de change effectif réel (en pourcentage)1,57,5‒0,25,4
En pourcentage du PIB1
Variables financières
Solde des opérations des administrations publiques‒1,4‒1,1‒0,7
Épargne nationale brute10,710,311,410,911,8
Investissement intérieur brut17,215,715,414,814,8
Variation de la masse monétaire au sens large (en pourcentage)18,517,914,714,014,0
Taux d’intérêt (en pourcentage; fin de période) Prêts25,720,222,222,4
Dépôts à terme18,012,514,213,3

Sauf indication contraire.

Estimations.

Estimations actualisées des services du FMI.

Y compris les erreurs et omissions.

En mois d’importations de biens et services.

Sauf indication contraire.

Estimations.

Estimations actualisées des services du FMI.

Y compris les erreurs et omissions.

En mois d’importations de biens et services.

En 1996, sous un nouveau gouvernement, la situation des finances publiques a continué de s’améliorer, d’une part grâce à des mesures de mobilisation de recettes supplémentaires, notamment un relèvement du taux de la taxe à la valeur ajoutée de 7 à 10 % et l’instauration d’un impôt de solidarité temporaire et extraordinaire, et, d’autre part, sous l’effet de la stricte maîtrise des dépenses. Malgré l’amélioration des deux années précédentes, le ratio recettes publiques/PIB du Guatemala, de 8½ %, est resté relativement faible par rapport à la norme régionale et les ressources consacrées aux besoins sociaux et à l’infrastructure de base sont demeurées insuffisantes. Le crédit au secteur privé a poursuivi son expansion rapide au premier semestre de l’année, mais a ralenti par la suite, car la banque centrale a durci sa politique de crédit.

La croissance de l’activité économique s’est ralentie en 1996, tombant à 3 % selon les estimations, à cause des effets sur la demande intérieure de la baisse des cours du café, tandis que l’inflation a augmenté. D’après les projections réalisées au moment des consultations, le déficit des transactions courantes devait diminuer très légèrement et la balance des paiements globale se trouver en quasi-équilibre (en l’occurrence, le déficit des transactions courantes est descendu au-dessous de 3 % du PIB et la balance globale a affiché un excédent). Après les pressions à la baisse subies par le quetzal au premier trimestre de 1996, qui ont amené la banque centrale à vendre des devises, la monnaie s’est légèrement appréciée en valeur nominale au deuxième trimestre, la banque centrale intervenant cette fois pour acheter des devises; en termes effectifs réels, le quetzal s’est apprécié de 2 % pendant la période de janvier à juin 1996.

Peu après son entrée en fonction en janvier 1996, le nouveau gouvernement a repris les négociations de paix avec les groupes insurgés, sous les auspices des Nations Unies, et, en décembre 1996, des accords de paix ont été signés. Le gouvernement est déterminé à appliquer un ambitieux programme pour la paix au cours des prochaines années, afin de réaliser des progrès durables dans les domaines politique, social et économique. Ce programme comprend: 1) le renforcement des institutions démocratiques, du système judiciaire et de la sécurité publique; 2) la hausse des dépenses consacrées à l’infrastructure de base, aux habitations à loyer modéré, aux soins de santé et à l’enseignement primaires, ainsi qu’à la réforme foncière; 3) la réduction des dépenses militaires et l’augmentation des recettes fiscales pour financer les dépenses liées à l’établissement de la paix dans un cadre budgétaire sain.

Les administrateurs ont salué les progrès des négociations de paix. Ils ont estimé que cette importante réalisation fournissait une excellente occasion de réduire la fragilité budgétaire et extérieure de l’économie et d’améliorer les conditions sociales de base.

Les administrateurs ont jugé que la situation des finances publiques devait être considérablement renforcée. Ils ont estimé que la faiblesse de l’effort fiscal par rapport à la norme régionale compromet la réussite des initiatives qui visent à régler les problèmes sociaux profondément enracinés du pays, moderniser l’infrastructure et accorder l’attention requise aux investissements de mise en valeur des ressources humaines. À cette fin, les administrateurs ont appelé les autorités à prendre sans tarder des mesures pour accroître l’effort fiscal et raffermir les finances publiques. Des recettes supplémentaires sont nécessaires pour alléger les pressions sur les taux d’intérêt, réduire l’inflation et améliorer la position extérieure. Compte tenu des inégalités de revenus sensibles, les administrateurs ont jugé qu’il y avait lieu de prêter attention à la progressivité du régime fiscal. Ils ont noté qu’il importait de continuer à maîtriser strictement les dépenses publiques, en particulier la masse salariale.

Les administrateurs ont salué les mesures prises pour freiner la croissance rapide du crédit au secteur privé et ont souligné qu’il importait de maintenir une orientation prudente de la politique de crédit. Ils ont recommandé de laisser le taux de change continuer de réagir aux forces du marché, dans le cadre de politiques financières visant à réduire l’inflation et à consolider la situation des réserves. Les administrateurs ont souscrit au point de vue des autorités, considérant qu’une intervention à grande échelle sur le marché des changes interbancaire serait contre-indiquée.

La lenteur de l’application des réformes structurelles a été notée par les administrateurs. Ils ont vivement engagé les autorités à poursuivre résolument les privatisations dans le secteur de l’électricité, des télécommunications et des transports ferroviaires, ainsi que leurs projets de modernisation du secteur public et de passage à un régime de retraite par capitalisation privée. Ils ont aussi invité les pouvoirs publics à faire progresser la modernisation financière, notamment en donnant plus d’autonomie à la banque centrale et en renforçant les règles prudentielles. Les administrateurs ont salué les progrès réalisés dans le règlement des arriérés extérieurs et ont vivement engagé les autorités à faire en sorte que les obligations financières extérieures au titre de la dette officielle soient acquittées en totalité et dans les délais voulus. Les administrateurs ont insisté sur la nécessité d’énergiques réformes structurelles et macroéconomiques pour assurer le soutien des donateurs aux efforts d’ajustement du Guatemala.

Inde

Le Conseil a conclu les consultations au titre de l’article IV avec l’Inde en novembre 1996. Le nouveau gouvernement entré en fonction en juin 1996 a hérité d’une économie robuste, puisque le PIB a augmenté de 7 % en 1995/96 (tableau 29), sous l’effet d’une vigoureuse réaction de l’offre aux réformes, encore qu’il y ait eu des signes de ralentissement de la production industrielle au début de 1996/97. La politique monétaire restrictive conjuguée à un ajustement différé des prix réglementés a ramené la hausse des prix de gros à 5 % en 1995/96, la hausse des prix à la consommation suivant elle aussi une tendance à la baisse. Au milieu de 1996, toutefois, l’inflation a commencé à remonter, à cause essentiellement d’une augmentation de 20 % des prix du pétrole en juillet.

Tableau 29Inde: indicateurs économiques1

(Données disponibles lors de la réunion du Conseil en novembre 1996)2

1996/97
1993/941994/951995/963Projections lors de la réunion du ConseilRésultats4
En pourcentage
Economic intérieure
Variation du PIB réel (au coût des facteurs)4,36,37,06,86,8
Variation des prix à la consomation (fin de période)9,99,78,99,59,5
Milliards de dollars2
Secteur extérieur
Exportations, f.à.b.22,726,932,534,934,3
Importations, c.a.f.25,131,741,143,145,3
Solde des transactions courantes‒1,2‒2,6‒5,2‒6,2‒5,1
Investissements directs, net0,61,32,02,32,4
Investissements de portefeuille, net3,63,62,14,23,3
Solde du compte de capital9,88,74,09,111,4
Réserves officielles brutes15,720,817,020,022,3
Solde des transactions courantes (en pourcentage du PIB)‒0,5‒0,9‒1,6‒1,7‒1,5
Dette extérieure (en pourcentage du PIB; fin de période)36,332,929,226,827,2
Service de la dette (en pourcentage des exportations de biens et services)26,526,426,228,427,8
Variation du taux de change effectif réel (en pourcentage; fin de période)6,9‒5,1‒0,66,08,0
En pourcentage du PIB2
Variables financières
Solde des opérations des administrations publiques‒8,8‒7,4‒7,6‒7,4‒7,4
Épargne nationale brute21,424,424,626,225,5
Investissement intérieur brut21,625,226,227,527,5
Variation de la masse monétaire au sens large (en pourcentage; fin de période)18,422,313,216,115,6
Taux d’intérêt (en pourcentage)512,512,713,913,713,7

Les données se rapportent à l’exercice budgétaire qui se termine en mars.

Sauf indication contraire.

Estimations des services du FMI.

Estimations actualisées des services du FMI.

Obligations publiques à dix ans.

Les données se rapportent à l’exercice budgétaire qui se termine en mars.

Sauf indication contraire.

Estimations des services du FMI.

Estimations actualisées des services du FMI.

Obligations publiques à dix ans.

Le déficit des finances publiques, en pente descendante depuis 1993/94, est cependant resté important. Le déficit de l’administration centrale est tombé à 5,7 % du PIB en 1995/96. Selon les estimations, le déficit global du secteur public s’est maintenu à quelque 9½ % du PIB. Le budget pour 1996/97 visait à ramener le déficit de l’administration centrale à 5 % du PIB, grâce surtout à une hausse du produit des cessions d’actifs publics ainsi qu’à des plus-values fiscales conjoncturelles.

Comme le déficit des finances publiques est resté élevé, l’essentiel de la charge de la stabilisation a reposé sur la politique monétaire. La croissance de la masse monétaire au sens large a été ramenée à 13,2 % en 1995/96 et la liquidité des entreprises a été encore restreinte par la faiblesse du marché des valeurs mobilières et un ralentissement des entrées de capitaux. Le taux de base a atteint une fourchette de 16 à 18 %. Néanmoins, la politique monétaire a été assouplie de façon sensible au cours des premiers mois de 1996/97, car les autorités ont craint les répercussions d’un resserrement du crédit sur l’investissement.

Sur le plan extérieur, le déficit des transactions courantes s’est élargi, passant à 1,6 % du PIB en 1995/96, en raison surtout de la croissance rapide des importations. Dans le même temps, le compte de capital a fléchi, car les entrées de capitaux au titre des investissements de portefeuille ont ralenti à cause des incertitudes préélectorales. Face à plusieurs vagues d’intenses pressions à la baisse sur le taux de change, les autorités sont intervenues sur le marché des changes et ont durci les conditions du marché monétaire, tout en adoptant des mesures administratives pour décourager l’emploi de crédits commerciaux à des fins spéculatives. Après février 1996, le marché des changes a été plus stable.

Les administrateurs ont salué les impressionnants résultats économiques de l’Inde, qui affichait une vive croissance de la production, une inflation maîtrisée et une position extérieure stable, mais se sont déclarés préoccupés par les tensions qui se faisaient jour. L’ampleur du déficit des finances publiques continuait de pousser à la hausse les taux d’intérêt, les insuffisances des infrastructures étaient lourdes de conséquences et l’inflation commençait à s’accélérer. Les administrateurs étaient encouragés par l’attachement du nouveau gouvernement à l’ajustement et aux réformes, mais ont souligné que la poursuite de la réussite économique demanderait des mesures plus énergiques.

Les administrateurs ont souligné la nécessité de s’attaquer de façon décisive au déficit excessif des finances publiques. Ils ont préconisé le lancement d’un ambitieux programme d’ajustement dont les mesures principales seraient concentrées en début de période, à l’occasion du prochain budget, afin d’accélérer le rythme de la réduction du déficit plus que ne le prévoient actuellement les autorités. Les administrateurs ont averti que si le rééquilibrage des finances publiques était différé, cela rendrait l’économie plus vulnérable à une évolution extérieure défavorable.

Compte tenu du faible ratio recettes publiques/PIB, les administrateurs ont estimé que la réduction du déficit doit reposer sur la mobilisation plus efficace des recettes, notamment au niveau des États, ce qui est faisable en élargissant la base d’imposition, en supprimant les exonérations et en améliorant le recouvrement des coûts. La marge de réduction des dépenses paraissait aussi large, grâce notamment à un meilleur ciblage des subventions sur les produits alimentaires et les engrais, et à la mise en oeuvre rapide de la réforme de la fonction publique, afin de réduire la masse salariale.

Les administrateurs ont insisté sur le fait que la politique monétaire doit être fermement orientée vers la lutte contre l’inflation et ont déconseillé un relâchement indû des conditions monétaires. Ils ont souligné la nécessité de tenir l’objectif fixé pour la masse monétaire au sens large, au vu de la récente reprise de l’inflation. Les administrateurs ont en outre vivement engagé les autorités à éliminer le financement spécial accordé par la Reserve Bank of India à l’État en fin d’exercice, ce qui constituerait un jalon important dans l’instauration de conditions propices à la plus grande indépendance de la banque centrale.

Les administrateurs ont mis l’accent sur la nécessité d’une gestion souple du taux de change, en étroite coordination avec les autres outils de politique macroéconomique. Ils ont souligné qu’il convenait de laisser le taux de change réagir aux signaux du marché et que, dans la gestion de la politique d’intervention, les autorités ne devraient pas se fonder trop mécaniquement sur les indicateurs du taux de change réel.

Les administrateurs ont aussi mis en relief les gains d’efficacité considérables qui découlent d’une plus grande liberté des mouvements de capitaux. Un certain nombre d’administrateurs ont estimé qu’il serait possible d’ouvrir davantage l’économie indienne aux investissements étrangers et ont vivement engagé les autorités à accorder une attention prioritaire à la levée des derniers obstacles aux investissements directs et aux investissements de portefeuille étrangers.

Tout en accueillant favorablement le programme de réformes du nouveau gouvernement, les administrateurs ont souligné que l’élaboration rapide d’un ensemble complet de réformes structurelles ainsi que des mesures initiales énergiques contribueraient à favoriser une réaction efficace et dynamique du secteur privé. Ils ont recommandé la libéralisation accélérée des échanges, notamment, à titre prioritaire, l’élimination des restrictions quantitatives sur les importations de biens de consommation. Les administrateurs ont aussi appelé à des efforts supplémentaires pour renforcer les banques du secteur public et assurer une surveillance efficace, réaliser une réforme plus ambitieuse des entreprises publiques, qui passe par la privatisation et l’application d’une politique de sortie du marché plus efficace, et établir un cadre permettant le développement de l’initiative privée dans le secteur des infrastructures.

Après la réunion du Conseil, les données révisées de comptabilité nationale ont indiqué une croissance du PIB réel beaucoup plus élevée sur la période 1993/94–1995/96 que ne le prévoyaient les estimations antérieures: la croissance du PIB au cours de ces années est maintenant estimée à 6,0 % en 1993/94, 7,2 % en 1994/95 et 7,1 % en 1995/96. Pour 1996/97, en revanche, malgré un ralentissement de l’activité industrielle, les bons résultats de l’agriculture ont contribué à maintenir la croissance du PIB à un niveau proche de 7 %. Une bonne récolte a aussi aidé à atténuer les pressions sur les prix des denrées alimentaires et la hausse des prix de gros est redescendue à 6½ % au début d’avril 1997. Si les exportations se sont nettement ralenties, la croissance des importations a elle aussi vivement diminué, et le déficit des transactions courantes est resté aux alentours de 1½ % du PIB en 1996/97. Dopée par des entrées massives de capitaux privés, la balance globale des paiements a affiché un excédent de 6½ milliards de dollars, tandis que les réserves internationales ont atteint environ l’équivalent de 6 mois d’importations en avril 1997. Le budget de l’administration centrale pour 1997/98 prévoyait une forte réduction des taux d’imposition, tout en visant à ramener le déficit à 4½: % du PIB, contre 5 % en 1996/97. La politique monétaire visait à contenir l’inflation à 6 % en 1997/98, tandis que des mesures ont été prises pour alléger la réglementation pesante régissant les crédits bancaires et favoriser l’essor des marchés des titres publics et des changes. Les autres initiatives de réformes récentes sont la libéralisation plus poussée du régime des investissements directs et des investissements de portefeuille étrangers, ainsi que la suppression des restrictions quantitatives à l’importation pour une série de produits de consommation.

