Journal Issue
Share
Article

Actualité

Author(s):
International Monetary Fund. External Relations Dept.
Published Date:
May 2006
Share
  • ShareShare
Show Summary Details

Réunions de printemps du FMI: De nouveaux efforts pour résorber les déséquilibres

La stratégie à moyen terme du Directeur général du FMI visant à réorienter les activités de l’institution pour mieux répondre aux besoins d’une économie mondiale plus intégrée a obtenu l’approbation générale lors de la réunion de printemps du Comité monétaire et financier international (CMFI). Le CMFI, principal comité consultatif des gouverneurs du FMI, a appuyé la vision de M. de Rato pour l’institution et invité celle-ci à déployer de nouveaux efforts, y compris des consultations multilatérales, pour encourager la résolution des problèmes systémiques. Dans son communiqué (voir page 117), le CMFI a aussi demandé au Directeur général de faire des propositions concrètes en vue de redistribuer les quotes-parts selon les réalités actuelles de l’économie mondiale.

Le CMFI et le Comité du développement conjoint Banque mondiale-FMI se sont réunis les 22 et 23 avril sur fond de croissance mondiale vigoureuse et soutenue. Cependant, la hausse des cours du pétrole ainsi que le niveau élevé et l’aggravation des déséquilibres des transactions courantes—qui ont fait l’objet d’une conférence au FMI le 21 avril—donnent un caractère d’urgence aux appels lancés aux décideurs de se garder de tout triomphalisme et de prendre des mesures pour réduire les risques pesant sur la croissance mondiale.

L’expansion reste vigoureuse, mais des risques subsistent

Les principaux dirigeants économiques et financiers du monde ont noté avec satisfaction les projections des Perspectives de l’économie mondiale (voir page 122), selon lesquelles la croissance mondiale atteindra 4,9 % en 2006 et 4,7 % en 2007 et s’étend à davantage de régions. Tout en observant que l’inflation et les anticipations inflationnistes «demeurent bien maîtrisées», le CMFI a abondé dans le sens du rapport en prônant la vigilance dans ce domaine. Le CMFI a noté aussi les risques de dégradation de la situation attribuables au niveau élevé et instable des cours du pétrole, à un éventuel changement brutal des conditions de financement sur les marchés, à une montée du protectionnisme et à une éventuelle épidémie de grippe aviaire.

Le CMFI a rappelé qu’un ajustement ordonné à moyen terme des déséquilibres mondiaux est une responsabilité partagée, et il a engagé de nouveau la communauté internationale à déployer un effort concerté et soutenu pour réduire les risques y afférents. Il a rappelé les mesures nécessaires à cet effet: augmenter l’épargne nationale aux États-Unis, notamment en réduisant le déficit budgétaire; stimuler la croissance dans la zone euro et dans plusieurs autres pays en opérant des réformes structurelles; lancer des réformes structurelles supplémentaires au Japon, notamment un rééquilibrage du budget; assouplir le régime de change dans les pays émergents d’Asie; et promouvoir l’absorption efficiente des recettes pétrolières dans les pays exportateurs de pétrole. Mais le CMFI a demandé aussi au FMI «de travailler en consultation avec les autorités nationales sur des modalités visant à encourager la réduction des déséquilibres»—notamment par le biais des nouvelles consultations multilatérales proposées par M. de Rato dans sa stratégie à moyen terme (voir page 120).

Le CMFI a souligné que, pour assurer la prospérité de l’économie mondiale, il faudra améliorer l’équilibre entre l’offre et la demande sur le marché pétrolier à moyen terme, renforcer les situations budgétaires à moyen terme, mener à bon terme le cycle de Doha et améliorer les perspectives de croissance des pays pauvres, surtout en Afrique subsaharienne.

Redéfinir le rôle du FMI

L’approbation par le CMFI de la stratégie à moyen terme de M. de Rato fait suite à un long débat interne et public et ouvre maintenant la voie à la phase d’exécution. Deux des questions à traiter dans les mois à venir sont les nouvelles consultations multilatérales et la formulation d’une proposition concrète de révision du nombre de voix accordé à chaque pays membre de l’institution.

