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Author(s):
International Monetary Fund. External Relations Dept.
Published Date:
June 2006
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Première consultation multilatérale sur les déséquilibres mondiaux

L’Arabie Saoudite, la Chine, les États-Unis, le Japon et la zone euro ont accepté de participer à la première consultation multilatérale du FMI. Il s’agira d’examiner comment s’attaquer aux déséquilibres mondiaux tout en maintenant une croissance vigoureuse à l’échelle mondiale.

Notant avec satisfaction cette première consultation, Rodrigo de Rato, Directeur général du FMI, a souligné que la coopération des participants peut jouer un rôle important dans la correction ordonnée de ces déséquilibres et la pérennisation de la croissance mondiale, tandis que l’épargne, la consommation et l’investissement s’ajustent.

Les consultations multilatérales—une initiative proposée par M. de Rato en avril dans le cadre de la stratégie du FMI à moyen terme—font partie des responsabilités du FMI en matière de surveillance multilatérale et visent à compléter les consultations régulières de celui-ci avec les pays membres au titre de l’article IV. Elles offriront une tribune de discussion et chaque consultation portera sur une question économique ou financière internationale spécifique et impliquera directement les pays concernés.

L’objectif est de renforcer l’analyse par le FMI des avantages potentiels d’une action collective. Les consultations permettront au FMI et à ses pays membres de convenir de mesures et aideront les décideurs à montrer que les mesures qu’ils proposent seront prises aussi par leurs homologues étrangers pour le bien de tous.

La première consultation, qui implique les pays membres systémiquement importants et le groupe de pays cité plus haut, portera sur les effets de contagion et les rapports entre ces pays et les autres, et non sur des questions nationales. Le FMI a annoncé que ses services commenceraient bientôt à prendre des contacts en vue de cette première consultation. Ces contacts devraient être suivis de réunions entre la direction et les services du FMI et des représentants de tous les pays participants. Le résultat de la consultation, qui devrait s’achever d’ici la fin de 2006, sera examiné par le Conseil d’administration du FMI, puis par le Comité monétaire et financier international, qui est le principal organe consultatif des gouverneurs du FMI.

Zone euro : des gains de productivité seront essentiels

La reprise prend de l’ampleur dans la zone euro : le FMI prévoit une croissance du PIB réel voisine de 2 % en 2006. Cependant, dans une déclaration publiée le 6 juin à l’issue d’entretiens entre les services du FMI et des fonctionnaires des pays de la zone euro, il a été noté que des progrès décisifs dans les réformes structurelles, notamment budgétaires, seront nécessaires pour assurer une reprise soutenue. Il faudra redoubler d’effort pour exploiter les synergies entre ajustement budgétaire, réforme de la protection sociale et renforcement de l’efficience des marchés du travail, des capitaux, des biens et—peut-être surtout—des services, notamment financiers. La région doit aussi faire face à des vents contraires appréciables : renchérissement du pétrole, appréciation de l’euro, faible croissance de la productivité et baisse de la population à compter de 2010.

Le FMI prévoit que l’inflation globale restera supérieure à 2 % par an pendant une bonne partie de 2006 et 2007, avant de reculer. Comme l’inflation ne retrouve que lentement son niveau de référence et que la reprise prend de l’ampleur, il est possible de continuer de retirer l’accompagnement monétaire. Cependant, le FMI n’est pas d’avis que les conditions nécessaires sont en place pour un durcissement durable, et donc plus substantiel. Il faudrait pour cela une accélération des variables fondamentales de la reprise—notamment, dans les circonstances actuelles, de la croissance de l’emploi—ou l’émergence d’effets secondaires ou de chocs supplémentaires qui intensifieraient les tensions inflationnistes intérieures. Après ces entretiens, la Banque centrale européenne a relevé ses taux de 25 points de base le 8 juin.

Bien profiter des réformes

Après dix ans de réforme, les marchés du travail de la zone euro sont plus flexibles, la situation financière des régimes de retraite est plus viable et quelques marchés de produits et de services sont libéralisés. Toutefois, selon le FMI, l’utilisation de la main-d’œuvre reste faible, le chômage élevé, la croissance de la productivité décevante et la viabilité des finances publiques à long terme préoccupante. Des réformes supplémentaires sont nécessaires et, comme l’indique l’expérience des pays européens qui ont le mieux réussi leurs réformes à long terme, l’essentiel est d’établir des ensembles synergiques et viables de mesures budgétaires et structurelles. En particulier, le FMI a recommandé de prendre des mesures plus ambitieuses dans les domaines suivants :

Budget. Étant donné les énormes problèmes qui s’annoncent, l’ajustement doit être au moins de ½ % du PIB par an pendant quatre à cinq ans, et porter surtout sur les dépenses.

Marchés de produits et du travail. Il reste prioritaire d’assouplir les marchés du travail, mais il faut mettre davantage l’accent sur la libéralisation des marchés de produits et de services, afin que la modération des salaires se traduise par une création d’emplois et non par une hausse des rentes.

Secteur financier. Il est essentiel d’accélérer l’intégration des marchés financiers européens, ce qui devrait stimuler la productivité et atténuer les déséquilibres régionaux. Il sera nécessaire aussi de renforcer la réglementation pour suivre l’intégration.