Indonésie

Le Conseil a conclu les consultations au titre de l’article IV avec l’Indonésie en juillet 1996. Ces dernières années, l’Indonésie est parvenue à maintenir le rythme de développement économique impressionnant atteint dans les années 70 et 80 grâce à des réformes axées sur le marché. En 1995/96, pour la troisième année, la demande intérieure a progressé plus vite que le PIB, traduisant une vive croissance de la consommation et de l’investissement. La croissance du PIB réel est passée à 8 % (tableau 30), encore qu’un raffermissement de la politique budgétaire ait contribué à modérer les pressions de la demande. L’inflation globale est restée à 9 %, du fait essentiellement de la hausse des prix des denrées alimentaires, qui a atteint en moyenne 14 % en 1995, à cause des insuffisances de l’offre de riz et des prix élevés des importations.

Tableau 30Indonésie: indicateurs économiques1

(Données disponibles lors de la réunion du Conseil en juillet 1996)2

1995/96
1992/931993/941994/95Projections lors de la réunion du ConseilRésultats3
En pourcentage
Economie intérieure
Variation du PIB réel7,27,37,58,18,2
Variation des prix à la consommation (fin de période)5,010,29,69,09,0
Milliards de dollars2
Secteur extérieur
Exportations, f.à.b.35,336,542,147,847,8
Importations, c.a.f.30,332,337,946,146,1
Solde des transactions courantes‒2,6‒3,0‒3,3‒6,9‒6,8
Investissements directs1,72,02,65,45,4
Investissements de portefeuille1,22,00,81,71,8
Solde du compte de capital6,64,57,214,712,3
Réserves officielles brutes12,012,713,316,016,0
Solde des transactions courantes (en pourcentage du PIB)‒1,8‒1,9‒1,8‒3,4‒3,3
Dette extérieure (en pourcentage du PIB)58,955,956,854,852,9
Service de la dette (en pourcentage des exportations de biens et services)32,233,433,734,833,2
Variation du taux de change effectif réel (en pourcentage)‒2,41,6‒2,5‒0,6‒0,6
En pourcentage du PIB2
Variables financières
Solde des opérations des administrations publiques‒1,3‒0,50,21,01,0
Épargne nationale brute30,231,432,434,8
Investissement national brut32,433,234,337,8
Variation de la masse monétaire au sens large (en pourcentage)22,220,822,128,028,0
Taux sur les dépôts à trois mois (en pourcentage)15,711,515,917,317,3

Les données se rapportent à l’exercice budgétaire qui se termine en mars.

Sauf indication contraire.

Estimations actualisées des services du FMI.

Les données se rapportent à l’exercice budgétaire qui se termine en mars.

Sauf indication contraire.

Estimations actualisées des services du FMI.

Une expansion rapide du crédit au secteur privé en 1995/96 a contribué à l’augmentation sensible de la demande intérieure ainsi qu’à des pressions sur les prix et le compte des transactions courantes. Le taux de change rupiah/dollar n’a cessé de se déprécier, traduisant l’écart d’inflation avec les pays partenaires, tandis que, dans le même temps, la Banque d’Indonésie a accru la flexibilité à court terme du taux de change en élargissant la bande d’intervention.

Le déficit des transactions courantes s’est creusé, passant de 1,8 % du PIB en 1994/95 à 3,4 % du PIB en 1995/96, du fait de la détérioration sensible de la balance commerciale, due à la hausse rapide des importations. Ce déficit a été financé par des entrées massives de capitaux et par une augmentation des réserves. Bien que le niveau d’endettement reste assez élevé, comparé à celui de certains autres pays asiatiques, la charge de la dette extérieure a diminué par rapport au PIB et aux exportations.

En mai 1995, le gouvernement a lancé un vaste train de réformes tarifaires généralisées qui doivent entrer en vigueur par étapes d’ici 2003. Ces mesures ont abaissé les droits de douane sur 6.000 produits et ont abouti à une réduction importante et immédiate du taux tarifaire moyen, ramené de 19½ % à 15 %. De nouvelles réductions tarifaires sont en outre prévues d’ici 2003, conformément à la procédure accélérée applicable au régime tarifaire préférentiel commun de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) qui vise à ramener le taux tarifaire moyen à 7 %.

Les administrateurs ont félicité les autorités pour les résultats économiques de l’Indonésie au cours des dernières années, en particulier la réduction appréciable de la pauvreté et l’amélioration de nombreux indicateurs sociaux, ainsi que la moindre dépendance à l’égard des secteurs du pétrole et du gaz et la libéralisation d’importants secteurs de l’économie. Les administrateurs ont noté que la persistance de pressions excessives de la demande et de fortes entrées de capitaux a posé d’importants défis pour les pouvoirs publics. La souplesse avec laquelle les autorités ont adapté le dosage des mesures économiques en fonction de l’évolution de la situation a été l’un des ingrédients de leur réussite et demeurera un atout essentiel pour relever ces défis.

La plupart des administrateurs ont jugé l’intensification de l’effort budgétaire essentielle pour contenir la demande. Tout en reconnaissant que la règle de l’équilibre budgétaire a bien servi le pays, ils sont dans l’ensemble convenus de l’opportunité de durcir davantage la politique de finances publiques, en utilisant les excédents pour rembourser la dette extérieure par anticipation. Les administrateurs ont préconisé le renforcement des recettes non pétrolières par une administration plus stricte de l’impôt, des mesures de mobilisation de recettes et l’élargissement de l’assiette des impôts actuels. Dans le même temps, de nombreux administrateurs recommandaient une hausse à moyen terme des dépenses publiques consacrées à l’éducation, aux services de santé et aux infrastructures.

Le Conseil a vigoureusement approuvé l’objectif de réduction de la masse monétaire au sens large poursuivi par les autorités en 1996. Les administrateurs ont approuvé l’importance accordée par les autorités au maintien de la libre circulation des capitaux, et ont salué les mesures déjà prises pour élargir la bande de fluctuation du taux de change et conférer plus de souplesse à la politique de change. Ce processus devrait être poursuivi, car il représente un volet capital des dispositifs visant à décourager les entrées de capitaux à court terme et à accroître l’efficacité de la politique monétaire. Pour réduire l’inertie de l’inflation, il conviendrait tout particulièrement de fixer des augmentations de salaires réglementées sur la base d’objectifs d’inflation prévisionnels. De plus, si le dosage de mesures contribue à réduire l’inflation et si les réformes structurelles sont accélérées pour maintenir la compétitivité, il devrait être possible de passer à un taux de change davantage déterminé par le marché, en insistant plus sur la réalisation de l’objectif d’inflation.

De l’avis du Conseil, d’autres réformes de vaste portée, touchant notamment le secteur financier et l’établissement d’un marché des capitaux solide, étaient essentielles pour maintenir une croissance rapide et soutenue. Les administrateurs ont vivement invité les autorités à remédier aux carences du secteur bancaire et en particulier à agir de façon énergique pour régler les problèmes des banques insolvables et recouvrer les créances improductives. Ils considéraient ces mesures comme capitales pour rendre l’économie moins vulnérable aux perturbations et réduire les aléas moraux. La poursuite de la déréglementation et de l’ouverture de l’économie aux marchés mondiaux étaient la clé du maintien de la compétitivité, et les administrateurs ont salué le récent abaissement des tarifs douaniers. Les administrateurs ont préconisé la libéralisation accélérée du commerce intérieur et extérieur des principaux produits de base afin d’améliorer l’équité et d’encourager les exportations autres que le pétrole. Plus généralement, ils ont vivement recommandé une plus grande transparence dans la mise en oeuvre des mesures de politique économique, grâce notamment à un cadre réglementaire et à un système fiscal assurant à tous l’égalité des chances.

République islamique d’Iran

Le Conseil a conclu les consultations au titre de l’article IV avec la République islamique d’Iran en août 1996. Après s’être attaquées aux difficultés en matière de changes survenues en 1992/93 dans le cadre du Premier plan de développement quinquennal (achevé en 1994/95), les autorités ont axé le Deuxième plan quinquennal de développement (1995/96-1999/2000) sur la stimulation de la croissance et la lutte contre l’inflation, dans un contexte d’ouverture et de libéralisation croissantes de l’économie. Dans le cadre de ce plan, le taux de croissance du PIB réel est passé de 1,6 % en 1994/95 à 3,1 % en 1995/96 (tableau 31). Au cours de cette période, l’inflation (en glissement annuel) a fait un bond de 35 % à 49 %, mais le taux sur douze mois a été ramené d’un sommet de 59 % en mai 1995 à 26 % en mai 1996. Bien qu’ils aient doublé au début de l’année, les prix intérieurs de l’énergie sont restés largement inférieurs aux prix internationaux en 1995/96.

Tableau 31République islamique d’Iran: indicateurs économiques1(Données disponibles lors de la réunion du Conseil en août 1996)
1992/931993/941994/951995/96
En pourcentage
Économie intérieure
Variation du PIB réel5,94,91,63,1
Variation des prix à la consommation (moyenne sur la période)24,422,935,249,4
Milliards de dollars2
Secteur extérieur
Exportations, f.à.b.19,918,119,418,3
Importations, f.à.b.23,319,312,612,8
Solde des transactions courantes‒7,3‒4,55,13,5
Solde du compte de capital3,7‒4,5‒2,9‒2,9
Réserves officielles brutes2,92,93,96,7
Solde des transactions courantes (en pourcentage du PIB)‒5,6‒5,67,73,9
Dette extérieure (en pourcentage du PIB)12,228,734,524,4
Service de la dette (en pourcentage des exportations de biens et services)13,927,1
En pourcentage du PIB2
Variables financières
Solde des opérations des administrations publiques‒1,2‒7,2‒4,5‒3,8
Épargne nationale brute29,823,632,033,2
Investissement national brut35,429,224,229,3
Variation de la masse monétaire au sens large (en pourcentage de la masse monétaire)24,734,829,437,0
Taux sur les dépôts à court terme (en pourcentage)7,58,08,08,0

Les données se rapportent à l’exercice budgétaire qui se termine le 20 mars.

Sauf indication contraire.

Les données se rapportent à l’exercice budgétaire qui se termine le 20 mars.

Sauf indication contraire.

Le déficit des finances publiques s’est encore réduit, tombant à 3,8 % du PIB en 1995/96, après être descendu à 4,5 % en 1994/95, par comparaison au sommet de 7,2 % atteint en 1993/94. Bien que le ratio recettes budgétaires totales/PIB ait diminué par rapport à l’année précédente, les autorités ont contenu les dépenses budgétaires compte tenu du niveau des recouvrements de recettes. Comme pendant les deux années précédentes, le déficit a été surtout imputable aux pertes de change extrabudgétaires.

La masse monétaire au sens large a augmenté de 37 % en 1995/96, contre 29 % l’année précédente. L’expansion des avoirs intérieurs nets (en partie causée par les concours bancaires au titre du service des dettes extérieures contractées avant mars 1994 par les entreprises publiques et le secteur privé) ainsi que celle des avoirs extérieurs nets ont alimenté la croissance. Le désalignement des taux d’intérêt réels, déjà négatifs en termes réels ces dernières années, s’est accentué à mesure que l’inflation a augmenté. La décélération ultérieure de celle-ci a réduit ce désalignement, mais la désintermédiation associée aux taux d’intérêt réels négatifs a contribué à une amorce de développement de nouveaux circuits d’intermédiation financière, notamment la bourse de Téhéran.

Dans le secteur extérieur, les autorités ont continué à consolider la position des réserves en 1994/95–1995/96, ramenant l’encours des arriérés extérieurs de plus de 11 milliards de dollars en mars 1994 à 315 millions de dollars en mars 1996. Cette amélioration a été favorisée par un redressement marqué du compte des transactions courantes, lui-même dû à la chute de près de 50 % des importations au cours de cette période, obtenue par une intensification du contrôle des importations et des restrictions de change institués en mai 1995. Dans le même temps, les exportations totales ont diminué de 5,6 % en 1995/96, car les exportations non pétrolières, touchées par l’imposition du contrôle des changes et le désalignement du taux de change à l’exportation, ont baissé de 33 %. Le déficit global du compte de capital est resté grosso modo inchangé par rapport à 1994/95 et la balance globale des paiements a affiché un excédent, pour la première fois depuis plusieurs années. Le contrôle des changes a suscité l’apparition d’un marché parallèle, sur lequel le taux de change s’est progressivement déprécié, de mai 1995 à juin 1996.

Les administrateurs ont noté que le système de change actuel freinait gravement l’investissement et la croissance du secteur non pétrolier. Ils ont encouragé les autorités à établir un calendrier ferme aboutissant à l’unification rapide des taux de change, dans le cadre du deuxième plan quinquennal de développement, et ont préconisé la levée des restrictions que comporte encore le système de change et de commerce. Les administrateurs ont aussi souligné qu’il importe de corriger les distorsions affectant depuis longtemps l’économie du fait de la forte subvention implicite de la consommation énergétique intérieure.

Les administrateurs ont encouragé les autorités à donner un tour encore plus rigoureux à la politique de finances publiques en comprimant le déficit, notamment en réduisant les pertes de change extrabudgétaires, et en diminuant sensiblement la dépendance à l’égard des recettes pétrolières. Ils ont noté à cet égard qu’il y aurait moyen d’améliorer la situation budgétaire en élargissant la base d’imposition intérieure par l’instauration d’une taxe à la valeur ajoutée et l’amélioration de l’administràtion fiscale, en réduisant l’écart entre les prix intérieurs et les prix internationaux de l’énergie, et en maîtrisant les dépenses publiques. Les administrateurs ont souligné la nécessité d’une politique de crédit et d’une politique monétaire prudentes, fondées sur un recours accru aux instruments du marché, notamment des taux d’intérêt réels positifs, pour abaisser l’inflation. Les administrateurs ont invité les autorités à encourager le développement d’un marché monétaire et d’un marché de valeurs mobilières solides en libéralisant l’allocation et le contrôle du crédit, et en renforçant le cadre réglementaire et prudentiel.

Les administrateurs ont félicité les autorités pour les progrès considérables réalisés au cours des deux dernières années dans la régularisation de la situation de la dette extérieure, la réduction de la vulnérabilité de la position des réserves de change et la lutte contre l’inflation, en dépit d’un environnement extérieur défavorable. Ces éléments positifs ont mis les autorités en mesure de définir et d’appliquer en temps opportun un vaste programme de réformes, qui devrait privilégier l’unification du taux de change à un niveau réaliste, l’abolition des restrictions de change et la libéralisation des importations, tout en renforçant sensiblement les finances publiques, en accompagnement d’une politique monétaire prudente.

Jordanie

Le Conseil a conclu les consultations au titre de l’article IV avec la Jordanie en février 1997 et a achevé la deuxième revue dans le cadre de l’accord élargi approuvé le 9 février 1996. Depuis la crise de la balance des paiements de la fin des années 80 et les troubles régionaux associés à la crise du Moyen-Orient en 1990-91, la Jordanie a réalisé des progrès remarquables sur la voie de la stabilité macroéconomique et de la croissance. En 1996, malgré un environnement extérieur difficile, les résultats économiques globaux sont restés satisfaisants. La croissance du PIB réel a été estimée à 5,2 % et le taux d’inflation sur douze mois est descendu à 2,5 % (tableau 32). Selon les estimations, le déficit des transactions courantes (dons compris) s’est rétréci, s’inscrivant à 3 % en 1996, contre 3,9 % en 1995, car le déficit commercial plus marqué que prévu, en raison de la vive augmentation des importations de denrées alimentaires (liée à la hausse des prix mondiaux) et de matériel de transport a été compensé par une accélération des envois de fonds des travailleurs. Le compte de capital a toutefois subi le contrecoup de l’évolution régionale et le déficit de la balance des paiements globales s’est creusé.