La mise en place de consultations multilatérales est une mesure très importante pour remédier aux déséquilibres mondiaux, a expliqué M. de Rato. Si elles sont bien utilisées, ces consultations aideront les décideurs à montrer que les mesures qu’ils proposent seront suivies d’autres, la coordination apportant des avantages supplémentaires. Pour M. de Rato, ces consultations constitueront aussi un instrument essentiel pour l’analyse et l’établissement du consensus qui précède l’action.

Dans un entretien avec la presse après la réunion du CMFI, M. de Rato a indiqué clairement que ce sont les gouvernements, et non les institutions internationales, qui doivent corriger les déséquilibres. Le FMI établira un cadre de référence où les conséquences de l’action et de l’inaction peuvent être constatées plus clairement et, en plus de fournir un état des lieux et une analyse, il engagera les gouvernements dans un processus actif de consultation. M. de Rato espère que cela nous donnera un nouveau moyen de comprendre la coopération internationale. Gordon Brown, Chancelier de l’Échiquier britannique et Président du CMFI, est du même avis, notant que ce n’est pas le FMI en tant qu’institution qui accepte la responsabilité de la surveillance multilatérale; ce sont les pays membres du FMI dans leur ensemble—et donc l’économie mondiale elle-même—qui acceptent que nous avons des responsabilités mutuelles et que ces responsabilités doivent être assumées.

Assurer la légitimité

Le FMI doit aussi veiller à rester légitime aux yeux de tous ses pays membres. Le fait que les quotes-parts correspondent de moins en moins au poids des pays dans l’économie mondiale, en particulier dans le cas de nombreux pays émergents, et que les voix de base ont été érodées est de plus en plus préoccupant.

M. de Rato a plaidé en faveur de la réforme, expliquant que «l’économie mondiale n’est pas immuable; elle change au fil du temps». Le FMI a remanié la répartition des voix auparavant, et le système doit changer de nouveau, a-t-il déclaré. Pour préserver l’efficacité et la crédibilité du FMI en tant qu’institution fondée sur la coopération, le CMFI a demandé «au Directeur général d’élaborer, en concertation avec le CMFI et le Conseil d’administration, des propositions concrètes susceptibles d’être approuvées lors de l’Assemblée annuelle» en septembre.

Prévention des crises

Le CMFI a aussi salué les efforts déployés par le FMI pour répondre aux nouveaux problèmes et besoins des pays émergents. Lors d’un discours à l’Institute for International Economics le 20 avril, M. de Rato s’est adressé à ceux qui prétendent que les prêts du FMI ne sont peut-être plus nécessaires maintenant que les marchés des capitaux sont plus importants. Il y aura des crises financières à l’avenir, dans les pays émergents actuels ou futurs, a-t-il affirmé, ajoutant que le FMI peut anticiper ces crises dès maintenant, ou y réagir hâtivement plus tard.

La stratégie à moyen terme du FMI privilégie la prévention des crises et le souhait des pays émergents de disposer d’instruments de financement plus prévisibles et flexibles. Le CMFI s’est montré favorable à un «examen plus approfondi de la proposition du Directeur général au sujet d’un nouvel instrument permettant de fournir un financement conditionnel de montant élevé aux pays qui, bien que leur politique macroéconomique soit saine, leur dette viable et leurs données communiquées de façon transparente, restent vulnérables aux chocs». Le CMFI a aussi encouragé le FMI à explorer un rôle éventuel à l’appui d’arrangements régionaux de mise en commun des réserves.

Au-delà de l’allégement de la dette

Le CMFI a réaffirmé le rôle essentiel du FMI dans les pays à faible revenu, notamment pour les aider à absorber le surcroît d’aide et d’allégement de la dette (voir page 128) et à préserver la stabilité macroéconomique. Le FMI participera aussi, dans ses domaines de compétence, au suivi des progrès des pays à faible revenu vers les objectifs du Millénaire pour le développement. Le CMFI et le Comité du développement ont demandé au FMI et à la Banque mondiale d’affiner leur cadre de viabilité de la dette et d’aider les pays à appliquer de bonnes stratégies d’endettement à moyen terme ainsi que des systèmes solides d’imposition et de gestion des dépenses publiques pour éviter d’accumuler à nouveau une dette intenable.