M. Caruana dirigera les travaux financiers et monétaires

Le 7 juin, Rodrigo de Rato, Directeur général du FMI, a nommé Jaime Caruana, actuellement Gouverneur de la Banque d’Espagne (banque centrale), au poste de Conseiller et de Directeur d’un nouveau département qui sera chargé de tous les aspects des travaux du FMI dans le domaine de la finance, des marchés de capitaux et de la monnaie.

M. Caruana, 54 ans, est à la tête de la Banque d’Espagne depuis 2000. Membre du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, il préside aussi le Comité de Bâle sur le contrôle bancaire et, à ce titre, est membre du Forum de stabilité financière. Avant d’arriver à la Banque d’Espagne, M. Caruana était Directeur du Trésor espagnol et a dirigé des sociétés d’investissement et de gestion de fonds pendant une dizaine d’années.

En annonçant cette nomination, qui prendra effet en août, M. de Rato a déclaré : «Jaime Caruana a une brillante carrière de plus de 30 ans dans le secteur financier public et privé en Espagne et sur la scène internationale. Je pense qu’il est idéalement placé, grâce à cette expérience diverse, pour être un porte-parole du FMI très respecté et influent sur les questions relatives au secteur financier et pour diriger ce nouveau département avec vision et compétence.»

Le département que M. Caruana dirigera sera issu de la fusion de deux départements existants : le Département des marchés de capitaux internationaux et le Département des systèmes monétaires et financiers (voir communiqué de presse n° 06/21 du FMI pour plus de détails sur cette fusion, annoncée en février).

Le choix a été effectué après un examen des candidats par un groupe international de fonctionnaires du FMI et des membres de l’équipe de direction. M. Caruana succédera à Gerd Häusler, qui a dirigé le Département des marchés de capitaux internationaux depuis sa création en 2001 et qui avait annoncé son intention de quitter le FMI en juillet 2006, et à Stefan Ingves, qui était à la tête du Département des systèmes monétaires et financiers jusqu’à sa nomination comme Gouverneur de la banque centrale de Suède (voir communiqués de presse nos 06/29 et 05/223).

Îles Marshall : des réformes pour pérenniser la croissance

Les Îles Marshall ont connu dix années d’expansion après leur indépendance en 1986, avant que l’activité chute au milieu des années 90 et remonte à la fin des années 90. La croissance de la production réelle a ralenti en 2003 et en 2004, du fait des retards dans l’exécution d’un programme de travaux publics et de la fermeture d’une usine privée de traitement du thon, qui a éliminé environ 500 emplois, selon le dernier bilan économique du FMI.

Le pays est fort tributaire de l’aide extérieure. Les dépenses publiques représentent plus de 70 % du PIB et environ 50 % des recettes publiques sont des dons extérieurs, principalement des États-Unis. Le secteur privé reste sous-développé : il fournit essentiellement des services à l’État, avec de faibles contributions de l’agriculture, de la pêche et du tourisme. En 2004, le Compact Agreement avec les États-Unis a été modifié : l’aide financière américaine a été prolongée jusqu’en 2023, avec une réduction progressive des dons. Globalement, le chômage a augmenté, sauf dans la fonction publique, en raison de l’augmentation des dépenses d’éducation et de santé conformément au Compact modifié.

Îles Marshall
200220032004Est.

2005
Proj.

2006
PIB réel (variation en %)4,01,80,43,54,0
Indice des prix à la consommation (variation en %)–0,4–0,92,03,52,9
Recettes et dons (% du PIB)64,265,056,258,169,6
Compact Trust Fund (millions de dollars, fin de période)132,047,160,4
Dette extérieure (% du PIB, fin de période)270,671,276,469,863,6
Note : L’exercice budgétaire se termine le 30 septembre.

Les avoirs dans les fonds fiduciaires sont considérés comme non utilisables.

Dette contractée ou garantie par l’État uniquement.

Sources: autorités des Îles Marshall; estimations et projections des services du FMI.
Note : L’exercice budgétaire se termine le 30 septembre.

Les avoirs dans les fonds fiduciaires sont considérés comme non utilisables.

Dette contractée ou garantie par l’État uniquement.

Sources: autorités des Îles Marshall; estimations et projections des services du FMI.

La situation budgétaire s’est détériorée en 2004, en partie à cause d’une baisse des dons pour les projets d’infrastructures, d’une diminution des impôts sur le revenu et de la volatilité des recettes non fiscales. Cependant, le total des dépenses a progressé, avec une réorientation des dépenses d’équipement vers les dépenses courantes. Les dépenses consacrées aux salaires et aux biens et services ont continué d’augmenter, ce qui a pesé sur la situation budgétaire. En 2005, sous l’effet d’une politique budgétaire expansionniste et d’une amélioration dans l’agriculture, la croissance réelle devrait s’être redressée et le déficit global des administrations publiques est estimé à 2 % du PIB, principalement à cause de la faiblesse des recettes.

Le Conseil d’administration du FMI a salué les efforts déployés par les autorités pour pérenniser la croissance en remboursant la dette commerciale dont le service coûte cher et en accumulant des réserves pour satisfaire à la contribution obligatoire au Compact Trust Fund. Les administrateurs ont salué le renforcement de la capacité institutionnelle du gouvernement, mais ils ont souligné la nécessité d’opérer des réformes budgétaires et structurelles supplémentaires, étant donné la baisse anticipée des dons au titre du Compact et la hausse prévue des paiements au titre du service de la dette. S’ils ont appelé à une réduction des dépenses, en particulier de la masse salariale, les administrateurs ont souligné qu’il importait de préserver les dépenses essentielles.

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