Tableau 32Jordanie: indicateurs économiques(Données disponibles lors de la réunion du Conseil en février 1997)
19931994199519961
En pourcentage
Économie intérieure
Variation du PIB réel5,68,16,95,2
Variation des prix à la consommation (fin de période)1,94,94,22,5
Milliards de dollars2
Secteur extérieur
Exportations, f.à.b.1,21,41,81,9
Importations, c.a.f.3,53,43,74,3
Solde des transactions courantes‒0,6‒0,4‒0,3‒0,2
Solde du compte de capital‒0,1‒0,00,20,2
Réserves officielles brutes0,60,40,40,7
Solde des transactions courantes (en pourcentage du PIB)‒11,7‒6,6‒3,9‒3,0
Dette extérieure (en pourcentage du PIB)121112103100
Service de la dette (en pourcentage des exportations de biens et services)35,930,626,324,9
Variation du taux de change effectif réel (en pourcentage)2,7‒3,8‒6,8
En pourcentage du PIB2
Variables financières
Solde des opérations des administrations publiques (dons non compris)‒5,9‒6,1‒5,3‒4,6
Épargne nationale brute (y compris les dons)25,727,929,432,0
Investissement national brut34,333,131,833,4
Variation de la masse monétaire au sens large (en pourcentage)6,98,06,62,0
Taux des certificats de dépôt à six mois de la Banque centrale de Jordanie (en pourcentage)4,17,99,09,5

Estimations des services du FMI.

Sauf indication contraire.

Estimations des services du FMI.

Sauf indication contraire.

Les bons résultats macroéconomiques de 1996 ont été dus à l’application soutenue par les autorités d’une politique ferme et bien adaptée aux circonstances. Des dispositions importantes ont été prises pour rééquilibrer les finances publiques, surtout par la maîtrise des dépenses. Les subventions pour les denrées alimentaires et les aliments du bétail ont été restructurées, et les dépenses consacrées à l’équipement et aux biens et services (hors salaires) ont été réduites. En conséquence, le déficit des finances publiques (hors dons) aurait, d’après les estimations, été ramené à 4,6 % du PIB en 1996, contre 5,3 % l’année précédente.

Malgré les incertitudes régionales et la dégradation des conditions économiques en Cisjordanie et à Gaza, des progrès sensibles ont été réalisés dans l’accumulation de réserves de change en 1996, dans le cadre de la politique de change consistant à maintenir un lien étroit entre le dinar jordanien et le dollar. Cette politique a fait intervenir des opérations d’open market assez importantes et un élargissement des écarts de taux d’intérêt. Il en est résulté une politique monétaire restrictive, avec une faible croissance de la masse monétaire et des avoirs intérieurs nets du système bancaire.

Des réformes structurelles ont été mises en oeuvre en ce qui concerne les finances publiques et le régime de protection sociale, le secteur financier, le commerce et le cadre réglementaire, pour ouvrir davantage l’économie jordanienne, encourager la concurrence, et faciliter l’investissement privé intérieur et extérieur. Bien que la privatisation ait progressé lentement, les institutions chargées de son exécution ont été établies.

Le Conseil s’est félicité de l’application résolue par les autorités de politiques d’ajustement et de réforme qui, malgré l’environnement extérieur difficile, ont conduit à une performance économique remarquable. Les administrateurs ont souligné que la poursuite de politiques macroéconomiques vigoureuses et l’intensification des réformes structurelles consoliderait les gains économiques et réduirait encore la vulnérabilité de la Jordanie à l’évolution de la situation extérieure.

Les administrateurs ont en général accueilli avec satisfaction le train de mesures envisagé pour 1997. Dans une perspective d’avenir, un certain nombre d’administrateurs ont souligné l’importance de nouvelles réformes des recettes budgétaires à moyen terme afin de mieux équilibrer la composition de l’ajustement budgétaire. De l’avis des administrateurs, des efforts redoublés pour lutter contre la pauvreté, notamment grâce au programme de productivité sociale appuyé par la Banque mondiale, étaient en outre essentiels pour réaliser un ajustement et des réformes soutenus.

Les administrateurs ont noté que la Jordanie avait continué à mener une politique monétaire dûment restrictive, accompagnée de réformes du secteur financier, et que la politique de change avait contribué à la stabilité financière. La politique monétaire devrait continuer d’être axée sur l’accumulation de réserves de change. Les administrateurs ont indiqué qu’au vu de la fluidité de la situation dans la région, les autorités devraient continuer à suivre l’évolution monétaire avec attention et infléchir leur action en cas de diminution imprévue de la demande de monnaie. À cet égard, ils ont souligné qu’il importait d’appliquer une politique de taux de change flexible et de surveiller la compétitivité extérieure.

Les administrateurs ont constaté que les vastes réformes structurelles des autorités portant sur le cadre réglementaire, le secteur financier et le système des subventions étaient en train de transformer l’économie jordanienne. Ils ont souligné qu’il convenait d’accélérer le rythme de la privatisation pour encourager l’activité du secteur privé et attirer des investissements directs étrangers tout à fait indispensables. Les administrateurs ont aussi appelé à des progrès dans la réforme du régime public de retraites et de la fonction publique.

Koweït

Le Conseil a conclu les consultations au titre de l’article IV avec le Koweït en août 1996. Les résultats économiques ont été en général satisfaisants au cours des trois années précédentes: la croissance globale du PIB nominal a été en moyenne de 11 %, et le programme de reconstruction et de remise en état du pays à la suite de l’occupation iraquienne a été mené à bien. En 1995, le raffermissement de la confiance du secteur privé et le niveau élevé des prix du pétrole vers la fin de l’année ont contribué à une vigoureuse croissance du PIB nominal de 8 % (tableau 33). L’inflation est restée faible.

Tableau 33Koweït: indicateurs économiques1(Données disponibles lors de la réunion du Conseil en août 1996)
19931994199519962
En pourcentage
Économie intérieure
Variation du PIB nominal23,61,68,01,9
Variation des prix à la consommation (moyenne sur la période)0,42,31,0
Milliards de dollars3
Secteur extérieur
Exportations, f.à.b.10,211,112,612,9
Importations, f.à.b.7,06,77,79,1
Solde des transactions courantes1,92,43,73,0
Investissements directs et investissements de portefeuille‒0,7‒1,0‒0,3‒0,4
Solde du compte de capital‒0,9‒1,5‒4,5‒3,8
Réserves officielles brutes43,63,73,63,6
Solde des transactions courantes (en pourcentage du PIB)8,19,613,911,1
Dette extérieure (en pourcentage du PIB)524,525,515,03,3
Variation du taux de change effectif réel (en pourcentage)‒2,1‒3,6‒0,2
En pourcentage du PIB3
Variables financières
Solde des opérations des administrations publiques‒22,4‒17,7‒11,7‒6,9
Épargne nationale brute (en pourcentage du PNB)31,035,329,0
Variation de la masse monétaire au sens large (en pourcentage)5,65,49,44,5
Taux interbancaire à trois mois (en pourcentage)7,436,277,076,84

Les données de finances publiques se rapportent à l’exercice budgétaire qui se termine en juin; toutes les autres données se rapportent à l’année civile.

Estimations des services du FMI.

Sauf indication contraire.

Il s’agit uniquement des réserves de la Banque centrale du Koweït.

Les chiffres se rapportent uniquement à la dette extérieure des administrations publiques.

Les données de finances publiques se rapportent à l’exercice budgétaire qui se termine en juin; toutes les autres données se rapportent à l’année civile.

Estimations des services du FMI.

Sauf indication contraire.

Il s’agit uniquement des réserves de la Banque centrale du Koweït.

Les chiffres se rapportent uniquement à la dette extérieure des administrations publiques.

Grâce à la hausse des recettes pétrolières et à la maîtrise des dépenses, la situation budgétaire s’est améliorée en 1994/95, puisque le déficit exprimé est tombé à 11,7 %du PIB, contre 17,7 % l’année précédente. La structure budgétaire est toutefois restée fragile. La dépendance du Koweït à l’égard des recettes pétrolières s’est accrue au cours des dernières années, à cause de la baisse de la contribution des revenus de placements aux recettes, conséquence des tirages massifs sur les avoirs extérieurs. En outre, après la libération du pays, les dépenses courantes au titre des salaires et traitements, des subventions et transferts intérieurs et de la défense ont évolué à la hausse.

Ébranlée par les bouleversements causés par l’invasion iraquienne, la confiance du secteur privé dans le secteur financier s’est ravivée grâce aux remboursements encourageants effectués dans le cadre du Programme de recouvrement des créances (qui visait les prêts improductifs du fait de l’effondrement du marché boursier informel en 1982 et lors de l’invasion de 1990).

L’amélioration globale des comptes budgétaires a eu des retombées positives sur la balance des paiements en 1995, l’excédent des transactions courantes atteignant l’équivalent de 13,9 % du PIB, contre 9,6 % en 1994. Le solde global a également bénéficié de l’inversion des sorties de capitaux liées à l’alerte militaire de 1994. La dette extérieure des administrations publiques a été ramenée de 25,5 % du PIB à la fin de 1994 à 12 % à la fin de mars 1996, car le prêt bancaire consortial consenti après la libération a été remboursé conformément au calendrier.

Le Conseil a félicité les autorités d’avoir appliqué avec succès le programme de reconstruction et de remise en état du pays, et d’avoir maintenu une croissance économique avec une faible inflation. Le Koweït a ainsi été mis en bonne position pour s’attaquer énergiquement aux problèmes économiques et financiers subsistants, et notamment rétablir une situation budgétaire solide, améliorer encore l’intégrité du système financier, réformer le marché du travail et créer des emplois. Les administrateurs ont noté avec satisfaction l’intégration de ces priorités d’action au Plan de développement quinquennal, soutenu par le projet de loi sur les privatisations soumis au parlement.

Les administrateurs ont noté que la réévaluation du rôle de l’Etat et l’élimination du déficit des finances publiques sont indispensables pour rétablir la tradition koweïtienne d’accumulation d’actifs pour les générations futures. Il faudra consentir un effort concentré en début de période, en commençant par réduire le déficit de façon appréciable en 1996/97, pour le résorber d’ici 1999/2000 comme prévu. À cette fin, les administrateurs ont recommandé de tailler dans les subventions et les transferts, de relever les taux des droits de douane et de contenir la masse salariale en ralentissant les nouveaux recrutements dans le secteur public. Les autorités devraient aussi prendre des mesures plus énergiques pour rationaliser les dépenses et renforcer la base d’imposition intérieure ainsi que l’administration fiscale.

Les administrateurs ont pris acte du retour de la confiance du secteur privé dans le système financier, dont témoignent le rapatriement des capitaux, la croissance des dépôts en monnaie nationale et étrangère, le rétrécissement de l’écart de taux d’intérêt entre les instruments en dinar koweïtien et en dollar, et l’essor du volume et des cours des valeurs mobilières. Ils ont recommandé l’application stricte du Programme de recouvrement des créances, ainsi que le renforcement du régime de réglementation et de contrôle, afin de rehausser encore la confiance.

Les administrateurs ont souligné que des mesures de réforme structurelle pourraient amortir l’impact de la réduction des dépenses publiques sur le secteur non pétrolier. Ils ont donc noté avec satisfaction l’intensification du programme de privatisations et de déréglementation. Ils ont aussi souligné qu’il convient d’améliorer la flexibilité et le fonctionnement du marché du travail en réduisant les distorsions du marché, notamment en éliminant l’écart de salaires et d’avantages sociaux favorisant l’emploi dans la fonction publique plutôt que dans le secteur privé, afin de promouvoir l’activité de ce dernier.

Les administrateurs ont félicité les autorités d’avoir maintenu un système de commerce et de paiements ouvert ainsi qu’un généreux programme d’aide extérieure. Ils ont aussi encouragé les autorités à accorder une plus haute priorité à l’amélioration du système statistique et de la transmission d’informations entre les organismes publics.

Malaisie

Le Conseil a conclu les consultations au titre de l’article IV avec la Malaisie en août 1996. L’économie a poursuivi ses bonnes performances en 1995, avec une croissance du PIB réel de 9½ % sur l’ensemble de l’année, tirée par des investissements et des exportations dynamiques, ainsi que par la reprise de la consommation privée (tableau 34). Les risques de surchauffe se sont accrus, car les pressions de la demande ont continué à s’intensifier au deuxième semestre de 1995. La croissance réelle de la demande intérieure a atteint 14½ % pour l’ensemble de l’année, l’utilisation des capacités a augmenté, l’écart de production s’est élargi et le marché du travail s’est encore tendu. Alors que la hausse des prix à la consommation a légèrement diminué pour s’établir à 3½ % (sous l’effet de la baisse des prix à l’importation en ringgit, du resserrement des conditions monétaires, de politiques visant à éliminer les contraintes pesant sur l’offre et à améliorer le réseau de distribution, et de mesures administratives), les pressions de la demande se sont en grande partie manifestées à travers le déficit des transactions courantes, qui a atteint 8½ % du PIB en 1995, soit une augmentation de 2½ % du PIB.

Tableau 34Malaisie: indicateurs économiques

(Données disponibles lors de la réunion du Conseil en août 1996)1

1996
199319941995Projections lors de la réunion du ConseilRésultats2
En pourcentage
Économie intérieure
Variation du PIB réel8,39,29,58,88,2
Taux de chômage3,02,92,82,82,6
Variation des prix à la consommation (fin de période)23,53,73,44,03,5
Milliards de dollars1
Secteur extérieur
Exportations, f.à.b.246,056,671,381,076,6
Importations, f.à.b.242,854,971,081,073,1
Solde des transactions courantes2‒2,9‒4,2‒7,0‒7,8‒5,2
Capitaux privés à long terme, net23,23,62,52,74,5
Solde du compte de capital210,81,56,411,29,2
Réserves officielles brutes (fin d’année)28,326,725,128,427,7
Solde des transactions courantes (en pourcentage du PIB)‒4,6‒5,9‒8,3‒8,2‒5,2
Dette extérieure (en pourcentage du PIB)42,837,537,541,538,1
Service de la dette (en pourcentage des exportations de biens et services)7,35,87,17,45,7
Variation du taux de change effectif réel (moyenne annuelle; en pourcentage)‒0,4‒3,20,44,2
En pourcentage du PIB1
Variables financières
Solde des opérations consolidées du secteur public2‒4,71,30,6‒1,01,2
Épargne nationale brute230,532,732,432,036,0
Investissement national brut235,138,740,740,141,2
Variation des liquidités totales (M3; fin d’année; en pourcentage)23,815,818,222,023,7
Taux interbancaire à trois mois (moyenne annuelle; en pourcentage)7,25,16,17,237,2

Sauf indication contraire.

Données officielles communiquées après la réunion du Conseil. Les données officielles pour 1993–95 étaient les suivantes: variation des prix à la consommation — 3,6 (1993); exportations — 71,6 (1995); importations — 71,5 (1995); solde des transactions courantes — -3,1 (1993), –4,6 (1994), –7,5 (1995); capitaux privés à long terme, net — 5,0 (1993), 4,3 (1994), 4,1 (1995); solde du compte de capital — 1,3 (1994), 7,4 (1995); solde des opérations consolidées du secteur public — -2,2 (1993), 3,5 (1994), 2,9 (1995); épargne nationale brute — 33,0 (1993), 34,0 (1994), 34,7 (1995); investissement national brut — 37,8 (1993), 40,4 (1994), 43,2 (1995).

Premier trimestre.

Sauf indication contraire.

Données officielles communiquées après la réunion du Conseil. Les données officielles pour 1993–95 étaient les suivantes: variation des prix à la consommation — 3,6 (1993); exportations — 71,6 (1995); importations — 71,5 (1995); solde des transactions courantes — -3,1 (1993), –4,6 (1994), –7,5 (1995); capitaux privés à long terme, net — 5,0 (1993), 4,3 (1994), 4,1 (1995); solde du compte de capital — 1,3 (1994), 7,4 (1995); solde des opérations consolidées du secteur public — -2,2 (1993), 3,5 (1994), 2,9 (1995); épargne nationale brute — 33,0 (1993), 34,0 (1994), 34,7 (1995); investissement national brut — 37,8 (1993), 40,4 (1994), 43,2 (1995).