Le CMFI a également salué le nouvel instrument de soutien à la politique économique (pour les pays à faible revenu qui souhaitent recevoir des conseils du FMI sans financement) et la facilité de protection contre les chocs exogènes (pour les pays pauvres faisant face au choc pétrolier ou à d’autres chocs). M. Brown a appelé tous les pays membres, y compris les pays producteurs de pétrole, à financer intégralement la nouvelle facilité.

Cap sur Singapour

M. Brown a promis que l’Assemblée annuelle 2006 du FMI à Singapour sera un «sommet de la réforme». À Bretton Woods, on a demandé au FMI de s’occuper d’économies protégées et fermées, et de fournir un appui temporaire à l’ajustement des balances des paiements; désormais, il fait face à des économies ouvertes et à des flux de capitaux internationaux, et non plus régionaux, a déclaré M. Brown. Le CMFI a signalé clairement qu’il est déterminé à faire en sorte que le FMI soit à même de relever ces défis, et 2006 sera «une année de réforme pour l’économie internationale».

De plus amples informations sur les réunions de printemps, y compris le texte intégral des communiqués, des conférences de presse et des discours, figurent sur le site internet du FMI (www.imf.org).

Communiqué 2006 du CMFI: Renforcement du rôle du FMI face aux déséquilibres

Le Comité monétaire et financier international (CMFI) a tenu sa 13e réunion à Washington le 22 avril 2006, sous la présidence de M. Gordon Brown, Chancelier de l’Échiquier du Royaume-Uni. Voici le communiqué publié à l’issue de la réunion.

Économie mondiale et marchés financiers

Le Comité note avec satisfaction que la croissance de l’économie mondiale reste vigoureuse, malgré la hausse des cours du pétrole. L’expansion est plus généralisée et la croissance mondiale devrait rester vigoureuse au cours des prochaines années. L’inflation et les anticipations inflationnistes demeurent bien maîtrisées—mais il convient de rester vigilant, car les capacités excédentaires sont en baisse. Le Comité note que la persistance de cours du pétrole élevés et instables, la possibilité d’un changement brutal des conditions de financement sur les marchés internationaux, la montée du protectionnisme et le risque de pandémie de grippe aviaire pourraient entraîner une révision à la baisse des perspectives. Les principaux risques inhérents aux facteurs de vulnérabilité fondamentaux, notamment l’aggravation des déséquilibres mondiaux, n’ont pas encore été affrontés de façon globale.

Le Comité réaffirme qu’une action visant à résorber les déséquilibres mondiaux de façon ordonnée à moyen terme est une responsabilité partagée et sera plus profitable pour les pays membres et la communauté internationale que des actions individuelles. Si des progrès ont été accomplis, il est nécessaire d’agir de manière plus concertée et soutenue—chaque pays jouant son rôle—pour réduire les risques à moyen terme liés aux déséquilibres. Après la conférence sur les déséquilibres mondiaux qui s’est tenue au FMI le 21 avril, le Comité confirme que la stratégie arrêtée pour résorber ces déséquilibres reste valable. Ses principaux éléments sont les suivants: augmenter l’épargne nationale aux États-Unis—avec des mesures pour réduire le déficit budgétaire et stimuler l’épargne privée; réaliser des réformes structurelles pour soutenir le potentiel de croissance et dynamiser la demande intérieure dans la zone euro et dans plusieurs autres pays; poursuivre les réformes structurelles, dont le redressement des finances publiques, au Japon; permettre une flexibilité accrue des changes dans plusieurs pays émergents d’Asie en situation d’excédent; et promouvoir une absorption efficiente du surcroît de recettes pétrolières dans les pays exportateurs de pétrole appliquant une politique macroéconomique solide. Étant donné la multiplicité des liens entre les économies, tous les pays et régions auront un rôle à jouer en assouplissant leur économie et en s’adaptant à l’évolution de la demande mondiale. Le Comité demande donc au FMI de travailler en consultation avec les autorités nationales sur des modalités visant à encourager la réduction des déséquilibres, et il demande qu’un rapport lui soit soumis à sa prochaine réunion. Plus généralement, les nouvelles consultations multilatérales, présentées dans le rapport du Directeur général sur la mise en œuvre de la stratégie à moyen terme du FMI, peuvent contribuer à promouvoir une action multilatérale.

