Chapter

1. Vue D’ensemble

Author(s):
International Monetary Fund
Published Date:
September 2011
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Le FMI reste au cœur des efforts déployés pour remettre l’économie mondiale sur la voie d’une croissance vigoureuse et soutenue. Pendant l’exercice 20111, il s’est attaché à fournir des conseils de politique générale et un soutien technique aux pays membres, à répondre à leurs besoins de financement pour soutenir leurs efforts d’ajustement, notamment par le biais de programmes, comme en Grèce, en Irlande ou au Portugal (au début de l’exercice 2012, dans ce dernier cas), à mettre en place des systèmes pour lui permettre de mieux détecter et maîtriser les risques qui se dessinent à l’échelle de l’économie mondiale et à faire avancer les réformes propres à renforcer le système monétaire international.

Un accord a été obtenu dans le courant de l’exercice sur une refonte fondamentale de la structure de gouvernance du FMI. Celle-ci entraînera un net rééquilibrage des voix attribuées au profit des pays émergents et en développement dynamiques, tout en permettant aux pays membres les plus pauvres de continuer à se faire entendre, et elle renforcera la légitimité et l’efficacité du FMI.

La gouvernance du FMI fi gurait parmi les questions traitées lors de l’Assemblée annuelle de 2010.

Emballage de bouquets de fl eurs qui seront exportés, à Cota (Colombie).

Une Reprise Mondiale à Plusieurs Vitesses

L’économie mondiale a continué de se redresser pendant l’exercice, mais la croissance reste inégale entre les pays. Elle demeure assez faible dans beaucoup de pays avancés en raison de taux de chômage élevés, d’une situation financière faible et d’inquiétudes concernant les perspectives des finances publiques et du secteur financier. Un certain nombre de pays européens se sont heurtés à des difficultés particulièrement graves. La croissance est en revanche soutenue dans les pays émergents, mais avec la montée de l’inflation, la crainte d’une surchauffe économique augmente dans plusieurs d’entre eux.

La croissance mondiale étant inégale, les enjeux de l’action publique varient considérablement d’un pays à l’autre. Le principal défi que les pouvoirs publics doivent relever dans la plupart des pays avancés est de maintenir la croissance et réduire le chômage tout en procédant aux nécessaires ajustements budgétaires et à la réforme et remise en état qui s’imposent dans le secteur financier. La majeure partie des pays émergents et des pays en développement doivent accélérer l’abandon des politiques macroéconomiques accommodantes pour éviter la surchauffe dans un contexte marqué par la vigueur de l’activité économique, de l’expansion du crédit et des entrées de capitaux et par l’élargissement des tensions inflationnistes, tout en veillant à protéger les pauvres des effets de la hausse des prix des produits alimentaires et des carburants. Des progrès sont aussi nécessaires dans la réduction des risques que les déséquilibres mondiaux encore marqués font peser sur la stabilité financière, en renforçant la contribution des exportations nettes à la croissance dans les pays qui accusent de gros déficits courants et, inversement, en misant davantage sur la demande intérieure dans les pays largement excédentaires. Les pays devront continuer de coopérer pour assurer une croissance mondiale solide et durable. Une action bien conçue au niveau national et bien coordonnée au niveau mondial, qui était judicieuse au plus fort de la crise il y a deux ans, l’est toujours aujourd’hui.

Pour Une Croissance Mondiale Soutenue et Équilibrée

Pendant l’exercice 2011, le FMI s’est employé à fournir aux pays membres les concours financiers et les autres types de soutien dont ils avaient besoin pour faire face aux effets persistants de la crise mondiale, et à définir des politiques propres à assurer une croissance soutenue et équilibrée de l’économie mondiale tout en encourageant leur mise en œuvre.

La demande d’accès aux ressources du FMI est restée forte, le Conseil d’administration ayant approuvé 30 accords de financement ou élargissements d’accords existants au cours de l’exercice. Des programmes très médiatisés, élaborés avec la Grèce et l’Irlande en liaison avec les partenaires européens, ont visé à soutenir les réformes économiques pour assurer la viabilité des finances publiques de manière à rétablir la croissance et la création d’emplois. Le programme de la Grèce tend à stimuler la compétitivité tandis que celui de l’Irlande cherche principalement à rétablir la stabilité du secteur financier. Les deux programmes sont conçus de manière à ce que le poids de l’ajustement soit partagé et à ce que les groupes les plus vulnérables soient protégés. Pendant l’exercice, des lignes de crédit modulables (LCM) ont été approuvées pour la Colombie, le Mexique et la Pologne, de même qu’une ligne de crédit préventive (LCP) pour la Macédoine, tandis que des programmes ont été approuvés ou élargis en faveur de 17 pays à faible revenu à partir du fonds fiduciaire pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance. Le FMI a également intensifié son dialogue sur l’action à mener avec des pays de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord—notamment l’Égypte et la Tunisie—pour aider les gouvernements à relever les défis économiques posés par les événements politiques du «Printemps arabe». En outre, un examen des évaluations des sauvegardes des banques centrales a conclu que ces évaluations continuent de maintenir efficacement la réputation de prêteur prudent dont jouit le FMI.