Premier trimestre.

La politique monétaire a été durcie entre octobre 1995 et mai 1996, au moyen de relèvements des coefficients de réserves obligatoires et des taux interbancaires, et de restrictions aux prêts automobiles et immobiliers. L’excédent des administrations publiques a diminué de 2½ % du PIB pour s’établir à 1 % du PIB sur l’ensemble de l’année 1995. Les entrées de capitaux à long terme ont augmenté, mais les réserves ont diminué de 1,5 milliard de dollars, tombant à 25 milliards de dollars. Le taux de change, à la fois en termes nominaux et effectifs, est resté grosso modo constant en 1995, mais il s’est apprécié de quelque 3½% au cours des cinq premiers mois de 1996.

Dans le cadre du Sixième plan (1991-95), la plupart des objectifs macroéconomiques ont été atteints ou dépassés, sauf le relèvement visé du taux de l’épargne privée et, en corollaire, la réduction du déficit des transactions courantes. Puisque ce déficit a été largement financé par les investissements directs étrangers et que la croissance soutenue du PIB et des exportations s’est poursuivie, les indicateurs de la dette et de son service ont légèrement baissé sur l’ensemble de la période et se sont maintenus à un niveau faible par rapport à la norme internationale. L’incidence de la pauvreté a été ramenée de 17 % en 1990 à 9½ % en 1995. Dans le domaine des réformes structurelles, l’éducation de base a été progressivement étendue de 9 à 11 ans, et d’autres mesures structurelles, notamment des réformes touchant le marché du travail, la fiscalité, le commerce et le secteur financier, ont été mises en oeuvre.

Les administrateurs ont félicité les autorités des remarquables résultats économiques que la Malaisie continue d’enregistrer, et qui se sont marqués par une robuste croissance orientée vers l’extérieur, une faible inflation, et des progrès notables sur le plan social, dans la réduction de la pauvreté et l’amélioration de la répartition des revenus. La poursuite d’une gestion macroéconomique prudente et de réformes structurelles de vaste portée ont renforcé ces résultats. Les autorités ont pour tâche ardue de gérer la croissance rapide afin de préserver la stabilité macroéconomique essentielle à une croissance durable.

Les administrateurs voyaient dans les tensions sur les marchés des facteurs et l’élargissement du déficit des transactions courantes des signes de pressions persistantes de la demande. Bien que le taux d’épargne nationale soit élevé par rapport à la norme internationale et que le déficit des transactions courantes tienne en grande partie à la hausse des investissements, les administrateurs ont jugé que l’ampleur du déficit et le recours accru à des flux générateurs d’endettement présentaient des risques. Le Conseil a donc vivement engagé les autorités à prendre sans tarder des mesures pour atténuer la surchauffe et orienter nettement le déficit à la baisse. Étant donné les contraintes que fait peser sur la politique monétaire l’afflux des capitaux, la politique des finances publiques devrait avoir une place capitale dans le dosage de mesures nécessaire. Les administrateurs ont vivement engagé les autorités à contenir la dégradation du solde global du secteur public dont les projections font état pour 1996 et de rétablir l’excédent budgétaire en 1997. Ils ont salué l’intention des autorités d’étudier des propositions de compression des dépenses et de relèvement des recettes, notamment le réaménagement du calendrier des projets d’investissement public faiblement prioritaires, de nouvelles réductions des aides à l’investissement et l’instauration prochaine d’une taxe à la valeur ajoutée.

Compte tenu de la poursuite de la croissance rapide de la masse monétaire et du crédit, plusieurs administrateurs étaient partisans d’un nouveau durcissement de la politique monétaire et les administrateurs ont noté que puisque les autorités étaient disposées à donner plus de souplesse au taux de change, l’efficacité de la politique monétaire devrait s’en trouver accrue. Cependant, la difficulté de réduire sensiblement le déficit des transactions courantes par une augmentation de l’épargne privée, surtout à court terme, faisait ressortir la nécessité de recourir davantage à des mesures budgétaires pour relever l’épargne publique.

Les administrateurs ont observé que le niveau élevé de l’investissement et la croissance rapide de la productivité totale des facteurs sont de bon augure pour une croissance durable à l’avenir, sous réserve que le rythme de la libéralisation et des réformes structurelles soit maintenu. Le Conseil d’administration a approuvé les mesures destinées à renforcer le secteur des services, entre autres par des réformes fiscales. Les administrateurs ont aussi vivement recommandé des réformes du marché du travail, notamment un système de salaires plus souples, fondés sur la productivité, et un renforcement de l’éducation et de la formation. Il importait aussi de continuer les réformes financières, dont la déréglementation, pour promouvoir l’essor du marché obligataire et un recours accru aux instruments indirects de politique monétaire. La haute importance qu’il faudrait continuer d’accorder à la surveillance prudentielle des banques commerciales et des autres institutions financières faciliterait la poursuite de la libéralisation financière. Les administrateurs ont aussi vivement recommandé de nouvelles réformes commerciales et tarifaires ainsi que l’élimination du contrôle et de la réglementation des prix.

Mexique

Le Conseil d’administration a conclu les consultations au titre de l’article IV avec le Mexique en août 1996. Bien que les effets persistants de la crise financière de 1994 aient abouti à une contraction de la production d’environ 6,2 % en 1995, le PIB réel a augmenté de 2,8 % au premier trimestre de 1996, par rapport au dernier trimestre de 1995. Sous l’effet de la reprise, le taux de chômage déclaré est tombé de 7,4 % au troisième trimestre de 1995 à 5,4 % en mai 1996. Parallèlement, le taux d’inflation sur douze mois a été ramené de 52 % en décembre 1995 à 32 % en juin 1996.

Les résultats budgétaires ont été meilleurs que prévu en 1995, en raison surtout de la diminution des paiements au titre des salaires et du partage des recettes avec les États, et à un écart négatif des dépenses d’investissement par rapport aux prévisions. Les comptes budgétaires ont été beaucoup plus solides que prévu au premier trimestre de 1996, surtout du fait que les prix du pétrole mondiaux ont dépassé les prévisions, alors que les dépenses ont été moins élevées que prévu. Les restrictions qui pesaient sur la politique monétaire au début de 1995, en raison de retards dans le décaissement de prêts extérieurs qui avaient conduit à une augmentation des avoirs intérieurs nets et à une baisse des réserves internationales nettes, ont été atténuées à la mi-mars, à mesure que le financement extérieur est devenu disponible. En octobre et en novembre, une deuxième vague de perturbations sur le marché des capitaux a amené les autorités à durcir la politique monétaire. Au premier trimestre de 1996, les emprunts extérieurs de l’État, plus élevés que prévu, ont gonflé les réserves internationales et provoqué une baisse sensible des avoirs intérieurs nets.

Les principaux indicateurs financiers du Mexique se sont améliorés de façon régulière au premier semestre de 1996. L’indice du marché boursier a progressé de quelque 15 %. Le taux d’intérêt sur les bons du Trésor à 28 jours a été ramené de 50 % à 28 % et le peso s’est légèrement apprécié. Le Mexique a affiché un excédent commercial au cours des cinq premiers mois de 1996: les exportations et les importations de marchandises ont augmenté respectivement de 22 % et de 20 %.

Les administrateurs ont relevé avec satisfaction le redressement de l’activité économique et de l’emploi, la réduction marquée de l’inflation en 1996, et le renforcement de la balance des paiements. Ils ont observé que l’application rigoureuse de la politique monétaire visant à abaisser l’inflation avait contribué au recul des taux d’intérêt, dans un contexte de relative stabilité du taux de change. Cette situation a alors renforcé la confiance des investisseurs, ce qui a entraîné une hausse des flux de capitaux privés.

En dépit de l’amélioration des résultats économiques, les administrateurs ont souligné que des sujets de préoccupation subsistaient. En particulier, le système bancaire demeurait fragile et les portefeuilles de prêts improductifs des banques avaient continué de s’accroître, quoique à un rythme plus lent, ce qui avait nécessité divers programmes de soutien. Les administrateurs étaient préoccupés par les coûts budgétaires élevés de ces programmes et le risque moral qu’ils créent; ils ont salué l’intention des pouvoirs publics de ne pas apporter davantange d’aide directe aux débiteurs des banques par l’intermédiaire de nouveaux programmes.

Le Conseil a souligné que les autorités devaient continuer à résister aux pressions en faveur de la détente des politiques et se tenir prêtes à prendre au besoin des mesures compensatoires pour réaliser les principaux objectifs du programme. Il conviendrait d’appliquer une politique monétaire stricte et soutenue pour réduire l’inflation, qui restait plus élevée que prévu.

Les administrateurs ont noté que le Mexique devrait faire face à plusieurs grands défis au cours des prochaines années. Avant tout, il importait d’améliorer de toute urgence la performance de la croissance économique pour relever le niveau de vie de la population. De nouvelles réformes de la fiscalité et des dépenses seraient indispensables pour maintenir la discipline budgétaire à moyen terme. Il était essentiel de rétablir et préserver la stabilité macroéconomique pour renforcer la confiance des investisseurs et faciliter l’accès du Mexique à l’aide financière extérieure à long terme, surtout compte tenu du gonflement prévu des paiements au titre du service de la dette extérieure en 1998-2000. Ces mesures devaient s’accompagner d’un accroissement de l’épargne intérieure afin de maintenir le déficit des transactions courantes à un niveau supportable. Les administrateurs ont noté avec satisfaction l’intention des autorités de définir un programme global à moyen terme destiné à consolider les efforts de stabilisation et de réforme structurelle en cours et ont envisagé favorablement l’intention du gouvernement de solliciter l’appui du FMI pour ce programme, qui, selon eux, devrait être axé sur les mesures structurelles.

Depuis la discussion du Conseil d’administration, la reprise économique s’est affermie. Le PIB réel a progressé de 5,1 % en 1996, alors que les projections antérieures (effectuées avant la réunion du Conseil) tablaient sur 3,6 % (tableau 35). Le taux d’inflation sur douze mois est tombé à 27,7 % en fin d’année, contre 52 % en décembre 1995. À la fin de 1996, le taux de chômage était descendu à un niveau proche de ceux relevés avant la crise. Le déficit des transactions courantes en 1996 a été estimé à environ la moitié (0,5 % du PIB) du montant dont faisaient état les projections antérieures (1,2 % du PIB), ce qui a contribué à une hausse des réserves internationales nettes de 5,8 milliards de dollars, soit plus que quatre fois l’objectif de 1,4 milliard de dollars retenu dans le programme. Principalement en raison des prix du pétrole plus solides que prévu, le solde global du secteur public a enregistré un léger excédent de 0,2 % du PIB, au lieu d’être simplement équilibré comme le prévoyait le programme. Grâce au raffermissement continu de la confiance, les entrées de capitaux sont restées abondantes, ce qui a contribué à une appréciation du taux de change effectif réel de 9,9 % en 1996, après une dépréciation réelle de 95,9 % en 1995. Les entrées de capitaux ont aussi permis de restructurer la dette extérieure en allongeant l’échéancier, désormais assorti de taux d’intérêt plus favorables. En janvier 1997, les autorités mexicaines ont liquidé la totalité de l’encours de leurs obligations dans le cadre du Fonds de stabilisation des changes des États-Unis (3,5 milliards de dollars), et, au premier trimestre de 1997, le Mexique a effectué des rachats anticipés auprès du FMI d’une valeur totale de 2,3 milliards de dollars.

Tableau 35Mexique: indicateurs économiques

(Données disponibles lors de la réunion du Conseil en août 1996)1

1996
199319941995Projections lors de la réunion du ConseilRésultats2
En pourcentage
Économie intérieure
PIB (variation annuelle)2,04,4‒6,23,65,1
Taux de chômage (moyenne)3,43,76,35,55,5
Taux d’inflation (fin de période)8,07,152,025,027,7
Milliards de dollars1
Secteur extérieur
Exportations351,960,979,596,0
Importations3‒65,4‒79,3‒72,5‒89,5
Solde des transactions courantes‒23,4‒29,7‒1,6‒3,4‒1,9
Investissements directs4,411,09,56,37,6
Investissements de portefeuille428,98,2‒9,714,2
Solde du compte de capital532,514,615,43,3
Réserves officielles brutes25,36,517,116,619,5
Solde des transactions courantes (en percentage du PIB)‒5,8‒7,0‒0,5‒1,2‒0,6
Dette extérieure (en pourcentage du PIB)32,733,859,356,649,3
Service de la dette (en pourcentage des exportations de biens et services non facteurs et des transferts)26,227,724,728,0
Variation du taux de change effectif réel66,414,095,9‒9,9
En pourcentage du PIB1
Variables financières
Solde des opérations des administrations publiques70,7‒0,10,0‒0,1
Épargne nationale brute15,214,719,217,820,3
Investissement intérieur brut21,021,719,719,020,9
Variation de la masse monétaire (M4; en pourcentage)26,524,120,730,1
Taux d’intérêt nominal (en pourcentage)815,014,148,429,031,4

Sauf indication contraire.

Estimations actualisées des services du FMI.

Y compris les maquiladoras (entreprises en zone franche).

Investissements en actions, placements en obligations privées ou publiques sur les marchés internationaux et achat d’effets publics par les étrangers.

Y compris les engagments envers le FMI ainsi que tous les concours financiers accordés au Mexique en 1995 par d’autres créanciers.

Taux de change réel en fin de période sur la base du coût relatif de l’unité de main-d’oeuvre dans le secteur manufacturier; un signe positif correspond à une dépréciation du peso.

Les données relatives à l’ensemble des administrations publiques n’existent pas. Les chiffres se rapportent à l’ensemble du secteur public non financier (administration centrale plus entreprises).

Sur les bons du Trésor à un mois (moyenne des adjudications primaires).

Sauf indication contraire.

Estimations actualisées des services du FMI.

Y compris les maquiladoras (entreprises en zone franche).

Investissements en actions, placements en obligations privées ou publiques sur les marchés internationaux et achat d’effets publics par les étrangers.

Y compris les engagments envers le FMI ainsi que tous les concours financiers accordés au Mexique en 1995 par d’autres créanciers.

Taux de change réel en fin de période sur la base du coût relatif de l’unité de main-d’oeuvre dans le secteur manufacturier; un signe positif correspond à une dépréciation du peso.

Les données relatives à l’ensemble des administrations publiques n’existent pas. Les chiffres se rapportent à l’ensemble du secteur public non financier (administration centrale plus entreprises).

Sur les bons du Trésor à un mois (moyenne des adjudications primaires).

Tanzanie

Le Conseil a conclu les consultations au titre de l’article IV avec la Tanzanie en novembre 1996. Après une croissance moyenne de quelque 3,7 % par an au cours des trois années précédentes le PIB réel, tiré par l’agriculture, a, selon les estimations, progressé de 4,5 % en 1995/96 (tableau 36). Bien que l’activité manufacturière ait continué à décliner, en particulier à cause de l’inefficacité du secteur parapublic, les entreprises nouvellement privatisées ont connu un vif essor. Le ralentissement de l’expansion monétaire et l’amélioration de la production agricole ont ramené le taux d’inflation sur douze mois à 22,7 % en juin 1996 et à 18 % en août 1996, par rapport au pic de 38 % enregistré en février 1995.

Tableau 36Tanzanie: indicateurs économiques1(Données disponibles lors de la réunion du Conseil en novembre 1996)
1993/9421994/9521995/962
En pourcentage
Économie intérieure
Variation du PIB réel3,53,84,5
Variation des prix à la consommation (moyenne sur la période)30,234,025,7
Millions de dollars3
Secteur extérieur
Exportations, f.à.b.485,9592,9659,1
Importations, c.a.f.‒1.590,5‒1.509,7‒1.538,9
Solde des transactions courantes4‒1.075,8‒861,7‒835,9
Investissements directs563,067,3105,6
Solde du compte de capital256,6113,9118,8
Variation des réserves officielles brutes (- = augmentation)‒11,751,215,0
Solde des transactions courantes (en pourcentage du PIB)5‒30,5‒20,6‒16,2
Dette extérieure (en pourcentage du PIB)194,7171,8143,7
Service de la dette (en pourcentage des exportations de biens et services)659,941,638,4
Variation du taux de change effectif réel (en pourcentage; fin de période)‒3,5‒3,822,2
En pourcentage du PIB3
Variables financières
Solde des opérations de l’administration centrale4‒7,9‒6,9‒4,9
Épargne nationale brute6,89,911,7
Investissement national brut729,426,627,7
Variation de la masse monétaire au sens large (en pourcentage)35,037,715,0
Taux d’intérêt (en pourcentage)838,251,522,0

Les données se rapportent à l’exercice budgétaire (juillet-juin).