Le Comité salue les mesures déjà prises pour faire face aux contraintes de capacités dans la production pétrolière. Afin de consolider ces acquis, il préconise de nouvelles mesures pour mieux équilibrer l’offre et la demande à moyen terme sur les marchés pétroliers, les producteurs, les consommateurs et les compagnies pétrolières jouant tous leur rôle en renforçant notamment leur dialogue. Le Comité souligne l’importance d’investir davantage dans les capacités en amont et en aval, de promouvoir l’efficience énergétique, l’économie d’énergie et les sources d’énergie de remplacement, de réduire les subventions aux produits pétroliers et d’améliorer la qualité et la transparence des données sur le marché pétrolier. À sa prochaine réunion, le Comité passera en revue les progrès accomplis sur ces différents fronts.

Il demeure crucial de renforcer les positions budgétaires à moyen terme pour soutenir la croissance et la stabilité et mieux résister à des chocs futurs. Il convient de tirer davantage parti de l’essor économique pour réduire les déficits budgétaires et réaliser des réformes permettant d’assurer la viabilité des systèmes de retraite et de santé. Le Comité souligne aussi qu’il est essentiel d’accélérer l’élimination des obstacles à la croissance sur les marchés du travail et de produits et l’amélioration du climat des affaires et de l’investissement pour profiter des avantages de la mondialisation. Le Comité note avec satisfaction que le système financier mondial reste solide et demande aux autorités de contrôle de rester vigilantes, surtout en ce qui concerne l’impact potentiel d’un retournement du cycle du crédit. Il appelle les pays membres à assurer la solidité des infrastructures économiques et financières essentielles dans le cadre d’une stratégie globale axée sur le risque d’une pandémie de grippe aviaire; à cet égard, il soutient la campagne de sensibilisation du FMI encourageant les institutions financières à établir des plans de maintien des activités.

Le Comité souligne qu’il importe que le cycle de Doha soit couronné de succès et aboutisse d’ici la fin de 2006 à des résultats ambitieux pour la croissance et la réduction de la pauvreté dans le monde. Le Comité appelle tous les pays membres à résister au protectionnisme en matière de commerce extérieur et d’investissement direct étranger. L’échéance se rapprochant à grands pas, tous les pays membres doivent chercher d’urgence à conclure un accord sur les principaux éléments d’un vaste programme visant à renforcer le système commercial multilatéral. Le Comité appelle aussi à continuer d’aider les pays à tirer pleinement parti des occasions offertes par l’intégration mondiale découlant d’une libéralisation ambitieuse des échanges. Pour les pays pauvres en particulier, le Comité préconise une «aide au service du commerce» solidement ancrée sur les stratégies nationales de développement et la pleine utilisation des mécanismes existants et renforcés pour l’assistance technique commerciale.

L’amélioration des perspectives de croissance dans les pays pauvres, y compris en Afrique subsaharienne, est encourageante. Le Comité souligne que l’atteinte des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) requiert un partenariat entre les pays pauvres et les bailleurs de fonds. Les pays en développement devront continuer à appliquer des politiques macroéconomiques saines et des réformes indispensables à la croissance, notamment en redoublant d’efforts pour établir des institutions solides, responsables et transparentes. La communauté internationale devrait honorer sans délai son engagement à fournir des ressources additionnelles.

Mise en œuvre de la stratégie à moyen terme du FMI

Le Comité salue le rapport du Directeur général sur la mise en œuvre de la stratégie à moyen terme du FMI et se réjouit du débat public sur le rôle du FMI. Il invite la direction et le Conseil d’administration à en achever l’examen pour passer rapidement à sa mise en œuvre.