De nouvelles dispositions ont aussi été prises pour renforcer les activités de surveillance du FMI. Il a, par exemple, été décidé d’intensifier les travaux consacrés aux «effets de débordement»—c’est-à-dire aux répercussions de l’évolution économique ou de l’action gouvernementale d’un pays sur d’autres—en produisant des «rapports sur les effets de débordement» pour les cinq pays ou régions économiques les plus importantes au plan systémique (Chine, États-Unis, Japon, Royaume-Uni et zone euro). Cette initiative vise à permettre au FMI de mieux comprendre les interconnexions existant au sein de l’économie mondiale en vue de favoriser une meilleure concertation sur les politiques à suivre au niveau international. Une plus grande attention a aussi été accordée à la surveillance du secteur financier et aux liens macrofinanciers. Il a été convenu de rendre obligatoires les évaluations de la stabilité financière effectuées au titre du programme d’évaluation du secteur financier (PESF) pour les pays dont le secteur financier a une importance systémique et d’intégrer davantage ces évaluations dans la surveillance des pays membres par l’institution. Le FMI a poursuivi ses exercices semestriels d’alerte avancée effectués en coopération avec le Conseil de stabilité financière pour examiner les risques jugés improbables, mais plausibles, qui pourraient affecter l’économie mondiale. Il a aussi continué de soutenir le processus d’évaluation mutuelle des pays du G-20 et il assure la coordination, au niveau international, de travaux visant à remédier aux déficits statistiques mis en évidence par la crise mondiale. Un cadre analytique a en outre été établi pour évaluer les facteurs de vulnérabilité des pays à faible revenu aux chocs mondiaux.

De très nombreux travaux ont été entrepris pendant l’exercice en vue de renforcer le fonctionnement et la stabilité du système monétaire international. Si celui-ci a résisté à la crise, les tensions continuent de préoccuper: qu’il s’agisse de l’ampleur des déséquilibres mondiaux, de la volatilité des flux de capitaux et des taux de change ou de la grande accumulation de réserves. Au cours de l’exercice, le FMI a mené un travail de réflexion sur les mesures pouvant être prises pour gérer les flux de capitaux, les modalités d’évaluation du niveau de réserves internationales détenues par les pays, et le rôle que pourraient jouer les droits de tirage spéciaux (DTS) du FMI pour améliorer le fonctionnement à long terme du système monétaire international.

Réforme et Renforcement du FMI Pour Mieux Servir Les Pays Membres

En décembre 2010, il a été décidé d’entreprendre une réforme en profondeur de la structure de gouvernance du FMI. Les réformes des quotes-parts et les changements dans la composition du Conseil d’administration amélioreront la crédibilité et l’efficacité de l’institution en veillant à ce que sa structure de gouvernance reflète mieux la réalité du monde d’aujourd’hui. Les réformes des quotes-parts, qui approfondissent celles engagées en 2008, auront pour effet de doubler le total des quotes-parts pour le porter à environ 476,8 milliards de DTS (environ 773 milliards de dollars), de transférer plus de 6 % des quotes-parts vers les pays émergents et en développement dynamiques et de préserver les quotes-parts relatives des pays membres les plus pauvres et le nombre de voix qui leur est attribué. Suite à ce réalignement, le Brésil, la Fédération de Russie, l’Inde et la Chine (qui composent ce qu’il est convenu d’appeler le «groupe BRIC») figureront parmi les dix plus gros actionnaires du FMI. Les réformes proposées pour modifier la structure et la composition du Conseil d’administration—dont la force est vitale pour le bon fonctionnement de l’institution—prévoient d’en faire une instance entièrement élue et de réduire de deux sièges la représentation globale des pays européens avancés. Les augmentations des quotes-parts proposées et la révision des Statuts du FMI nécessaire pour promulguer la réforme du Conseil d’administration doivent maintenant être entérinées par les pays membres, soit, dans bien des cas, par leur parlement. Il a été demandé aux pays membres de faire en sorte que le processus de ratification soit achevé d’ici l’Assemblée annuelle de 2012.

En mars 2011, les membres du Comité monétaire et financier international (CMFI) ont désigné M. Tharman Shanmugaratnam, Ministre des Finances et Vice-premier Ministre de Singapour, à la présidence du Comité pour un mandat d’une durée maximale de trois ans. M. Tharman Shanmugaratnam a succédé à M. Youssef Boutros-Ghali, ancien Ministre des Finances de l’Égypte, qui avait démissionné le mois précédent.