Données communiquées par les autorités tanzaniennes; estimations des services du FMI.

Sauf indication contraire.

Dons non compris.

Le produit des privatisations (32 millions de dollars) est inclus dans les recettes de l’exercice 1995/96.

Non compris la dette envers le FMI; avant rééchelonnement.

Sur la base des données de la comptabilité nationale, qui ne sont pas tout à fait cohérentes avec les données de la balance des paiements.

Taux d’escompte de la Banque de Tanzanie, fin de période.

Les données se rapportent à l’exercice budgétaire (juillet-juin).

Données communiquées par les autorités tanzaniennes; estimations des services du FMI.

Sauf indication contraire.

Dons non compris.

Le produit des privatisations (32 millions de dollars) est inclus dans les recettes de l’exercice 1995/96.

Non compris la dette envers le FMI; avant rééchelonnement.

Sur la base des données de la comptabilité nationale, qui ne sont pas tout à fait cohérentes avec les données de la balance des paiements.

Taux d’escompte de la Banque de Tanzanie, fin de période.

Le nouveau gouvernement élu en novembre 1995 s’est trouvé confronté à de graves déficiences de la gestion des finances publiques et des institutions financières. Dans le domaine des finances publiques, ces carences se manifestaient par la faiblesse de l’administration des impôts, aggravée par une multitude d’exonérations et de cas d’évasion fiscale, de sorte que les recouvrements de recettes restaient en deçà de leur niveau potentiel. La mauvaise maîtrise des dépenses minait aussi la gestion des finances publiques. La prépondérance d’une large gamme d’allocations dans la masse salariale des administrations publiques ainsi que l’incapacité d’éliminer les activités peu prioritaires ont contribué à des dépassements de dépenses. Dans le secteur financier, les carences institutionnelles nuisaient à l’efficacité des instruments monétaires indirects, censés favoriser une plus grande efficience des services financiers.

Pour remédier aux faiblesses budgétaires au premier semestre de l’exercice 1995/96 (juillet-juin), le gouvernement a adopté un mini-budget comprenant à la fois des mesures de mobilisation de recettes et des coupes dans les dépenses. De ce fait, pour l’ensemble de 1995/96, le déficit global des administrations publiques s’est élevé à 3,3 % du PIB, contre un déficit de 5,8 % du PIB en 1994/95. L’amélioration des finances publiques en 1995/96 a contribué de façon décisive à ramener le taux de croissance de la masse monétaire au sens large à 15 % au cours de l’exercice clos en juin 1996, contre 38 % l’année précédente. Le plafonnement du crédit aux banques d’Etat et des ventes de devises par la Banque de Tanzanie a aussi contribué à ralentir le rythme de l’expansion monétaire. Au deuxième semestre de 1995/96, le gouvernement a aussi adopté plusieurs mesures structurelles destinées à remédier aux carences institutionnelles susmentionnées.

Malgré une légère dégradation des termes de l’échange, la position extérieure s’est redressée en 1995/96. Le volume des importations a diminué, sous l’effet du resserrement des contrôles douaniers et des incertitudes liées à une année d’élections. Le déficit des transactions courantes (hors dons) a été ramené à 16,2 % du PIB en 1995/96, contre 20,6 % du PIB en 1994/95. Les réserves officielles brutes sont tombées de l’équivalent de 8,8 semaines d’importations à la fin de juin 1995 à l’équivalent de 8,1 semaines d’importations à la fin de juin 1996, mais sont remontées à l’équivalent de 10,0 semaines d’importations à la fin d’août 1996, du fait de l’achat de devises étrangères par la Banque de Tanzanie pendant la saison des exportations traditionnelles.

Tout en saluant l’amélioration sensible de la performance macroéconomique de la Tanzanie, les administrateurs ont souligné que la situation financière demeurait fragile. De ce fait, ils ont insisté sur l’importance de politiques financières et de réformes structurelles énergiques, notamment le rééquilibrage des finances publiques et la réforme du secteur financier, pour stabiliser l’économie, soutenir une croissance plus diversifiée et relever le niveau de vie.

Les administrateurs ont applaudi les initiatives prises par le nouveau gouvernement pour remédier aux déséquilibres budgétaires et aux obstacles structurels qui entravent une saine gestion financière. Ils ont noté avec satisfaction la réforme des traitements dans la fonction publique, l’établissement de la direction des contributions et le renforcement des procédures budgétaires et de contrôle des dépenses. Constatant la détermination des autorités à accroître la transparence du service public et à le responsabiliser, quelques administrateurs ont encouragé les pouvoirs publics à redoubler d’efforts dans la lutte contre la corruption. Les administrateurs ont déploré que l’instauration de la taxe à la valeur ajoutée ait été différée et ont noté qu’il importait d’améliorer l’administration fiscale et d’élargir l’assiette de l’impôt. En particulier, l’extension des activités de la direction des contributions à Zanzibar, conjuguée à l’harmonisation prévue des taxes à l’importation, supprimerait une source importante d’évasion fiscale. Les administrateurs ont souligné que la Tanzanie devrait s’efforcer de remplir ses objectifs budgétaires sans accumuler d’arriérés intérieurs.

Sur le plan des réformes structurelles, les administrateurs se sont félicités des progrès accomplis jusqu’à présent, mais ont souligné qu’il importait d’intensifier la réforme parapublique et d’approfondir la réforme du secteur financier. Les administrateurs se sont inquiétés des risques pour la stabilité macroéconomique et la capacité de la banque centrale d’appliquer une politique monétaire efficace que présentaient les graves problèmes des banques d’État, en particulier la Banque nationale de commerce, dont la privatisation paraissait nécessaire à de nombreux administrateurs. Ils ont vivement invité les autorités à s’attaquer à ces problèmes sans tarder et à faire davantage jouer la concurrence dans le secteur bancaire.

Les administrateurs ont loué les autorités pour la libéralisation du régime de commerce et de change qui a été menée à bien, permettant à la Tanzanie d’accepter en juillet 1996 les obligations découlant de l’article VIII des Statuts du FMI. Les administrateurs ont vivement engagé les autorités à régler les arriérés de paiements extérieurs dans les meilleurs délais. Observant que l’économie tanzanienne restait vulnérable aux perturbations extérieures, les administrateurs ont indiqué qu’un engagement soutenu en faveur du programme à moyen terme et de son exécution intégrale serait nécessaire pour que le soutien des donateurs se poursuive.

Les données disponibles après les consultations indiquent que l’amélioration de la situation budgétaire pendant la période de juillet à décembre 1996 a dépassé les prévisions. Grâce à la bonne tenue des recettes et à la stricte maîtrise des dépenses, l’État a été en mesure de dégager une épargne équivalant à 1,4 % du PIB annuel. Les remboursements nets des administrations publiques au système bancaire ont maintenu la croissance de la masse monétaire à 9 % à la fin de décembre 1996, ce qui a contribué à faire descendre l’inflation à 14 % à la fin de janvier 1997. La position extérieure s’est sensiblement redressée surtout sous l’effet du raffermissement du solde des transactions courantes, et les réserves officielles brutes de la Banque de Tanzanie atteignaient l’équivalent de 16 semaines d’importations à la fin de décembre 1996.

Thaïlande

Le Conseil d’administration a conclu les consultations au titre de l’article IV avec la Thaïlande en juillet 1996. En réaction à la reprise économique mondiale, la surchauffe est réapparue en Thaïlande en 1995 et au premier trimestre de 1996. Pour l’ensemble de 1995, la demande est restée vigoureuse, puisque le PIB, tiré par les investissements et les exportations, s’est accru de près de 9 % (tableau 37). De ce fait, les marchés des facteurs se sont encore tendus, le taux de chômage diminuant légèrement, pour s’établir à 2½ %. L’inflation moyenne a atteint 5,8 % en 1995, un sommet depuis 1991, et est restée élevée au premier trimestre de 1996, ce qui reflète la hausse des cours mondiaux des produits de base ainsi que la vigueur de la demande, les augmentations salariales et les effets des inondations.

Tableau 37Thaïlande: indicateurs économiques

(Données disponibles lors de la réunion du Conseil en juillet 1996)1

1996
1993199419952Projections lors de la réunion du ConseilRésultats3
En pourcentage
Économie intérieure
Variation du PIB réel8,38,88,78,36,7
Taux de chômage2,62,62,52,0
Variation des prix à la consommation (moyenne sur la période)3,35,05,86,05,9
Milliards de dollars1
Secteur extérieur
Exportations, f.à.b.36,644,656,063,954,7
Importations, c.a.f.45,153,470,980,570,8
Solde des transactions courantes‒6,1‒7,8‒13,1‒14,5‒14,4
Investissements directs, net1,40,91,31,417,1
Investissements de portefeuille, net3,91,23,21,1
Solde du compte de capital10,512,222,020,518,0
Réserves officielles brutes25,430,337,043,038,7
Solde des transactions courantes (en pourcentage du PIB)‒5,4‒5,6‒8,1‒7,9‒8,0
Dette extérieure (en pourcentage du PIB)41,745,349,552,449,9
Service de la dette (en pourcentage des exportations de biens et services)10,911,411,012,411,4
Variation du taux de change effectif réel (en pourcentage)0,9‒0,5‒0,96,6
En pourcentage du PIB1
Variables financières
Opérations de l’ensemble du secteur public40,91,62,52,52,2
Épargne intérieure brute35,035,635,035,734,5
Investissement national brut40,441,243,143,642,5
Variation de la masse monétaire au sens large (en pourcentage)18,412,917,017,312,6
Taux prêteur interbancaire (en pourcentage; fin de période)54,387,2212,1

Sauf indication contraire.

Estimations des services du FMI.

Données actualisées des services du FMI.

Exercices budgétaires se terminant le 30 septembre.

Moyenne pondérée.

Sauf indication contraire.

Estimations des services du FMI.

Données actualisées des services du FMI.

Exercices budgétaires se terminant le 30 septembre.

Moyenne pondérée.

La politique monétaire a été progressivement durcie et l’excédent global du secteur public s’est accru. Néanmoins, le déficit des transactions courantes a atteint 8 % du PIB, mais a été plus que comblé par les entrées de capitaux. Celles-ci sont restées abondantes au début de 1996, provoquant une certaine pression à la baisse sur les taux d’intérêt. Les lents progrès réalisés dans la réduction du déficit des transactions courantes ont été en partie imputables au fait que la hausse de l’épargne privée n’a pas suffi pour suivre le rythme des investissements. La dette extérieure, dont environ la moitié était à court terme, est passée de quelque 39 % du PIB en 1991 à 49,5 % du PIB en 1995.

Sur le plan structurel, bien que la pauvreté ait été considérablement réduite au cours des dernières années, les écarts de revenus entre les zones rurales et urbaines ont continué de se creuser et la répartition des revenus s’est dégradée. La construction d’infrastructures pour réduire les goulets d’étranglement a été temporairement retardée à cause d’un changement de gouvernement. Des mesures ont été prises pour améliorer l’éducation et la formation, notamment en accroissant le taux de passage du cycle primaire au secondaire, mais des pénuries de maind’oeuvre qualifiée subsistaient.

Les administrateurs ont vivement loué les remarquables résultats économiques de la Thaïlande et l’application persévérante de bonnes politiques macroéconomiques par les autorités. Ils ont noté que les politiques financières avaient été affermies en 1995, en réaction à l’élargissement du déficit des transactions courantes et au regain de l’inflation, et que ces mesures avaient commencé à porter leurs fruits, mais ils ont mis en garde les autorités contre toute complaisance.

Les administrateurs ont approuvé l’intention des autorités de maintenir l’austérité monétaire. Les autorités avaient toutefois tenté de faire face à la libéralisation croissante des mouvements de capitaux et aux entrées de capitaux abondants et instables par un dosage de mesures monétaires et prudentielles, soutenues tout récemment par un dispositif de contrôle des entrées de capitaux à court terme fondé sur les prix. Les administrateurs ont estimé que ces palliatifs ne sauraient remplacer des mesures plus fondamentales à moyen terme.

La stabilité du baht a bien servi l’économie thaïlandaise par le passé, mais les administrateurs ont recommandé d’accroître la souplesse du taux de change pour améliorer l’autonomie monétaire et réduire les incitations à l’entrée de capitaux à court terme. Cette souplesse accrue devrait être étayée par l’établissement de nouveaux instruments monétaires indirects et un moindre recours à l’encadrement du crédit.

L’aggravation récente du déficit des transactions courantes a rendu la Thaïlande plus vulnérable aux perturbations économiques et aux changements d’opinion défavorables de la part des marchés. D’une part, ont noté les administrateurs, les paramètres économiques fondamentaux sont restés en général très solides, puisque la Thaïlande affichait des niveaux d’épargne et d’investissement élevés, un excédent du secteur public, une vive croissance des exportations au cours des dernières années, et des ratios de la dette et du service de la dette viables. D’autre part, le niveau des entrées de capitaux et de l’endettement à court terme était plutôt élevé. En outre, les limites des moyens d’action actuels restreignaient la capacité dont disposaient les autorités pour gérer les chocs. La prudence s’imposait quant au recours à l’épargne étrangère, ont fait observer les administrateurs, et des mesures rapides étaient indispensables pour réduire le déficit des transactions courantes. Bien que la politique de finances publiques puisse jouer un rôle à court terme, il faudrait privilégier à moyen terme des mesures destinées à accroître l’épargne privée.

Les administrateurs ont noté que la remarquable performance de la croissance en Thaïlande devait beaucoup à des politiques structurelles axées sur une forte croissance de la productivité totale des facteurs. Ils ont encouragé les autorités à maintenir et à renforcer l’élan des réformes, en particulier dans les secteurs financier et commercial, et ont recommandé un nouveau renforcement de la surveillance du secteur bancaire. De nombreux progrès ont été réalisés dans la réduction de la pauvreté, mais compte tenu de la dégradation très préoccupante de la répartition des revenus, les autorités pourraient s’efforcer d’avoir plus d’impact sur ce front. Les administrateurs ont salué les mesures visant à améliorer l’enseignement. Ils ont invité les autorités à redoubler d’efforts pour améliorer la base statistique.

Uruguay

Le Conseil a conclu les consultations au titre de l’article IV avec l’Uruguay en juillet 1996, ainsi qu’une première revue au titre de l’accord de confirmation approuvé en mars 1996. En 1995, le PIB réel a diminué d’environ 2,0 % et le chômage a augmenté sensiblement. Le déclin de la production s’est poursuivi au début de 1996 dans le bâtiment, le commerce et l’industrie, mais la production agricole s’est accrue. Le taux d’inflation sur douze mois est tombé de 44 % en 1994 à 30 % en mai 1996.

Le déficit global du secteur public a été ramené à 1,75 % du PIB en 1995, contre 3 % en 1994. La masse salariale et les dépenses au titre de biens et services de l’administration centrale ont été modérées et les dépenses d’équipement ont été réduites à une moindre fraction du PIB. Les dépenses sociales ont par contre progressé, à mesure que l’inflation s’est ralentie. Bien que l’effet net sur les recettes du train de mesures fiscales mis en oeuvre en mai 1995 ait été positif, les recettes fiscales ont diminué en pourcentage du PIB, ce qui traduisait une chute marquée de la demande intérieure.