Le Comité réaffirme que l’efficacité et la crédibilité du FMI en tant qu’institution de coopération doivent être préservées et que la gouvernance de l’institution doit être améliorée, en soulignant l’importance que tous les pays membres puissent s’y faire entendre de façon équitable et soient dûment représentés. Nous insistons sur le rôle que jouerait une augmentation ponctuelle des quotes-parts, dont la répartition serait améliorée de manière à refléter l’évolution sensible du poids et du rôle des pays dans l’économie mondiale. Le Comité est d’avis que des réformes fondamentales s’imposent. Il demande au Directeur général d’élaborer, en concertation avec le CMFI et le Conseil d’administration, des propositions concrètes susceptibles d’être approuvées lors de l’Assemblée annuelle.

Le Comité insiste une nouvelle fois sur l’importance de rendre plus efficace la surveillance exercée par le FMI et se déclare favorable à une révision de la décision de 1977 sur la surveillance. Dans le contexte de la stratégie à moyen terme présentée par le Directeur général, le Comité propose une nouvelle organisation de la surveillance comportant quatre volets. Premièrement, un nouveau champ d’étude portant sur les questions multilatérales, y compris les questions financières mondiales et les répercussions économiques d’un pays sur les autres. Deuxièmement, une réaffirmation des engagements que les pays membres et leurs institutions prennent les uns envers les autres en vertu de l’article IV, d’après lequel la surveillance peut être axée sur les politiques monétaires, financières, budgétaires et de change. Troisièmement, le Directeur général doit mettre en œuvre la nouvelle procédure qu’il a proposée pour la surveillance multilatérale et qui fera intervenir le CMFI et le Conseil d’administration. Quatrièmement, le CMFI doit définir un nouveau mandat annuel pour la surveillance bilatérale et multilatérale sur la base duquel le Directeur général, le Conseil d’administration et les services du FMI auront à répondre de la qualité de la surveillance. Cela suppose l’indépendance de la surveillance exercée par le FMI, une plus grande transparence, ainsi que l’intervention du Bureau indépendant d’évaluation (BIE).

En appliquant des politiques économiques saines et en s’in-tégrant efficacement au commerce mondial et aux marchés de capitaux internationaux, les pays membres émergents apportent une contribution utile à la stabilité de l’économie mondiale et à la prévention des crises financières. Le Comité salue les efforts que déploie le FMI pour répondre aux nouveaux enjeux et besoins auxquels sont confrontés les pays membres émergents. Les questions concernant les marchés financiers et les marchés de capitaux devraient être de plus en plus au cœur des activités du FMI dans ces pays. Le Comité est favorable à un examen plus approfondi de la proposition du Directeur général sur un nouvel instrument permettant de fournir un financement conditionnel de montant élevé aux pays qui ont une politique macroéconomique saine et une dette viable et communiquent leurs données de façon transparente, mais qui restent vulnérables aux chocs. Le Comité encourage le FMI à étudier la contribution qu’il peut apporter à l’élaboration d’arrangements régionaux de mise en commun des réserves. Il convient enfin de revoir les aspects opérationnels de la politique de prêt du FMI à l’égard des pays en situation d’arriérés.

Le Comité souligne que le FMI a un rôle crucial à jouer dans les pays à faible revenu, notamment en les aidant à absorber efficacement, et de façon à préserver la stabilité macroéconomique, l’augmentation attendue de l’aide et des allégements de dette. Le FMI doit jouer son rôle dans les domaines qui relèvent de ses compétences essentielles en suivant la réalisation des OMD. Le Comité salue l’établissement de nouveaux instruments qui permettront d’affermir l’appui du FMI aux pays à faible revenu, y compris l’instrument de soutien à la politique économique et la facilité de protection contre les chocs exogènes, et il souligne l’importance de nouvelles contributions afin de permettre au FMI d’apporter en temps voulu un concours concessionnel pour faire face aux chocs. Le Comité se félicite de l’allégement de dette consenti par le FMI et d’autres institutions dans le cadre de l’initiative en faveur des PPTE et de l’initiative d’allégement de la dette multilatérale (IADM). Il salue aussi l’accord sur la liste définitive des pays membres potentiellement admissibles qui remplissent les critères voulus pour bénéficier de l’initiative PPTE. Le Comité souligne qu’il importe de veiller à ce que la dette reste viable dans les pays qui bénéficient d’un allégement en affinant le cadre de viabilité de la dette établi conjointement par le FMI et la Banque mondiale, et en aidant ces pays à appliquer de bonnes stratégies d’endettement à moyen terme ainsi que des systèmes solides d’imposition et de gestion des dépenses publiques. Le Comité note qu’il est important que les pays évitent d’accumuler à nouveau un endettement intenable et souligne les conséquences néfastes des emprunts non concessionnels sur la viabilité de la dette. Il engage tous les créanciers à se concerter avec le FMI et la Banque mondiale pour observer le mot d’ordre du crédit responsable. Le Comité est d’avis que, pour assurer l’efficacité des activités du FMI dans les pays à faible revenu, il est essentiel que ses conseils de politique économique, son aide au renforcement des capacités et ses concours financiers soient alignés étroitement sur les besoins changeants des pays et sur leurs stratégies de lutte contre la pauvreté, et qu’ils soient axés sur les questions macroéconomiques, y compris les institutions vouées à la stabilité financière, au commerce extérieur et à la croissance économique.