Le FMI a poursuivi la réforme de sa panoplie d’instruments de financement pendant l’exercice 2011. La ligne de crédit modulable (LCM), créée en mars 2009, a été affinée pour renforcer son utilité et son efficacité dans la prévention des crises. Une nouvelle ligne de crédit de précaution (LCP) a été adoptée et mise à la disposition d’un plus large éventail de pays que dans le cas de la LCM, tandis qu’un fonds fiduciaire pour l’allégement de la dette après une catastrophe (ADAC) a été établi pour permettre au FMI de participer aux efforts internationaux d’allégement de la dette lorsque des pays pauvres sont frappés par des catastrophes naturelles extrêmement destructrices.

Pendant l’exercice 2011, le FMI a continué de fournir un niveau élevé d’assistance technique et de se centrer sur les moyens permettant aux pays de se remettre des séquelles de la crise financière mondiale ainsi que sur le renforcement des cadres de l’action gouvernementale pour soutenir une croissance durable. De nouveaux partenariats ont été constitués avec les bailleurs de fonds pendant l’exercice afin d’assurer un niveau suffisant de ressources pour pouvoir répondre à la demande toujours forte d’assistance technique. Les cours de formation du FMI ont continué d’être évalués et adaptés pour faire en sorte qu’ils répondent aux priorités et satisfassent les besoins des pays membres. Un travail de formation supplémentaire a été réalisé pendant l’exercice 2011 sur les diagnostics macroéconomiques et la problématique du secteur financier.

Finances, Organisation et Responsabilisation

D’importantes mesures ont été prises pendant l’exercice 2011 pour renforcer les ressources dont dispose le FMI et répondre aux besoins potentiels de financement de ses pays membres. Hormis l’accord sur les quotes-parts mentionné dans la précédente section, la réforme des quotes-parts de 2008, qui prévoyait une augmentation ponctuelle des quotes-parts de 54 pays membres s’élevant à un total de 20,8 milliards de DTS, est entré en vigueur en mars 2011. Le FMI a également négocié un accroissement substantiel des accords permanents d’emprunt conclus avec les pays membres, sous la forme de Nouveaux accords d’emprunt (NAE), entrés en vigueur en mars 2011. Cet élargissement des accords doit se traduire, dans un premier temps, par un décuplement de la capacité d’emprunt qui sera ainsi portée à 367,5 milliards de DTS (environ 596 milliards de dollars), mais les NAE seront revus en baisse dès la mise à disposition des ressources correspondant aux nouvelles quotes-parts.

Dans le cadre du nouveau modèle de financement adopté en 2008, il a été décidé de vendre une part limitée des avoirs en or du FMI pour financer un fonds de dotation générateur de revenus, destiné à soutenir le budget courant de l’institution. En juillet 2009, le Conseil d’administration a décidé qu’outre le financement de ce fonds, le produit des ventes d’or servirait à accroître les ressources disponibles pour l’octroi de prêts concessionnels. Les ventes d’or, effectuées tant sur le marché que de gré à gré, ont pris fin en décembre 2010.

Plusieurs changements importants sont survenus à la direction du FMI pendant l’exercice écoulé ou au début de l’exercice 2012. M. Dominique Strauss-Kahn ayant renoncé à ses fonctions de Directeur général en mai 2011, le Conseil d’administration a alors lancé le processus de sélection de son successeur qui s’est achevé en juin 2011 par la nomination de Mme Christine Lagarde à la direction générale de l’institution. En outre, M. Murilo Portugal, Directeur général adjoint, a quitté le FMI en mars 2011 et été remplacé par Mme Nemat Shafik.

Dans le domaine de la gestion des ressources humaines, les efforts ont été poursuivis pendant l’exercice pour recruter et retenir le personnel hautement qualifié et diversifié indispensable à la réussite de l’institution. Celle-ci a avancé dans la réalisation de ces objectifs grâce à une campagne de recrutement dynamique et à la mise en œuvre de plusieurs réformes importantes de la politique des ressources humaines—avec notamment la mise en place d’un nouveau système d’ajustement des salaires, la modification du régime d’assurancemaladie et l’adoption d’un nouveau programme de rémunération et de prestations pour le personnel local des bureaux situés à l’étranger.

Pendant l’exercice 2011, le FMI a redoublé d’efforts pour expliquer ses activités au monde extérieur et renforcer le travail auprès des pays membres. Une importante conférence qui a examiné le rôle joué par l’Asie dans l’économie mondiale («Asia 21: Leading the Way Forward»), a réuni plus de 500 participants de haut niveau à Daejon, en République de Corée. Les réunions se sont poursuivies avec les Groupes consultatifs régionaux existants pour l’Afrique subsaharienne, la région Asie-Pacifique, l’Europe, l’Hémisphère occidental et le Moyen-Orient (plus un nouveau groupe constitué pendant l’exercice pour le Caucase et l’Asie centrale) et ces groupes ont tenu une réunion conjointe lors de l’Assemblée annuelle d’octobre 2010. Le FMI a aussi élargi ses interactions avec les syndicats dans le cadre notamment d’une conférence organisée à Oslo, conjointement avec l’Organisation internationale du travail, sur le thème «Croissance, emploi et cohésion sociale: les défis à relever».

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