L’expansion de la monnaie en circulation a été ramenée de 43 % en 1994 à quelque 31 % pendant l’année close en mai 1996, et la croissance de la masse monétaire au sens large et du crédit au secteur privé s’est aussi ralentie. Le taux d’intérêt sur les bons du Trésor à court terme a aussi baissé considérablement durant cette période, tout comme le taux de base.

La position extérieure de l’Uruguay s’est renforcée en 1995 et au début de 1996, le déficit des transactions courantes ayant été ramené de 2 % du PIB en 1995 à 1,8 % du PIB en mars 1996 (tableau 38). Néanmoins, la croissance des exportations s’est ralentie pendant la même période, sous l’effet du fléchissement de la demande de l’Argentine et du Brésil. Le taux mensuel de dépréciation de la bande de fluctuation du taux de change vis-à-vis du dollar, qui était resté inchangé à 2 % depuis 1992, est descendu à 1,8 % en avril 1996. En termes effectifs réels, le peso uruguayen s’est apprécié de 3½ % depuis le début de 1995 jusqu’à avril 1996, et affichait à peu près 14 % d’appréciation par rapport à son niveau moyen en 1990-95.

Tableau 38Uruguay: indicateurs économiques

(Données disponibles lors de la réunion du Conseil en juillet 1996)1

1996
199319941995Projections lors de la réunion du ConseilRésultats2
En pourcentage
Économie intérieure
Variation du PIB réel3,06,8‒2,44,9
Taux de chômage (fin de période)7,69,911,111,9
Variation des prix à la consommation (fin de période)52,944,135,423,624,3
Milliards de dollars1
Secteur extérieur
Exportations, f.à.b.1,61,92,12,32,4
Importations, c.a.f.‒2,3‒2,7‒2,8‒2,9‒3,3
Solde des transactions courantes‒0,3‒0,4‒0,3‒0,3‒0,3
Solde du compte de capital0,60,70,60,30,4
Réserves officielles brutes1,41,71,81,9
Solde des transactions courantes (en pourcentage du PIB)‒2,6‒2,7‒2,0‒1,7‒1,5
Dette extérieure (en pourcentage du PIB)38,535,534,034,333,8
Service de la dette (en pourcentage des exportations de biens et services)23,023,528,325,419,4
Variation du taux de change effectif réel (en pourcentage; fin de période)15,5‒1,63,22,6
En pourcentage du PIB1
Variables financières
Solde des opérations consolidées du secteur public‒1,9‒3,1‒1,7‒1,3‒1,7
Épargne nationale brute12,012,012,111,411,7
Investissement intérieur brut14,614,614,113,113,2
Variation de la masse monétaire au sens large (en pourcentage)36,037,331,623,236,9
Taux d’intérêt (en pourcentage)348,244,739,429,2

Sauf indication contraire.

Données actualisées des services du FMI.

Pour 1993, taux des bons Banque centrale; pour les années suivantes, taux des bons du Trésor à échéance inférieure ou égale à 63 jours.

Sauf indication contraire.

Données actualisées des services du FMI.

Pour 1993, taux des bons Banque centrale; pour les années suivantes, taux des bons du Trésor à échéance inférieure ou égale à 63 jours.

Les administrateurs ont félicité les autorités des progrès réalisés pendant l’année passée dans le redressement des finances publiques et l’application de réformes structurelles, qui ont aidé à réduire la vulnérabilité extérieure de l’Uruguay face au fléchissement de la demande de ses principaux partenaires économiques au cours de cette période. Les administrateurs se sont toutefois déclarés préoccupés par la persistance d’une inflation élevée, la baisse sensible de la production et la hausse du chômage. Pour soutenir une croissance rapide de la production et de l’emploi à moyen terme, il faudrait relever l’épargne et l’investissement.

Le Conseil a souligné qu’il était urgent de réduire l’inflation. À cette fin, le rééquilibrage des finances publiques devait être poursuivi en 1996. Il convenait aussi de prendre des mesures pour élargir la base d’imposition et améliorer l’administration des impôts et des cotisations de sécurité sociale, tout en surveillant étroitement les résultats financiers des entreprises publiques.

Les administrateurs ont vivement engagé les autorités à persévérer et à ne pas retarder leur plan de ralentissement de la dépréciation de la bande de fluctuation du taux de change, conformément à l’objectif d’inflation et grâce au soutien de politiques financières et salariales suffisamment modérées. Dans le même temps, pour améliorer la compétitivité extérieure et accroître la productivité, les administrateurs ont vivement engagé les autorités à accélérer la révision de la fiscalité et les réformes structurelles. Il était notamment de la plus haute importance d’adopter un train de mesures budgétaires qui comporte une réduction des charges sociales des employeurs, un allongement de la période d’ajustement des salaires et la suppression des accords d’indexation des salaires sur l’inflation passée, ainsi que d’autres mesures de nature à réduire comme prévu le déficit des finances publiques en 1996, ainsi d’ailleurs qu’en 1997.

Les administrateurs ont souligné que la politique du crédit devait continuer d’être restrictive jusqu’à ce qu’il apparaisse clairement que l’ajustement budgétaire était en cours et que l’inflation diminuait comme prévu. Dans ce contexte, les administrateurs ont salué l’intention des pouvoirs publics de restreindre l’expansion du crédit consenti par les banques d’État.

Les administrateurs ont félicité les autorités de l’application de la réforme du principal régime de sécurité sociale et les ont encouragées à faire le nécessaire pour assurer l’adoption rapide d’une législation visant à réformer les autres régimes de sécurité sociale. Ils ont noté avec satisfaction les efforts en cours pour mettre en oeuvre la réforme de l’administration centrale. Ces efforts, de même que les changements institutionnels et les autres mesures destinées à renforcer l’administration fiscale, contribueraient à dégager des fonds publics permettant de réduire encore à moyen terme l’imposition des producteurs. Les administrateurs ont invité les autorités à développer davantage le secteur privé en approfondissant la déréglementation et les privatisations et en accélérant la restructuration prévue des banques d’État pour améliorer l’efficience économique et faire croître l’investissement privé. Les administrateurs étaient d’avis que les pouvoirs publics devraient aussi s’efforcer d’accroître la portée de la libéralisation des échanges.

République du Yémen

En juillet 1996, le Conseil a conclu les consultations au titre de l’article IV avec la République du Yémen et a achevé la première revue au titre de l’accord de confirmation approuvé le 20 mars 1996. Pour inverser les résultats macroéconomiques décevants de 1990-94, les autorités ont lancé en 1995, et renforcé en 1996, dans le cadre de l’accord de confirmation, un programme d’ajustement financier et de réformes structurelles. Ce vaste programme comprenait un ajustement considérable des finances publiques, la cessation des emprunts auprès des banques intérieures pour financer le budget, une politique monétaire restrictive d’accompagnement, visant à obtenir des taux d’intérêt réels positifs, ainsi que des réformes structurelles de vaste portée. Ces dernières portaient sur l’élargissement de l’assiette de la taxe d’accise, l’harmonisation de cette taxe, et l’introduction de titres de la dette publique, la libéralisation des taux d’intérêt et des réformes fondamentales de la gestion monétaire, la libéralisation des marchés des changes, l’unification du système de change et l’adoption d’un régime de change flottant, ainsi qu’une réforme tarifaire générale qui serait réalisée en une seule étape, la suppression des licences d’importation, et la levée de presque toutes les interdictions à l’importation pour des raisons économiques.

Le PIB réel non pétrolier s’est vivement redressé en 1995, après la contraction due à la guerre civile en 1994, puisqu’il a augmenté de 3 % sur une base nette, et la croissance devait s’accélérer pour atteindre 4 % en 1996 (tableau 39). Par ailleurs, du fait de la poursuite de politiques financières restrictives et de l’appréciation du taux de change sur le marché libre, l’inflation structurelle a vivement chuté. Sur la période de février à mai 1996, son taux annualisé était de quelque 20 %, contre 48 % en 1995 et 71 % en 1994.

Tableau 39République du Yémen: indicateurs économiques

(Données disponibles lors de la réunion du Conseil en juillet 1996)1

1996
199319941995Projections lors de la réunion du ConseilRésultats2
En pourcentage
Économie intérieure
Variation du PIB réel hors pétrole3,7‒4,57,54,04,0
Variation de l’inflation structurelle (moyennes sur la période)71,348,020,011,1
Milliards de dollars1
Secteur extérieur
Exportations, f.à.b.1,21,81,92,12,2
Importations2,11,72,02,42,3
Compte des transactions courantes (hors transactions des compagnies pétrolières)‒0,50,2‒0,1‒0,5‒0,3
Balance globale‒0,4‒0,7‒0,5‒0,9‒0,3
Réserves officielles brutes (en mois d’importations, hors transactions des compagnies pétrolières)0,00,00,00,00,1
Compte des transactions courantes (en pourcentage du PIB, hors transactions des compagnies pétrolières)‒12,13,5‒1,8‒9,1‒5,0
Dette extérieure (en pourcentage PIB)209,1200,6188,1171,8167,0
Service de la dette (sur la base des engagements; en pourcentage des recettes extérieures courantes, hors transactions des compagnies pétrolières)59,340,736,730,830,2
Variation du taux de change effectif réel (taux du marché parallèle/libre; en pourcentage)‒14,7‒6,221,6
En pourcentage du PIB1
Variables financières
Solde des opérations de l’administration centrale (base caisse)‒16,5‒16,5‒5,9‒3,1‒2,5
Épargne nationale brute‒10,617,621,413,720,1
Investissement national brut15,09,615,115,519,1
Variation de la masse monétaire au sens large (en pourcentage)4634201411
Taux effectif des dépôts (en pourcentage)3‒53‒520‒2225‒2720‒22

Sauf indication contraire.

Données effectives provisoires et estimations actualisées des services du FMI.

Sauf indication contraire.

Données effectives provisoires et estimations actualisées des services du FMI.

Le déficit global du budget de trésorerie, ramené à 6 % du PIB en 1995, contre 17 % en 1994, devait, selon les prévisions, se rétrécir encore pour s’établir à 3 %. Cette amélioration tenait aux effets favorables, pour les recettes pétrolières, de la dépréciation du taux de change officiel et à la forte hausse des recettes non pétrolières à la suite des réformes fiscales et tarifaires et de l’amélioration de l’administration de l’impôt. Du côté des dépenses, il était prévu de réduire les ratios au PIB de la masse salariale, des subventions et de la défense, pour permettre un accroissement des dépenses au titre des investissements publics et de la réforme de la fonction publique.

Sans recours à l’emprunt bancaire, il était prévu que la croissance de la masse monétaire au sens large se ralentisse, descendant de 20 % en 1995 à 14 %. Les taux d’intérêt nominaux sur les dépôts avaient été relevés à 25–27 % au début de 1996; le taux d’inflation structurelle étant de 20 %, les taux réels étaient devenus positifs. Dans ces circonstances, la composition de la masse monétaire au sens large a commencé à se modifier en faveur de la quasi-monnaie et les adjudications de bons du Trésor public ont continué à être couronnées de succès.

L’austérité budgétaire et monétaire de 1995–96 et l’intégration des marchés des changes désormais libres des banques commerciales et des changeurs ont contribué à stabiliser le taux de change flottant du marché libre après la fin d’octobre 1995, ce qui traduisait le retour de la confiance dans la monnaie et l’économie.

Les administrateurs ont félicité les autorités d’avoir vigoureusement pris en charge le programme global d’ajustement financier et de réformes structurelles, et de l’avoir mené à bien. Ils étaient encouragés par la décélération du taux d’inflation structurelle, la stabilisation du taux de change du marché libre et l’augmentation des réserves de change brutes à un niveau proche de l’objectif de fin d’année, en dépit du fait que le financement extérieur avait été inférieur aux prévisions.

Les administrateurs ont noté avec satisfaction le renforcement marqué de la politique de finances publiques en 1995-96, qui avait abouti à des réductions appréciables du déficit budgétaire et du rythme de l’expansion monétaire. Ils ont vivement engagé les autorités à poursuivre le rééquilibrage budgétaire en réduisant encore les subventions, moyennant le relèvement, en début de période, des prix réglementés du blé, de la farine et de l’énergie, et ils ont approuvé la mise en place d’un impôt général sur le chiffre d’affaires. Les administrateurs considéraient qu’il était essentiel d’établir un dispositif de protection sociale bien conçu pour atténuer les effets du programme de réforme sur les catégories les plus vulnérables de la population.

Les administrateurs ont noté avec satisfaction que les autorités faisaient davantage recours à la politique des taux d’intérêt et ils ont recommandé que ces taux ne soient réduits que lorsque l’inflation aurait nettement décliné. Puisque l’objectif de forte croissance dépendait d’une intermédiation plus active par le système bancaire pour distribuer du crédit au secteur privé, les administrateurs ont souligné la nécessité de réformes juridiques assurant l’application des conventions de prêt.

Pays en transition

Arménie

Le Conseil a achevé les consultations au titre de l’article IV avec l’Arménie en septembre 1996 et a procédé à la revue de mi-période du premier accord annuel au titre de la FASR en faveur de l’Arménie. Après une période marquée par une nette contraction du PIB et une inflation élevée, l’économie arménienne s’est stabilisée (tableau 40). Le PIB réel s’est accru de 6,9 % en 1995 et de 4,3 % au premier semestre de 1996, contre 5,4 % en 1994. En 1995, l’inflation en fin de période est tombée à 32 %, contre 1.885 % l’année précédente. Cependant, à la fin de 1996, l’instabilité régionale et le blocage des voies de transport de l’Arménie à travers l’Azerbaïdjan et la Turquie ont continué de compromettre la durabilité de la croissance.

Tableau 40Arménie: indicateurs économiques

(Données disponibles lors de la réunion du Conseil en septembre 1996)1

1996
199319941995Projections lors de la réunion du ConseilRésultats2
En pourcentage
Économie intérieure
Variation du PIB réel‒14,85,46,96,55,8
Variation des prix à la consommation (fin de période)10.8961.884,531,918,05,7
Millions de dollars1
Secteur extérieur
Exportations209,3270,9295,2290,3
Importations401,2672,9767,6757,9
Solde des transactions courantes3‒231,4‒483,0‒486,6‒424,3
Investissements directs2,619,933,812,3
Réserves officielles brutes4,932,3107,1132,7161,9
Solde des transactions courantes (en pourcentage du PIB)‒35,6‒37,6‒29,5‒26,7
Dette extérieure (en pourcentage du PIB)30,828,935,037,8
Service de la dette (en pourcentage des exportations de biens et services)0,83,020,620,219,7
Variation du taux de change effectif réel (en pourcentage)6,7‒14,2
En pourcentage du PIB1
Variables financières
Solde des opérations des administrations publiques‒22,0‒14,8‒11,0‒10,8
Épargne nationale brute‒23,5‒24,0‒20,8‒20,8
Investissement national brut11,08,88,17,1
Variation de la masse monétaire au sens large (en pourcentage)684,069,025,035,0
Taux d’intérêt (en pourcentage)4285,083,053,0

Sauf indication contraire.

Estimations actualisées des services du FMI.

Transferts officiels non compris.

Taux moyen de refinancement.

Sauf indication contraire.

Estimations actualisées des services du FMI.

Transferts officiels non compris.

Taux moyen de refinancement.

Le déficit budgétaire sur la base de l’exercice a été ramené de 16,4 % du PIB en 1994 à moins de 10 % en 1995 et à 6,8 % pour le premier semestre de 1996, sous l’effet combiné de mesures fiscales et de la compression des dépenses. Cependant, la résorption d’arriérés de dépenses considérables a entraîné un déficit de trésorerie de 8,4 % du PIB au premier semestre de 1996. Le plus grave problème budgétaire est la mauvaise tenue des recettes, qui s’explique par les lacunes de l’assiette de l’impôt (qui n’englobe notamment pas le secteur privé émergent) et par les arriérés d’impôts.