Le Comité appuie les efforts visant à clarifier la répartition des compétences et des responsabilités entre le FMI et la Banque mondiale, et à améliorer leur collaboration. Il salue la création du Comité externe d’examen de la collaboration Banque mondiale-FMI, et prendra connaissance avec intérêt de ses conclusions.

Le Comité note que la situation budgétaire du FMI a changé du fait de la récente baisse des crédits de l’institution, d’où la nécessité de prendre des mesures axées aussi bien sur les recettes que sur les dépenses. Le Comité demande au Directeur général de formuler rapidement des propositions en vue d’assurer au FMI des sources de revenu plus prévisibles et stables. Il se félicite que la stratégie à moyen terme soit formulée d’une façon qui n’affecte pas le budget et encourage le FMI à poursuivre la redéfinition de ses priorités et la rationalisation de son travail.

Autres questions

Le Comité recommande aux pays membres d’approuver le Quatrième Amendement des Statuts. Il appelle tous les pays à continuer d’élaborer des programmes vigoureux de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, et il est favorable à une évaluation exhaustive de ces initiatives dans le contexte du programme d’évaluation du secteur financier.

Le Comité prend note de l’examen prochain par le Conseil d’administration de l’évaluation externe du Bureau indépendant d’évaluation (BIE) et se félicite de la contribution que le BIE continuera d’apporter au travail du FMI.

La prochaine réunion du CMFI aura lieu à Singapour le 17 septembre 2006.

Stratégie à moyen terme du FMI: Le CMFI avalise le plan proposé par M. de Rato

Aux réunions de printemps, le Directeur général du FMI, Rodrigo de Rato, a obtenu un large appui pour sa stratégie à moyen terme visant à redynamiser le travail du FMI. Le 22 avril, le Comité monétaire et financier international (CMFI) a engagé le FMI à mener à bien l’étude de la stratégie et à «passer rapidement à la mise en œuvre». En particulier, le CMFI a approuvé la proposition du Directeur général de renforcer la surveillance exercée par le FMI et invité l’institution à ajuster les quotes-parts et la représentation des pays membres au sein des instances dirigeantes en tenant compte de l’évolution de leur poids et de leur rôle dans l’économie mondiale (voir encadré ci-dessous).

L’une des priorités de la nouvelle stratégie consiste à renforcer le rôle du FMI dans la surveillance de l’économie mondiale, dans un contexte marqué par le renchérissement du pétrole et de profonds déséquilibres des systèmes de paiement mondiaux. Selon M. de Rato, le FMI doit compléter les accords existants, qui prévoient des consultations bilatérales avec les pays membres, par des consultations multilatérales qui permettront d’aborder les problèmes de façon globale et collective avec les pays ayant une importance systémique et, au besoin, avec des entités formées par des groupes de pays, comme l’Union européenne.

«Ce n’est pas une proposition modeste», a déclaré M. de Rato dans un discours prononcé le 20 avril à l’Institute for International Economics à Washington. «Les consultations multilatérales sont un phénomène nouveau pour le FMI et pour nos pays membres, et elles seront un outil important d’analyse et de recherche du consensus.» Selon les dirigeants du FMI, les modalités de fonctionnement de la surveillance multilatérale sont en cours d’élaboration.

Le FMI envisage de modifier la représentation des pays

La légitimité et l’efficacité du FMI reposent essentiellement sur l’équité en matière de représentation et de répartition des quotes-parts. Dans son rapport, le Directeur général du FMI a évoqué «d’importants déficits qui sont apparus au niveau de l’internalisation et de la participation des pays membres», d’où l’importance de progresser dans le dossier de la voix et de la représentation des pays. La représentation des pays tarde à suivre l’évolution de leur poids et de leur rôle dans l’économie mondiale et au FMI. Pourtant, plusieurs économies de marché émergentes en particulier ont pris de l’ampleur sur la scène internationale au cours des dernières décennies.

M. de Rato propose donc une démarche en deux temps: d’abord, un ajustement ponctuel des quotes-parts reflétant un changement majeur du poids et du rôle des pays dans l’économie mondiale, en attendant une réforme plus fondamentale qui interviendra par la suite. Le CMFI a approuvé cette démarche et invité le Directeur général à soumettre des propositions concrètes à l’Assemblée annuelle du FMI, qui aura lieu à Singapour en septembre.

«À l’avenir, grâce à la surveillance multilatérale, le FMI devrait être plus à même de résoudre des problèmes mondiaux tels que les déséquilibres des transactions courantes, l’impact des cours du pétrole et les problèmes du secteur financier», a indiqué Gordon Brown, Chancelier de l’Échiquier du Royaume-Uni et Président du CMFI, lors d’un point de presse à l’issue de la réunion.

Recentrage sur fond d’austérité

La formulation de la stratégie à moyen terme du FMI a débuté sous l’égide de M. de Rato en 2004, et son premier rapport au CMFI a été approuvé en septembre 2005. Ces derniers mois, la baisse des revenus tirés des prêts est devenue un autre facteur à prendre en compte dans le recentrage du FMI (voir encadré, page suivante). Les principaux éléments du rapport du Directeur général sur l’exécution de la stratégie à moyen terme, publié le 5 avril, avant la réunion du CMFI, sont les suivants:

Surveillance exercée par le FMI. M. de Rato a proposé plusieurs mesures visant à accroître l’efficacité de la surveillance: adopter une nouvelle procédure de consultation supplémentaire, de format multilatéral; étendre la portée de l’évaluation des taux de change des pays industrialisés à toutes les grandes monnaies des marchés émergents; réviser la décision de 1977 du Conseil sur les principes et les procédures de surveillance; renforcer l’analyse des risques macroéconomiques et financiers et de leurs interactions dans les Perspectives de l’économie mondiale et le Rapport sur la stabilité financière dans le monde; et examiner les grandes questions stratégiques auxquels les blocs régionaux sont confrontés.

Le FMI prévoit une baisse de ses revenus

Le Directeur général du FMI a signalé dans son rapport au CMFI que le recentrage du FMI doit tenir compte d’une baisse de ses revenus au titre des prêts. D’ordinaire, l’institution finance ses activités au moyen des revenus d’intérêts sur les prêts accordés à ses membres. Ces ressources sont en baisse pour diverses raisons: vigueur relative de l’économie mondiale, amélioration des politiques dans bien des pays émergents et structure des déséquilibres des paiements à l’échelle mondiale.

M. de Rato a indiqué qu’il n’est plus tenable de financer la surveillance et le renforcement des capacités avec des marges sur les prêts à l’ajustement, et il a proposé des mesures axées à la fois sur les dépenses et les recettes du FMI. À son avis, un nouveau modèle de gestion est nécessaire pour assurer la solidité financière de l’institution à long terme, avec une source de revenus stable. Mais il faudra du temps pour obtenir un consensus politique sur quelque mesure que ce soit, qu’il s’agisse de convertir de l’or en avoirs productifs ou d’imposer une cotisation annuelle basée sur les quotes-parts ou sur un autre facteur. Il est donc proposé de faciliter ce processus en établissant un comité externe présidé par une personnalité éminente en vue de formuler des recommandations.