En 1996, le gouvernement a continué d’appliquer son programme de renforcement des institutions chargées du budget. Il a établi un département du Trésor, des cellules chargées de la gestion de la dette et des gros contribuables au sein du Ministère des finances, ainsi que 40 agences locales du Trésor. Il a mieux ciblé le filet de protection sociale, facilitant une augmentation des prestations, et a promulgué une nouvelle loi sur les retraites, qui relève l’âge de la retraite et équilibre les comptes de la caisse des retraites et de l’emploi.

La monnaie centrale et la masse monétaire au sens large ont progressé rapidement au deuxième semestre de 1995, ont diminué au premier trimestre de 1996 et ont augmenté légèrement au deuxième trimestre. Le taux de refinancement pratiqué par la banque centrale est demeuré constant à 52 % entre octobre 1995 et août 1996, alors que les taux débiteurs et créditeurs ont varié sensiblement. Le taux de change nominal est resté stable jusqu’à fin mai 1996, avant de baisser légèrement, tandis que le taux de change effectif réel a diminué de 5 % au premier semestre de 1996.

En raison du volume élevé des importations et de la lenteur de la croissance des exportations, le déficit extérieur courant (hors transferts officiels) est passé de 36 % du PIB en 1994 à 38 % en 1995.

Au moment des consultations, la privatisation était pratiquement achevée dans l’agriculture et le logement, et elle était sur la bonne voie en ce qui concerne les petites entreprises. La privatisation des moyennes et grandes entreprises avait ralenti début 1996 et avait pris du retard par rapport au calendrier prévu, mais elle a commencé à s’accélérer par la suite. La plupart des prix ont été libérés, et les tarifs de l’électricité ont été relevés de 40 % entre octobre 1995 et avril 1996. Des progrès ont été accomplis aussi en matière de lois et règlements, en particulier dans le secteur bancaire, avec la promulgation en 1996 de la loi sur la banque centrale, qui établit l’indépendance de celle-ci, de la loi sur les banques et les opérations bancaires, ainsi que de la loi sur l’insolvabilité bancaire.

Les administrateurs ont félicité les autorités pour la croissance économique et le faible taux d’inflation enregistrés dans le cadre du programme appuyé par la FASR et ils ont pris note avec satisfaction de l’avancement des réformes systémiques dans tous les secteurs. Cependant, il subsiste des problèmes majeurs qui doivent être corrigés, notamment en ce qui concerne la politique budgétaire, la réforme du secteur financier et les privatisations.

Les administrateurs ont approuvé l’instauration d’un système de trésorerie et l’élimination de tous les arriérés au titre des dépenses. Par contre, ils ont noté avec préoccupation la baisse des recouvrements et la persistance des arriérés d’impôts. Ils ont vivement engagé les autorités à renforcer la situation budgétaire en incluant le secteur privé émergent dans l’assiette de l’impôt et en continuant de rationaliser les dépenses.

Les administrateurs ont pris note avec satisfaction de l’amélioration de la mise en oeuvre du programme monétaire et ont encouragé les autorités à prendre des mesures, par exemple développer l’usage des bons du Trésor, afin de donner plus de profondeur au secteur financier et plus de souplesse à la banque centrale. En ce qui concerne le taux de change, ils ont salué le passage d’un taux de change fixe de facto à un régime plus flexible.

Les administrateurs ont exprimé leur préoccupation devant la fragilité du système bancaire et l’augmentation de la désintermédiation. Ils ont engagé vivement les autorités à prendre des mesures énergiques afin de renforcer le système bancaire et de renforcer la confiance de l’opinion, notamment en réorganisant la Banque d’épargne et en restructurant ou, si besoin est, en liquidant les grandes banques commerciales jugées insolvables.

Le Conseil a souligné que le déficit extérieur courant atteint des proportions intenables. L’Arménie continuera de dépendre d’une aide concessionnelle considérable dans un avenir prévisible, mais elle devra aussi créer l’environnement nécessaire pour attirer l’investissement étranger et promouvoir la croissance des exportations.

Les administrateurs ont noté avec préoccupation que certaines réformes structurelles étaient en retard par rapport au calendrier prévu, notamment la privatisation de moyennes et grandes entreprises, et que, comme dans d’autres pays, le recours à la privatisation par bons n’avait pas abouti à l’amélioration souhaitée de la gestion des entreprises. Ils ont engagé vivement les autorités à accélérer la privatisation, la réforme juridique et la restructuration des secteurs de l’énergie et de l’agriculture.

Après la discussion du Conseil, les estimations actualisées ont indiqué que le PIB réel avait progressé de 5,8 % en 1996, contre une projection de 6,5 % dans le programme. Le déficit extérieur courant, qui s’élevait à 26,6 % du PIB, était inférieur aux projections. Malgré une vive hausse de la masse monétaire au sens large au second semestre de 1996, l’inflation s’est établie en deçà des projections en raison d’une forte augmentation de la demande de monnaie.

Azerbaïdjan

Le Conseil a achevé les consultations au titre de l’article IV avec l’Azerbaïdjan en décembre 1996 et a examiné les demandes formulées par l’Azerbaïdjan en vue d’un accord élargi et d’un accord au titre de la FASR. Les objectifs de stabilisation macroéconomique établis au titre de la facilité de transformation systémique et de l’accord de confirmation en 1995–96 ont été atteints dans une large mesure. Le PIB réel a progressé de 1 % en 1996, grâce à de gros investissements dans les champs pétrolifères, et l’investissement direct étranger a augmenté sensiblement (tableau 41). L’inflation a été nettement ralentie; en octobre 1996, le taux de l’inflation sur douze mois s’établissait à 11,7 %. Le déficit budgétaire, financé presque exclusivement à l’aide des concours extérieurs, a diminué lui aussi. Les gros investissements dans le secteur du pétrole ont aidé à infléchir la tendance à la baisse de la production, mais le déficit extérieur courant s’est accru, passant de 11 % du PIB en 1995 à 19 % du PIB (estimation) en 1996. Avec le renchérissement du pétrole sur les marchés mondiaux, on s’attendait à ce que les termes de l’échange s’améliorent en 1996. Les réserves officielles brutes, dont le niveau était proche de zéro en 1994, ont atteint quelque 215 millions de dollars en 1996. Les projections chiffraient la dette extérieure à 16,3 % du PIB en 1996.

Tableau 41Azerbaïdjan: indicateurs économiques(Données disponibles lors de la réunion du Conseil en décembre 1996)
199319941995119962
En pourcentage
Économie intérieure
Variation du PIB réel‒23,1‒18,1‒11,01,2
Taux de chômage16151720
Variation des prix à la consommation (moyenne sur la période)1.130,01.664,4411,719,9
Millions de dollars3
Secteur extérieur
Exportations, f.à.b.697682680849
Importations, f.à.b.8198459551,318
Solde des transactions courantes (y compris les transferts)‒160‒121‒311‒654
Investissements directs422275601
Solde du compte de capital554456562
Réserves officielles brutes2119214
Solde des transactions courantes (en pourcentage du PIB)6‒12,3‒6,6‒11,2‒19,1
Dette extérieure (en pourcentage de PIB)15,116,3
Variation du taux de change effectif réel (en pourcentage)37,03,9
En pourcentage du PIB3
Variables financières
Solde des opérations des administrations publiques‒12,7‒11,4‒4,3‒2,7
Épargne nationale brute2,82,3
Investissement national brut14,321,4
Variation de la masse monétaire au sens large (en pourcentage)508,6175,256,3
Taux d’intérêt (en pourcentage)7107

Estimations des services du FMI.

Chiffres du programme ou projections.

Sauf indication contraire.

Y compris les investissement de portefeuille.

Compte de capital et d’opérations financières.

Y compris les consortiums pétroliers.

Taux de refinancement de la Banque centrale; fin de période, composé.

Estimations des services du FMI.

Chiffres du programme ou projections.

Sauf indication contraire.

Y compris les investissement de portefeuille.

Compte de capital et d’opérations financières.

Y compris les consortiums pétroliers.

Taux de refinancement de la Banque centrale; fin de période, composé.

L’expansion monétaire a été plus robuste que prévu en 1995, mais en 1996, la vitesse de circulation de la masse monétaire au sens large a fléchi conformément aux projections. Bien que le taux de change nominal soit resté stable en 1995, le manat s’est apprécié vis-à-vis du dollar (7 %) et du rouble russe (20 %) au cours des onze premiers mois de 1996. Le gouvernement a pris des mesures en 1996 en vue de moderniser le système de change et de paiements; cependant, il subsistait quelques restrictions aux transactions internationales courantes. La privatisation des entreprises et des terres s’est accélérée au second semestre de 1996, mais les progrès ont été plus lents en ce qui concerne la création d’un système de trésorerie, le relèvement des prix de l’énergie à usage résidentiel (afin d’assurer le recouvrement des coûts) et le renforcement de la concurrence sur les marchés intérieurs.

Les administrateurs ont félicité les autorités pour la mise en oeuvre du programme de stabilisation et de réforme appuyé par le FMI et ils ont salué les progrès enregistrés: recul sensible de l’inflation, augmentation des réserves de change, renforcement du taux de change et reprise de la croissance. Les administrateurs ont jugé encourageant que les autorités aient décidé d’accélérer les réformes structurelles; ils ont souligné que le maintien de cette dynamique est indispensable à une croissance durable et équilibrée.

Pour atteindre les objectifs fixés dans le programme, il faut que les hésitations des quelques dernières années dans la mise en oeuvre des réformes structurelles ne se répètent pas et que les réformes obtiennent l’appui sans réserve tant des autorités que de la population. Les administrateurs ont insisté sur le fait que les flux de revenus qui sont attendus de l’exploitation des richesses pétrolières de l’Azerbaïdjan ne doivent pas autoriser la moindre complaisance ni des retards dans la restructuration de l’économie. Les perspectives de la balance des paiements à moyen terme devraient s’améliorer en raison de la montée en puissance des recettes pétrolières, mais les administrateurs ont souligné que les réformes structurelles sont indispensables pour assurer une croissance équilibrée. La mise en oeuvre énergique et sans délai des réformes structurelles stimulerait aussi la croissance de la productivité. Les privatisations, la réforme agraire, le désengagement de l’État des activités de production et de commercialisation, ainsi que l’instauration d’un cadre approprié de lois et règlements sont indispensables pour favoriser la répartition efficace des ressources et la transition vers l’économie de marché qui pourrait stimuler le potentiel de développement de l’agriculture et des secteurs non pétroliers.

Les administrateurs ont accueilli avec satisfaction l’engagement des autorités à maintenir la rigueur des politiques financières. Ils ont appuyé l’intention manifestée par les autorités d’éponger presque totalement le déficit des administrations publiques au plus tard en 1999 et de poursuivre une politique monétaire compatible avec une inflation à un bas niveau. Les administrateurs ont considéré que le relèvement prévu du taux de change réel à moyen terme est approprié et qu’il convient d’y parvenir par une appréciation de la valeur nominale de la monnaie.

Les administrateurs ont souligné que pour atteindre les objectifs budgétaires et améliorer la structure du budget, il importe d’améliorer le recouvrement de l’impôt. Dans le même temps, la politique d’austérité doit rester de mise en matière de dépenses, et les dépenses courantes doivent être rationalisées et sériées selon un ordre de priorité tenant compte de la capacité d’absorption de l’économie. Les administrateurs ont noté que l’introduction d’un système de trésorerie était de nature à améliorer la gestion budgétaire et que la création d’un compte distinct à la banque centrale pour les opérations liées au pétrole devrait instaurer plus de discipline dans l’utilisation des recettes pétrolières. Exprimant leur préoccupation face à l’ampleur des dettes croisées des entreprises, les administrateurs ont souligné qu’il importe d’adopter des mesures destinées à durcir les contraintes budgétaires imposées aux entreprises.

Les administrateurs ont souligné qu’il est primordial de maintenir le cap du programme de restructuration des banques publiques; les banques qui n’ont pas pu se restructurer et rétablir leur solvabilité doivent être liquidées. Dans le même temps, des efforts concertés s’imposent pour susciter le développement du marché monétaire intérieur et du système de paiements. Les administrateurs ont vivement engagé les autorités à aplanir les obstacles à l’installation de banques étrangères, dans le but de stimuler la concurrence et de faciliter les privatisations. Ils ont aussi souligné l’importance du renforcement des normes prudentielles et du contrôle des banques, ainsi que de la plus grande indépendance de la banque centrale. Bien que des progrès aient été accomplis en matière de libéralisation du régime de change et de commerce, le fonctionnement du marché des changes et l’efficacité du système de paiements internationaux doivent encore être améliorés. Les administrateurs exhortent les autorités à éliminer les restrictions qui visent encore l’accès aux adjudications de devises, le prépaiement des importations et les transferts de devises aux fins des transactions internationales courantes effectués par les particuliers.

Estonie

Le Conseil a achevé les consultations au titre de l’article IV avec l’Estonie en juillet 1996 et a examiné la demande formulée par l’Estonie en vue d’un nouvel accord de confirmation de précaution. Les résultats économiques obtenus dans le cadre de l’accord de confirmation de précaution de 1995–96 ont été dans l’ensemble conformes aux objectifs déclarés. L’activité a repris, l’inflation a fléchi, le déficit extérieur courant a été contenu à un niveau qui peut être financé par l’investissement direct étranger, la restructuration du système bancaire s’est accélérée et la privatisation des entreprises a été presque achevée, sauf dans le secteur des infrastructures. Cependant, des déséquilibres financiers sont apparus à la fin de 1995 et au début de 1996, la baisse de l’épargne publique et le recours accru à l’emprunt extérieur pour financer l’investissement public ayant entraîné un gonflement du déficit de l’ensemble des administrations publiques.

Le PIB réel a progressé de 4,3 % en 1995, après une croissance négligeable en 1994 (tableau 42), et a été tiré par l’expansion du secteur des services et par la croissance, fondée sur les exportations, du secteur manufacturier et des autres secteurs industriels. La baisse de l’épargne publique a été compensée dans une large mesure par une augmentation de l’épargne privée. Grâce à la capacité d’absorption du secteur privé émergent, le chômage est demeuré faible en 1995, à 5 %. La hausse des prix à la consommation a atteint 28,8 % fin 1995, contre 41,6 % fin 1994. Les opérations des administrations publiques ont accusé un déficit de 0,8 % du PIB en 1995. Pour 1996, la politique budgétaire visait à maintenir le déficit budgétaire global sous la barre de 1,4 % du PIB.

Tableau 42Estonie: indicateurs économiques

(Données disponibles lors de la réunion du Conseil en juillet 1996)1

1996
199319941995Projections lors de la réunion du ConseilRésultats2
En pourcentage
Économie intérieure
Variation du PIB réel‒8,4‒0,14,33,14,0
Taux de chômage35,55,45,05,5
Variation des prix à la consommation (fin de période)35,741,628,823,715,0
Millions de dollars1
Secteur extérieur
Exportations, f.à.b.811,51.328,61.861,32.330,32.060,4
Importations, f.à.b.956,31.689,92.553,53.100,93.144,0
Solde des transactions courantes23,3‒171,0‒185,2‒302,9‒428,5
Investissements directs154,4212,2202,3210,093,7
Investissements de portefeuille‒0,2‒14,1‒16,360,130,8
Solde du compte de capital4222,2175,2258,9442,5478,5
Réserves officielles brutes388,4447,0582,8706,2639,6
Solde des transactions courantes (en pourcentage du PIB)1,4‒7,5‒5,1‒6,9‒10,1
Dette extérieure (en pourcentage du PIB)8,67,46,67,67,2
Service de la dette (en pourcentage des exportations de biens et services)1,40,40,50,80,8
Variation du taux de change effectif réel (en pourcentage)30,89,86,5
En pourcentage du PIB1
Variables financières
Solde des opérations des administrations publiques‒0,71,3‒1,2‒1,4‒1,5
Épargne nationale brute522,417,718,117,517,1
Investissement national brut626,528,926,826,129,9
Variation de la masse monétaire au sens large (en pourcentage)29,631,236,736,8
Taux d’intérêt (en pourcentage)722,121,316,113,8

Sauf indication contraire.

Estimations actualisées des service du FMI.