Le CMFI a convenu avec le Directeur général que des actions seront nécessaires au niveau des recettes et des dépenses, et il a sollicité des propositions visant à identifier des sources de revenus prévisibles et stables, à mieux définir les priorités et à rationaliser les activités du FMI.

On stimulera également la surveillance au niveau national en privilégiant l’analyse pointue et l’efficacité par rapport à l’exhaustivité, avec un examen approfondi des systèmes financiers, une perspective multilatérale de la surveillance, ainsi qu’une portée et une communication plus régionales.

Marchés émergents. Selon M. de Rato, la première priorité des nombreux pays qui se sont hissés au rang de puissances mondiales doit être d’étayer une analyse macroéconomique franche et ciblée avec une surveillance accrue des marchés financiers et des capitaux. Entre-temps, le FMI peut mieux se consacrer à la prévention et à la résolution des crises.

En matière de prévention des crises, les propositions spécifiques consistent à:

  • faciliter l’accès à un financement conditionnel de montant élevé par un nouvel instrument destiné aux pays ayant de bonnes politiques macroéconomiques, une dette viable et des mécanismes d’information transparents, mais confrontés à des vulnérabilités de bilan;

  • être prêt à soutenir les dispositifs régionaux et autres de mise en commun des réserves, notamment par la signalisation des politiques saines.

D’autres propositions visent à examiner le cadre de résolution des crises, y compris les complications des cas rares, mais importants, de restructuration de la dette souveraine et des arriérés.

Pays à faible revenu. M. de Rato a déclaré que ces dernières années, des progrès sensibles ont été réalisés dans la promotion du développement économique à travers les stratégies de réduction de la pauvreté et la facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance. Le FMI a adopté récemment des mécanismes d’assistance plus souples. Les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), dont la finalité est de réduire de moitié les grands indicateurs de la pauvreté d’ici 2015, font l’objet d’une vive attention, le FMI et la Banque mondiale devant les suivre et rendre compte des progrès réalisés. L’un des enjeux sera de maîtriser la hausse prévue des flux d’aide issus notamment des allégements de dette pour stimuler la croissance et atteindre les OMD. Afin d’aider les pays à gérer les défis macroéconomiques liés au surcroît d’aide, le FMI doit faire preuve d’un engagement plus profond et plus ciblé; il doit aussi conclure de nouvelles ententes sur la répartition des tâches avec la Banque mondiale et d’autres organismes.

Renforcement des capacités. Des efforts ciblés dans ce domaine sont essentiels pour aider les pays membres à réaliser les réformes. Selon M. de Rato, le renforcement des capacités doit s’inscrire également dans la stratégie d’élimination des faiblesses décelées par la surveillance. Les efforts du FMI pour bâtir des institutions macroéconomiques à travers l’assistance technique et la formation peuvent être renforcés par une meilleure définition des priorités et par l’internalisation au niveau national.

Anne Krueger annonce son départ du FMI

Anne O. Krueger, Première Directrice générale adjointe du FMI depuis 2001, a annoncé son intention de quitter le FMI le 31 août, à l’expiration de son mandat. Elle est arrivée au FMI après une brillante carrière à l’université Stanford et à la Banque mondiale.

Mme Krueger a tenu à mentionner les amis qu’elle a connus au FMI: administrateurs, professionnels et cadres de direction, y compris l’ancien Directeur général, Horst Köhler, et l’actuel,

Rodrigo de Rato. «Heureusement, a-t-elle déclaré, le fait de quitter le FMI ne signifie pas que l’on quitte ses amis, ni que l’on laisse derrière soi des problèmes qui nous préoccupent tous.»

M. de Rato a exprimé sa reconnaissance et sa gratitude envers Mme Krueger pour le travail accompli au FMI; il a également salué son autorité intellectuelle qui «a amené d’autres intervenants à réfléchir profondément sur des questions stratégiques telles que le commerce extérieur et les relations entre les débiteurs souverains et leurs créanciers». M. de Rato a en outre souligné la contribution importante de Mme Krueger à la formulation de la stratégie à moyen terme du FMI.

Other Resources Citing This Publication