Chômeurs à la recherche d’un emploi, en pourcentage de la population active totale; moyenne sur la période.

Compte de capital et d’opération financière.

Épargne intérieure brute.

Investissement intérieur brut.

Moyenne pondérée des taux d’intérêt annuels (fin décembre) sur les prêts en couronnes des banques commerciales à échéance de six à douze mois consentis aux particuliers et aux sociétés.

Sauf indication contraire.

Estimations actualisées des service du FMI.

Chômeurs à la recherche d’un emploi, en pourcentage de la population active totale; moyenne sur la période.

Compte de capital et d’opération financière.

Épargne intérieure brute.

Investissement intérieur brut.

Moyenne pondérée des taux d’intérêt annuels (fin décembre) sur les prêts en couronnes des banques commerciales à échéance de six à douze mois consentis aux particuliers et aux sociétés.

Le crédit intérieur net a augmenté de 63 % en 1995, soit plus du double de l’augmentation prévue, en raison de la demande soutenue du secteur privé. Les taux d’intérêt servis sur les dépôts et les prêts en couronnes ont eu tendance à baisser en 1995 et au début de 1996, mais les rendements offerts par les banques estoniennes ont continué d’attirer les capitaux étrangers. Les écarts de taux d’intérêt et les primes de risque ont encore diminué, mais les taux d’intérêt réels sont demeurés négatifs.

Le volume des exportations s’est accru de 20 % environ en 1995, tandis que la progression du volume des importations a dépassé 30 %, de sorte que le déficit commercial s’est élargi, pour atteindre près de 20 % du PIB. Cependant, l’augmentation des recettes nettes des services, non compris les revenus des facteurs, a plus que compensé le gonflement du déficit commercial. Le déficit extérieur courant a été inférieur aux prévisions, la balance globale des paiements a affiché un excédent et les réserves internationales brutes sont demeurées stables à un niveau équivalant à près de 3 mois d’importations.

La plupart des réformes structurelles prévues dans le programme 1995–96 appuyé par l’accord de confirmation ont été mises en oeuvre. Cependant, les progrès en matière de réforme budgétaire et de privatisation des terres sont demeurés lents.

Les administrateurs ont salué la vigueur des efforts de l’Estonie dans la mise en oeuvre de la stabilisation et des réformes structurelles, efforts qui se révèlent payants: la reprise économique a pris de l’essor, un secteur privé viable s’est développé, le chômage est demeuré faible et les flux d’investissement direct étranger se sont maintenus. Cependant, les administrateurs ont exprimé leur préoccupation devant la persistance d’une inflation élevée et les déséquilibres financiers apparus à la fin de 1995 et au début de 1996, qui ont entraîné une chute de l’épargne publique et un gonflement du déficit des administrations publiques.

La plupart des administrateurs ont convenu que le taux de change fixé dans le cadre du dispositif de caisse d’émission demeurait approprié. Les administrateurs ont souligné qu’il était nécessaire de continuer de surveiller les entrées de capitaux et de veiller à ce que les banques puissent faire face à un revirement des flux de capitaux à court terme. Ils ont aussi noté avec préoccupation que la croissance du crédit est peut-être trop rapide. Les membres du Conseil ont souligné qu’il sera essentiel de veiller à ce que les marchés des produits et du travail continuent à fonctionner souplement, et à ce la productivité augmente, étant donné les tensions inflationnistes engendrées par l’ajustement en cours des prix relatifs.

Les administrateurs ont prévenu que la persistance de la détérioration des finances publiques pourrait compromettre la réduction de l’inflation et la crédibilité de la caisse d’émission; il convient donc de renforcer dès que possible la situation budgétaire. Ils ont noté avec satisfaction que les autorités sont déterminées à tailler dans les dépenses publiques en 1996-97, à contenir plus strictement les emprunts des collectivités locales et à renforcer l’administration de l’impôt. Il faudra prendre de nouvelles mesures de mobilisation des recettes si un manque à percevoir apparaît de nouveau.

Les administrateurs ont encouragé les autorités à continuer d’alléger l’intervention de l’État dans l’économie, notamment au moyen d’une réforme structurelle des dépenses publiques et du système de retraites. Ils ont salué les progrès accomplis sur le plan du contrôle bancaire et de la restructuration des banques commerciales. Bien que certains éléments du système financier demeurent fragiles, les administrateurs ont noté avec satisfaction que les autorités sont déterminées à régler le cas des banques en difficultés en s’appuyant sur les mécanismes du marché et à limiter les risques auxquels les fonds publics sont exposés. Les administrateurs ont engagé vivement les autorités à entreprendre de manière décisive d’assujettir aux lois du marché et de privatiser les entreprises du secteur des infrastructures, ainsi qu’à accélérer la privatisation des terres. Il est nécessaire aussi d’ajuster sans délai les prix réglementés, en particulier les tarifs de l’énergie. Les administrateurs ont pris note des résultats remarquables enregistrés par l’Estonie en matière de libéralisation des échanges et ils ont recommandé vivement aux autorités de résister aux forces poussant à l’instauration de droits d’importation à des fins de protection, en particulier dans le secteur agricole.

Hongrie

Le Conseil a achevé les consultations au titre de l’article IV avec la Hongrie en août 1996 et a procédé à la première revue au titre de l’accord de confirmation approuvé en mars 1996. La situation macroéconomique en Hongrie s’est améliorée sensiblement depuis le début de 1995, grâce au programme de stabilisation appliqué par les autorités. Les mesures d’ajustement comprenaient la dévaluation du forint, exécutée dès le départ; l’établissement d’un système de parité ajustable avec préavis doublé d’une politique des revenus rigoureuse, afin d’ancrer les augmentations salariales et de réduire l’inflation; l’austérité budgétaire et l’accélération des réformes structurelles.

En conséquence, la balance des paiements s’est améliorée (tableau 43). Le déficit extérieur courant est tombé à 2,5 milliards de dollars en 1995, contre près de 4 milliards de dollars en 1994, avant de chuter à 934 millions de dollars au premier semestre de 1996. La production s’est accrue de 1½ % en 1995, bien qu’elle ait baissé légèrement au second semestre; le chômage a un peu augmenté et la demande intérieure s’est nettement contractée. Les exportations et les importations se sont accrues considérablement depuis 1994, signe d’une plus large ouverture de l’économie. Le renforcement de la position extérieure s’est accompagné d’un gonflement de l’investissement direct et des autres entrées de capitaux privés, qui a dopé les réserves officielles brutes et a entraîné une baisse du ratio dette extérieure nette/PIB.

Tableau 43Hongrie: indicateurs économiques

(Données disponibles lors de la réunion du Conseil en août 1996)1

1996
1993199419952Projections lors de la réunion du ConseilRésultats3
En pourcentage
Économie intérieure
Variation du PIB réel‒0,62,91,52,01,0
Taux de chômage12,110,410,410,5
Variation des prix à la consommation (fin de période)21,121,228,316,619,8
Milliards de dollars1
Secteur extérieur
Exportations8,17,612,812,614,2
Importations11,311,215,314,216,8
Solde des transactions courantes‒3,5‒3,9‒2,5‒1,8‒1,7
Investissements directs étrangers, net2,31,14,41,62,0
Solde du compte de capital et d’opérations financières46,13,47,82,10,4
Réserves officielles brutes6,76,812,011,49,8
Solde des transactions courantes (en pourcentage du PIB)‒9,0‒9,5‒5,6‒4,0‒3,8
Dette extérieure, net (en pourcentage du PIB)38,845,836,839,531,7
Paiements d’intérêts bruts (en pourcentage des exportations de biens et services non facteurs)514,618,213,812,1
Paiements d’intérêts nets (en pourcentage des exportations de biens services non facteurs)610,412,19,46,1
Amortissement financier (non compris les paiements anticipés; en pourcentage des exportations de biens et services non facteurs)724,130,529,932,6
Paiements anticipés (en pourcentage des exportations de biens et services non facteurs)86,49,55,78,8
Variation du taux de change effectif réel (en pourcentage; sur la base de l’indice des prix à la consommation)9,3‒0,8‒4,02,2
En pourcentage du PIB1
Variables financières
Solde des opérations consolidées des administrations publiques‒7,6‒6,4‒3,80,6‒0,2
Non compris les recettes des privatisations‒7,8‒7,1‒6,6‒3,9‒3,5
Épargne nationale brute (sur la base de la comptabilité nationale)10,614,418,821,621,7
Investissement national brut (sur la base de la comptabilité nationale)20,022,222,424,423,7
Variation de la monnaie au sens large (M2; en pourcentage)16,813,018,513,720,9

Sauf indication contraire.

Estimations.

Données actualisées des services du FMI.

Y compris les erreurs et omissions mais non compris la variation des réserves. En 1996, les données sont calculées d’après la définition du compte de capital et du compte d’opérations financières du Manuel de la balance des paiements du FMI (cinquième édition, 1993).

Dépenses au titre des intérêts sur toutes les obligations extérieures.

Dépenses au titre des intérêts sur toutes les obligations extérieures moins recettes sous forme d’intérêts provenant des avoirs extérieurs et des réserves en devises.

Remboursements du principal sur toutes les obligations extérieures moins paiements effectués pendant l’année sur les obligations venant à échéance après la fin de l’année.

Remboursements du principal versés pendant l’année sur les obligations venant à échéance après la fin de l’année.

Sauf indication contraire.

Estimations.

Données actualisées des services du FMI.

Y compris les erreurs et omissions mais non compris la variation des réserves. En 1996, les données sont calculées d’après la définition du compte de capital et du compte d’opérations financières du Manuel de la balance des paiements du FMI (cinquième édition, 1993).

Dépenses au titre des intérêts sur toutes les obligations extérieures.

Dépenses au titre des intérêts sur toutes les obligations extérieures moins recettes sous forme d’intérêts provenant des avoirs extérieurs et des réserves en devises.

Remboursements du principal sur toutes les obligations extérieures moins paiements effectués pendant l’année sur les obligations venant à échéance après la fin de l’année.

Remboursements du principal versés pendant l’année sur les obligations venant à échéance après la fin de l’année.

Après la dévaluation du forint et les hausses des prix réglementés au début de 1995, l’inflation est partie à la hausse, puis s’est calmée, mais elle a fluctué autour de 24–25 % jusqu’à la fin de juin 1996. Les salaires réels ont diminué de plus de 10 % en 1995, et en juin 1996, le taux d’augmentation des salaires bruts sur douze mois s’établissait à 25 % environ. Le déficit des opérations consolidées des administrations publiques (non compris le produit des privatisations) a baissé de ½ point de PIB en 1995, et de nouvelles compressions de dépenses ont été inscrites au budget pour 1996. L’évolution plus favorable que prévu du budget de l’administration centrale au premier semestre de 1996 a plus que compensé le gonflement du déficit des caisses de sécurité sociale.

La politique monétaire a visé à soutenir la politique de change et à maintenir des taux d’intérêt positifs en termes réels malgré les tensions découlant de la conversion en forints d’actifs libellés en devises. Les pressions sur le taux de change se sont intensifiées début 1996, obligeant la banque centrale à procéder à des interventions de stérilisation, en raison d’un écart de taux d’intérêt (corrigé de la marge d’ajustement annoncée) de 13—14 points. Néanmoins, la masse monétaire au sens large s’est accélérée et les taux des bons du Trésor ont chuté d’environ 7 points début 1996. Les taux du marché se sont stabilisés et les interventions ont diminué en mai et en juin, l’écart de taux d’intérêt étant tombé à 5 points environ.

Les privatisations ont progressé, avec la vente de quelques grosses entreprises de services publics fin 1995, mais la réorganisation des établissements de soins de santé, la compression des subventions aux médicaments et la réforme des pensions d’invalidité ont pris du retard. Cependant, l’âge de la retraite a été relevé tant pour les hommes que pour les femmes (avec une période de transition) et des progrès ont été accomplis dans la préparation d’une vaste réforme du régime des retraites, y compris l’introduction d’un volet capitalisation.

Les administrateurs ont salué la nette amélioration de la situation macroéconomique: le déficit budgétaire et le déficit extérieur courant ont diminué sensiblement, la réforme structurelle a pris de l’essor et l’amélioration de la position extérieure a entraîné un fléchissement appréciable de la dette extérieure nette. Les marchés financiers internationaux récompensent les vigoureux efforts d’ajustement des autorités. Par ailleurs, le rebond des exportations a permis d’enregistrer une croissance positive, malgré la nette contraction de la demande intérieure. Cependant, les progrès dans la lutte contre l’inflation ont été plus lents que prévu et les administrateurs ont souligné le risque qui en résulte pour le programme d’ajustement. Ils ont regretté que les autorités aient décidé d’assouplir leur objectif d’inflation plutôt que de durcir leur action. Ils ont prévenu que l’enracinement des anticipations inflationnistes pourrait compromettre les progrès accomplis et ils ont engagé vivement les autorités à renforcer la mise en oeuvre de leur politique économique. Il faudrait pour ce faire appliquer une politique financière rigoureuse et des réformes structurelles afin d’atténuer les contraintes affectant l’offre et de renforcer la concurrence, et modérer la progression des salaires.

Les administrateurs ont noté avec satisfaction que les autorités demeurent déterminées à assainir les finances publiques. Eu égard au dérapage de la lutte contre l’inflation, ils ont souligné qu’il est essentiel de viser au minimum, une réduction du déficit à 4 % du PIB en 1996. Ce but sera difficile à atteindre pour plusieurs raisons, en particulier le déficit de la sécurité sociale et les retards dans les réformes structurelles. Les administrateurs ont vivement engagé les autorités à prendre promptement des mesures correctrices si les recettes des impôts sur la consommation et le recouvrement des arriérés au titre de la sécurité sociale ne se redressent pas comme les autorités s’y attendent.

Les administrateurs ont noté que les entrées de capitaux avaient compliqué la mise en oeuvre de la politique monétaire. Bien que le rétrécissement de l’écart de taux d’intérêt puisse faire baisser ces entrées, les administrateurs ont averti qu’il faut se garder de sous-estimer la possibilité que ces entrées persistent et le coût de la poursuite des interventions de stérilisation. Quelques administrateurs ont suggéré qu’une politique de change plus flexible pourrait être un élément de la stratégie de lutte contre l’inflation, alors que d’autres administrateurs considéraient que le passage à un nouveau point d’ancrage risquerait d’en miner la crédibilité; d’autres administrateurs ont suggéré de ralentir le rythme de l’ajustement de la parité. Les administrateurs ont souligné que le succès des réformes structurelles était indispensable en vue d’obtenir des résultats macroéconomiques favorables à moyen terme. Bien que des mesures importantes aient été prises — essentiellement en ce qui concerne l’accélération des privatisations et le relèvement de l’âge de la retraite —, les retards dans les réformes des soins de santé et des retraites ainsi que la persistance de déficits dans les comptes de la sécurité sociale sont préoccupants. Les administrateurs ont noté avec satisfaction que les autorités ont l’intention de chercher à obtenir l’approbation par le Parlement des réformes des retraites et des pensions d’invalidité.

Après la réunion du Conseil en août, les résultats macroéconomiques ont continué de s’améliorer en 1996. Le déficit extérieur courant est tombé audessous de 1,7 milliard de dollars, tandis que le déficit des opérations consolidées des administrations publiques (non compris le produit des privatisations) s’est établi à 3½ % du PIB (chiffre inférieur au niveau retenu dans le programme), avec un excédent primaire de 5 % du PIB. Après avoir stagné au premier semestre de 1996, l’activité a augmenté de 3 % sur une base annuelle au quatrième trimestre, portant à 1 % la croissance du PIB sur l’ensemble de l’année. La discipline imposée par le système de parité ajustable, le freinage de la demande intérieure et le report du relèvement des tarifs de l’énergie ont contribué à un fléchissement marqué de l’inflation au second semestre de 1996. Cependant, le déficit des caisses de sécurité sociale a dépassé 1 % du PIB, au lieu du niveau de ¼ % du PIB prévu dans le programme, en raison des retards dans la réforme structurelle.

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